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vendredi 9 octobre 2015

Chroniques de l'Âge de Fer, Kwamé Maherpa



Les invasions barbares ont submergé l'Empire des Terres de l'Ouest. Son allié, le Haut-Roi du continent Azanien, a été assassiné par trois officiers félons. Ces deux drames précipitent le monde connu dans une sombre période de feu, de sang et de décadence que les poètes, les érudits des temps anciens appelleront l'Âge de Fer. Les huit nouvelles de ces Chroniques, qui narrent l'ascension de l'Architecte du Chaos dissimulé sous les traits bienveillants de l'Être Suprême, sont dominées par un homme d'extraction modeste affrontant les forces d'un destin tragique. Des confins des royaumes Extrême-orientaux ou levantins aux marches du puissant royaume azanien de Khem, tel un héros de légende, Iska transcende sa simple condition de marin-pêcheur pour lutter à armes inégales contre la Philosophie du Mal.


Les Chroniques de l' Âge de Fer est un recueil de huit nouvelles qui nous invite à suivre le destin d'un adolescent devenu gladiateur et qui va devenir le sauveur d'un territoire en perdition. Des nouvelles qui sont présentées comme autant de récits contés à la manière des gestes d'antan par des clercs et des poètes


La mort d'Atlanersa : Dans cette première courte nouvelle, l'auteur narre l'assassinat d'un Haut-Roi par ses généraux qui veulent s'emparer du Heka, le bâton de commandement.

Prophéties d'outre-tombe : On assiste dans cette deuxième courte nouvelle aux visions mystiques d'une poète devenu fou sous la torture prophétisant la chute du tyran qui occupe le trône et au retour du Haut-Roi. Un sauveur rassemblera une armée pour renverser le tyran et ses prophètes adorateurs de l'Antédieu.

Le dernier général : Un général en poste en Francie apprend la chute de l'Empire des Terres de l'Ouest tombé face aux hordes barbares venues de Frise. Suite à cette annonce, le général propose à ses hommes de devenir mercenaires et de former la compagnie Franche.

Trois nouvelles qui place le contexte historique et géopolitique dans lequel vont se dérouler dans l'avenir les nouvelles suivantes. L'auteur c'est largement inspiré de faits réels qui se sont déroulés dans l'histoire véritable de notre civilisation de l’ère porto-historique jusqu'à l’ère médiévale. En effet certaines références se rapportent bien à des grands événements majeurs. Dans la première nouvelle le Haut-Roi peut faire référence à la chute de la civilisation Égyptienne et dans son final à l'assassinat de Jules César. Dans la deuxième nouvelle l'on notera la référence à l'Antédieu, cette notion pourrait faire référence aux Croisades. Dans la troisième il est clairement fait référence à la chute de l'Empire Romain et à la Neuvième Légion qui fut la dernière force des armées romaines à résister sur la Bretagne que l'on peut expliquer par la présence des noms suivants : Orcades, Lutèce,...

Le pêcheur et la princesse : Dans cette première nouvelle consacrée au héros, fil conducteur des nouvelles, nous faisons sa connaissance alors qu'il passe, selon des rites ancestraux, son initiation pour intégrer la caste des pêcheurs. Au cours de ce rituel, l'adolescent à des visions d'un champ de bataille et l'Oracle lui annonce qu'il doit délivrer une princesse prisonnière d'une secte adoratrice de forces démoniaques.

Dans cette nouvelle nous faisons connaissance du héros, de sa rapide ascension dans l'échelle des castes et de sa fuite pour éviter la mort. L'auteur change radicalement les décors dans lesquels se déroule cette nouvelle en nous propulsant dans des paysages luxurieux faits de mangroves, puis subitement on se retrouve dans un sorte de chine mongole. Ce changement déroute le lecteur car on est loin de la scintillation romaine et proto-historique celtique de la mise en contexte.

Les guerriers de Kyodo : Après sa fuite dans la nouvelle précédente, le héros a longtemps dérivé sur son petit bateau et c'est proche de la mort qu'il est recueilli par la jonque amirale de l'empire des Sept Royaumes. Il est sorti des confins éthérés de la mort par le médecin du bord.

