samedi 6 février 2016
La cité des rêves, Emilie Zanola
Voulez-vous
comprendre vos songes ?
À Liana, la vie n’a jamais fait de cadeau. Abandonnée dans un jardin public vers l’âge de quatre ans, elle s’invente des vies au travers de ses rêves…
À l’université de Chambéry où la psychologie est dispensée, elle rencontre un groupe d’amis et surtout Gab, un jeune homme issu d’une famille énigmatique et riche, qui saura la séduire.
Dans ses recherches pour comprendre son passé, Liana découvre un étrange grimoire. Son destin sera alors bouleversé. Un monde secret se dévoile, celui de la Cité des Rêves. Elle n’est autre qu’un Voyageur, un être capable de naviguer au cœur même des productions chimériques des humains. Cette histoire improbable se mêle à la réalité et son tuteur onirique, Naël, tentera de lui inculquer leurs règles dans ces deux mondes.
Des cauchemars, des missions, des meurtres, un voyage en Italie et Liana accepte enfin la réalité…
Carl Gustav Jung, un des précurseurs de la psychologie, a dit :
« En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers les rêves et nous fait savoir qu’il nous voit bien différemment de ce que nous croyons être. »
Dans
ce roman, nous suivons Liana, une jeune fille orpheline depuis ses
quatre ans qui débarque à Chambéry pour entrer en première année
de fac en psychologie. N'ayant aucune nouvelle, aucun indice si ce
n'est un pendentif, elle pense que son passé se trouve dans ses
rêves. Dans sa quête, elle va rencontrer un professeur au
comportement mystérieux qui cache quelque chose. Connaît-il le
chemin menant à son passé ? Et si son subconscient était la clé
de son passé ?
Avec
comme toile de fond une quête identitaire et pour postulat de départ
le domaine des rêves, thématiques plutôt courante en imaginaire,
cette trilogie s'avère, somme toute plutôt classique.
Pour
un volume de moins de deux cent pages, presque qu'un tiers du roman,
la mise en contexte s'avère plutôt longue.dans cette première
partie, rien de bien sensationnel si ce n'est quelques phrases
disséminées par ci par là qui laissent envisager une suite plus
intéressante. Certes il faut bien introduire l'histoire mais
l'auteure nous entraîne dans un cercle d'étudiants tout ce qu'il y
a de plus banal, au comportement des plus puérils, le récit ne
change en rien l'habituelle schématique des romans pour young-adult
avec bien entendu une inévitable romance.
L'intrigue
met beaucoup de temps à se développer, ce n'est qu'après un tiers
du roman que l'auteure daigne enfin nous transmettre les premières
bribes du monde imaginaire dans lequel elle doit nous projeter.
Le
lecteur perçoit enfin l'originalité du roman : les Voyageurs
pouvant interagir dans les rêves et les cauchemars des humains des
humains, les influencer, les modifier... Malheureusement, si l'idée
de départ est excellente, le sujet manque d’approfondissement,
l'interprétation des rêves n'étant que très brièvement
explicitée et le côté psychologique presque délaissé.
Le
suicide apparemment maquillé et le meurtre ajoutent une petite
pointe thriller très providentielle pour le récit, renforçant un
suspense qui monte crescendo et créant une ambiance d'insécurité
autour du personnage principal.
Si
les rebondissements et le monde des rêves parviennent à maintenir
l'attention du lecteur jusqu'à la fin, l'intrigue principale se
révèle un peu trop simple et l'on déplore un certain manque
d'action.
Si
le monde actuel décrit par l'auteure ne parvient à convaincre un
lectorat masculin, celui imaginé retient l'attention. Les
descriptions sont bien dosées, originales, visuelles, et l'on a
aucun mal à s'y projeter et l'on est presque ébloui. Les
révélations sur le passé de cette cité nous est livré par
petites doses qui maintiennent une aura de mystère permanente. C'est
le gros point fort du roman.
Le
lecteur a du mal à s'attacher de par ses réactions juvéniles au
personnage principal. Même si ce personnage est plutôt bien brossé,
la romance qui s'installe ne facilite pas non plus l'adhésion. Le
personnage de Naël est plutôt intéressant, froid, énigmatique, il
attire plus le lecteur même s'il ne s'avère pas assez développé
mais il est nécessaire de garder une certaine aura de mystère pour
la suite. Les personnages secondaires ne sont pas assez exploités et
même si certains vont jouer un rôle primordial dans la suite des
événements, on aurait aimer les voir plus présents dans le récit.
L'écriture
est fluide, agréable et le style bien adapté au récit. La suite
des événements, malgré un manque d'action permettent une lecture
dynamique. C'est le deuxième point fort du roman.
