lundi 12 septembre 2022

Le cercle de Seth de Adrien Anderson

 


L’inspecteur Jim Spenser se trouve propulsé à la tête d’une affaire sans fin : des crimes en série se répètent tous les dix-huit ans selon le même rituel. L’assassin tue, mutile et nargue les autorités. Jim et son équipe engagent une course contre la montre pour tirer les prochaines victimes des griffes du gourou des « adorateurs de Seth ». Seront-ils en mesure de l’arrêter à temps ? A quel prix ? Et si la fiction dépassait la réalité ? Entre magouilles en haut lieu, trahisons et sentiments, plongez au cœur de ce polar au doux parfum de thriller où symbolique, pression assassine et cataclysmes rythment cette sombre enquête à la française, passant par la Pologne, pour trouver son épilogue en Terre Sainte. Le Cercle de Seth reprend en filigrane, avec une pointe d’ésotérisme, la problématique actuelle du terrorisme fanatique et de ses possibles conséquences qu’il implique au sein des sociétés occidentales sur fond de déstabilisation, crise politique et d’amorce de guerre civile.



Après trois meurtres établis une réunion a lieu sur ce dossier de grande ampleur et l'enquête est confiée à l'équipe du lieutenant Jim Spenser. Les corps ont été découverts à l'intérieur d'un cercle, disposés de manière à former un pentagramme et affreusement mutilés.

Une série de treize meurtres qui se répète tous les dix-huit ans.


A la bibliothèque, vu la disposition des corps, Jim consulte des ouvrages ésotériques, d'arts divinatoires et religieux tout laissant penser à des sacrifices rituels. Il prend également rendez-vous avec une numérologue, mais arrive trop tard, elle vient juste d'être assassinée d'un coup de poignard dans le cœur. Une vieille femme versée dans les arts occultes, et que l'on dit un peu folle, lui donne la clé de la manière dont sont sélectionnées les victimes.


Une enquête, sur fond d'ésotérisme, au début fort intéressant jusqu'à la capture du chef de la secte qui ne se fait pas attendre et occupe une très petite partie du roman qui manque à certains moments de précision.


Mais à partir de son évasion quelques pages plus loin, les enquêteurs ayant eu à peine le temps de rédiger leurs rapports, les meurtres se succèdent sur un rythme effroyable et le récit passe de meurtres rituels à des attentas terroristes : prise de contrôle des feux tricolores d'une ville causant de nombreux accidents mortels, prise de contrôle du trafic aérien... Il se passe quelque chose d'effroyable à chaque paragraphe on est dans une démesure des plus grotesques.


On est bien loin du thriller annoncé au début, tout va beaucoup trop vite pour un nombre de pages limité, l'auteur n'a pas su freiner sa frénésie et entraîne le lecteur dans une sorte de film catastrophes de série C.


Les lacunes sont nombreuse : personnages pas assez fouillées, scènes de crimes expédiées, descriptions quasi-inexistantes, … et un nombre de pages insuffisants qui est le gros point noir de ce roman.


Seul point positif : une excellente dynamique de lecture et pour cause.




La dernière morsure de Apollonie Sbragia

 


Un jeune garçon assassiné et sauvagement mutilé. Un autre enfant disparu. Pour Alex, capitaine à la Crim', Giancarlo, son coéquipier et Malik, nouvelle recrue, un compte à rebours macabre est lancé pour retrouver la prochaine victime avant qu'il ne soit trop tard.

Hantée par son passé, Alex ira jusqu'au bout d'elle-même pour découvrir la vérité… dans toute son horreur.



Le chien d'un joggeur découvre sur les bords du lac d'Ailettes un sac poubelle contenant le corps d'un jeune adolescent.


L'enquête est confiée à trois officiers de la Crim'. Lorsqu’Alex découvre sur les joues du garçon des morsures elle est très mal à l'aise, ces morsure lui rappelant une affaire vieille de 7 ans dont elle porte encore les stigmates.


