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vendredi 18 août 2017

Les falaises de l'Ouest de Georges Foveau


Lecture dans le cadre du challenge :



Tandis que le Premier ministre Rahaguen tente de composer avec un culte messianique qui rallie de plus en plus de nouveaux fidèles, l'Empire Dlée est miné jusque dans sa noblesse par des sectes obscures et obscènes qui ravivent les cultes les plus maléfiques. Il envoie l'Enquêteur Impérial Soze en mission dans la province des Falaises de l'Ouest. Plusieurs nobles y ont été assassinés d'une mystérieuse manière.

Fort de l'expérience de ses précédentes enquêtes. Soze se retrouve dans un pays étrange, aux confins du monde visible et du monde invisible, face à un océan vide. L'envoyé impérial comprend immédiatement que, malgré la férule apparente des sbires douteux de l'administration impériale, l'ancienne foi de cette étrange province continue de survivre dans le secret des falaises et dans le cœur de ses habitants, grâce à la transmission orale et à quelques gardiens qui conserveraient respectueusement les têtes de héros et d'enchanteurs, morts depuis des siècles...

Soze va se retrouver confronté à Krahânic'h, conteur qui prétend être aussi vieux que le temps, à Dame Vérivein dont la douceur cache des qualités plus stupéfiantes et à un étrange " épouvantail " qui défend une immense ruche itinérante. D'abord rétif, l'enquêteur se pique d'une curiosité qui l'amènera à fréquenter d'un peu plus près les essaims des Samm'Hain, à en apprendre un peu plus sur les adorateurs du démon Mogart Priack et sur le très mystérieux Rahaguen, qui le protège depuis des années... et à prendre des décisions, concernant un certain avenir de l'Empire, qui ne seront pas sans conséquences sur le sien.

Nous retrouvons l'Enquêteur Impérial Soze qui nous narre sa troisième aventure étrange dans le cadre de ses fonctions au service de l'Empire.

Envoyé par le premier ministre dans le territoire annexé des Falaises de l'Ouest pour mettre fin à assassinat de nobles de l'Empire, il découvre une région fortement ancré dans ses traditions et ses croyances ; et qui n'est pas pour le lecteur sans nous rappeler notre Bretagne et ses légendes. En effet par beaucoup de points, et notamment par sa situation géographiques considérées par nos lointains ancêtres comme les terres les plus à l'Ouest, on est projeté dans un univers entièrement basé sur des contes et légendes réappropriées par l'auteur.

Et comme pour les deux précédentes aventures de son personnage fétiche, l'enquête n'est qu'un prétexte pour nous entraîner, une fois de plus, dans un univers où le monde des morts et celui des ténèbres ne sont séparés de celui des vivants par une frontière des plus ténue.

L’histoire se déroule dans un monde à la fois médiéval, à la fois onirique, à la fois ésotérique et qui au fil des tomes ne fait qu'enrichir l'univers construit en fonction des us et coutumes de différentes peuplades.

La plume de l'auteur est très riche, l'écriture recherchée, mais le style se révèle parfois pompeux, précieux. Si les dialogues sont toujours très courts et directs, les descriptions et les monologues intérieurs se révèlent un peu trop longs ce qui, inévitablement n'est pas sans créer une dynamique de lecture très lente malgré une action assez présente.

Si dans ce troisième volume, hors introspections, le personnage principal n'évolue que très peu par rapport aux opus précédents, l'on découvre enfin le premier ministre qui s'était jusqu'alors révélé fort énigmatique.

Les Chroniques de l'Empire est une œuvre en marge de la fantasy classique, plus proches des légendes romancées où l'auteur leur donne vie dans un monde plus proche du rationnel. Une série qui pourrait intéressé les lecteurs du genre recherchant des histoires plus fouillées.





samedi 19 mars 2016

Un port au Sud, Georges Foveau


Lecture dans le cadre des challenges :





Enquêteur émérite, Soze est envoyé à Pahar-Rémaé, le plus grand port du sud de l'empire Dlée. Le Premier Ministre Rahaguen lui ordonne de démanteler une organisation criminelle qui crible tout le territoire car, sous le trafic d'art, pointe le complot noir.