Malgré
une idée de base attrayante, certains passages sont mal maîtrisés,
le récit manque un peu de piment et parfois prend un côté
légèrement naïf. Le final laisse toutefois présager une suite
plus dense et l'action devrait y être plus présente. Un roman qui
devrait plus plaire à un lectorat féminin ou a des lecteurs peu
habituées au genre.
jeudi 28 janvier 2016
Anaen la légende des sept épées, Gary Laski
Voici
la légende des Sept Épées, cycle d’aventures fantastiques du
chevalier aux Mille-Noms, exilé, anathème, meurtrier.
Il jure fraternité de sang avec Vacyn, un érudit en quête de la source de vie qui pourra libérer son peuple. Les deux sont promptement adoubés par Aodd, un seigneur-sorcier, qui les enrôle pour qu’ils participent à un coup d’État.
Il jure fraternité de sang avec Vacyn, un érudit en quête de la source de vie qui pourra libérer son peuple. Les deux sont promptement adoubés par Aodd, un seigneur-sorcier, qui les enrôle pour qu’ils participent à un coup d’État.
Leur réussite ne sera que le début de leurs tribulations. Vacyn exhume un parchemin qui lui ouvre la quête des Sept Épées de Fænkor, lesquelles auraient le pouvoir, une fois réunies, de protéger Omnorn du retour des terribles cyrices, ces magiciens qui dévastent les mondes où ils passent.
Personne ne pourra alors les écarter de leur quête, pas même la mort…
Banni
de son village pour avoir profané un bois sacré, Ortam, un jeune
homme est exilé au pays des Sorciers chez son oncle. Mais un peu
plus de deux après son arrivée, son oncle est tué par deux
chevaliers. Ortam aidé du troisième venge son oncle, et après
avoir prêté un serment de sang, les deux jeunes hommes décident de
quitter le pays en empruntant une étrange route, la Contreterre.
Errant sur cette route, ils font bientôt la rencontre d'un
Seigneur-Sorcier qui leur annonce qu'un Oracle prévoit qu'ils
fassent partie d'une compagnie de sept élus qui doivent renverser le
roi considéré par les sorciers comme un usurpateur et les adoubent.
Un
postulat de départ plutôt courant qui semble annoncer une fantasy
somme toute plutôt classique. Après avoir mis en place le contexte
de l'histoire, présenté les deux protagonistes du début et nous
décrire brièvement le monde et fourni quelques bribes d'historique,
l'histoire prend une autre tournure. En effet après leurs rencontres
avec le Sorcier, nous deux jeunes amis vont errer à nouveau sur la
Contreterre qui va les conduire d'endroits aussi étranges
qu'insolites, aussi abracadabrants qu'improbables, où ils feront
d'étranges rencontres qui virent de la fantasy à l'horreur.
Une
première partie, où les descriptions et les introspections des deux
protagonistes prennent le pas sur l'action, jusqu'à leur rencontre
avec les cinq autres membres le rapport avec ces scènes et
l'intrigue principale semble des plus ténus. Le lecteur est peu
emballé par cette partie de l'histoire qui comporte de nombreuses
longueurs.
L'intrigue
principale ne démarre réellement qu'à la constitution complète
du groupe, après douze chapitres, le récit reprenant alors une
tournure plus habituelle du genre.
Dans
la deuxième partie, qui commence sans liaison avec la première,
c'est le deuxième chevalier que nous suivons plus particulièrement.
Malgré une place importante à la cour, il s'est enfui car il n'a
pas voulu assister au couronnement du roi prés-sentant quelque chose
de surnaturel. Nous le suivons dans son périple, l'auteur en profite
pour compléter son monde, la genèse de celui-ci une mythologie
s'ébauche, le passé nous est narré le plus souvent sous forme de
légendes.
Comme
dans la première partie le chevalier va de rencontre en rencontre,
moins horrifiques que dans la première partie mais tout de même
étranges. Chaque rencontre donnant l'occasion pour l'auteur une
nouvelle introspection sur le chevalier, ce qui lorsqu'il s'agit de
combats casse fortement la dynamique de lecture, déjà peu élevée,
et finit par agacer le lecteur qui n'a qu'une envie interrompre
définitivement la lecture de l'histoire fort décousue. En effet
l'auteur ne sembla pas suivre une quelconque logique.
Les
descriptions sont précises, bien détaillés... mêmes parfois trop.
Les combats sont de manière générale assez bien réglé et même
assez visuels, et bien que l'action soit très présente elle est
noyée dans les descriptions et autres longueurs. La magie bien que
présente dans la première partie, elle est omniprésente dans la
deuxième. Une magie basique liée aux quatre éléments mais aussi
parfois de facture nécromante.
En
dehors des passages des rencontres, plutôt indigestes, le style de
l'auteur se révélé plus facile à appréhender malgré quelques
phrases à la tournure ampoulée. Il est regrettable que quelques
coquilles viennent encore apporter une gêne supplémentaire à la
lecture au rythme déjà lent.