Au début l'enquête est assez bien maîtrisée, les enquêteurs faisant rapidement le lien avec d'autres meurtres se répétant chaque année depuis 2005. Une fouille des étangs près de Montereau permet de retrouver la victime manquante. Un jeune adolescent éviscéré, et pour Alex elle en est certaine ils ont affaire à des cannibales.


C'est encore Alex qui fait le lien entre les victimes, et à partir de là elle dérape complètement, et pour ses collègues même si les meurtriers sont identifiés, l'enquête se révèle être un fiasco.


Le côté psychologique de la capitaine est bien travaillé, elle est mise en avant tout au long du roman, et c'est malheureusement au détriment de ses coéquipiers. Avec sa fragilité psychologique, le lecteur ne sait pas toujours si ses déductions sont réelles ou sont le fait de son imagination due à son passé et à ses cauchemars récurrents. Et cela joue un rôle essentiel dans le déroulement du roman et notamment sur sa qualité, des cauchemars qui auraient du être équilibrés pour ne pas créer des longueurs préjudiciables à l'enquête.


La plume est directe et vive, les chapitres sont bien équilibrés, ce qui donne une très bonne dynamique de lecture.


Un policer auto-édité, avec de nombreux événements, mais un fin de deuxième partie qui n'est pas à la hauteur de l’amorce.




mercredi 7 septembre 2022

La forêt assassine de Cécile Valey

 


Deux meurtres en deux jours, c’est beaucoup pour une petite ville landaise qui attire de plus en plus de touristes et de résidents secondaires, mais reste paisible, surtout en automne. Et qui est ce diable des légendes dont on parle et qui hanterait la forêt et les lacs ? Un homme ? Une femme ? Un tueur qui jouerait sur les peurs et les croyances pour masquer ses crimes ?
Pourquoi a-t-il trucidé deux personnes qui, a priori, ne se connaissaient pas et n’avaient rien en commun ? Combien de tueurs rôdent dans la pinède ? Autant dire que le capitaine de gendarmerie chargé de l’enquête doit répondre à beaucoup de questions pour résoudre cette énigme. Sans compter qu’il lui faut aussi rester pragmatique dans un environnement où les superstitions tiennent parfois lieu de bréviaire et où les traditions dictent les comportements.



Après un court prologue qui se déroule en 1917 et où l'on voit un tirailleur sénégalais venu à Basqheyre en convalescence se faire tué d'une balle dans la tête par un habitant de la ville, le récit fait un bond en avant.


De nos jours l'on suit une notable qui comme à l'accoutumée part faire une promenade avec son cheval mais qui va mal se terminée l'animal rentrant seul au centre équestre. La petite brigade de gendarmerie territoriales alertée organise une battue avec bien entendu des effectifs très réduits mais celle-ci est vite interrompue par le nuit tombante.

Le lendemain le corps de la femme est découvert par deux pêcheurs dans le lac tout proche. L'autopsie révélera que la victime a été frappée à la tête par un objet en bois verni.


En impossibilité pour la Section de Recherches occupée par l’enlèvement d'un politique de Bordeaux, c'est le capitaine Lemaître qui dirige l'enquête malgré le faible effectif de la brigade.

L'enquête, surtout à base d'interrogatoires des proches, va vite révéler que la femme avait un caractère exécrable, prenant un malin plaisir à colporter des ragots. Une intrigue bien construite, avec un rebondissement avec un deuxième meurtre avec un corps retrouvé perché dans un arbre à plus de vingt mètres du sol.


Si une bonne partie du récit de ce polar régional s'avère intéressante le final est pour le lecteur quelque peu déroutante. En effet l'on a du mal à comprendre qu'a l’identification du meurtrier de la première victime l'officier de gendarmerie ne révèle pas son identité se contentant des aveux d'un vieil homme en début d’Alzheimer qui avoue les deux meurtres.

C'est aussi dans le final que l'on comprend le lien avec le prologue.


