samedi 29 février 2020
jeudi 27 février 2020
Le diable de Glasgow de Gilles Bornais
"
Le 23 août 1887, la police de Glasgow a demandé l'aide du Yard pour
résoudre 'une méchante histoire de meurtres'. L’Écosse, je
savais juste que c'était au nord et que les villes y suintaient le
malheur, la crasse et le whisky. Glasgow était un ramassis de cette
dèche. On me collait sur l'enquête parce que personne n'en avait
voulu, de cette méchante histoire. Je pris le train, sans savoir que
je m'embarquais pour le pire des voyages. On m'avait balancé sur les
traces d'un monstre. Pas une crapule ordinaire, et pas un dingue. Non
! Une créature comme celles qui me faisaient hurler de terreur dans
mes nuits de gosse. Sauf que cette fois, j'étais tout ce qu'il y a
de réveillé, et c'est ma vie entière qui a basculé dans cet
enfer. " Détective Joe Hackney
Glasgow
1887, un Lord et son serviteur sont sauvagement assassinés, les
corps portent des blessures caractéristiques qui sont analogues aux
blessures trouvées sur les corps d'un double meurtre survenu deux
ans plus tôt. Pour aider la police locale, le Yard envoie un jeune
enquêteur, Joe Hackney, un ancien petit voyou. L'enquête va révéler
d'autres meurtres similaires se déroulant sur plusieurs décennies
qui remettent en cause la probabilité d'un seul assassin.
Le
début de l'histoire est intéressant, l'intrigue démarre sur une
excellente dynamique mais au bout de quelques chapitres s’essouffle,
et au final le rythme est très lent.
L'atmosphère
de l'époque est bien reconstituée par l'auteur, une plongée sombre
et glauque qui entai^ne le lecteur dans les bas-fonds de Glasgow,
mais aussi à quelques occasions dans ceux de Londres. On aurait
toutefois aimé que l'époque victorienne soit un peu plus décrite.
Les
personnages sont intéressants à suivre mais ils auraient gagnés à
être un peu plus fouillés.
Le
style de l'auteur est plutôt incisif et est en osmose avec l'enquête
qui est bien retranscrite.
Le
final est surprenant on ne s'attend pas du tout à ce que le récit
se termine sur une touche fantastique.
Au
final un bon premier roman qui donne envie de suivre les autres
volumes de la série.
vendredi 14 février 2020
Les rues de Santiago de Boris Quercia
Il
fait froid, il est six heures du matin et Santiago n'a pas envie de
tuer qui que ce soit. Le problème, c'est qu'il est flic. Il est sur
le point d'arrêter une bande de délinquants, dangereux mais peu
expérimentés, et les délinquants inexpérimentés font toujours
n'importe quoi... Après avoir abattu un jeune homme de quinze ans
lors d'une arrestation musclée, Santiago Quiñones, erre dans les
rues de sa ville, Santiago du Chili, en traînant son dégoût. C'est
ainsi qu'il croise le chemin de la belle Ema Marin, une courtière en
assurances qui semble savoir beaucoup de choses sur son passé.
Dans
ce court roman qui se déroule au Chili, l'on suit le quotidien d'un
flic atypique dans les rues de la capitale. Après avoir participé à
l'arrestation d'un gang où il à malencontreusement abattu un
adolescent de quinze ans, le vague à l'âme Santiago Quinones suit
dans la rue une jeune femme sans ce douter que cette filature qui
n'en est pas une à proprement parler va l'entraîner au centre d'une
affaire d'arnaque à l'assurance.
Le
meurtre d'un détective privé, ancien policier que Santiago
connaissait va donner lieu non pas à une enquête mais permettre à
l'auteur de nous narrer la dureté de la vie des flics dans une
capitale chilienne où se côtoient flics ripoux, avocats véreux,
escrocs et trafics de drogue.
L'intrigue
policière n'est ici qu'un prétexte à faire ressortir une ambiance
particulière, très sombre. Malgré le peu d'action, l'histoire
essentiellement centrée sur le personnage central nous entraîne
dans une aventure urbaine rythmée. La ville est très peu décrite,
seuls les noms de quelques endroits et rues sont cités : de la
ville le lecteur n'apprendra rien.
Pas
non plus de nombreux personnages, mais l'auteur nous dresse un
portrait très fouillé du policier.
La
plume de l'auteur est vive, sèche, les phrases sont coutres, le
style est agressif voire à certains moments vulgaire.