Les références Céleste Empire et Pays du Matin Calme laissent à penser que l'action de la présente nouvelle se situe dans le sud de la mer de Chine. On voit toujours pas le rapport entre les trois courtes nouvelles du début du recueil avec ces deux nouvelles mettant en scène le guerrier.

La terre, le vent et le feu : Capturé lors de la chute de Sagapour notre héros est emmené à Kyodo où il est forcé de combattre dans l’arène. Puis un seigneur tuant son ami, afin qu'il veuille se venger, lui fait suivre une formation pour devenir chef de guerre.

Les Franches compagnies : Sa liberté accordée, Iska combat dans les Franches Compagnies. Après la victoire sur l'empire de Khatay, les franc-compagnons sont assassinés sur ordre du roi de Vied. Iska et ses deux amis veulent se venger.

Anuba : Cassius accompagné d'Iska sont de retour sur le continent Azanien, missionnés pour aider le roi de Khem pour retarder l'invasion de son royaume et lui permettre de rassembler une armée en ralentissant la progression de l'ennemi.

Dans cette nouvelle on change une fois de plus d'univers, le continent Azanien peut être comparer à l'Afrique et le royaume de Khem avec ses pyramides à l’Égypte. Mais l'auteur mélange les deux territoires pour n'en former qu'un.

Les descriptions de l'auteur sont fort bien réussies, justement dosées pour que le lecteur puisse s'immerger dans cet univers, mais pas trop longues pour prendre le pas sur les actions, rappelons-le nous sommes ici dans des nouvelles.

Les batailles sont réglées de fort belle manière, le lecteur n'a aucun mal à s'imaginer être en plein cœur de l'action, notamment dans la grande bataille maritime se déroulant dans Les Guerriers de Kyodo.

Avec quelques liaisons entre les différentes nouvelles l'auteur aurait pu en faire un roman, ce qui aurait évité les désagréables coupures qu'engendre ce format à la lecture, le récit n'en aurait été que plus intéressant.

Le style de l’auteur est très fluide, à la fois incisif et plein de détails qui colle à la perfection avec le format des nouvelles épiques. Les récits sont courts et leurs chute inattendue à très surprenante à chaque fois. Les nouvelles sont d'égale qualité, l'ambiance sombre qui se dégage tout au long du recueil sert parfaitement ces récits de guerre. La dynamique de lecture est excellente et on prend plaisir à découvrit l'auteur. Au final une fantasy épique maîtrisée de la première page à la dernière.




samedi 8 novembre 2014

Jirel de Joiry - Catherine Lucille Moore




Jirel de Joiry est une fière guerrière que rien n'effraie. Pas plus l'horrible dieu noir que la magicienne Jarisme. Des pays les plus ténébreux aux couloirs de l'inquiétant château de Hellsgarde, Jirel se bat pour sa libeté, voire sa survie, mais aussi  afin de sauver Joiry des périls les plus improbables. Et quoi de plus improbable que cette étrange rencontre avec Norwesth Smith, le célébre aventurier de l'espace surgi du futur ?



Telle une machine à remonter le temps, Jirel de Joiry nous fait effectuer un bond dans le passé, à l'âge d'or de la fantasy. Publiées de 1934 à 1939 dans Weird Tales, les six nouvelles fantastiques qui constituent ce recueil , nous ramènent à l'époque mythiques des pulp-fictions, ancêtres de nos webzines et fanzines. A l'instar de Robert E. Howard, avec Kull le Barbare et Conan, c'est dans un univers d'héroîc-fantasy que Catherine Lucille Moore situe son héroïne qui fut l'une des premières en fantasy.

Dans les pas de son héroïne, l'auteure nous entraîne d'un improbable moyen-âge français quelque part entre le règne de Charlemagne et la Renaissance. Un univers de fantasy épique à mi-chemin entre les romans de cape et d'épées et des univers fantastiques parallèles. Une fantasy épique fortement teintée de sword and sorcery où notre héroïne affronte par ses fureurs et ses passions les puissances infernales tout en secouant sa crinière rousse.

Le baiser du dieu noir : Assiégé, le château de Joiry, vient de tomber, enfermée dans une des geôles du château par son ennemi, Jirel parvient à s'échapper. Désireuse de se venger, elle pénètre dans les entrailles de la terre, au royaume des démons, pour y trouver une arme qui pourra la débarasser de son ennemi.