On regrette également que l'auteure se soit cru obligé d'inclure une coucherie dans son roman ce qui gâche encore plus le ressenti du lecteur, rendant une histoire qui aurait pu être intéressante somme tout moyenne ceci jouant sur l'épilogue.




lundi 5 septembre 2022

Le Mangeur d'Âmes de Alexis Laipsker

 


" Il n'a pas crié. Ils ne crient jamais. "
Certains secrets, pourtant bien gardés, s'avèrent parfois trop lourds à porter...
Quand des disparitions d'enfants et des meurtres sanglants se multiplient dans un petit village de montagne sans histoire, une vieille légende nimbée de soufre ressurgit... Diligentés par leurs services respectifs, le commandant Guardiano et le capitaine de gendarmerie De Rolan sont contraints d'unir leurs forces pour découvrir la vérité.





Envoyée dans une petite ville de montagne pour un double homicide, la commandant Guardiano rencontre en route le capitaine de gendarmerie De Rolan dont l'enquête sur des disparitions d'enfants le conduit vers la même destination.


Sur place les deux officiers découvrent une scène d'une rare violence. Un couple, en train de dîner, c'est, sans explication, sauvagement entre tué, sur leur visage se lit encore une haine farouche. Rien dans la maison fermée de l'intérieur n'explique les faits.

Enfermé dans la cave un adolescent, maltraité, répète à plusieurs reprises « le Mangeur d'Âmes ».


Alors que l'enquête, assez bien maîtrisée par l'auteur, débute une autre mort tout aussi inexpliquée survient, et des oiseaux morts par dizaine tombent du ciel.


Malgré un humour lourd du gendarme et des méthodes parfois peu orthodoxes pour un représentant de la loi, le duo fonctionne bien. L'enquête va mettre au jour un réseau de pédophiles qui vont jusqu'à tuer de manière horrible leurs petites victimes. On sent l'homme très impliqué dans cette enquête et pour cause comme va nous le révéler le final.


Les statuettes du diable laissées sur les lieux des meurtres et la légende moyenâgeuse donne une très légère touche de fantastique au récit malgré une explication toute logique au déchaînement de violence.


Une enquête bien ficelée, un style vif et une écriture fluide, un côté sanglant qui sert bien l'histoire. Et malgré une explication un peu tirée par les cheveux dans le final, l'auteur nous livre un bon roman policier.





dimanche 4 septembre 2022

La crypte du diable de Dominique Faget

 


Une sulfureuse affaire au cœur du vieux bordeaux ! . Quel lien y a-t-il entre : Le tableau d'une Madone peint durant l'épidémie de peste de 1628 et dissimulé dans l'église Saint-Pierre ? . Des cadavres repêchés dans la Garonne avec des symboles religieux fichés dans les chairs ? . Une crypte inexplorée qui plonge sous le quartier Saint-Pierre ? Une longue et difficile enquête commence pour la P.J. de Bordeaux qui se retrouve face à l'incompréhensible.



A Bordeaux de nos jours, un corps découvert par deux dockers est repêché dans la Garonne. La victime Clément Ficelier avait disparu depuis plus de deux semaines. L'homme a été énucléé et dans ses orbites vides deux médailles en or de la Vierge ont été déposées.


En 1628, le récit s'ouvre sur une scène où une foule en colère conduite par un prêtre rosse une jeune femme et la brûle devant la maison où elle réside en l'accusant de sorcellerie. Après ce prologue l'on suit une jeune fille de bonne famille qui tombe amoureuse d'un jeune peintre italien chargé par son père de faire son portrait.


L'enquête sur les meurtres est dirigé par le Capitaine Lambert qui noie le désenchantement d'un divorce proche dans l'alcool bon marché. Les meurtres se succèdent avec des liens plus ou moins étroits avec des punitions divines, les victimes tuées par là où elles ont péché.

Une enquête bien maîtrisée par l'auteure et agréable à suivre malgré l'alternance avec le passé présentant lui un récit purement historique sans aucun rapport avec ce qui se passe de nos jours.


Les descriptions de Bordeaux en 1628 sont très visuelles et dépeignent bien l'obscurantisme religieux de l'époque face à l'arrivée de la peste.