Au final, un récit
certes original mais il est plutôt difficile de suivre la logique de
l'auteur, le récit semble déstructuré, le lecteur n'arrive pas à
s'immerger dans l'univers de l'auteur et n'a qu'une hâte celle
d'atteindre la dernière page tant le récit lui semble pesant.
mardi 26 janvier 2016
La menace elfe, William Thoral
Cinq
années se sont écoulées depuis la bataille qui a vu la chute du
tyran Arekalion sur Mégaïa. Clive et Minea se rendent sur le
continent elfe de Tylyone dans le but de découvrir les origines du
peuple de la princesse et retrouver le joyau divin d’Estrissia,
bientôt rejoints par leurs soeurs d’armes Selphia et Milia. Leur
quête initiale les mènera finalement au coeur d’une nouvelle
guerre qui oppose les elfes des montagnes et les elfes des sables,
dans ce qui semble être une lutte de pouvoir. Mais les véritables
enjeux sont en réalité plus obscurs et le porteur d’une seconde
arme divine fait son apparition. Et si le dieu maléfique suprême
était une nouvelle fois derrière tout ça ?
Minéa
et Clive, maintenant mariés, sont partis l'une à la recherche de
ses origines et l'autre à la recherche de la pierre divine
d'Estrissia. Lorsqu'ils accostent sur le continent de Tylyone, c'est
pour trouver le pays en guerre : la petite ville de Sinmar a été
détruite et tous ses habitants assassinés.
Abel
qui règne sur le trône de Falconya depuis le décès de son père à
la grande bataille de Dalbadior, est informé par les Faucons Blancs,
l'élite des guerriers Falconiens, de la guerre qui règne sur le
continent des Elfes. Il décide alors d'envoyer sur Tylyone pour
aider son frère et sa belle sœur ; la guerrière Ninja Selphia
et la chevalier-griffon Mélia.
Le
postulat de départ de ce second volet est identique au premier, à
savoir empêcher un grand méchant, en l’occurrence ici l'elfe noir
Varlan, de prendre possession du continent. Une intrigue des plus
basique du genre.
Le
récit débute par un résumé précis des faits qui se sont déroulés
sur le continent de Mégaia.
L
'auteur garde le même synopsis que précédemment synopsis et dès
les premiers chapitre nous ressert le même scénario qu'avec Clive
au tome précédent. Le lecteur effaré découvre que Milia a une
sœur et des parents qui l'avait abandonné pour répondre à une
prophétie quasi identique. Avec la guerre comme trame de fond et cet
événement qui fleure bon le copier-coller, force est de constater
que l'auteur fasse preuve d'une débordante imagination.
Malgrè
des retournements de situation l'intrigue ne prend pas d'ampleur :
pas d'intrigues subsidiaires ne viennent se greffer sur la principale
pour donner plus d'ampleur au récit, le synopsis reste linéaire.
Action
est près présente avec des assauts de magie visuels et des combats
classiques bien réglés mais qui demanderait un développement plus
profond dans certains cas notamment dans ceux de masse.
Même
s'il arrive qu'une aide surgit d'on ne sait où vienne parfois aider
nos jeunes protagonistes cela arrive moins fréquemment qu'au premier
tome, ce qui rend le récit un peu plus crédible. Même si le
rapport des forces est tout de même un peu déséquilibré par les
actions époustouflantes des protagonistes principaux.
La
sensation que l'auteur dressait un catalogue de tous les ingrédients
de la fantasy est elle aussi un peu moins prononcée.
Avec
ce nouveau continent l'auteur continue l'édification de son monde. A
l'instar du premier opus les descriptions sont détaillées, très
précises, mais toutefois un peu moins longues lorsqu'il s'agit de
décrire des lieux ou les tenues vestimentaires de certains des
protagonistes de deuxième plan.
En
plus de faire la connaissance géographique du continent, l'auteur
nous livre une partie de son passé et de sa genèse. La mythologie
se développe également avec un clin d’œil à la mythologie
grecque.
La
magie est présente dans ce tome est de ce point de vue l'auteur
innove en nous gratifiant des créatures issues de la magie noire,
les Sérùs, greffés sur les bras des soldats de Varlan leur donnant
plus de force et des réflexes accrus. Hormis cette innovation, comme
le reste du récit, la magie, avec ses sorts liées aux quatre
éléments, ses objets, ses artefacts,... reste plutôt classique et
date un peu.
Si
Clive le porteur de l'épée occupe une place importante dans ce
récit , c'est surtout les personnages féminins qui sont mis en
avant dans ce tome. En plus des trois amies, l'auteure nous gratifie
également du côté des antagonistes d'un personnage important, à
savoir la propre fille de Varlan, Niraness, qui est à la tête des
armées de son père. Un point positif pour l'auteur, car
généralement en fantasy les femmes sont reléguées au second plan.