L'ombre du dieu noir : Prise de remords, elle se rend à nouveau dans les territoires du dieu noir, pour libérer l'âme de Guillaume qui erre dans les enfers.

Jirel face à la magie : Jirel à la tête de ses troupes enlève le château de Guischard pour s'emparer du sorcier Giraud qui a tué quelques uns de ses hommes. Mais le sorcier s'est échappé par une fenêtre qui s'ouvre sur un étrange paysage où Jirel va se trouver confrontée à une reine-sorcière.

Le pays ténébreux : Grièvement blessée et reposant sur son lit, Jirel disparaît subitement pour se retrouver projetée dans une contrée étrange où un homme l'a soustrait à la mort pour qu'elle devienne son épouse.

Hellsgarde : Jirel se rend à Hellsgarde, une forteresse entouré e de marécages, que l'on ne peut voir qu'au soleil couchant, pour s'emparer d'un petit coffret détenant un trésor afin de payer la rançon de ses hommes qui croupissent dans des cachots.

La quête de la pierre-étoile : Jirel s'empare dans l'antre d'un sorcier, d'une pierre-étoile. Le sorcier parvient à s'enfuir par une porte temporelle qui s'ouvre sur les ténèbres en la menaçant de lui envoyer quelqu'un qui la matera. Quelque part en terre martienne, le sorcier pour assouvir sa vengeance embauche Northwest Smith un voyageur intemporel de l'espace et hors-la-loi exilé de la Terre.

L'auteur nous dépeint un univers a mi-chemin de l'héroïc-fantasy actuelle et des univers cauchemardesques à la Lovecraft. Un univers où la dimension religieuse joue une part importante dans les pérégrinations de l'héroïne. Une dimension lié au contexte de l'époque moyenâgeuse et où les références liées à la foi, le péché et la damnation apportent une dimension dramatique presque tragique aux événements.

Dans un étrange mélange de science-fantasy l'auteur nous offre pour une des toutes premières incursion féminine dans la fantasy une héroïne au tempérament volcanique et aux courbes aguicheuses, à l'image des illustrations de l'époque et notamment celles de Conan le Barbare souvent dépeint avec très souvent avec de très agréables créatures féminines.


Même si les nouvelles de C. L. Moore révèlent des qualités narratives indéniables, même si l'auteur démontre sa capacité à tisser une atmosphère, même si son œuvre appartient à l'histoire du genre, on ne peut s'empêcher de constater que l'ensemble a certes un peu vieilli et nous offre une fantasy que les lecteurs de fantasy actuelle pourront trouver lassante. Toutefois les amateurs de littérature fantastique dans sa forme la plus pure ne seront pas totalement déçus par les événements surnaturels de ce classique du genre. Et l'auteur a le mérite de nous offrir une femme très différente de celles sans défenses qui servaient à l'époque de faire valoir du premier rôle masculin, chose rare en 1930. 






mardi 30 septembre 2014

Les Contes de Scarbo Tome 1 Présences Nocturnes - Alexandre Roméo Morisani



Le mystérieux Scarbo ne paie pas le loyer à son colocataire en argent : il lui écrit de courtes histoires, qui semblent amuser les deux êtres. Des contes sombres, parfois terrifiants, aux issues inexplicables.


Pour sa première œuvre l'auteur nous entraîne dans un univers fantastique contemporain.
Présences Nocturnes est le premier tome des Contes de Scarbo, un recueil de nouvelles, assez court, est composé de trois petites histoires.
Œil pour œil :

Un homme en arrêt maladie depuis le décès accidentel de son épouse, survenu au surlendemain d'un pot de fin d'année où il a reçu en cadeau un buste de femme énucléée qui avait suscité pour le couple une nuit de cauchemars, reçoit la visite du psychologue de son entreprise à qui il narre ses déboires.

Dès le début de l'histoire, l'auteur introduit les suspense par une courte phrase qui pourrait, au premier abord, paraître anodine, mais qui se révèle en fait l'élément déclencheur du récit.
Puis il poursuit son récit en enrobant l'élément déclencheur d'un contexte où l'ambiance inquiétante de l'histoire monte graduellement en pression.

