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jeudi 13 avril 2023

Le chevalier de Gene Wolfe

 


Après s'être égaré dans une forêt, un jeune Américain se retrouve projeté sans raison apparente en Mythgarthr, un monde médiéval aux frontières de notre réalité où cohabitent tant bien que mal humains, ogres, dragons, elfes et autres créatures magiques.
Bien vit transféré dans un corps d'adulte par Disiri, la reine des Elfes, celui qui en son for intérieur reste un adolescent va prendre le nom d'Able du Grand Coeur et se mettre en quête de l'épée fabuleuse qui lui a été promise, subissant maintes épreuves en relevant mille défis pour enfin s'éveiller à sa nature profonde : celle d'un chevalier.



Un adolescent se perd en forêt et se retrouve projeté dans un autre monde, il se retrouve en Aelfrie où une vieille dame le nomme Able du Grand Coeur. Puis dans la contrée du dessus le' Mythgarthr il rencontre un vieux guerrier qui lui explique quelques rudiments du monde dans lequel il se trouve.

Les débuts de son périple le ramène en Aelfir où il rencontre la reine des Aelfes de Mousse qui le transforme physiquement en adulte, il se prend alors pour un grand chevalier.


L'originalité de cet univers, c'est un monde de différents contrées étagées comme une pile d'assiettes. Si les noms des races sont différents, les races elles-même s’avèrent sur le fond tout ce qu'il y a de plus classiques du genre.

L’univers est largement inspiré des autres fantasy nordiques et germaniques de la fantasy.


Le récit est assez décousu, partant dans tous les sens, sautant du coq à l'âne. Assez souvent alors que l'on se trouve dans une phase du récit, la phrase suivante nous projette dans une autre phase des années plus tard et ceci aucune transition.


Ce diptyque nous est présenté comme de l'héroïc-fantasy mais l'on n'y trouve aucun des ingrédients du genre, si ce n'est un zéro solitaire. Les combats sont majoritairement rapportés après qu'ils aient eu lieu en quelques phrases voire encore plus bravement, ce qui a pour effet de n'apporter aucun dynamisme au récit.


Si le personnage central a le physique d'un chevalier, il n'en possède pas les codes, il s'avère immature, naïf ayant gardé la mentalité d'un adolescent.


Avec un récit partant dans tous les sens et une plume pesante et uniquement narrative rien ne permet au lecteur de pouvoir s'immerger dans le récit.


Si vous voulez aborder la fantasy ce n'est pas du tout le roman a abordé.




mercredi 2 juin 2021

Main de fer de Antoine Defives

 


Lorsqu’une étrange relique se trouve fixée à jamais à son bras, lui octroyant une force colossale, Julius se voit destiné à sauver le monde de la guerre contre les zarkos. Le garçon de ferme devenu chevalier partira alors pour un long périple, afin de reformer l’épée légendaire capable de vaincre le maléfique Onyx...
Faite de rencontres insoupçonnées, d’épreuves dangereuses et de combats épiques, l’aventure du jeune homme ne s’avère pas de tout repos !




Le récit démarre très fort avec un premier chapitre qui nous décrit une bataille qui oppose les Zarkos aux différentes races humaines. Une bataille bien orchestrée mais qui pour une durée de quatre aurait pu être un peu plus développée. Une bataille durant laquelle Onyx le chef des démons perd l'une de ses mains de fer, un artefact qui lui conférait une quasi-invincibilité.


Mais stupeur dés le deuxième chapitre l'on sombre dans une histoire simpliste où l'on suit un garçon de ferme qui va participer à un tournoi pour pré-adolescent qui doit permettre au vainqueur de devenir chevalier.


La première intrigue va se révéler des plus classiques avec la sempiternelle lutte du Bien contre le Mal. Il en sera de même des intrigues secondaires où l'auteur va reprendre tous les ingrédients du genre : combattre un grand méchant, partir dans une quête pour trouver des objets qui vont conférer à une épée des pouvoirs extraordinaires selon une légende,... Mais en faire plus ne veut pas dire que cela est gage de qualité et on va s'en apercevoir tout au long du roman qui va se révéler linéaire et insipide.


L'univers va lui aussi d'entré choquer le lecteur habitué du genre. En effet, aucun indice dans le récit permettant d'affirmer que l'on est dans un monde rétrograde, l'on peut se permettre d'en conclure que l'on est dans un univers médiéviste classique. Classique ! Pas si classique en fait puisque que pendant sa formation le futur chevalier prend des douches d'eau chaude dans une salle de bain et déjeune de viennoiseries. Des anachronismes inadmissible qui permettent d'affirmer que l'auteur ne s'est pas du tout documenter sur l'époque et qu'il n'a pas du lire beaucoup de romans du genre.


Le reste du récit est à la hauteur des premiers chapitres : simpliste !!! Et s'est avec beaucoup de mal que l'on parvient à terminer ce roman, si l'on peut l'appeler ainsi.


L'auteur avec son personnage a tenter e nous plonger dans une héroïc-fantasy mais sans parvenir à atteindre son but. On est complètement à l'opposé des écrits de David Gemmell il faut le constater c'est un échec sur toute la ligne.