Le côté policier s'avère de facture classique dans son déroulement malgré des scènes de tortures assez cruelles.


L'auteure nous offre une partie historique bien documentée même si celle-ci présente peu d’intérêt pour les amateurs de policiers.


Les trop nombreux allers-retours avec le passé cassent le rythme de l'enquête qui est pour le lecteur la partie présentant le plus d’intérêt. Un roman toutefois légèrement supérieur au précédent roman.




samedi 3 septembre 2022

Le sceptre de Dieu de André Journo

 


Menahem Yanovski, le Grand Rabbin de New York, savait qu’il risquait sa vie. Quelques mois plus tôt, assis à son bureau, il avait rédigé une lettre énigmatique pour indiquer à sa petite-fille Tamara comment retrouver un mystérieux objet : le sceptre de Dieu. Adam puis Moïse avaient reçu cette arme absolue, capable de détruire Sodome et Gomorrhe, d’ouvrir les flots de la mer Rouge et de déclencher les dix plaies d’Égypte. Si jamais ce bâton sacré tombait dans les mains des fanatiques lancés à sa recherche, la planète serait en danger mortel. Prise dans une course contre la montre, Tamara doit déjouer les plans de ses adversaires et percer le secret des énigmes laissées par son grand-père. Sa vie ne tient qu’à un fil. Services secrets américains, terroristes islamistes et chrétiens ultras, tous se livrent un combat sans pitié pour retrouver le sceptre.



Une société secrète composée d’extrémistes catholiques envoie un homme de main chez Menahem Yanosky pour lui faire avouer le Grand Secret. Le colosse torture le vieux rabbin, avant de le défenestrer sans pouvoir le faire parler. Malgré la chute l'autopsie ne révèle aucune contusion, et vu la personnalité de la victime l'enquête est confiée au FBI.


La petite fille du rabbin découvre dans le seul objet de valeur que possédait son grand-père une lettre explicative sur le Sceptre de Dieu et une phrase énigmatique devant la mettre sur sa piste.


Traquée par l'Ordre des Chevaliers du Mont, les extrémistes islamiques qui veulent s’emparer de l'objet recelant un grand pouvoir, et par les envoyés du cardinal Piccini qui ont ordre de la tuer pour que l'existence de l'objet ne soit pas révélé, la jeune femme femme se lance dans un jeu de piste qui va la conduire sur les traces du passé du peuple hébreu.


L'intrigue basée au départ sur des textes religieux perd vite de son intérêt au fil des chapitres quand le récit se transforme en thriller action.


L'enquête annoncée au début du roman n'a pas lieu et pour cause comme le comprendra le lecteur dans les derniers chapitres.


Si le côté ésotérique annoncé au début du roman présentait un certain intérêt, son dénouement se révèle de manière quelque peu abracadabrantesque faisant perdre au lecteur ses illusions sur la qualité du récit.


Un roman au final décevant, bien loin de certains thrillers ésotériques.




vendredi 2 septembre 2022

La valse des tulipes de Ibon Martin

 


L’estuaire d’Urdaibai, poumon de la Biscaye au Pays Basque (déclaré réserve de la biosphère par l’Unesco), paradis qui vit au rythme des marées, voit soudain sa tranquillité mise à mal par le meurtre inexpliqué de plusieurs femmes, âgées d’une cinquantaine d’années.
Ane, une jeune inspectrice de Bilbao, férue de surf et de mythologie celte, est aux commandes d’une nouvelle unité d’élite pour résoudre l’affaire avant que la presse ne fasse souffler un vent de panique sur toute la région. L’enquête ne tarde pas à révéler que les victimes ont toutes en commun un pétale de tulipe sur le corps et une année blanche dans leur CV.



Santi, transféré du métro à une ligne de train pittoresque, alors aux commandes de sa locomotive laisse vagabonder son esprit. Il pense à sa femme, quand soudain, il l'aperçoit attachée sur une chaise sur les rails. Il a beau freiner, l'inévitable se produit.


