vendredi 14 février 2014

LA DERIERE LAME – ESTELLE FAYE





RÉSUMÉ

Un monde qui ressemble à notre Renaissance, menacé par la montée des océans grouillant de créatures maléfiques, où règne la violence, la famine et la misère. L’Église des Cendres prospère sur tout ce désespoir, menée par la mystérieuse Marie aux yeux verts. Dans une des dernières villes émergées, Joad tente d’apaiser les souffrances et se prépare à affronter l’Armée des Cendres. Joad et Marie vont s’engager dans une course dont l’enjeu n’est rien de moins que le sort du monde.

L'AUTEUR


Estelle Faye est une écrivaine française de fantasy. Comédienne (théâtre et télévision), elle a appris tous les métiers de la scène (accessoiriste, chanteuse, machiniste, dramaturge..). Elle a suivi des cours de théâtre à Paris et à San Francisco et a scénarisé plusieurs courts métrages dont un qui a été récompensé par le prix France Télévision au festival de Cannes. 


Elle se consacre aujourd'hui à la réalisation et à l'écriture. Elle est l'auteur de quelques nouvelles (dont "Suriedad" parue dans l'anthologie "Dragons") et de deux romans publiés en 2012 et 2013 : "La dernière lame" paru chez Le Pré au Clercs et "Porcelaine" paru chez Les moutons électriques. 



Pour ses débuts l'auteur nous propose un univers riche, original, qui ressemble à notre renaissance. Un monde en train d'être englouti par les eaux qui recouvrent tout, faisant disparaître des contrées entières . Le monde terrestre disparaît inexorablement forçant la population à s'y adapter. Dans cet univers glauque, où l'on ressent la montée inévitable des eaux, des créatures incroyables s'attaquent aux gens reprenant à leur manière le contrôle de ce monde.

L'idée principale est intéressante et d'actualité, la recherche désespérée d'une alternative est légitime et captivante.

C'est dans cette atmosphère pesante, à la limite du supportable, qu'on trouve l’Église des Cendres forçant tout le monde à se convertir à coups de combats sanglants ; ces fanatiques arguant que ce chaos est une punition de Dieu. Il semblerait que l'auteur ce soit inspirée des faits et méfaits de l'Inquisition avec son Église des Cendres. Mais pas seulement comme nous le verrons plus loin dans ma chronique.

Le lecteur que je suis n'a eu aucun mal à s'immerger dans l'univers de l'auteur, les images s'imposant d'elles-même dans ma tête.

En première ligne des fanatiques, il y a Marie, la terrible lady, sans mémoire et sans cœur et, s'opposant à elle, Joad le docteur qui se bat pour sauver son hôpital. Dans le premier chapitre, on découvre en Marie, une jeune femme innocente qui va évoluer jusqu'à devenir une machine à tuer. Respectée et détestée à la fois, le lecteur espérant tout au long du récit qu'elle va s'amender et retrouver le droit chemin, mais plus les pages se tournent, plus elle s'enfonce dans lest ténèbres pour finir à la tête de l'armée des ombres. Face à elle, Joad, qui malgré son handicap 'est un homme dévoué à son prochain et très attachant. Deux personnages qui par bien des côtés se ressemblent, tous les deux ont été privés de leurs souvenirs, et tous les deux se battent pour ce qu'ils croient être juste.

C'est grâce Joad que nous allons faire connaissance avec Jester, un personnage très important mais qui nous apparaît bien tard dans l'histoire. Pari des années auparavant chercher une solution, un espoir de sauver le monde et faire reculer les eaux. Une façon de semer le trouble dans l'esprit du lecteur : qui est cette déesse supposé sauver le monde ?

Est ce Marie ?

Marie qui nous surprend par sa force, mais aussi par sa cruauté, son obstination. Comme la Jeanne d'Arc du Chaos, elle déchaîne le fanatisme et endosse le martyr.

L'aventure relatée est intéressante à suivre, l'action est bien menée, et les combats bien que nombreux ne sont jamais répétitifs. Les ellipses sont globalement bien gérées ; seule la transition Cendres/Ombres de Marie aurait méritée un plus ample développement. Le changement est un peu brutal, on aurait aimé mieux le connaître, avoir plus de temps pour le voir se mettre en place. L'histoire est crue, violente, noire et sort des sentiers battus, loin de la romance qui est trop souvent l'apanage des romans jeunes adultes.

Dans ce roman dédié à la jeunesse, Estelle Faye, n'a pas peur d’aborder des sujets délicats, comme la folie que les guerres peuvent engendre, le fanatisme qui va malheureusement de pair avec la religion, le combat face à l'étroitesse d'esprit de certains. L'épilogue est vraiment bien choisi et vient subtilement refermer la boucle de l'histoire.

Avec un livre inclassable et à la limite des genres, pour son premier roman, l'auteur entraîne de la meilleure manière le lecteur dans un roman sombre et tout autant lumineux.










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