On a beaucoup de mal à comprendre comment un tel roman a pu être publié. C'est se moquer des lecteurs et les prendre pour des benêts avec un tel prix de vente. Et dire que des auteurs sérieux ne parviennent pas à se faire éditer !!!






samedi 3 octobre 2020

Le loup et le prophète de Alain Bèrard

 


Tuan Fir Bold, seul rescapé du massacre de son clan, a grandi parmi ses frères les loups, partageant leur faim, leur souffrance et les dangers du Grand Nord. Aujourd'hui homme, l'esprit d'un loup noir toujours en lui,- prêt à dévorer son âme et a déchiqueter ses ennemis -, Tuan Fir Bold est coupé en deux ; entre un instinct sauvage épris de guerres et de conflits et un coeur saignant pour la cause de la veuve et de l'orphelin. Poursuivi par la vengeance de son roi qui enlève sa compagne Luhella, celui-ci l'oblige à espionner pour lui. Les tribus de l'immense forêt Hercyenne se soulèvent, fanatisées par un prophète aux pouvoirs de ressusciter les morts grâce à une étrange essence de vie. Tuan Fir Bold pénètre dans l'incroyable ville de Teekra, l'oppidum des voleurs. Alors que le piège se referme doucement, monte la soif du goût salé du sang dans la bouche de l'homme-loup.



Pour nourrir et armer le peuple opprimé par le roi des Bituriges, Tuan Fir Bold vole ce dernier. En représailles sa fiancée est retenue prisonnière, pour qu'elle soit libérée Tuan doit accepter la mission du chef des armées Brennus. Il accepte la mission qui consiste a empêcher Aristéas le Prophète de réunir divers clans pour s’emparer de la Celtie.

Bien que le roman soit trop court l'univers mis en place par l'auteur est bien travaillé à défaut d'être novateur. Il aurait été souhaitable que certains termes spécifiques à l'époque soient explicités dans un lexique. On notera également l'absence de carte qui empêche de bien appréhender le parcours du héros et de connaître les forces en présence.

Le personnage central est bien dépeint mais à l'instar des romans d'héroïc-fantasy il fait à certains moments un peu cliché. Il est également à noter que le fait d'être élevé par les loups est une thématique déjà utilisée dans le genre. Les personnages secondaires comme tout roman de cette catégorie ne sont présents que pour mettre en valeur le héros.

Le postulat de départ, à savoir empêcher de grands méchants à s'emparer de territoires est lui aussi récurent du genre.

La plume de l'auteur est fluide, directe, bien adaptée à ce type de récit.

En résumé un récit très simple et qui a un air de déjà vu, un récit trop court mais qui reste tout de même plaisant à lire.


dimanche 21 juillet 2019

Heldenhammer de Graham McNeil



Entrez dans un âge de légende. Sur les territoires encore sauvages et dangereux du Vieux Monde, les premières tribus humaines luttent pour leur survie. En cette ère redoutable, grâce à sa force, ses prouesses et ses extraordinaires vertus, un jeune homme va prendre la tête de la tribu des Unberogens. Il se nomme Sigmar Heldenhammer et par sa main, le cours de l'histoire sera changé pour l'éternité. Voici la saga de ce héros des temps anciens et de son ascension au pouvoir dont le point culminant sera la bataille du col du feu Noir, au cours de laquelle hommes et nains combattirent, au prix de mille souffrances, les hordes innombrables des orques afin d'assurer le devenir de leur Empire naissant. 



Dans ce premier tome de la trilogie de Sigmar l'on suit le héros de sa première bataille qu'il mène à la tête des guerriers de sa tribu à la grande bataille finale contre les peaux-vertes avec les royaumes dont il s'est fait des alliés.

Le fil conducteur de ce roman est l'unification des différents royaumes en un Grand Empire : le rêve de Sigmar.

Dans ce roman il n'y a pas de véritable intrigue et de ce fait peu de suspense pour ne pas dire aucun. L'intrigue est l'élément essentiel pour faire en général une bonne histoire, et ce n'est pas le cas ici, en dehors des combats il ne se passe rien hormis les efforts déployés par Sigmar pour unir les humains, un fait qui revient très souvent et qui finit par être rébarbatif.

Le point fort du roman réside dans des scènes de batailles dantesques décrites sur un voire parfois plusieurs chapitres. Les combats livrés par le personnage central et les personnages de second plan sont très bien intégrés aux combats de masse. Même si les combats sont bien décrits, il n'empêche que ceux menés par le héros manquent de réalisme : Sigmar s'en sort trop facilement et on est plongé en plein GROSBILLESQUE lorsqu'il tue par dizaines ses ennemis à chaque coup de marteau.

Le point faible de ce roman est le style de l'auteur, en dehors des scènes de combat le lecteur ne parvient pas à entrer dans le récit. De plus le texte est ponctué de coquilles, de fautes d'orthographes, de mots manquants, de mots en trop,... La dynamique de lecture s'en ressent énormément : on a envie de refermer définitivement le livre sans aller à la conclusion qui bien sûr on l'avait compris dés les premières pages que le rêve ne pouvait que se réaliser.

Un univers bien appréhendé, des combats visuels, mais un style déplorable, un héros qui manque cruellement de réalisme : donc au final une histoire simpliste.



samedi 26 janvier 2019

Bran dents de loup de Rémy Gratier de Saint-Louis


Lecture dans le cadre du challenge :



Dominé par des montagnes aux sommets vertigineux, le Grand Nord est, depuis la nuit des temps, une terre hostile où peu osent s'aventurer. Abritant jadis les plus florissants des royaumes nains, ces contrées sauvages aux interminables hivers sont devenues le territoire des belliqueux barbares storns qui y règnent en maîtres. Par un curieux caprice du destin, la furie des hommes amènera un enfant, venu au monde ne lisière de cette farouche contrée, à être recueilli dès sa naissance par une meute de grands loups. Devenu membre à part entière d'un clan de redoutables prédateurs wargas, l'enfant sauvage finira par faire une rencontre qui bouleversera sa vie. Celle de Korn,le légendaire champion storn. Arrivé au crépuscule de sa vie et privé de descendance, le vieux guerrier verra dans ce fils qu'il n'espérait plus une faveur de Kahina, la déesse de la Terre.