Un
très bon roman noir qui se lit très vite, c'est dense, rythmé, à
aucun moment l'on ne s'ennuie.
samedi 8 février 2020
Morte la bête de Lotte & Soren Hammer
Le
jour de la rentrée, deux enfants découvrent un spectacle
cauchemardesque dans le gymnase de leur école: cinq corps d'hommes
ont été mutilés à la tronçonneuse avant d'être pendus au
plafond. L'inspecteur en chef Simonsen prend la direction de
l'enquête. L'identification des corps est compliquée par leur état,
mais l'ablation systématique des parties génitales ressemble à une
signature. Dès les premiers interrogatoires, l'étrange concierge de
l'école tient des propos contradictoires et provocateurs. Dans le
même temps, un riche entrepreneur victime d'abus sexuels dans sa
jeunesse lance une vaste campagne de communication pour dénoncer le
laxisme de la justice danoise vis-à-vis des pédophiles. L'opinion
publique s'empare du débat, menaçant de parasiter l'enquête. Le
concierge, de son côté, échappe à la surveillance de la police...
Leur
mère travaillant tôt, deux enfants arrivent à l'école avant les
professeurs, comme à leur habitude ils vont jouer dans la salle de
sports. Mais ils y découvrent cinq hommes pendus au plafond, leurs
visages sont défigurés à coups de tronçonneuse. Pour l'équipe de
l'inspecteur chef Simonsen l'enquête va s'avérer difficile car la
presse va rapidement révéler que les victimes étaient des
pédophiles. En effet une grande partie de la population va être
favorable aux assassins aux détriment de la police.
Le
récit repose sur quatre axes : les policiers qui se retrouvent
un peu démunis face à l'opinion publique qui donne raison aux
meurtriers, les auteurs des meurtres manipulent l'opinion publique et
les médias pour forcer l'état à adopter des peines plus lourdes,
les médias qui veulent faire du tirage et qui sont manipulés par
les meurtriers et même dans le final par la police, et l'opinion
publique qui s'enflamme.
Ici
contrairement à la majorité des polars nordiques pas de
descriptions de paysages, des lieux touristiques : les lieux
sont juste cités par leurs noms ; et si le récit se déroule
au Danemark, il aurait tout aussi bien pu se dérouler ailleurs dans
n'importe quel pays sans que ça y change quelque chose.
L'
histoire au début a un peu de mal à démarrer, il faut attendre une
centaine de pages pour que l'enquête devienne intéressante à
défaut d'être haletante. Une enquête qui n'est pas centrée
uniquement sur l'enquêteur principal mais c'est le travail de toute
l'équipe qui est rapporté que ce soit dans les avancées ou dans
les difficultés rencontrées.
Les
personnages sont dans leur ensemble bien décrits, la psychologie est
travaillé, même si certains sont un peu plus mis en avant.
L'écriture
se révèle un peu pesante mais reste toutefois efficace.
Au
final un sujet épineux, une ambiance plutôt sombre, une trame de
fond intéressante, des personnages fouillés : pour un premier
roman il es plutôt de bonne qualité.
mercredi 29 janvier 2020
L'aiguille dans la botte de foin de Ernesto Mallo
"Perro"
(le chien) Lascano est officier de police à Buenos Aires. C'est un
policier intègre, position difficile à tenir dans l'Argentine de la
dictature. Profondément affecté par la mort de sa femme, il se
réfugie dans le travail. Un matin, il est envoyé près du
Riachuelo, où trois cadavres ont été signalés : un jeune homme et
une jeune femme dont les crânes ont explosé sous l'impact des
balles, marque caractéristique des méthodes "d'exécution"
des militaires. L'autre corps présente un aspect sensiblement
différent ; il s'agit d'un homme bedonnant, d'âge mûr, dont la
tête est intacte. Une tache de sang dessine une fleur sur sa
chemise. Comme le dit Fuseli, le médecin légiste, "les morts
parlent à ceux qui savent les écouter". Lascano va s'efforcer
de faire parler ce troisième cadavre, mais ce ne sera pas chose
facile dans un pays où des hommes aigris et dangereux comme le major
Giribaldi font régner la terreur.