Drapé dans son apparence de fonctionnaire impeccable et zélé, Soze se retrouve confronté à des sujets méridionaux bien peu respectueux de l'autorité impériale. Ils vont le toucher par leur gouaille et leur sensibilité exacerbée. Déjà ébranlé dans ses convictions par son périple dans la Marche du Nord, Soze va rencontrer un poète insoumis, une danseuse au grand cœur et leurs complices, opposés à des notables douteux.
Cette enquête précipite Soze dans des questions essentielles auxquelles il est le seul à pouvoir répondre. Ces interrogations se font d'autant plus impertinentes qu'elles sont attisées par les souvenirs que ressuscitent deux voyageurs incongrus, bien moins naïfs qu'ils ne le laissent paraître. Mais Soze doit avant tout décapiter l'obscure organisation qui n'hésite pas à assassiner ses partenaires.


Le récit débute sur une rencontre dans les souterrains du palais impérial entre le premier ministre du Nouvel Empereur et un vieillard, qui semble faire partie d'une organisation secrète. Le vieillard demande au premier ministre son aide arguant d'une menace venue du chaos, mais aussi l'informe que des gredins ont enlevé Kc'hull, une relique sacrée.

Puis la deuxième scène nous ramène dans la Marche du nord où l'on retrouve Lounx Noir a qui un jeune chasseur apprends qu'un scélérat a dérobé le Bâton-Rapace

Soze qui depuis sa mission dans la Marche du Nord, cinq ans auparavant, a progressé dans la hiérarchie justicière se voit confié par le premier ministre une mission qui cette fois va le conduite dans le sud de l'empire. Le ministre le charge de faire la lumière sur un vague de criminalité consistant à dérober des œuvres d'art.

Ces trois faits semblent être liés, comme le prouve la suite du récit, qui alterne dans son premiers tiers entre la vie de Soze dans la capitale avec la forêt des Louxons. Puis les deux groupes vont se retrouver à travailler de concert pour retrouver les objets voler.

Contrairement au tome précédent et même si l'auteur porte encore ses efforts sur le côté sociologique des habitants de sur les messages qu'il veut faire passer, le côté thriller est plus développé et l'on assiste à une véritable enquête. Une enquête qui manque encore un peu de développement.

Avec l'évocation de sorcellerie, de démon baroque, d'un culte régional subversif proposant l'union du bien et du mal, on aurait pu s'attendre à une touche de fantasy plus importante , ce n'est pas le cas car l'auteur délaisse complètement ces orientations.


Contrairement au tome précédent l'auteur prend dans ce deuxième opus le temps de nous développer son univers, on y découvre une petite description de la Cité Impériale. Mais l'auteur retombe rapidement dans ses travers car malgré que le voyage de Soze dure trois mois sa description ne prend que quelques lignes. Seule l'arrivée de deux groupes dans le port de Pahar-Rémaé donne lieu à une description plus conséquente. L'on y découvre un port qui n'est pas sans rappeler Venise pour la configuration de ses canaux, la Camargue pour sa faune et un Marseille pour son activité et la gouaille de ses autochtones. L'auteur nous présente également une nouvelle ethnie, les Raknars dont la description autant physique que leur mode de vie n'est pas sans rappeler les Vikings. On a également droit à une immersion dans la géopolitique locale.

Hormis l'Enquêteur, l'on retrouve l'un des personnages que l'on avait rencontré dans le tome précédent Moussu, l'un des déserteurs. Le personnage de l'enquêteur se veut moins imbue de sa personne et de ce fait l'on apprécie plus de le suivre. L'aide que lui a adjoint le Ministre, originaire du sud se révèle quand à lui trop caricatural. Dans l'ensemble les autres protagonistes ayant un rôle secondaire dans l'enquête sont un peu plus travaillés au niveau de la psychologie.

Malgré des introspections moins nombreuses le rythme du récit reste toujours lent, l'auteur ayant privilégier à l'action l'étude comportementale des personnes rencontrées. Ce qui est dommage car l'écriture est belle, travaillé et le style échappe à la lourdeur du tome précédent.

Au final l'on se retrouve avec un roman un demi-ton au-dessus du précédent ; mais où le côté fantasy n'est pas développé malgré une bonne amorce. Une fois de plus l'auteur n'obtient pas l'adhésion du lecteur.