Lors de l'attaque d'une caravane de marchands par les barbares Snors, une jeune femme enceinte et blessée parvient a semer ses poursuivants en se réfugiant dans le tronc d'un arbre couché. Dans ce lieu s'est également réfugiée une louve qui doit mettre bas. La femme accouche et meurt de ses blessures, la louve qui a donné naissance à quatre petits dont trois morts-nés adopte le petit humain.


Dans les premiers chapitres l'on suit les jeunes années de l'enfant au milieu de la meute jusqu'à ce que incident arrive à ce dernier. Tombé dans une fosse creusé par les humains et réchappant de peu aux pieux de ce piège, il est alors recueilli à l'âge de onze par un champion Snor. Commence pour l'enfant sauvage une nouvelle vie.

L'on suit alors le parcours initiatique du presque adolescent jusqu’au rituel de passage à l'âge adulte. Le récit est principalement centré sur le protagoniste principal.

L'univers du roman est tout ce qu'il y a de plus classique et n'apporte rien de novateur au roman. Et si ce n'est que l'on a ici affaire à des barbares au us et coutumes proches des vikings, dans les grandes lignes on est assez proche de ce qu'il a été initié par Tolkien avec une historique où les elfes et les nains ont disparus, et les orcs prédominent au côté des humains.

Le récit certes plaisant à suivre est dans l'ensemble assez basique et s'adresse plus spécialement à un lectorat jeune et peu habitué du genre.

L'écriture de l'auteur est fluide, directe apportant une facilité de lecture même si le début du roman, comme dans tout tome introductif, manque très légèrement de rythme. Dans la deuxième partie du roman les actions se multiplient, le rythme s’accélère avec une description des combats et de bataille très visuels qui s’avèrent être le point fort du roman.

Les personnages ont bien fouillés et dans l'ensemble servent surtout à mettre en avant le protagoniste principal on émettra toutefois une petite réserve concernant les adolescents qui participe conjointement à l'épreuve de passage à l'âge adulte.

La carte sise en début de roman nous présente sommairement le monde général dans lequel vont se dérouler les récits mais l'on peut toutefois regretter qu'elle manque de précision pour suivre le périple du personnage lors de son épreuve. Plusieurs lieux sont décrits mais ils ne figurent pas sur la carte trop simple.

L'auteur nous gratifie d'une héroïc-fantasy agréable à lire mais qui manque un peu de profondeur pour séduire pleinement un lectorat adulte habitué du genre.    



mardi 19 décembre 2017

Le khan blanc de Harold Lamb


Lecture dans le cadre du challenge :





Son fameux sabre incurvé à la ceinture, Khlit le Cosaque a toujours sillonné l'Orient et ses contrées fabuleuses en quête d'aventures. Gagnant les frontières du Cathay, il y a défait les armées de Hang-Hi en ralliant ses ennemis de sang sous une unique bannière : l'étendard de son ancêtre, Gengis Khan. Et maintenant que ses alliés les Tatars lui offrent de les guider en prenant le titre de Khan Blanc, il comprend qu'il doit choisir entre son nouveau peuple et sa vie d'errance. Et déjà il entend l'appel de la steppe résonner à son oreille...


Le Khan Blanc est le second tomes des Lames Cosaques qui une fois de plus nous entraîne sur les traces de Gengis Khan cinq siècles plus tard où l'on retrouve Klint descendant présumé du grand conquérant.

Ce deuxième tome du guerrier grisonnant trois des nouvelles publiées dans des Pulp Fictions de décembre 1918 à avril 1919. Dans ce deuxième ce guerrier vieillissant, errant mais o' combien rusé nous entraîne dans un vaste territoire à travers de vastes étendues qui s'étendent de la Sibérie aux portes de la Chine à l'instar de la Horde d'Or de Temündjin. Comme les Fantasy de l'époque le récit est essentiellement centré sur le personnage du guerrier mis parfois en valeur par un compagnon rencontré au fil de ses pérégrinations.

Son parcours nous entraîne dans de vastes territoires souvent désertiques que la carte en début de livre permet de suivre sans problèmes. Certes les noms évoqués ont changé d’appellation et comme dans le premier volume certains lieux sont peu décrit l'auteur ayant opté pour un récit épique.

Dans ce deuxième opus les nouvelles sont plus longues et permettent de mieux s'imprégner des atmosphères, et également d'en savoir un peu plus sur les territoire traversés sans que les descriptions sont longues. En début de volume quelques pages décrivent comment s'est fait l'Empire Mongol sous Gengis Khan et l'héritage laissé à ses descendants et comment il a périclité au fil du temps.

Les postulats de départ des intrigues sont bien entendu classiques mais au vu des dates de parutions de ces nouvelles on s'y attendait. On a respectivement une vengeance avec la première nouvelle qui découle de la victoire sur les troupes du général Han-hi, une chasse au trésor pour permettre aux Tatars d'éviter l'amenuisement de ses territoires, et pour finir un oracle qui nous conduit aux portes du Tibet.

Le personnage de Khlit a encore pris de l'âge et c'est surtout par la ruse qu'il arrive à bout de ses adversaires, il y a certes un côté héroïque-fantasy avec un héros qui parvient haut la main à se tirer de toutes les situations difficiles mais ici l'homme est plus proche de la réalité que le héros d'Howard. Si le personnage use plus de la ruse les combats n'en sont pas pour autant inintéressants, l'auteur axe ses descriptions sur des combats de masse qui sont très visuels et très bien orchestrés. Et quand son héros ne peut échapper lui même a des duels c'est la tactique qui est mise en avant et non la force. Tout comme dans le premier opus les personnages secondaires sont plus fouillés que ce qu'on voit habituellement dans ce sous-genre.