Un
matin, alors qu'il vient juste de quitter son domicile, le
commissaire Lascano est contacté par radio par le département de la
police : un camionneur a découvert deux cadavres. Alors qu'il
arrive à l'endroit indiqué il croise un véhicule qui quitte
précipitamment le chemin. Arrivé sur place, il constate qu'il n'y a
pas deux cadavres mais trois. Si deux des corps ont la tête éclatée
par balles signe d'une exécution par la junte militaire, le
troisième corps ne présente pas les mêmes caractéristiques, et de
plus il est encore sec alors que la pluie n'a cessé de tomber.
Dans
ce premier tome de la série, c'est plus le climat dans lequel
l'enquête va se dérouler qui est mis en avant que l'enquête elle
m^me car dés le début du roman le lecteur connaît rapidement ce
qui s'est passé. L'auteur nous dépeint une Argentine des années 70
sou dictature où les riches ou du moins ceux qui ont des appuis
peuvent tout ce permettre. C'est dans une ambiance très sombre où
les vols d'enfants, les exécutions sommaires des subversifs, les
communistes, sont journaliers, et que la junte militaire à tous les
droits que le lecteur va naviguer aux côtés du policier.
L'enquête
en elle même occupe peu de place, elle consiste uniquement en deux
ou trois interrogatoires de proches de la victime ou de ses clients.
Le policier a plus de soupçons que de preuves véritables. L'auteur
met surtout en avant les difficultés rencontrées par le policier
dans ce climat si particulier. Il nous dépeint également le
quotidien du policier, qui a perdu son épouse, en dehors de son
métier. Sa vie personnelle occupe peut être un tantinet importante
par rapport à l'enquête.
Les
personnages qu'ils soient sympathiques comme le commissaire ou bien
cupides ou corrompus l'auteur nous les dépeints riches en couleurs.
Le
style de l'auteur est sobre, et par moments il se veut poétique ce
qui a pour effet de le rehausser par rapport à la noirceur générale
qui s'en dégage. Par contre les dialogues sont écrits de manière
compacte, sans tirets lorsque l'on change d'interlocuteurs ce
occasionne des difficultés au lecteur pour comprendre qui parle.
Plus
qu'un policier l'auteur nous livre un très bon roman noir à la fois
sombre et cynique.
mardi 14 janvier 2020
Vaste comme la nuit d'Elena Piacentini
La
capitaine Mathilde Sénéchal n'aurait jamais imaginé retourner sur
les lieux de son enfance, un petit village non loin de Dieppe. Mais
quand Lazaret, son ancien chef de groupe, lui fait parvenir une
lettre sibylline, elle comprend qu'elle va devoir rouvrir une enquête
vieille de trente ans. Qu'elle le veuille ou non, le passé ne meurt
jamais. Il a même des odeurs, ces odeurs qu'elle sait identifier
comme personne et qui sont aussi son talon d'Achille. Il est temps
pour elle de sonder sa mémoire défaillante et d'affronter la
vérité.
Le
commandant Lazaret, mentor et amant occasionnel de la capitaine
Mathilde Sénéchal, atteint d'un cancer se suicide en mer, son
bateau est retrouvé à la dérive. Il laisse à Mathilde un dossier
vieux de trente ans, la disparition non élucidée de Jeanne Bihorel
qui donnait parfois des cours de piano à Mathilde. Une disparition
survenue le même jour où Mathilde, alors enfant, a eu un accident
de vélo qui l'a laissée en partie amnésique.
L'intrigue
met beaucoup de temps à débuter, il faut attendre plus de la moitié
du récit pour que les premiers éléments de l'enquête et du passé
nous parviennent. En effet dans cette première partie l'auteur
s'attache surtout à faire ressortir le mal être et les états d'âme
de Mathilde traumatisée par son passé. La dynamique de lecture
s'avère très lente et le récit ne parvient pas à capter
suffisamment l'attention du lecteur.
Quand
débute réellement l'enquête, les interrogatoires des témoins du
passé n'apportent que peu d'indices au lecteur sur la disparition de
la jeune femme. Dans cette deuxième partie l'auteure fait ressortir
les faits qui se sont déroulés le même jour que la disparition de
la jeune femme femme dans les décennies passées. Des faits
troublants de morts inexpliquées qui donnent une atmosphère
oppressante au récit, des morts de proches des familles toujours au
même dates qui permettent de maintenir le suspense. Les
interrogatoires ne fourniront rien de véritablement concret pour
l'enquête, c'est surtout le travail de Mathilde sur elle même qui
conduira au dénouement. La totalité du récit est plus basé sur
l'atmosphère que sur les faits.