Des personnages qui prennent de l'ampleur par rapport au tome
précédent, même si là encore l'auteur se cantonne dans des
figures archétypes.
Le
style simple et l'écriture fluide de l'auteur mêlés a une action
omniprésente donnent à lune lecture au rythme enlevé.
Même
si l'on quitte le porteur de l’épée dans un état critique et si
l'on déplore également la mort de personnages secondaires de
premier plan, le final est prévisible et adopte une schématique
similaire au premier tome.
Au
final une fantasy, certes divertissante, mais trop classique qui
n'offre aucune surprise. A conseiller à des lecteurs qui aborde le
genre pour la première fois.
vendredi 22 janvier 2016
La prophétie des sables; Isabelle M. Nancy
Berendor
Cairn est un Da¨mon, un sorcier de l'ancien temps, un survivant de
l'époque où la magie et les hommes coexistaient en paix. Mais c'est
surtout par sa faute qu'est arrivé le Grand Ravage, un désastre
dont les habitants du Monde Connu payent encore le prix. Rongé par
la culpabilité, le vieillard cherche à se racheter en éliminant,
l'un après l'autre, les envoyés des Lunes. Pour la énième fois de
sa longue vie, il se met en quête du Mok'zir. Mais cette fois-ci, il
semble bien que la tâche soit plus ardue que prévue. Peut-être
même impossible à accomplir.
Ce
premier volet de la saga de l'Ordre Terne ouvre les portes d'un monde
dans lequel une magie agonisante brouille les cartes du destin pour
le pire et... pour bien pire encore... Berendor Cairn le sorcier
parviendra t-il à déjouer la vengeance des Lunes avant que la mort
ne le rattrape ? Qui est Bethsahire, cette enfant aux yeux jaunes qui
porte en elle les réponses de la prophétie ? L'envoyé est-il prêt
à se sacrifier pour sauver l'humanité ? Et surtout, quel est le
secret de cet Ordre Terne que tous craignent mais que nul ne connaît
? Voilà une épopée passionnante dans laquelle cinq royaumes vont
affronter le plus grand péril auquel on puisse être confronté.
Berendor
Cairn le sorcier parviendra t-il à déjouer la vengeance des Lunes
avant que la mort ne le rattrape ? Le Sorcier doit retrouver l'élu
qui le remplacera pour pouvoir déjouer les plans de la Prophétie et
sauver l’espèce humaine. Mais démuni de tous ses pouvoirs y
parviendra-t-il ? Seule Bethsahire, la jeune fille aux yeux
jaunes, pourra par ses visions lui indiquer qui est l'élu. Et
surtout, quel est le secret de cet Ordre Terne que tous craignent
mais que nul ne connaît ?
Avec
pour trame de fond un monde où la magie disparaît, pour postulat de
départ, une prophétie et un ordre secret : c'est dons une fantasy
classique que nous entraîne l'auteure. Ces thématiques ayant été
maintes et maintes fois utilisées en fantasy.
Dans
ce premier Livre du tome un, un peu court, l'auteure prend son temps
pour nous décrire le contexte dans lequel va se dérouler le récit
nous décrire succinctement le monde dans lequel vont évoluer les
personnages, et bien entendu les personnages eux-mêmes.
L'auteure
nous décrit un monde, au sort étroitement lié aux Lunes , ayant
déjà subi un cataclysme. Si avec la cité en ruines, à la
magnificence perdue, située dans une région désertique et qui ont
subis un cataclysme, nous donne presque l'envie de la visiter, la
description géographique des autres parties monde manque quelque peu
de développement. Les relations entre les différents territoires ne
sont pas abordées, l'auteure ne se concentre uniquement que sur ce
qui entoure directement les personnages principaux, aucune autre
partie du monde n'est exploitée en profondeur hormis les cités.
L'auteure
nous dépeint une partie de l'histoire, les Grandes Guerres où pour
y mettre un terme la magie fut employée, conduisant au désastre
actuel et à l'éradication d'une ethnie rendue responsable du
désastre car détentrice de la magie originelle. La magie est
omniprésente dans le récit et l'étroite connexion avec
l'astrologie, notamment la conjonction des astres, apporte une touche
originale à l'histoire.
Au
fil des chapitres l'histoire qui au départ paraissait plutôt floue
au lecteur prend de la dimension malgré la persistance de certaines
zones d'ombres, l'univers se complexifie, le récit gagne en
intensité.