La plume de l'auteur est toujours aussi travaillée, parfois certes un peu alambiquée mais très évocatrice. Les dialogues sont parfois dotés d'humour ce qui renforce souvent les situations délicates dans le quel s'est mis le protagoniste principal et ses compagnons du moment. Avec un compagnon présent dans les trois nouvelles on retrouve plus du Fritz Leiber que du Conan.

Encore un excellent opus de l'âge de la fantasy qui nous parvient un peu tardivement mais un merci aux petites maisons d'éditions qui n'hésitent pas à proposer des œuvres moins commerciales.





samedi 25 novembre 2017

Désespérance d'Emmanuel Anzeraey


Lecture dans le cadre du challenge :


Dans l'univers du médiéval fantastique qui lui est cher, Emmanuel Anzeraey nous conte les aventures de Kayliegh Lynn, le Faucon Gris de Shaalymar, qui a embrassé la carrière de voleur plus par goût pour l'aventure que par nécessité. Victime d'un piège cruel tendu par son ennemi, il a dû pour le vaincre et assouvir sa vengeance, emprunter de sombres chemins, y perdant même son âme. Toutefois, au-delà des talents dont il fait preuve, c'est grâce à Cylath, Dieu de la Bonne Fortune, qu'il s'en sort indemne lorsqu'il est confronté aux pires dangers. Pourtant, à peine libéré de la chance divine, il meurt, brûlé vif dans le magma d'un volcan, repaire du Gardien protégeant son pacte avec Cylath. Mais pour avoir embrassé une vie emplie de fureur, de sang et de mort, il voit son âme tourmentée rejoindre un lieu funeste baptisé Désespérance, la Cité des Damnés. Il aura alors toute l'éternité pour expier ses fautes dans ce lieu infernal que l'on nomme aussi l'Enfer aux Mille Tourments. A moins de trouver le moyen de s'échapper de cet endroit maudit…


A la fin du tome précédent Kayliegh chutait dans le cratère du volcan, et sa chute se poursuit au début de ce deuxième opus. Plus il chute Kayliegh sent la chaleur monter, les brûlures apparaissent, il perd connaissance,... et se retrouve indemne dans un paysage gris, terne, sombre et voit dans le lointain se profiler les contours d'une ville.

Pas de changement par rapport au tome précédent l'auteur reprend exactement le même synopsis. L’univers une fois de plus ne va que peu se développer car tout le scénario va se dérouler une fois de plus dans une cité. Désespérance est une cité gouvernée par un dieu du chaos, Prince de la Damnation. Une ville où tous les meurtriers, les rebuts de la société sont envoyés après leur mort.

Dans ce monde représentant l'Enfer, Kayliegh va y retrouver les mêmes adversaires qu'au premier tome : le Maître Assassin, le Sorcier,... on ne peut pas dire que l'auteur fasse preuve d'une imagination fertile. En effet, hormis l'ordre des coups d'épées, et une invocation qui change l'auteur n'a fait qu'un copié-collé.

Et ce n'est pas la deuxième partie, toute aussi inintéressante, qui va captiver le lecteur puisque là encore le postulat se veut des plus basiques, à savoir combattre le grand méchant qui multiplie les exactions contre la populace. Pas une thématique nouvelle : dans un enfer on s'attend que les gens souffrent pour expier leurs fautes, c'est encore un fois d'une simplicité navrante. On a droit à quelques monstres tout ce qu'il y a de plus banal, des Templiers Noirs qui vont s'opposer à un Paladin de l'Ordre qui a fauté, et pour terminer l'histoire la sempiternelle opposition du Bien contre le Mal arbitrée par des Dieux Neutres : quelle imagination !!!

Le seul point positif de ce scénario réside une fois de plus dans des combats bien orchestrés visuels, mais parfois un peu répétitifs : on a presque l'impression de se retrouver dans une grande arène. Cette lecture est encore plus décevante que la précédente : le récit est creux, banal, inintéressant au possible et ce n'est pas le style simpliste de l'auteur qui arrange les choses.


jeudi 5 octobre 2017

Le faucon gris d'Emmanuel Anzeraey


Lecture dans le cadre des challenges :


Fils de la bourgeoisie de Shaalymar, le jeune Kayliegh Lynn rêve d'aventures et de gloire. Ainsi, lorsqu'un mystérieux marchand d'art lui propose de récupérer une arme rare qu'on lui a dérobée, le jeune homme embrasse la carrière de voleur sans hésiter. A croire qu'il est né pour cette profession. Fin bretteur, adroit et surtout doté d'une chance prodigieuse, surnaturelle pourrait-on dire, il enchaîne les hauts faits avec maestria. Sa réputation grandit et Kayliegh Lynn devient le Faucon Gris de Shaalymar, un voleur terriblement efficace et craint de tous. Mais on ne peut s'attaquer aux grands de ce monde sans en subir les conséquences et s'attirer les foudres des pires ennemis qui soient.


Dans le prologue l'on découvre le personnage central de l'histoire, Kayliegh, le fils d'un riche marchand, progressant à l'intérieur du cratère d'un volcan en quête d'un anneau forgé par les Dieux afin de se libérer de l'anneau jumeau qu'il porte au poignet depuis que bébé son père à passer, en échange d'une forte somme et par l'intermédiaire d'un prêtre, un pacte avec Cylath le dieu Bienveillant. Mais pour se faire Kayliegh contraint un démon pour accéder à l'anneau qui va lui rendre sa liberté et se faisant le libère. Le combat qui s'engage avec la créature tourne à son avantage, mais déséquilibré il chute dans l’abîme et précédant sa mort sa vie défile sous ses yeux.