Le
personnage de Mathilde s'avère très fouillé , néanmoins le fait
que l'on se retrouve une fois de plus avec un personnage marqué par
son passé, c'est devenu une habitude dans les thrillers et les
romans policiers, ne nous permet pas de s'attacher à elle. Dans ce
roman de la deuxième série de l'auteure on est aux antipodes du
personnage central de la première série de l'auteur qui lui se
révélait attachant. A notre avis, hormis le personnages d'Hortense,
les personnages secondaires ne sont pas suffisamment exploités.
La
plume de l'auteure est beaucoup plus riche et travaillée que dans la
majorité des romans du genre, mais cette qualité dans la première
partie du roman à son revers. L'auteur comme mentionné ci-dessus
s'attachant trop aux ressentis de son personnage, l'écriture
accentue l'effet de lenteur.
Une
lecture qui à la sortie nous laisse sur un sentiment mitigé.
mardi 7 janvier 2020
L'évangile selon Satan de Patrick Graham
2006,
Hattiesburg, dans le Maine. Rachel, l'assistante du shérif du comté,
enquête sur la disparition de quatre jeunes serveuses. Elle
disparaît à son tour. Marie Parks, profileuse au FBI qui possède
des dons de médium et s'est spécialisée dans la traque des
cross-killers - les tueurs en série qui voyagent -, est chargée
d'enquêter sur la disparition de Rachel. Elle retrouve son corps
torturé et la dépouille des quatre disparues crucifiées dans une
crypte. Le tueur, abattu par le FBI, est un moine qui porte les
signes du Diable.
Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la congrégation des Miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu'il avait envoyées aux États-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l'ordre des Recluses, un ordre très ancien, chargé depuis le Moyen Âge de protéger et d'étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet évangile que l'Église a perdu six siècles plus tôt...
Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la congrégation des Miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu'il avait envoyées aux États-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l'ordre des Recluses, un ordre très ancien, chargé depuis le Moyen Âge de protéger et d'étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet évangile que l'Église a perdu six siècles plus tôt...
1348,
alors que la peste noire s'étend à toute l'Europe, une religieuse,
seule survivante de son couvent, fuit emportant avec elle un crâne
surmonté d'une couronne d'épines et un livre cadenassé d'une
lourde ferrure. Elle est poursuivie par les envoyés de Satan et par
une entité démoniaque, Caleb le Voyageur, qui veulent récupérer
le crâne de l’Antéchrist et l’Évangile écrit par Satan.
2006,
quatre religieuses, qui travaillaient sous couverture en tant que
serveuses dans des bars de nuit et qui traquaient Caleb le Voyageur
sont portées disparues. Le shérif local fait alors appel à Marie
Parks une profileuse-médium du FBI qui a la particularité, depuis
un accident de voiture, de se mettre littéralement à la place des
cross-killers qu'elle poursuit. Quand au Vatican, il dépêche son
meilleur exorciste, le Père Carzo, pour retrouver le manuscrit que
l’Église à perdu la trace depuis le Moyen-Âge.
L'histoire
démarre sur un rythme très rapide, et comme c'est souvent le cas
dans les thrillers ésotérico-religieux le récit alterne entre ce
qui s'est passé au Moyen-Âge et ce qui se déroule à l'époque
actuelle. Avec une traque angoissante à souhait, le suspense est
toujours présent et gagne en intensité au fil des chapitres.
La partie
historique est très bien documentée, toutefois les répétitions
sont nombreuses dans cette partie de l'histoire ce qui a pour effet
d'alourdir quelque peu le rythme de lecture.
Le
postulat de départ est intéressant avec une secte , descendante
des Templiers, qui veut asseoir un de ses membre sur le Trône de
Saint Pierre. Un postulat qui se révèle toutefois assez classique
du genre avec pour but de détruire les fondements de l’Église
Catholique.
Avec
Marie Parks qui à le pouvoir de se projeter dans le temps et dans un
autre corps, et avec l'utilisation par le Père Carzo de l'hypnose,
le lecteur découvre petit à petit ce qui s'est déroulé au XIVéme
siècle, donnant au récit une touche de paranormal bienvenue. Elle
permet aussi à l'auteur de nous rappeler le rôle de l'Inquisition à
cette époque. Les personnages principaux sont bien dépeints, leur
psychologie est fouillée.