L'intrigue
met du temps à se développer, l'auteure ayant pris le parti de
développer un travail d'introspection sur ses personnages. Un choix
plutôt osé car si d'un côté le lecteur perçoit plus profondément
les personnages, leurs ressentis d'un autre côté cela n'est pas
sans générer quelques longueurs et le côté intimiste de cette
fantasy rend le récit plutôt linéaire. Ce n'est que dans les
derniers chapitres que l'intrigue adopte un rythme de croisière et
que toutes les pièces du puzzle commencent, pour le lecteur, à
s'imbriquer. La confrérie secrète ne nous apparaît qu'au dernier
chapitre, une manière intéressante de maintenir le mystère et
l'envie au lecteur d'en découvrir plus.
Les
protagonistes principaux sont bien structurés, dépeints en
profondeur. Pour chacun d'eux, l'auteure s'attache à bien faire
ressortir leurs caractéristiques dominantes, soi leurs travers, leur
innocence, soit leur courage... Le personnages de la jeune fille,
personnage occupant une place importante dans la prophétie, est
placée nettement en retrait.
Le
style de l'auteure est travaillé, recherché, mieux brossé que dans
la plupart des romans du genre. L'humour est distillé savamment, par
toutes petites touches, presque imperceptibles. L'écriture est
plutôt fluide malgré le soin apporté à nous décrire les
personnages. Au tout début du récit, l'auteure insiste sur certains
mots clés de l'histoire en les martelant plusieurs fois dans la même
page, l'effet recherché gêne un peu la lecture, on a presque
l'impression de relire la même ligne.On notera toutefois la présence
de quelques petites coquilles, peu nombreuses , mais qui ne gênent
en rien la lecture.
Malgré
une histoire riche et dense, des personnages très intéressants, un
univers qui ne demande qu'à se développer, le fait de fractionner
en quatre livres le premier tome ne permet pas au lecteur de se faire
une idée assez globale de l'histoire. Pour apprécier pleinement
l'histoire, il faudra pénétrer plus avant dans le récit ;
cette première partie se révélant une longue mise en place.
lundi 18 janvier 2016
L'écho des profondeurs, Lucie Goudin
Kardey
et ses compagnons sont sortis vivants de la forêt de Pelgrom.
Toujours soucieux de mener à bien leur quête afin de sauver leurs
terres, ils poursuivent leur route plus loin, vers l’est. Leurs pas
les mènent jusqu’aux entrailles des Montagnes de Non-Retour, qui
pourraient bien devenir leur tombeau s’ils n’échappent pas à ce
nouveau coupe-gorge… Sur les traces du Deuxième, la mort ne fut
jamais aussi proche d’eux… Ce tome 2 constitue la suite des
aventures des six personnages centraux dont les relations vont
évoluer, en bien ou en mal, au gré des mystères de plus en plus
fréquents. La présence des Mages Noirs, qui sortent enfin de
l’ombre, ne va pas leur faciliter la tâche !
Après
un premier volet intéressant malgré un synopsis calqué sur celui
d'un scénario de JDR, une intrigue qui avait a peu de mal à se
développer comme dans la majorité des tomes introductifs, c'est
avec un certain plaisir que nous retrouvons les protagonistes, point
fort du premier opus.
Nous
retrouvons les six compagnons, pratiquement là où nous les avions
quittés au tome précédent, toujours à la recherche des artefacts
qui sauveront leur pays. Le premier chapitre s'ouvre sur un cauchemar
de Kardey. Se révélera-t-il une fois de plus prémonitoire ?
Dés
le début de l'histoire, de manière presque anodine, l'auteure
relance le climat d'insécurité permanente qui entoure le petit
groupe, relance également l'aura de mystère qui entoure l'identité
de la voleuse, rapidement le récit monte en intensité et suscite
l’intérêt du lecteur pour le récit. Le groupe en danger,
celle-ci va révéler son appartenance à une guilde d’assassins,
elle va être séparée du groupe qui sera fait prisonnier. Elle va
voler à leur secours ; la tension va diminuer mais le mystère
n'est pas complètement levé. Tout au long du roman, la voleuse
occupera le premier plan et malgré que tous adhérent pas à ses
ordres, ils ne peuvent que la suivre. Occuper la première place dans
un groupe d'aventuriers est plutôt rare pour un personnage féminin.
Au
fil des pages, en même temps qu'elle développe ses personnages,
l'auteur en fait de même pour le monde géographiquement et
historiquement. Le panthéon des dieux qui occupent une place importa
tante depuis le début de l'aventure prend lui aussi de l'ampleur.
Les descriptions qui précisent ces divers points sont équilibrées
et décrivent également la vie quotidienne des personnages. Manque
de carte ne permet pas au lecteur de bien visualiser la progression
des personnages et la position des antagonistes, une lacune que l'on
espère corrigée au troisième volet.
Le
récit est uniquement centré sur le groupe, on aurait aimé que
l'auteur nous tienne informé de la géopolitique qui se développe
en parallèle, hormis le fait d'apprendre que la guerre est déclarée
on ne sait rien de ce qui se passe dans le monde. La guerre qui
menaçait étant l'élément déclencheur de la quête des
personnages, on aurait aimé suivre les préparations des armées de
Maltazar. Au fil des chapitres, des rencontres faites par les six
compagnons, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, le récit gagne en
profondeur tout comme les personnages.