Une introduction plutôt originale avec une touche de dark-fantasy intéressante.

L'auteur fait un grand bond en arrière pour nous ramener au moment où le père annonce à la mère, tenant le bébé de quelques mois dans ses bras, le pacte passé avec le Dieu.

L'auteur adepte des bonds dans le temps nous fait retrouver Kayliegh attablé dans un bar du port, s’apitoyant sur une vie fade et ennuyeuse et sur un avenir pour lui pas des plus prometteur en terme d'imprévus.

Tout le récit est intégralement axé sur les hauts faits du jeune homme et les ennuis qui en découlent pour lui. Pas d'autres personnages , même de second plan n'occupe une place significative dans l'histoire. Si le début du récit laissait présager une orientation dark-fantasy, c'est dans une héroïc-fantasy tout ce qu'il y a de plus classique que nous plonge l'auteur avec un héros invincible et des actions plus spectaculaires les unes que les autres.

Si géographiquement, avec l'énumération de nombreuses régions des Libres Royaumes, semble vaste, l'intégralité de l'histoire se déroule intra-muros dans la cité portuaire de Shaalymar. Hormis un Panthéon intéressant et un bestiaire présentant de nombreuses créatures, l'univers n'est pas du tout développé, on a presque l'impression que le héros est le seul à vivre dans la ville car pas une seule fois n'est évoqué les us et coutumes des personnes qui vivent à Shaalymar. Si les créatures sont nombreuses, elles se révèlent pour la plupart affreusement classiques. Seule la magie très orientée sorcellerie apporte une petite touche quelque peu novatrice à l'histoire.

Si l'histoire est plutôt plaisante à lire et distrayante, elle ne nous offre qu'une suite d'aventures simple avec un héros ressemblant trop par ses exploits à un Conan , opposé à un adversaire très largement inspiré du monde de Stormbringer. Si l'histoire date des années deux milles on a la nette impression de revenir aux prémices du genre.

Le point fort du roman ne repose que comme dans toute héroïc-fantasy sur les combats très détaillés très visuels et largement mâtinés de magie noire. Même si on les apprécie cela ne suffit pas a en faire une fantasy de premier plan.

Si les descriptions ne sont pas très longues et pour cause seul quelques points de la ville sont partiellement décrits et uniquement lorsque le héros s'y trouve, elles sont toutefois répétitives dans leur formulation. A des descriptions certes très courtes, l'auteur nous livre nombre d'introspections de Kayliegh sur sa vie qui ralentissent légèrement la dynamique de lecture. Par moments on a l'impression d'être dans une fantasy intimiste alors que le récit n'en a pas les caractéristiques.

Le style de l'auteur est très imagé, riche car agrémenté de nombreuses métaphores, un peu ampoulé pour le sous-genre, mais restant direct dans les moments d'action.

Une histoire intéressante sur le fond, mais pas assez fouillée sur le fond pour un premier tome qui se veut introductif. Si l'on enlève le héros il ne reste que du vide !



mardi 19 septembre 2017

Le marteau du nord de Horus W. Odenthal


Lectures dans les cadres des challenges : 


L’ancienne race elfique des Ninraé s’est retirée depuis longtemps dans ses immenses forteresses retranchées, et se prépare à quitter ce monde, totalement et définitivement.
Leur existence se voit sur le point de prendre un tournant imprévu lorsqu’un petit groupe d’entre eux, menés par le non-conformiste Darac’hel, découvre un humain inconscient et gravement blessé.

Suspendu à mi-chemin entre la vie et la mort, Auric livre le récit de sa vie, de son enfance difficile dans un monde de barbares où sa vive intelligence se révèle être à la fois une chance et une malédiction, de sa lutte pour la survie et de son existence entre les Valgares et leurs guerres, sans savoir qu’un fabuleux destin l’attend.

Tandis qu’Auric raconte son histoire, lui et Darac’hel ne tardent pas à découvrir qu’ils sont liés par quelque chose de plus important que les simples circonstances, quelque chose qui remonte bien loin, aux Temps Anciens, lorsque les Guerres du feu faisaient rage et que les dragons régnaient sur la terre.

Mais certains murmures, saisis dans le monde réel ou dans le monde onirique, certaines voix qui ne s’étaient pas fait entendre depuis longtemps, pourraient signifier que ces jours ne sont pas aussi définitivement révolus que tout le monde le pense. 

Il semblerait qu’Auric ne soit pas le seul à être entré sur le territoire des Feux Follets.


Alors qu'ils patrouillent autour de leur immense cité-forteresse au pied des montagnes du Dos du Dragon, une groupe de jeunes elfes découvrent un humain très grièvement blessé en armure de général de l'Empire Idirien. Alors qu'ils discutent entre eux pour savoir s'ils doivent ramené l'humain, ils ont attaqués par une créature façonnée artificiellement qui tue et blesse plusieurs d’entre eux. Les jeunes elfes, qui n'avaient jamais vu de leurs propres yeux d'humain, emportent leurs blessés, leurs morts et le Barbare jusqu'à leur cité secrète.

L'histoire comme on va le découvrir par certains détails de l'histoire se situe à une période charnière entre l'apparition des humains et la lente disparition des elfes. Dés le départ on ne peut s'empêcher de noter une certaine similitude avec celle du Seigneur des Anneaux, tout au moins pour l'univers qui se situe après les Guerres du Feu et qui rappellent les Âges décrits par Tolkien.