La Marche du Nord, Georges Foveau


Lecture dans le cadre des challenges :




Sur les récriminations de l'obséquieux marchand Amimplain, l'Enquêteur Impérial Soze se rend aux confins de la Marche du Nord afin d'y mener ses propres recherches. Parvenu jusqu'à la forteresse, Soze y est accueilli par le commandant Kermadec, militaire héroïque et mystérieux. Autour de la garnison s'étend une forêt séculaire et inexplorée dont Amimplain convoite les richesses. Avec virulence, il accuse le commandant d'être le complice d'une peuplade sauvage et cruelle qui hante les ombres de la sylve en prédateurs sanguinaires. Le marchand réclame leur anéantissement ! Plutôt que de répondre aux questions de Soze, Kermadec l'entraîne au coeur de la forêt, dans l'intimité des légendes. Son éducation stricte de Fonctionnaire Impérial ne l'avait pas préparé à affronter les démons et merveilles qu'il y découvrira.


Au crépuscule de sa vie, l’Enquêteur Impérial se souvient d'une de ses premières enquêtes de fonctionnaire zélé et ambitieux dans l'exercice de ses fonctions de protecteur des dés intérêt de l'Empereur et de ses fidèles sujets. Une de ses premières missions qui l’entraînât dans les forêts obscures et quelque peu inhospitalières des Marches du Nord. C'est suite à l'accusation de marchands accusant le commandant de la garnison de ne pas remplir ses obligations qu'il y fut missionné par son supérieur.

L'enquête n'est qu'un prétexte pour nous faire découvrir une civilisation qui n'est pas encore touchée par l'expansionnisme de l'Empire. On trouve dans cette toile de fond une similitude avec l'Empire Romain qui se vérifiera tout au long de la lecture.

Le début de l'enquête s'annonce difficile pour le jeune fonctionnaire confronté d'une part à un militaire chevronné au passé glorieux et de l'autre à un marchand véreux. On sent de suite chez le jeune fonctionnaire un certain malaise s'installer. L’atmosphère pesante de la forêt dans la quelle le commandant entraîne Soze renforce le malaise notamment par le ton sarcastique et moqueur employé par le militaire.

Hormis par la présentation des faits et la conclusion de Soze, le côté thriller n'est pas du tout développé, c'est plus dans un roman initiatique que l'auteur nous entraîne en développant des thématiques plus en rapport avec un roman à la fois sociologique et ethnologique. En effet, l'auteur nous entraîne à la découverte d'une peuplade au système féodal primitif qui n'est pas par certains côtés sans nous rappeler la civilisation Celte. Tout comme pour la touche thriller, le côté fantasy se résume à la plus simple des expressions, ne reposant que sur l'empire imaginaire qui sert de toile de fond.

A la fois hymne à la nature et à la différence, nous entraîne dans un récit à l'atmosphère certes envoûtante mais l'opposition entre les deux cultures aussi différentes l'une que l'autre verse quelque peu dans un certain manichéisme. Un sentiment renforcé par une absence d'originalité, de thématiques éculées et d'une morale à la fois légère et naïve.

La découverte de l'univers est plutôt restreint puisqu'il se limite à la forêt à la fois humide et froide où vivant les autochtones. L'auteur, lors du voyage de Soze n'a pas daigné nous faire décrire les régions traversées. Le monde dans lequel évolue le protagoniste principal ne s'est limité qu'à la découverte de ce peuple primitif, de ses us et coutumes. En effet l'auteur s'attarde sur leurs croyances, leurs légendes... ce qui n'ait pas sans créer certaines longueurs . Impression encore renforcée par les introspection du protagoniste principal et de certains des autochtones. Heureusement le parcours initiatique du jeune homme se fait sur un ton souvent humoristique humoristique qui allégé un peu cette sensation de lourdeur, l'auteur allant m^me jusqu'à faire un clin d’œil à la Marseillaise.

La fête du Printemps de la peuplade à beaucoup de traits communs avec une des fêtes celtiques dans sa manière de se dérouler et le Grand Cornu évoqué ici n'est pas sans rappeler Cernunnos. A cette ressemblance avec les rites celtes viennent s'ajouter quelque références à ceux des indiens d'Amérique.

Soze personnage imbu de sa personne qui dans les premiers temps s'avère plutôt antipathique ce n'est qu'à la fin du roman qu'il montrera visage plus convaincant. Celui du commandant de la forteresse du commandant de la forteresses, de son enfance, de son passé militaire parvient à retenir l’attention du lecteur. La réussite de l'auteur sur les personnages réside dans celui du vieux sage Lounx Noir qui attire notre empathie.

Vocabulaire est recherché, soigné sans être complexe, mais le style essentiellement narratif se veut lent et la dynamique de lecture s'en ressent fortement.

Des thèmes éculés, un côté thriller totalement absent, un côté fantasy pas assez exploité, une succession de longueurs : ce roman n'arrive pas à convaincre le lecteur.