La
magie occupe aussi une place prépondérante dans le récit, mais il
est dommage que l'auteure ne nous gratifie pas du combat qui a opposé
les sorcières aux mages noirs. Les combats ne sont également pas
tous exploités en profondeur. Toutefois si l'action n'est pas
débridée, l'auteur conduit son intrigue de belle manière et le
lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer. L'humour caustique omniprésent
dans les dialogues, notamment entre la voleuse et le guerrier,
apporte un gros plus au récit mettant une pointe de légèreté dans
des situations parfois critiques. Ce n'est que dans la toute dernière
partie que l'auteure nous gratifie d'un combat de magiciens : alors
que les neuf seigneurs, protégés par les magiciens, sont en réunion
pour s'entendre sur les préparatifs de guerre que les Mages Noirs
font irruption. Et l'affrontement tourne à leur avantage quand la
venue d'un nécromancien les met en fuite. Le combat dure plusieurs
pages, l'auteur nous décrivant à merveille les pouvoirs de chacun.
Un passage où la dynamique du récit se fait plus enlevée, mais qui
arrive un peu tardivement.
Si
l'impression de synopsis calqué sur celui d'un JdR se fait moins
présent et que l'écriture de l'auteure semble plus fluide, on
retrouve malheureusement comme au premier volet des fautes
d'impressions qui sont comme à l’accoutumée la marque de fabrique
de la maison d'édition. Des mots remplacent les mots qui auraient du
se trouver réellement, des lettres à la place d'autres qui changent
le mot et le sens de la phrase, des lettres absentes,... Ce qui se
révèle fort préjudiciable à l'auteure car son style en est
modifié et à la lecture ces coquilles finissent d'agacer le lecteur
qui ne juge pas le récit à sa juste valeur.
Au
final, ce deuxième volet se révèle nettement supérieur au
premier, mais les désagréments subis lors de la lecture ne
permettent pas de mieux le noter. Si chez l'auteur les errements
relevés dans le premier tendent à s'estomper, il est dommage que la
maison d'édition ne fasse pas de même.
mardi 12 janvier 2016
L'Ombre de la lumière, Marjorie Blanc
Élevée
dans la pure tradition des sorcières-guerrières, Ombre consacre sa
vie à Aliokhine, future reine des lacs de Novembre. Discrète,
droite, et détachée du monde environnant, elle s est promis de
protéger la jeune princesse et son futur époux. Mais sa rencontre
avec Tobias, jeune page sans importance, va tout changer.
Entre
les complots, les trahisons, et une attirance inexplicable pour la
nature humaine, Ombre devra se battre ardemment pour garder en vie
Aliokhine et maintenir son statut d être invisible qui la protège
de la lumière. Aidée, malgré elle, par trois chevaliers du roi
Philippe IV et par son cheval Miel, Ombre devra tout miser sur son
intelligence et son sang-froid.
Elle
était ici pour la reine. Juste la reine. Elle était née pour
servir la reine. Juste servir. Elle mourrait pour la reine. Juste
mourir. Ombre retint un soupir et chanta les mots que lui avait
murmuré la femme au teint poivré avant de la marquer au fer rouge.
Son c ur et sa tête devaient toujours être là où Aliokhine se
trouvait. Seule Aliokhine importait.
Un
titre accrocheur, qui laissait présager une fantasy sombre,
peut-être un peu teintée de Sword and Sorcery avec pour personnage
principal une héroïne à la fois sorcière mais aussi guerrière.
Mais d'un autre côté avec dans le rôle principal on redoute aussi
que la fantasy vire rapidement à la romance. Ce qui malheureusement
par la suite s'avérera vrai.
Avant
de parler de l'histoire proprement dite, il est nécessaire de
préciser que dès le prologue on relève une incohérence de
qualificatifs, et déjà on se pose la question de savoir si
l'auteure s'est relue ou si c'est voulu. Si c'est le deuxième choix,
l'auteur
a comme dans son titre apporter une figure de style, mais force est
de constater que sur le lecteur c'est l'effet inverse qui s'exerce,
et c'est donc avec un certain a-priori que l'on débute le premier
chapitre.
Un
traité de paix récent a été signé entre deux pays voisins en
guerre de puis fort longtemps. Un traité qui dérange certaines
personnes et dans l'ombre visent, en supprimant l'un des rois, à
réalimenter la discorde. Sur donc sur fonds d'intrigues et de
complot que nous suivons l’héroïne, une jeune sorcière-guerrière,
formée depuis sa plus tendre enfance à protéger une personnalité
comme le prévoit son ethnie, en l’occurrence comme l'indique la
quatrième de couverture la jeune princesse devenue par son mariage
récent, la reine.