A leur retour les elfes doivent argumenter auprès du conseil de la cité la raison qui les ont poussé à ramener les étrangers dans la cité. Hormis l'invocation que le danger qui menacent les humains pourraient aussi les menacer il ne se dégage pas vraiment d'intrigue centrale. L'auteur centre uniquement son récit sur le personnages d'Auric le barbare et nous entraîne dans un univers médiéviste tout ce qu'il y a de plus classique.

On découvre donc la vie d'Auric de son enfance jusqu'au moment où il a été découvert blessé. Une enfance au départ heureuse auprès d'une mère cultivée enlevée lors d'un raid d'été par son père un chef de clan. Un début d'adolescence fait d'humiliations car différent des autres adolescents du clan, puis ses actes guerriers lorsqu'il, à l'instar des autres jeunes de son clan, puis sa fuite, peu après avoir fait la fierté de son père lors d'une guerre contre les humains, alors qu'il tue ce dernier pour avoir battu à mort sa mère.

L'auteur nous dépeint, de long en large, la vie des barbares, leurs us et coutumes, mais n'offre rien d'original se contentant de les décrire à l'image des Vikings, les Drakkars en moins.

La fuite du jeune homme aurait pu permettre de découvrir géographiquement les différentes régions de l'Empire Idirien au fil de sa progression au travers des différents territoires, mais malheureusement il n'en est rien, l'auteur se contente d'énumérer simplement les noms et l’absence de carte ne permet même pas de se faire une idée d'un monde qui semble assez vaste. En effet l'auteur centre exclusivement son récit sur les faits et gestes de son personnage pricipal. On ne sait pas grand chose de ce qui l'entoure, même si l'on découvre quelques bribes historiques de l'univers quand le jeune homme parle de ses lectures.

Le point fort du récit sont les combats plutôt bien décrits et les stratégies qu'emploient le personnage central, bien que le lecteur les découvrent avec un certain recul, car ils lui arrivent narrés et centré sur le personnages sans nous donner vraiment de vue d'ensemble.

Hormis une sorte de laboratoire de chimie, de médecine légale on ne découvre rien de la forteresse elfique. Le seul point innovant c'est la création de monstre à partir d'artefacts mais cela reste très sommaire, et l'on s’attendait à ce d'autres points soient développer. On reste sur notre faim car des points intéressants ne sont pas développés, certes on est dans une héroïc-fantasy mais ce premier opus aurait gagné en profondeur à posséder quelques dizaines de pages supplémentaires.

Les descriptions sont longues et cassent le rythme du récit ce qui est préjudiciable vu le choix de récit de l'auteur. A ce petit inconvénient il faut ajouter un style très riche, parfois pompeux qui alourdit également la dynamique de lecture. Par exemple on peut noter l'emploi à toutes les sauces du mot « strate » et ceci d'une manière pas toujours appropriée ce qui à force finit par lasser le lecteur.

Au final une très longue mise en place, pas vraiment d'intrigue, un univers vaste mais insuffisamment dépeint, une écriture un peu lourde, un récit où il ne se passe rien de vraiment concret : il faut attendre l'opus suivant pour se faire une idée globale de l'histoire car à ce stade on ne peut pas pleinement se prononcer sur l'histoire qui ne fait que débuter.



samedi 12 novembre 2016

La Geste de Kadji, Lin Carter


Lecture dans le cade du challenge :



Kadji souleva sans hésiter la tapisserie maculée de sang et examina le visage qu'elle celait.
La mort l'avait rendu froid et blanc comme un marbre.
La mort lui avait volé sa perfection et sa beauté. La bouche était crispée en une hideuse grimace de terreur et les yeux vitreux semblaient contempler à jamais les traits de l’assassin inconnu. L'assassin – ou Les assassins ? Car le corps portait d'effrayantes blessures, des plaies ouvertes à la poitrine, à l'épaule, au ventre, à la gorge et au flanc.
Il baignait dans une mare de sang séché, visqueux et noir...


Le récit s'ouvre sur une poursuite, celle d'un clan de guerriers nomades qui après avoir essuyé une lourde défaite sont traqués par les mercenaires à la solde de l'Empereur Dragon. Pour soigner les nombreux blessés la troupe doit se réfugier derrière les Montagnes Noires. Mais avant de s'engager dans le passage secret, le chef de guerre du clan missionne son petit fils Kadji. Celui-ci rebrousse chemin pour aller tuer l’usurpateur qui s'est installé sur le trône impérial. Un long périple semé d'embûches attende le jeune guerrier porteur de la Hache Bénie du clan.

Plus connue pour son Cycle de Thongor, réédité, l'auteure nous livre une héroïc-fantasy sans surprises mais de bonne qualité. On retrouve dans cette œuvre l'empreinte de Conan dont elle a conjointement avec Lyon Sprague de Camp poursuivie la série.

Pour apprécier ce type de fantasy, il faut tenir compte de sa date de parution : 1976. Une époque où la fantasy, n'avait pas la notoriété actuelle, et où elle nous était livrée brute de décoffrage, sans fioritures et sans états d'âmes.

La Geste de Kadji est donc de cette mouture, un univers pas aussi détaillé que pourrait l'espérer les lecteurs d'aujourd'hui, de nombreux événements mais sans rien de bien original, des personnages taillés à coups de serpe.

Un univers simplement esquissé, sans de longues descriptions malgré un long voyage du Héros. Un voyage qui nous conduit sur les traces improbables de Gengis Khan de la Sibérie à la Chine. Bien qu'il n'y ait pas de réelles références historiques de nombreux points nous laisse à penser que l'auteure s''est largement inspirée du déclin de L'Empire Mongol, l'on peut citer par exemple la Horde qui a connu la gloire et qui attend son sauveur pour retrouver l'éclat d'antan, un magicien aux yeux bridés,...