L'enquête est confiée à l'Unité Spéciale des Homicides Notoires, une nouvelle section tout récemment créée pour ce meurtre impliquant une animatrice radio à succès. Pour seul indice : une tulipe rouge collée à la main de la victime et qui en plus d'une variété rare n'est pas du tout de saison.


L'enquête est bien construite avec de nombreux rebondissements mais l'histoire s'installe trop lentement. De surcroît l'auteur s'attache un peu trop à la vie quotidienne du groupe d'enquêteurs reléguant presque l'enquête au second plan. En effet c'est le profil des protagonistes qui est ici exploré : enfance maltraité, pères violents, alcooliques, joueurs...


Le récit se déroule au pays basque espagnol, et le roman parvient à nous dépayser avec la description des paysages et un recours à des termes spécifiques à la région.


Le récit se déroule sur deux périodes avec un passé douloureux du meurtrier qui l'ont entraîné sur la voie du crime.


Au début du récit on a un peu de mal avec le groupe d'enquêteurs avec notamment quelques frictions et une cheffe de groupe qui accumule les irrégularités et qui n’écoute personne.


Au final un plutôt bon premier roman même s'il ne restera pas ancré dans les mémoires mais avec un auteur à revoir.




Juillet & Août 2022

 

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lundi 22 août 2022

Le prix de la peur de Chris Carter

 


Quelques jours avant Noël, dans une église de Los Angeles, le cadavre d'un prêtre est retrouvé sur les marches de l'autel. Sa tête a été remplacée par celle d'un chien. En charge de l'enquête, le détective Rob Hunter découvre qu'un cauchemar récurrent hantait le religieux : qu'on le décapite... Bientôt, les cadavres s'accumulent. Noyée ou brûlée vive, chaque victime meurt de la façon qu'elle redoutait le plus. Comment le tueur pouvait-il connaître leur pire angoisse ? Quel lien unit ses proies ? De qui le serial killer cherche-t-il à se venger ? Pour Rob, c'est le début d'une traque infernale au cœur de la jungle urbaine de la Cité des Anges, à la poursuite d'un tueur déterminé à faire payer le prix fort à ses victimes, le prix de la peur.



Dans une petite église de Los Angeles un prêtre a été découvert décapité. Le corps a été mis en scène de manière particulièrement horrible. Les deux inspecteurs chargés de l'affaire découvrent dans un journal intime du prêtre que le crime a été commis comme la phobie de mourir du prêtre précisément décrite. L'assassin était apparemment au courant pour le journal.

Alors que l'enquête vient juste de débuter c'est la propriétaire d'une agence immobilière qui est retrouvée morte dans une villa à vendre. La victime est morte cuite devant une cheminée à gaz poussée à son maximum, son visage enduit d'une substance qui lui a fait fondre même la peau.


Une intrigue très bien maîtrisée où l'on suit pas à pas l'avancée des deux inspecteurs qui doivent découvrir les éventuels liens entre les différentes victimes alors que l'assassin poursuit son parcours meurtrier avec des mises en scènes des plus diverses.

Les meurtres se succèdent mais certains sans mises en scène particulière laissant présager qu'un autre meurtrier est lié à l'affaire.


Les deux policiers sont très intéressants à suivre, on échappe aux sempiternels personnages devant lutter contre les démons internes qui les minent, c'est qui s'avère très agréable.


Avec de nombreux rebondissements la plume est alerte et le roman offre une excellente dynamique de lecture.


Au final un excellent roman policier.




jeudi 11 août 2022

La frontière des ténèbres de Jean-Luc Bizien

 