Un
postulat de départ des plus simples, récurrent dans le genre, et
qui ne prendra dans le récit aucune autre ampleur. En effet
l'intrigue reste, tout au long du récit linéaire, aucune
ramification, ni aucune intrigue subsidiaire ne venant la renforcer.
L'univers
n'est pas du tout développé, pas d'informations ethniques, pas
d'informations géopolitiques, pas d'informations géographiques,....
C'est tout juste si l'on est a même de définir dans tel type de
période se déroule le récit. La seule indication qui permet de
situer dans quel type d'univers nous sommes c'est la présence de
mousquets, qui situerait le monde dans lequel évoluent les
personnages comme équivalent au siècle de Louis XIV. Pour une fois
que l'on sert du sempiternel moyen-âge, pas le moindre information
n'est fournie au lecteur, même pas une petite description du château
royal, pas la moindre parcelle de la vie des gens qui y vivent,
l'auteur ne s'est concentré que sur les personnages qui jouent un
rôle dans l'intrigue. Pas de carte n'est insérée dans le roman,
mais aurait-elle été bien nécessaire vu la pauvreté du monde mis
en place par l'auteure.
Dans
un très court un roman, la romance prend nettement le pas sur
l'intrigue, déjà peu étoffée , puis l'auteur pousse jusqu'à nous
offrir une scène de sexe. Et là on se dit heureusement que le roman
ne soit pas plus long.
Si
dans la première partie du roman, la jeune apatride arrive à
susciter de l'émotion avec la dureté de sa formation, très
rapidement ses introspections sur elle même, ses jérémiades
finissent rapidement par agacer le lecteur. Bien défini, au départ
le personnage offre dans son développement un approfondissement
totalement raté au niveau psychologique. A l'instar de l'ensemble du
roman, les autres personnages sont peu fouillés, insuffisamment
travaillés.
Si
les noms attribués aux sorcières peuvent à la rigueur coller à la
personnalité, il n'en va pas de même avec les dénominations des
territoires, l'auteur en voulant apporter sa marque de famille à
sombré dans le puéril. Un sentiment confirmé par le final :
ils se marièrent et vécurent heureux. Un dénouement que l'on ne
trouve que dans les contes de fées qu'on lit aux élèves de
maternelle.
La
magie, avec pour personnages des sorcières, aurait pu apporter un
plus au roman, mais là aussi c'est réduit à la plus simple
expression, ne servant qu'à les dissimuler à leur entourage.
L'écriture
est fluide, mais les effets de style avec de petits sauts en
arrière, puis retour sur l’élément avec un changement de point
de vue, se révèlent scolaires et n'ont que pour effet de casser la
dynamique de lecture.
En
conclusion, on est en présence d'un roman totalement raté, mal
écrit, immature, ne présentant aucune idée personnelle,... Le pire
roman de fantasy depuis plus de quarante ans de lectures dans le
genre. Comment est-il possible d'éditer un tel roman, alors que
moult auteurs nettement plus intéressants doivent se contenter d'une
publication en e-book au mieux.
dimanche 10 janvier 2016
La confrérie des corbeaux, Chris Ranchoux
1206.
Les terres d’Auvergne ont été récemment rattachées au Royaume
de France mais Philippe Auguste bataille toujours contre les
Plantagenêts pour agrandir et unifier son domaine royal. Maistre
Bourdon, un vieux forgeron détenteur jalousé du secret des lames de
Damas, et son jeune apprenti Auguste coulent des jours paisibles dans
le petit hameau de Ranchoux entre Saint-Pal-de-Chalencon et
Craponne-sur-Arzon. Mais le cours nonchalant de leur vie va soudain
se voir perturbé par de bien insolites incidents. Et le spectre d’un
sombre péril que l’on croyait disparu depuis des lustres se
dessine de nouveau à l’horizon…
Comme
l'indique la quatrième de couverture La Confrérie des Corbeaux
projette le lecteur en terrain connu puisque cette Fantasy Historique
s'inscrit dans un monde connu : la France. Un royaume de France
à l'époque plutôt étriqué puisqu'en 1180 il ne s'étendait que
de Paris à Orléans. Le récit historiquement parlant se situe en
plein conflit entre les Français et le Anglais juste après la chute
du Château Gaillard que Richard Cœur de Lion avait fait érigé
pour surveiller la Seine. Suite à cet affront le Roi d'Angleterre
forme un coalition avec l'Empereur Germain, les Comtes de Flandres et
de Boulogne.