Avec
des chapitres courts et une écriture épurée et directe, et de
nombreux rebondissements l'auteur parvient aisément à garder
l'attention du lecteur du début à la fin du récit et ce malgré
les répétitions signalées ci-dessus, et quelques petites longueurs
à l'époque actuelle notamment avec ce qui se passe au Vatican.
L’Évangile
selon Satan est un excellent thriller qui mélange habilement le
fantastique, l'histoire et le paranormal.
mercredi 1 janvier 2020
BILAN LECTURE 4éme TRIMESTRE 2019
Livres
lus
&
Chroniques
effectuées au Quatrième trimestre 2018.
Coups
de Cœur :
J'ai
aimé
:
Liquidations
à la grecque – Petros Markaris
La
voix des morts – Neely Tucker
Le
lac – Azel Bury
J'ai
moyennement aimé
:
Nuits
macabres – Christelle Morize
Le
quatrième sceau – Cédric Péron
Même
pas mort – Jean-Philippe Jaworski
Vaticanum
– J R Dos Santos
Pine
Lake Resort – Phoenix B Asher
Il
y aura du sang sur la neige – Sébastien Lepetit
La
griffe du diable – Lara Dearman
De
meute à mort - Jean-Philippe Jaworski
Fleur
de cadavre – Anne Mette Hancock
Je
n'ai pas aimé :
Comme
des rats morts – Benedek Totth
Novembre & Décembre 2019
Rejoignent
la PAL
FORMAT ELECTRONIQUE
Lecture
effectuée
Rejoignent la PAL
EBOOK GRATUITS
Dans la PAL
vendredi 20 décembre 2019
Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock
«
Puisqu'on me prive de ta présence, Héloïse, donne-moi au moins par
tes mots la douce essence de ton être. »
Ces
mots concluent les lettres qu’Héloïse Kaldan, journaliste à
Copenhague, reçoit régulièrement depuis quelque temps. Postées de
France, elles sont signées d'une certaine Anna Kiel.
Héloïse n'a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s'obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ?
Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Héloïse rouvre sans le savoir une page d'un passé qu'elle croyait définitivement tournée.
Héloïse n'a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s'obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ?
Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Héloïse rouvre sans le savoir une page d'un passé qu'elle croyait définitivement tournée.
Journaliste
d'investigation, Héloïse Kardan vit une déroute professionnelle
depuis la publication d'un article où elle n'a pas vérifié la
véracité des documents sur lesquels elle s'était appuyée pour
écrire le sujet. Alors qu'elle est dans la tourmente elle reçoit
des lettres aux messages peu clairs adressées de France et envoyées
par une certaine Anna Kiel meurtrière de l'avocat Mossing fils d'un
industriel aux affaires discutables. Aidée par l'inspecteur Schaffer
elle va chercher à connaître les motivations qui ont poussées la
meurtrière à passer à l'acte.
Dés
le début du roman on connaît la coupable et de ce fait le suspense
ne repose que sur les lettres énigmatiques que reçoit la
journaliste.
Les
éléments se mettent doucement en place, mais l'enquête menée
n'apporte rien de nouveau au récit l'auteure nous entraîne sur de
fausses pistes et il faut attendre la dernière partie du roman pour
connaître les raisons qui ont poussée la meurtrière à agir quand
la journaliste la rencontre.
Malgré
une bonne dynamique le récit manque de rebondissements présentant
un réel intérêt pour l'histoire.
Les
personnages sont intéressants à suivre mais les deux enquêteurs
auraient gagné à être plus développés psychologiquement.
L'écriture
de l'auteure est fluide, directe ce qui donne une bonne dynamique de
lecture malgré un synopsis assez linéaire.
Un
thriller de qualité moyenne qui manque un peu de punch.
dimanche 1 décembre 2019
Le lac de Azel Bury
Sur
les berges du Devil's Lake, Alberta, Canada, Camille trouve par
hasard le corps d'une adolescente, juste avant les grands froids et
l'arrivée de la neige. Le choc est immense. Pourquoi Claire Caine
est-elle morte ? Et qui l'a sauvagement assassinée ? L'enquête de
Warren Kay, le beau flic natif, aidé d'Irma et Adriel, se déroule
cette fois dans une réserve autochtone du Canada. Cette histoire
mâtinée de légende indienne pourrait vous donner des frissons dans
le dos, tout comme la brume glaciale du Devil's Lake, ce petit matin
du mois de novembre. Welcome to Devil's Lake...