En répondant à l'appel de son mystérieux homologue coréen, l'ex-grand reporter Seth Ballahan croit s'offrir un séjour d'agrément. Hélas, sitôt arrivé à Séoul avec sa femme et sa fille, il sera confronté à un double homicide. Des meurtres impossibles, perpétrés dans un village-pilote, entièrement géré par l'électronique et la video. Qui a frappé derrière les murailles du village ? Qui a pu s'introduire dans cet Eden de façade, ce nirvana sécuritaire ? Quel monstre est assez puissant pour se jouer des caméras, des gardiens et du système de surveillance ? Ballahan devra, pour le savoir, réunir toutes les pièces d'un puzzle effrayant... Et faire équipe, pour l'occasion, avec un homme revenu d'entre les morts. Ange ou démon, parce qu'il est rescapé de l'Enfer, cet homme est le seul capable de défier les autorités de Corée du Nord. Sous les yeux de Seth, il franchira la terrible frontière du pays le plus fermé du monde, dans le seul but de libérer une femme et un enfant. Ballahan, impuissant, devra de son côté jouer une véritable partie d'échecs avec la mort, au terme de laquelle se dévoilera une autre vérité, plus terrible encore. Car si la frontière séparant Nord et Sud est bien visible, les ténèbres s'étendent des deux côtés...



Seth Ballahan est appelé en Corée du Sud par son homologue Kim Ji-Sung. Sur place il découvre que Paik Dong-Soo n'est pas mort, que c'était un leurre pour éviter que les services spéciaux nord-coréens ne retrouve sa trace et l'élimine.

Seth Ballahan doit faciliter l'accueil de la famille de Paik Dong-Soo aux USA après que celui-ci ait ex-filtré celle-ci du camp d'internement où ils ont été incarcérés après sa défection.


Mais l'ex-lieutenant doit d'abord enquêter sur un double meurtre survenu dans un village pilote ultra-sécurisé surveillé par ordinateur où le moindre déplacement des résidents est enregistré grâce à une puce électronique qui leurs sont implantés. Pour la crédibilité de l'enquête on lui implante également une puce.


L'enquête qui se déroule sur deux jours est peu travaillée, et comme nous l'indique la fin du roman les causes et les coupables sont par trop facilement découverts, même si les raisons ne sont pas celles énoncées dans la première partie. L'enquête ne sert en fait qu'à préparer la suite du récit pour qu'il y ait plus de tension au niveau de l'ex-filtration, mais ça fait trop mécanique et surtout téléphoné.


Le reste du récit est un mélange d'action et d'espionnage bien loin du thriller classique.


Un deuxième tome qui comme le précédent s'avère, à part le rythme du récit, s'avère encore une fois assez décevant.





mercredi 10 août 2022

Les chemins de la haine de Eva Dolan

 



Pas de corps reconnaissable, pas d'empreintes, pas de témoin. L'homme brûlé vif dans l'abri de jardin des Barlow est difficilement identifiable. Pourtant la police parvient assez vite à une conclusion : il s'agit d'un travailleur immigré estonien, Jaan Stepulov. Ils sont nombreux, à Peterborough, ceux qui arrivent des pays de l'Est, et de plus loin encore, à la recherche d'une vie meilleure. Et nombreux sont ceux qui voudraient s'en débarrasser. Les deux policiers qui enquêtent sur le meurtre, Zigic et sa partenaire Ferreira, ne l'ignorent pas. N'éliminant aucune piste, le duo pénètre dans un monde parallèle à la périphérie de cette ville sinistrée par la crise économique, là où les vies humaines ont moins de valeur que les matériaux utilisés sur les chantiers de construction. Là où tous les chemins peuvent mener au crime de haine. 



Un homme alerte les pompiers, la cabane de jardin de ses voisins, les Barlow, est en flammes. Dans les ruines calcinées le corps de Jaan Stepulov, un immigré estonien qui vivait de mendicité. Violent l'homme squattait les lieux et terrorisait les propriétaires.

L'enquête est confiée à la section des Crimes de Haine dirigée par l'inspecteur Zigic. Dés le début de l'enquête ils apprennent que l'homme avait quitté sa famille pour retrouver son frère disparu.

Un appel aux morgues de la région va leur apprendre que le frère Viktor est mort depuis trois semaines happé par un train. Mais l’autopsie demandée par Zigice va révéler que l'homme était déjà mort avant d'avoir été déposé sur les rails.



L'enquête est maîtrisée de main de maître par l'auteur, explorant plusieurs pistes, du drame familial au crime raciste en passant par l’accident de travail au noir.