Les événements sont nombreux, se succèdent sur un rythme effréné, les combats sont plutôt bien dépeints même si c'est toujours à l'avantage du héros dont le récit est essentiellement centré sur sa personne, les personnages qui l'entourent étant essentiellement là pour le mettre en valeur. Si le postulat de départ renverser le tyran est tout ce qu'il y a de plus basique et que le dénouement n'offre aucune surprise, on passe un bon moment de détente, et c'est cela l'essentiel.

L'écriture est agréable, le style incisif et direct est parfaitement adapté à cette héroïc-fantasy de deuxième génération. L'auteure va à l’essentiel ne s'encombrant pas de détails superflus, elle nous fournit ce qui est toutefois nécessaire pour être pleinement en osmose avec l'histoire.

La connexion entre les nombreux événements et la la plume de l'auteure offre une excellente dynamique de lecture, les pages se tournent d'elles même.

Une fantasy de très bonne qualité si l'on tient compte de l'époque à la quelle elle a été publiée, dans la lignée d'Howard, de Leiber, de Rice Burroughs. C'est donc sur un brin de nostalgie que se clôture cette chronique.




mercredi 24 février 2016

Le sacrifice du guerrier tome 2, Jacques Martel


Lecture dans le cadre du challenge :





Arkhai le Brûlé, Khan des Khans des clans nomades de la Grande Aride est mort. L'opération de sauvetage mené par son fils a échoué. Pourtant, son sacrifice offre à Jarl un nom de guerre et le respect des autres clans. Jonas, humilié par cette incursion dans la capitale, décide en représailles de capturer la femme et la mère de Jarl. Ses mercenaires exécutent son plan avec succès. Jarl souhaite négocier leur libération mais il est convaincu par les guerriers des clans d'organiser un raid sur Arnok la nouvelle afin de sauver sa famille et d'en finir avec la menace de l'Empire de l'Amer. La colère et la guerre, sous le regard bienveillant du Hoplite, sculptent désormais la destinée de Jarl.


La tentative de libération du Khan des Khans à échouée. En effet, en protégeant la fuite de son fils et d'Oürl, celui-ci a été tué par Jonas, le général de l'Empire Amer. Ce dernier n'en a pas fini avec les clans qui en représailles attaquaient les convois des marchands, il fait enlever la mère et l'épouse de Jarl. Devenu khans des khans, Jarl va tenter de les sauver.

L'histoire reprend là où on l'avait laissée au tome précédent, avec toujours le même style de narration, mais cette fois-ci les flashbacks sont consacrés au passé douloureux de la Reine Vierge. Son personnage beaucoup plus complexe occupe le devant de la scène, ce qui est plutôt rare dans un roman d'Héroïc-fantasy. En effet, en règle générale les personnages féminins servant plus à mettre en valeur le protagoniste principal.

Le style de narration alternée de l'auteur occupe ici moins de place que dans le tome précédent car rapidement il s'intéresse au présent avec le conflit qui oppose les deux nations. En effet, dès que les deux armées s'alignent en formation de bataille, l'histoire entre dans un récit martial excellemment structuré pour nous offrir une vision homérique des combats à la manière des aèdes des temps jadis. Des combats qui s'étalent sur plusieurs pages, l'auteur intercalant dans les combats de masse, les actions individuelles des protagonistes principaux. La qualité descriptive de ces moments, qui sont sans contexte le point fort du roman, permet à l'auteur d'enchaîner scène d'action sur scène d'action tout en gardant une très bonne fluidité au récit.

Le récit prend alors une tournure de Légende, les protagonistes principaux, hormis le héros du tome un, prennent une dimension telle que le lecteur se retrouve projeté dans une saga identique à celles narrées par les écrivains Grecs, Latins et Germaniques, les personnages mythiques s'inscrivant dans nos mémoires comme des Héros des Temps Anciens. La magie qui était sous-entendue dans le premier opus est ici bien présente. Rien de vraiment exceptionnel puisqu'elle se révèle plutôt classique avec des sorts chamaniques, mais aussi dans le final nécromantique. La magie qu'elle soit divine où interagissant sur les phénomènes naturels fusionnement de fort belle manière avec le récit amplifiant le côté épique des actions des protagonistes.

L'intervention des Dieux guerriers est presque omniprésente dans le récit, soit direct soit par le biais d'Immortels qui aident dans chaque camps les protagonistes, ce qui donne une autre dimension au récit. On voit également apparaître un bestiaire restreint avec des créatures qui viennent des enfers, mais aussi un familier qui se métamorphose. Les personnages restent aussi charismatiques, très bien dépeints la préférence du lecteur allant vers Le Roi Solitaire qui représente la voix de la sagesse, la Reine Vierge qui symbolise le combat, le Conciliateur d'Airain, qui a remplacé avantageusement Jonas, représentant ainsi la force raisonnée du fin stratège.

Malheureusement si les nombreuses scènes d'action nous offrent un récit enlevé, elles ne laissent pas de place à une intrigue de fond, ni au développement du monde présenté au premier opus. Les raisons du conflit sont peu explicités et le caractère guerrier des barbares apparaît à plusieurs reprises trop manichéen, frôlant presque la caricature. Quand au final, il ne présente aucune surprise, trop entendu depuis le premier volume, et logiquement l'on est un peu déçu. L'écriture du roman est toujours aussi fluide et évocatrice, elle n'est pas sans rappeler les meilleurs écrits des maîtres du genre .