Licenciée
de son poste de professeur vacataire à Hallifax, Camille s'est
achetée une maison retirée pour y écrire un livre. Ignorant les
légendes funestes qui entourent la maison et le lac, elle vit en
recluse. Mais un matin alors qu'elle fait son jogging sur les bords
du Lac du Diable elle tombe par hasard sur le cadavre d'une
adolescente. Pour ne pas rester seule dans cette maison isolée
durant l'enquête, elle contacte une ancienne amie de faculté, une
journaliste de télévision qui débarque en Alberta avec son
cameraman et qui va profiter de l'occasion pour faire un reportage
sur le lieu.
Avant
le début du récit proprement dit, l'auteure nous propose un
préambule historique explicitant les accords passés entre les
blancs et les autochtones il y a un peu plus d'une centaine d'années.
Des autochtones qui se retrouvèrent spoliés de leurs terres et qui
vivent aujourd'hui parqués dans des réserves. Des références
historiques très intéressantes qui introduisent le fond du récit
qui va suivre.
Le
cadre dans lequel se déroule le récit donne de suite le ton de
l'histoire avec un lac empreint de mystère et de nombreuses
disparitions su ces rives jouxtant la réserve indienne. Une intrigue
qui est liée comme il est de coutume dans les romans de l'auteure à
des légendes ou des phénomènes inexpliqués. Une intrigue bien
ciselée qui tient le lecteur en haleine jusqu'au dénouement.
L'enquête
policière est menée par le chef de la police tribale, un natif de
la région. Parallélement les deux journalistes enquêtent également
sur les mystères des disparitions. Au départ on suit les deux
enquêtes, mais plus en avant le récit se focalise uniquement sur le
travail du policier.
A
partir de cette enquête policière, l'auteure en profite pour nous
sensibiliser sur le sort des natifs cloîtrés dans des réserves et
dont le quotidien est souvent fait d'oisiveté, de haine contre le
blanc, d'alcoolisme et même de maladies. L'atmosphère qui règne
tout au long du récit est à la fois angoissante et lourde.
L'auteure
allège cette atmosphère pesante par des touches d'humour fort bien
placées et sise dans les interactions dans les interactions verbales
qui ont lieu le plus souvent entre les deux journalistes.
Les
personnages sont très soignés, le duo de reporters partage la
vedette avec le chef de la police tribale qui occupe dans le récit
le premier rôle. Son personnage se révèle complexe et intriguant.
La
plume de l'auteure est simple, délicate est à certains moments elle
se fait même un tantinet poétique.
Une
intrigue très bien maîtrisée, une atmosphère qui se révèle
glauque, des personnages fouillés, une plume stylisée : Le Lac
se révèle être un excellent thriller.
mardi 26 novembre 2019
Comme des rats morts de Benedek Totth
Ils
fréquentent le même lycée et ont les mêmes passe-temps : la
natation, les jeux vidéo, le sexe, l'alcool, la drogue... Quand ils
ne sont pas à la piscine en train de s'entraîner, ils se murgent
chez l'un ou l'autre, fument joint sur joint, enchaînent les parties
de GTA, matent des pornos et se tapent leurs copines. Et puis il y a
les virées. Ce soir-là, ils avaient coché toutes les mauvaises
cases : une voiture "empruntée", l'aiguille dans le rouge
au compteur, les pupilles explosées. Ils tuent un cycliste en rase
campagne. Ça flippe pas mal pendant quelques jours, et puis les
choses reprennent leur cours. Un peu bêtement, mais c'est l'âge,
ils se figurent que la nouveauté est le meilleur remède contre
l'ennui. Alors quand ils en ont marre de l'herbe, ils pilent des
cachets de toutes les couleurs pour voir ce que ça fait ; quand le
porno classique ne suffit plus, il se tournent vers le bizarre ; et
quand ils ont épuisé leur stock de vannes sur le souffre-douleur de
la bande, ils passent aux coups. De là à faire le projet de le
tuer, il n'y aura plus qu'un pas. Portrait désespérant de justesse
d'une certaine adolescence contemporaine, Comme des rats morts est un
roman noir sombre et brillantissime. Une sorte de Trainspotting à la
piscine. Un choc.
Dans
ce roman noir l'on suit quatre adolescents qui fréquentent le même
lycée et qui s’apprécient plus ou moins vu l'échange des propos
orduriers qui émaillent le récit tout du long. Les quatre
adolescents fréquentent assidûment la piscine où trois d'entre eux
s'entraînent pour les courses et le quatrième pour le water-polo.