L'auteure explore à fond la thématique de l'exploitation des travailleurs immigrés par les gangmasters : logements insalubre, privation de liberté, et qui va jusqu'à la mort en cas de rébellion.



Les personnages sont travaillés à fond avec une mention particulière pour les enquêteurs descendants d'immigrés qui sont bien placé pour comprendre les peurs et les déceptions des sans papiers qui s'attendait à trouver en Angleterre l'Eldorado.



Un plume directe sans fioritures et efficace, très bien adaptée au ton du récit et qui donne une très bonne dynamique de récit.



Un policer social plutôt classique extrêmement bien réussi pour un premier roman.






dimanche 7 août 2022

Captifs de Inger-Ash Wolfe

 


Commune de Port Dundas, Ontario.
L'inspecteur Hazel Micallef est en convalescence et pour cette femme de terrain, l'inactivité n'a rien d'une promenade de santé. Clouée chez son ex-mari et sa nouvelle épouse, et soumise aux bons soins de sa mère, ses seules distractions sont les visites du détective Wingate, qui la tient informée des affaires courantes. Or un matin, ses collègues enregistrent une déposition inquiétante. Un couple parti pêcher sur un lac a remonté le corps d'une femme décapitée dans ses filets. Plus troublant encore : les détails de la macabre découverte sont relatés dans le premier épisode du roman de l'été, paru quelques jours plus tôt dans le journal local. Pas de doute, l'inspecteur Micallef et son équipe se retrouvent engagés, malgré eux, dans un jeu de piste extrêmement vicieux. S'ils gagnent, ils sauvent une vie, s'ils perdent...
Pour Hazel, cette deuxième option n'est pas envisageable. Même physiquement diminuée, elle ira jusqu'au bout !



Une guide de pêche contacte la police de Port-Dundas, alors qu'elle était avec un couple de clients, ils auraient accroché un filet contenant un corps de femme.

A l'endroit indiqué la brigade fluviale remonte un mannequin de vitrine. Sur le mannequin une série de chiffres qui une fois rentré dans l'ordinateur donne la vue sur un sous-sol où un homme, partiellement visible, est attaché sur une chaise et dans un de ses yeux la terreur. L'homme est menacé par une silhouette tenant un couteau.


Mais ce qui attire l'attention ce l'inspectrice, c'est la parution dans le journal local d'un feuilleton « le mystère de Bass Lake » dans lequel il est question de la découverte d'un corps. Or après recherches, Colin Edwin, l'écrivain de seconde zone qui n'a jamais rien publié, a disparu.


Une enquête classique, bien maîtrisée, sur une future victime potentielle. Si les enquêteurs n'ont au départ aucun indice, a la manière d'un jeu de piste, des indices fournis par le ravisseur leur parviennent par la suite de la parution du feuilleton mais écrit par une autre main vu le style.


Les enquêteurs sont intéressants à suivre, bien brossés, surtout l'inspectrice soixantenaire qui s'acharne à découvrir la vérité malgré une opération toute récente.


Laplume de l'auteur est efficace, fluide et les éléments s'imbriquent de manière naturelle donnant une lecture dynamique et addictive.


A l'instar du premier tome de la série un très bon roman policier classique.




vendredi 5 août 2022

L'évangile des ténèbres de Jean-Luc Bizien

 


Seth Ballahan, rédacteur en chef d'un quotidien américain, apprend que Michaël Wang, l'un de ses collaborateurs, est piégé en Corée du Nord. Face à l'absence de réaction de sa hiérarchie, Ballahan décide de secourir le jeune journaliste. Dans Pyongyang, la capitale fantôme où les hommes ne sont que des ombres, il cherche de l'aide auprès de Suzan, une soi-disant correspondante d'O.N.G. canadienne. Au même moment, l'inconcevable se produit : dans ce pays ultra surveillé, une série de cadavres atrocement mutilés révèle l'existence d'un tueur obsessionnel. Le lieutenant Paik Dong-Soo, brillant militaire nord-coréen, est chargé de l'enquête. A l'issue d'un parcours terrorisant, tous vont se retrouver en un lieu oublié, celui qu'annonce l’Évangile des Ténèbres...