Une fin qui se révèle, comme le laissait penser le développement de l'histoire, assez convenue, le lecteur imaginant sans peine le dénouement bien avant que celui-ci n'arrive.

Les âmes souterraines :

Un jeune assureur de profession a emménagé seul dans une grande demeure où les corps des anciens propriétaires ont été retrouvés au fond d'un puits situé dans la cave. La découverte d'une petit recueil de légendes jauni, auquel il manque quelques pages, va changer son existence, mais surtout ses nuits.

Au fil des pages, l'auteur fait bien ressortir la climat hostile qui entoure le protagoniste. L'opposition d'un cadre parfois décrit comme sympathique renforce le sentiment d'emprise, qui monte graduellement en crescendo, qu'exerce la maison sur le nouveau propriétaire. L'alternance du passé des lieux avec le temps présent ménage encore plus le suspenses. Et, contrairement avec la précédente nouvelle, il est difficile d'imaginer où l'auteur veut nous emmener.

La montée en puissance de l'angoisse est ici excellente, plus subjective, moins directes. Les descriptions son criantes de vérité, le lecteur visualise les scènes en même temps que le protagoniste principal. Dans les dernières l'auteur distille un peu de poésie qui atténue un peu le côté macabre de la situation.

Le liseur de nuit :

Dans cette troisième nouvelle, l'auteur introduit brièvement l'histoire en décrivant les rapports entre les doyens d'un immeuble. Un homme se rend chez sa voisine pour lui apporter un magazine et trouve étrange l'odeur de putréfaction qui règne dans l'appartement, sans plus s'en inquiéter.

L'auteur nous présente ensuite l'homme à son travail. L'homme n'arrive pas à se dépêtrer de l'odeur qui régnait dans l’appartement. S'ensuit une série de quiproquos qui monte crescendo jusqu'à la suite finale.

Avec le Liseur de nuit , l'auteur nous gratifie d'une nouvelle très courte, rédigée, encore une fois de fort belle manière dans le traitement d'un fait divers qui est malheureusement trop fréquent de nos jours. Les thématiques de la solitude chez les personnes âgées et l'indifférence des voisins en milieu urbain sont ici traités de manière originales.

Entre fantastique et horreur, l'auteur nous livre un recueil de très bonne facture. Le vocabulaire employé par l'auteur s'avère assez riche sans être complexe hormis l'emploi de quelques peu usités dans la vie courante. L'écriture fluide de l'auteur nous offre une excellente dynamique malgré les passages un peu longs de la mise en contexte, mais nécessaires à la bonne compréhension de l'histoire.

Le postulat de départ, se faire payer en récits est assez innovant dans le fait de faire intervenir un narrateur de manière indirecte.

Avec ce premier recueil, l'auteur nous offre trois récits très intéressants à partir d'idées toutes plus originales les unes que les autres. Mais malgré des textes forts en profondeur, les conclusions des récits sont quelque peu assez prévisibles, on aimerait que l'auteur nous surprenne davantage. Un premier recueil de très bon niveau qui devrait satis faire pleinement les amateurs du genre et qui donne envie de lire la suite.





vendredi 14 février 2014

NOCTURNE SUR FONDS D'EPEES – DANIEL WALTHER




RÉSUMÉ

Dans ce chaos de temps et de silence, dans ce désert où les civilisations explosaient comme des gouttes de lave, la Terre avec son orgueil maladif, sa vanité native ne connut qu'un destin très ordinaire : des équipages belliqueux la quittèrent, vastes escadres de proie dont la plupart connurent des sorts lamentables, s'échouant sur des plages inhospitalières, se laissant gober par des planètes en fusion.
Mais quelquefois des équipages parvinrent à créer des civilisations ici ou là, comme par exemple la Grande-Terre.
Pourtant, détachées de leurs racines, les civilisations para-terriennes ne connurent que des périodes apogétiques extrêmement courtes. La Barbarie, sous toutes ses formes, menaça rapidement les frêles réalisations des enfants de la Terre. La Magie, depuis de longs siècles, avait remplacé la science dans une grande partie de l'Univers.
La Grande-Terre se trouvait justement dans un secteur spatial où régnaient d'étranges et puissantes entités.
Comme celles qui avaient jeté leur dévolu sur le monde de Dijkal.
La Magie était mille fois plus ancienne que la Science. La Science essayait d'expliquer le monde ; et pourtant c'était la Magie qui régissait la vie de la plupart des espèces évoluées.
Mais cela les hommes, fiers de leur supériorité scientifique et technologique, ne pouvaient pas le savoir.
Ils ignoraient également qu'au-delà de la mer obscure qui séparait le système solaire des autres soleils de la galaxie, par-delà ce fragile noman's land qui les garantissait d'un mal pernicieux, des Créatures innommables avaient établi durablement leur Règne...