Prés
de la moitié du récit se déroule en ce lieu où la plupart du
temps ils se chamaillent et pissent dans la piscine. Les scènes
s'avèrent répétitives et offrent peu d’intérêt.
En
dehors des entraînements et quand ils sèchent le lycée, ils
squattent chez Greg dont les parents sont fortunés et malgré que ce
dernier saoule tout le monde c'est chez lui qu'ils assouvissent leurs
passions : les jeux vidéos, le porno sur internet ou l'immense
collection de DVD du genre, ou l’absorption de drogues qu'ils
arrivent à se reprouver et parfois se faire tailler des pipes par
des adolescentes en général légèrement plus jeunes.
Les
personnages sont vulgaires, violents et à l'emploi de termes
abjects, il faut aussi ajouter les longueurs de l'auteur la plupart
du temps sans intérêts et une plume tantôt approximative qui peut
peut être venir de la traduction.
Il
manque au récit un synopsis conducteur, le cycliste renversé au
chapitre 1 et laissé agonisant au bord de la route est vite oublié,
ainsi qu'une esquisse de règlement de compte sur fond de drogue, le
récit ne repose que sur l'apathie des quatre jeunes. Une génération
qui ne croit en rien, qui s'ennuie délaissés par leurs parents et
qui n'ont aucune vision sur l'avenir.
Le
livre n'est pas foncièrement mal écrit, mais l'histoire s'avère
fade et sans surprise hormis le final qui lui est intéressant. Les
personnages sont caricaturaux, superficiels ; et les filles sont
de simples objets sexuels.
jeudi 21 novembre 2019
De meute à mort de Jean-Philippe Jaworski
«Voici
neuf ans que le haut roi Ambigat m’a admis à sa cour. Voici neuf
ans que j’ai trouvé ma place parmi les héros bituriges.
Toutefois, quoiqu’il demeure redoutable, le souverain vieillit. Sa
force vitale s’épuise et les royaumes de la Celtique déclinent.
Nos troupeaux sont malades. Nos blés pourrissent sur pied. Les
jeunes fils du souverain meurent... La disette et le mécontentement
grondent au sein des tribus. Si les dieux se sont détournés du haut
roi, que feront les chefs des nations clientes ? Certains ne
rêvent-ils pas de renverser Ambigat, de s’emparer du pouvoir, de
restaurer la prospérité ? Et moi, Bellovèse ! Moi qu’Ambigat a
jadis privé de son père et de son royaume ! Moi qu’Ambigat a
naguère voué à la mort ! Quel parti épouserai-je ? Deviendrai-je
un chasseur de roi ? Ou serai-je le jeune roi traqué par la meute ?»
Dans ce deuxième tome
on retrouve Bellovèse quelques années après le déroulement du
tome 1. Il est à la cour du Haut-Roi son oncle. Il 's'est marié et
à des enfants. Dans cette première partie du tome 2, divisé en
deux volumes, il accompagne son oncle dans une tribu vassale pour
célébrer, comme le veut la coutume, le passage du printemps à
l'été.
Le récit débute par
une chasse au cerf qui se déroule durant le voyage et qui dure
pendant 46 pages. L'auteur n'en a pas fini avec les longueurs
puisqu'en suite pendant plus de cent pages il nous décrit le
village, les derniers préparatifs effectués, les différentes
tribus et le début de la fête.
Certes au point de vue
du développement de son univers, c'est très intéressant de
découvrir les rites païens et d'approfondir les us et coutume de
ces peuplades, mais les longueurs succèdent aux longueurs. La magie
et les dieux sont moins présents que dans le premier tome, ici c'est
l'aspect politique qui est développé avec tout son lot d'intrigues,
de trahisons et de violences. L'auteur s'est bien documenté et le
développement de l'univers s'avère le point fort du roman. Mais
dans cette première partie la dynamique de l'histoire est lente et
le lecteur peine à progresser dans le récit.
Il faut attendre la
dernière partie de l'histoire pour que la lecture se dynamisme avec
des combats qui vont se succéder avec le soulèvement des tribus
contre le Haut-Roi. Si les duels menés par Bellovèse se révèlent
bien maîtrisés et visuels, il n'en est pas de même pour les
combats de masse qui sont pour la plupart expédiés en deux ou trois
phrases.
Tout comme dans le tome
précédent les personnages sont travaillés, mais encore une fois le
lecteur ne parvient pas à entrer en osmose avec eux.