Michael Wong, un jeune reporter est envoyé par sa hiérarchie en Corée, il passe clandestinement la frontière. Blessé et poursuivi par les soldats nord-coréens, il tombe dans une rivière. A son réveil, sa première vision est celle d'un monstre, il a échoué dans un centre d'internement où sont prisonniers des victimes de manipulations génétiques et leurs familles.

Son rédacteur en chef qui n'a plus de nouvelles se rend en Corée pour tenter de l'ex-filtrer.



Paik Dong-Soo un lieutenant qui gardait la frontière sud est rappelé à la capitale pour enquêter sur une série de meurtres horribles. Les hauts dirigeants ne peuvent laisser se répandre une telle déviance qui est plus l'apanage des occidentaux.



Plus les meurtres vont se succéder, plus le lieutenant va s'apercevoir qu ses supérieurs lui cachent les raisons du meurtrier et l'horrible expérience menée afin de faire des coréens du nord des surhommes pour conquérir le monde.



Quand à Seth Ballahan, il va découvrir un peuple affamé, endoctriné depuis leur plus tendre enfance à suivre les préceptes édictés par le Grand Leader. Il va apprendre que son protégé se trouve dans un camp d'internement où les opposants au régime sont à peine nourris, battus et à la merci des gardes qui ont tous les droits sur eux en toute impunité.



Une grande fresque très noire de la Grande Nation et une enquête pas vraiment travaillé puisque linéaire et où c'est le tueur qui traque l'enquêteur plutôt que l'inverse.



Un premier tome dans son ensemble décevant.




jeudi 4 août 2022

Passage des ombres de Arnaldur Indridason

 


Un vieil homme solitaire est retrouvé mort dans son lit. Il semble avoir été étouffé sous son oreiller. Dans ses tiroirs, des coupures de presse sur la découverte du corps d'une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l'occupation américaine.
Pourquoi cet ancien crime refait-il surface après tout ce temps ? La police a-t-elle arrêté un innocent ?
Soixante ans plus tard, l'ex-inspecteur Konrad décide de mener une double enquête. Jumeau littéraire d'Erlendur, il a grandi en ville, dans ce quartier des Ombres si mal famé, avec un père escroc, vraie brute et faux spirite. Il découvre que l'Islande de la " situation " n'est pas tendre avec les jeunes filles, trompées, abusées, abandonnées, à qui on souffle parfois, une fois l'affaire consommée, " tu diras que c'était les elfes ".
Un polar prenant qui mêle avec brio deux époques et deux enquêtes dans un vertigineux jeu de miroirs. Où l'on découvre que les elfes n'ont peut-être pas tous les torts et que les fééries islandaises ont bon dos...



Une retraitée qui n'a pas de nouvelles de son voisin appelle la police qui découvre le nonagénaire mort sur son lit. Une mort qui semble naturelle mais l'autopsie révèle la présence de fibres dans la gorge de l'homme prouvant qu'il a été étoffé avec un oreiller.

Dans l'appartement sont trouvées trois vieilles coupures de journaux relatant le meurtre d'une jeune couturière en 1944.



Konrad, un policier en retraite qui s'ennuie depuis la mort de son épouse, se lance dans l'enquête pour aider la Criminelle. En parallèle de celle menée 60 ans plus tard l'on suit également celle menée par Flovent et Thorston pendant la seconde guerre mondiale.



Deux enquêtes linéaires, sans rebondissements, qui malgré les deux époques, ont toujours du mal à convaincre le lecteur.



Dans ce troisième tome de la trilogie on découvre Konrad qui va donner lieu à une nouvelle série de l'auteur. Un nouveau personnage, plutôt plat qui ne parviendra pas à égaler le personnage emblématique de l'auteur.



Si grâce à l'enquête menée de nos jours le roman se situe un demi-ton au dessus des premiers tomes de la série le lecteur à toujours un peu de mal à accrocher.