L'AUTEUR

Né en 1940 à Munster (Alsace), Daniel Walther est journaliste dans un grand quotidien de l'Est. Il dirige, chez Opta, le Club du Livre d'Anticipation (CLA) et Galaxie-Bis.
Grand Prix de la Science-Fiction Française, Prix Europa S-F Spécial, il a publié neuf romans et trois recueils de nouvelles.
Reconnu aujourd'hui comme l'un des tout premiers écrivains français de science-fiction et de fantastique, Daniel Walther peut, en outre, être considéré comme le seul grand poète français du genre.



Le recueil se compose de quatre nouvelles :

Nocturne sur fond d'épées,
Les eaux de gloire,
Dans le repaire de la goule,
Le navire du dieu d'argent


Inspirée de Moorcock, cette Saga de Synge et de Brennan se compose de quatre nouvelles assez longues. Les trois premières d'entre elles étaient parues entre 1972 et 1974 ce que l'éditeur omet de préciser, préférant frapper le quatrième de couverture d'un Inédit à la limite de l'arnaque, puisqu'il ne concerne que la quatrième nouvelle, la plus longue.

Sur une planète retournée à la barbarie après la conquête des étoiles par les hommes, deux héros que tout oppose se retrouvent contraints de se côtoyer dans des aventures aussi grandioses que terrifiantes. D’un côté Synge, personnage cultivé et civilisé qui a été arraché de son monde raffiné pour atterrir sur cette planète barbare. De l’autre Brennan, guerrier aussi musclé que stupide qui aime surtout violer et massacrer à tour de bras. L’un convoite le royaume et la femme de l’autre. Mais le deuxième a besoin du premier pour réussir sa quête. Les voilà tous les deux partis ensemble de concert tout en sachant qu’au moindre faux pas, l’autre en profitera pour le tuer.

L'auteur, dans la plus pure tradition de Michael Moorcok, qu'il cite dans sa présentation, nous invite à parcourir quatre textes de Sword and Sorcery. En effet, son écriture et son style abrupt, vénéneux sont dans la grande tradition de la sword and sorcery représentée en premier lieu par des Howard, Norman ou donc Moorcock. Mais ce qui le rapproche le plus du troisième est sans conteste son héros qui gagne, malgré le format court de la nouvelle, en profondeur au gré de ses quêtes.

Les règles de ce sous-genre sont respectées, la structure des histoires est celle de la quête, d'un objet ou d'un savoir, d'un pouvoir. Les personnages archétypes sont au rendez-vous : guerriers, sorcières, magiciens,...


Ces histoires se lisent agréablement, certaines pages méritent que l'on s'y attarde plus que pour une simple lecture cursive, et, en effet, les thèmes du pouvoir et du combat contre l'obscurantisme sont traités. On peut toutefois regretter que les textes ne soient pas d'un niveau littéraire égal, mais le plaisir est là, pour une après-midi confortable de lecture. Pour les amateurs de Sword and Sorcery classique qui apprécient l'apologie de l'action plutôt qu'une intrigue bien ficelée. L'intérêt principal réside dans la haine viscérale des deux guerriers, l'un pour l'autre et vice-versa, alors qu'ils sont obligés de cohabiter. Daniel Walther rend ici hommage au héros de Leiber, Moorcock ou Howard en privilégiant une fantasy faite de guerriers, d'aventures ou de combats plutôt que d'explorer les sociétés rencontrées ou le développement de la psychologie de ses personnages.

Une lecture rendue toutefois agréable par la plume de conteur de l'auteur saupoudrée de traits d'humour et d'érotisme.