Avec ce deuxième tome plus tourné vers l'action l'auteur nous offre une dynamique de lecture très agréable, une histoire de bonne facture mais qui n’arrive pas à sortir des habituelles ornières de l'Héroïc-fantasy.








mardi 23 février 2016

Le sacrifice du guerrier tome 1, Jacques Martel

Lecture dans le cadre du challenge :




Jarl, fils d'Arkhai le Brûlé, Khan des Khans des clans nomades de la Grande Aride, montre des aptitudes à la guerre dès son plus jeune âge. Craignant pour sa vie, Isara, sa mère, veut empêcher l'accomplissement de cet avenir sanglant. Il quitte alors les clans pour étudier dans une grande cité. Lorsque Arkhai est fait prisonnier par l'Empire de l'Amer, Isara comprend que les fils de la destinée de Jarl sont déjà tissés. L'animosité et le désir de conquêtes de l'Empire le contraignent à reprendre le projet d'unification des tribus de la horde. A ses côtés, deux héros légendaires, le Roi Solitaire et la Reine Vierge lui apportent leur soutien. Il se heurte pourtant à l'hostilité des autres Khans qui ne reconnaissent pas l'autorité du " sans nom ". Il décide dans ces conditions de libérer son père. Dans l'ombre, le mystérieux hoplite veille sur sa destinée... 


Jarl, fils du Khan des Khans, éloigné par sa mère, d'une prophétie sanglante, a vécu sa jeunesse dans les citées impériales de de l'Amer d'où elle est en même issue. Mais lorsque son père, qui venait d'unifier sous sa bannière tous les clans est emprisonné par l'Empire, il prend conscience de sa destinée. Mais pour stopper la progression des légions de l'Empire sur les terres des clans, il doit leur prouver qu'il est digne de les mener à la victoire en devenant le Dayntsch Amia, le Don du Guerrier. Pour se faire il peut compter sur quelques proches et d'un mystérieux personnage qui veille dans l'ombre sur sa sécurité.
Chronologiquement le récit se situe après La Guerre de l'Hydre déjà chroniqué précédemment, mais dans ce cycle de fantasy, comparable à celui de David Gemmell, il est préférable de commencer par le Sacrifice du Guerrier pour mieux s'imprégner de l'univers et faire la connaissance de personnages récurrents aux deux récits.

Dans un univers médiéval proche des grandes invasions barbares, avec notamment les Huns et la fin de l'Empire Romain, l'auteur parvient très rapidement à nous immerger dans les contrées arides de son monde sombre et sans merci. Le monde dépeint par l'auteur, qui mélange habilement des légendes et des personnages mystiques, s'avère tout à fait crédible. En effet, il apporte beaucoup de soin à nous décrire les us et coutumes, les formes d'expression culturelle, et la foi de ces deux peuples que tout oppose. L'univers n'est pas sans rappeler les mythes grecs avec un panthéon discret mais omniprésent où, par l'intermédiaire des hommes ; les divinités guerrières s'affrontent sur Terre.

Le postulat de départ, à savoir empêcher l' Empire de s'emparer des territoires claniques en unifiant les tribus ne fait pas dans l'originalité et se révèle plutôt basique, mais le synopsis fonctionne très bien. L'auteur met en place, au fil des pages, le contexte géopolitique les personnages, la mythologie, les us et coutumes des deux nations. Plus l'on avance dans le roman, plus les pièces s'imbriquent entre elles et le récit prend de l'ampleur donnant une vision élargie de cette grande épopée. La notion de magie est présente avec les shamans mais même si parfois elle est utilisée ses effets ne sont pas exprimés visuellement. Les combats sont omniprésents dans le récit, d'une précision rare et d'une forte intensité. Le lecteur vibre à l'unisson des personnages comme s'il se trouvait dans la peau d'un des épéistes.


Bien que nous nous trouvons dans une héroïc-fantasy de deuxième génération, les protagonistes qui accompagnent le héros sont des légendes vivantes, hautes en couleurs qui apportent un plus au récit. Que ce soit le héros ou les personnages de second plan, ils ne sont ni stéréotypés, ni ridicules mais complexes, profonds, malgré que parfois certains traits de caractère soient légèrement accentués mais ne sommes nous pas en présence de barbares. Le personnage étrange du Hoplite qui apparaît parfois est dans cette première partie peu exploité, mais par contre son côté mystérieux apporte plus de suspense au récit.

La structure du récit est particulière, l'auteur commence son récit par la fin, alternant à chaque chapitre l'ascension du protagoniste principal en deux temps entre les événements récents et la jeunesse du jeune homme. Le début du roman commence par l'événement le plus récent de l'histoire mais nous livre par la suite les autres événements sans ordre précis. Une manière qui peut paraître étrange au lecteur mais qui colle parfaitement à l'esprit de ces indomptables peuplades de ces guerriers des steppes. Cette manière de procéder éclaire le lecteur sur la façon d'arriver à la situation de fin et l'attitude présente du protagoniste principal. Le style de l'auteur est totalement maîtrisé, recherché, nous plonge de manière à la fois sauvage et mélancolique dans un récit légendaire comme loué par les poètes et les bardes. Avec des références historique habilement disséminés ici et là, l'auteur, passionné d'histoire médiévale, apporte certaine profondeur au récit.

Avec ce diptyque et la Guerre de l'Hydre l'auteur nous entraîne, aux côtés de figures héroïques torturées et dans un univers à la fois historique et mythologique très travaillé , dans une saga qui n'est pas sans rappeler le cycle de Drenaï, notamment par la forme narrative, les comportements humains et la frénésie des batailles. Pour son premier roman, malgré l'omniprésence de flash-backs, l'auteur nous démontre, comme dans son deuxième roman, une grande maîtrise de l'épopée.