L'écriture est
toujours aussi soignée et riche et même si c'est à moindre degré
le style reste pesant dans la première partie et ce n'est que dans
la dernière partie qu'il devient plus fluide et que la dynamique de
lecture devient plus vive.
Si l'univers et les
personnages se développent, on notera toutefois que les
imperfections du premier tome n'ont pas totalement disparues, il
reste à travailler pour que les longueurs soient espacées et qu'il
y ait des relances pour le suspense. De plus la coupure mercantile ne
favorise pas la conclusion et alors que le développement de
l'intrigue était lancée le lecteur est brutalement freiné dans sa
progression.
samedi 16 novembre 2019
La griffe du diable de Lara Dearman
"
Je n'ai pas peur du noir... juste de ce qui s'y cache. "
Poursuivie par ses démons, Jennifer Dorey a quitté Londres pour retourner dans sa maison d'enfance avec sa mère, à Guernesey, où elle est devenue reporter au journal local. Elle pensait pouvoir souffler un peu. Elle avait tort.
Quand le cadavre d'une jeune femme s'échoue sur une plage, la journaliste mène sa propre enquête et exhume plusieurs morts similaires qui s'étendent sur une cinquantaine d'années. Plus troublant encore, toutes les victimes avaient sur le bras des marques semblables à un symbole gravé sur un rocher de l'île : les " griffes du diable ", dont la légende veut qu'elles aient été laissées par Satan lui-même...
Poursuivie par ses démons, Jennifer Dorey a quitté Londres pour retourner dans sa maison d'enfance avec sa mère, à Guernesey, où elle est devenue reporter au journal local. Elle pensait pouvoir souffler un peu. Elle avait tort.
Quand le cadavre d'une jeune femme s'échoue sur une plage, la journaliste mène sa propre enquête et exhume plusieurs morts similaires qui s'étendent sur une cinquantaine d'années. Plus troublant encore, toutes les victimes avaient sur le bras des marques semblables à un symbole gravé sur un rocher de l'île : les " griffes du diable ", dont la légende veut qu'elles aient été laissées par Satan lui-même...
Alors
qu'elle enquêtait , à Londres, sur des immigrées venues de l'Est,
une reporter est menacée de mort. Elle regagne alors son île natale
de Guernesey pour travailler au journal local. Un train-train
quotidien qui la rassure, mais lors d'une fête locale, elle découvre
sur une plage le corps d'une toute jeune femme. Les indices font
penser à un suicide. Mais la reporter décide d'enquêter plus avant
sur cette affaire. Elle ne tarde pas à faire le rapprochement sur
d'autres morts arrivés dans les mêmes circonstances et découvre
qu'un tueur en série opère depuis cinq décennies sur l'île.
L'intrigue
est intéressante, la corrélation entre les différents meurtres se
fait progressivement. Mais la mise en place de l'intrigue tarde à se
mettre en place. En effet l'auteure a choisi de faire de l’île son
sujet principal, on est immergé dans les descriptions des paysages,
des sombres éléments que recèle le passé avec des croyances
plutôt folkloriques et des légendes ayant rapport avec le diable.
Des éléments certes pas inintéressants mais qui finissent par
reléguer au second plan l'intrigue.
Les
chapitres alternent entre trois personnages, d'une part les
protagonistes principaux à savoir la reporter et l'inspecteur-chef
qui même l'enquête de son côté suite aux révélations de la
reporter. Et d'autre part un narrateur anonyme qui nous entraîne
dans le passé, et l'on comprend vite que cette troisième voix est
celle du tueur en série. Mais comme il est de plus en plus coutume
dans les romans policier et les thrillers on n'échappe pas à des
personnages marqués par le passé, et de ce fait le lecteur ne peut
parvenir à s'attacher à ces protagonistes.
Avec
pour décor une île ce roman se déroule dans une sorte de huis-clos
est l'ambiance s'avère très sombre.
Les
descriptions de l’Île sont certes cinématographiques mais elles
prennent trop de place et l'écriture de l'auteure s'en ressent.
La
griffe du diable est un roman dépaysant pour qui voudrait découvrir
l'île de Guernesey et ses magnifiques paysages mais le récit manque
de l'essentiel, le dynamisme.
Inscription à :
Articles (Atom)













