C'est
donc dans cette période instable que s’installe le récit mêlant
Histoire avec un grand H et récit imaginaire. Un arrière plan
assez classique dans le genre, mais seulement évoqué dans le
prologue. Au début du récit nous suivons un maître forgeron bourru
et son assistant. Envoyé effectuer une réparation sur un chariot à
la nuit tombée l'assistant n'étant pas rentré, le forgeron part,
en pleine tempête, à sa recherche. L'auteur servant du temps
déplorable fait monter crescendo une atmosphère des plus
inquiétante qui va parfaitement coller à la suite des événements.
Dans un climat de peur bien installée les deux protagonistes vont
rencontrer une petite troupe d'hommes d'armes.
Une
troupe où tous les membres sont entièrement vêtus de noir d'où le
titre du roman. C'est à partir de cette rencontre que l'imaginaire
va prendre le dessus sur le moyen-âge et le quotidien de nos deux
artisans. Au fil des pages qui se tournent la tension ambiante se
fait plus pressante, l'inquiétude se meut en terreur, jusqu'à virer
dans l'horreur dans la dernière partie du roman.
Les
descriptions finement ciselées permettant au lecteur de bien
s'immerger dans cette partie de l'Auvergne et dans le climat de
crainte de cette période de notre histoire. Si l'intrigue met en peu
de temps à se développée, les révélations faites par la troupe
deviennent rapidement addictive. L'existence du Confrérie sécrète
œuvrant en marge de l’Église Catholique Romaine est un thème que
l'on rencontre plus régulièrement dans les romans
historico-ésotériques que dans le genre présent.
Si
le bestiaire développé par l'auteur est dans sa grande majorité
courant en Fantasy, les créatures de cauchemar mangeuses d'âmes
apporte une pointe novatrice au genre et au roman.
Les
personnages principaux sont bien développés au niveau
psychologique : l'opposition d'un caractère bourru opposé à
la grandeur d'âmes fait que l'on s'attache rapidement aux deux
forgerons. L'auteur par le biais de flash-backs revient sur le passé
du forgeron. Une manière de procéder qui n'est pas sans créer
quelques longueurs mais qui se révèle nécessaire pour mieux
comprendre les dessous du récit. Les personnages secondaires, hormis
l'un d'
eux
auraient gagnés à être un peu plus fouillés ce qui aurait
également permis d'étoffer le roman qui se révèle un peu court.
La
magie bien que présente, n'occupe pas l'avant de la scène, mais
surgit à un moment critique du récit et l'on a une forme d'hommage
déguisé à un certain enchanteur de légende.
Le
vocabulaire moyenâgeux employé dans les dialogues donne plus de
crédibilité au récit permettant ainsi de mieux intégrer
l'imaginaire à la partie historique du récit. Le lecteur ne
rencontre aucune difficulté à l'appréhender dans les premiers
chapitres les dialogues sont traduits en français de notre époque,
et pour le reste du récit lexique est disponible en fin de roman.
C'est
sur un final un peu triste et ouvert que se termine ce présent volet
laissant au lecteur bon nombre de questions sans réponses.
Un
univers cohérent où imaginaire et histoire s'imbriquent de fort
belle manière, des personnages intéressants qui évoluent au fil
des pages, une action quasi omniprésente et une ouverture pour le
prochain volet qui laisse planer le mystère. Un début plus que
prometteur et un auteur à suivre.
vendredi 8 janvier 2016
L'épée du nord, Luke Scull
En
la 501e année de l'Âge de la Ruine, voici venu le temps du chacun
pour soi. La Compagnie, éclatée, n'est plus. Ses membres marchent
désormais vers leur propre quête. La Dame Blanche a libéré la
ville de Dorminia du tyran sans que son règne n'aboutisse à l'ère
de liberté tant attendue. Son peuple a faim, la révolte gronde
contre son pouvoir qui s'étend, inflexible et absolu. Elle serait
fort sage de ne pas négliger ses anciens alliés : Eremul le
demi-mage a découvert une race d'Immortels, les Brumes. Ceux-ci
représentent une lourde menace, et ils approchent... Pendant ce
temps, loin dans le Nord, Brodar Kayne et Jerek Le Loup poursuivent
leur odyssée dans les Crocs où sévit la guerre. De deux maux –
les démons ou leur vieil ennemi le Shaman – lequel est le pire ?
Après la libération
de Dorminia et la chute du tyran, nous avions quitté, à la fin du
tome précédent, les membres de la Compagnie qui se séparaient :
Kayne et le Loup qui s'en retournaient vers les Crocs, le Demi-Mage
Eremul resté à Dorminia et est fêté comme un héros, Sasha est
elle aussi restée à Dorminia en compagnie de sa sœur après
l'assassinat des Éclats, Cole grièvement blessé et évacué sur un
bateau...
Dans
ce précédent tome qui démarre de manière épique nous les
retrouvons peu à peu. L'action démarre dès le premier chapitre où
nous retrouvons, en route pour les Crocs, nos deux Highlanders aux
prises, successivement, avec des brigands puis de sauvages dans les
contreforts des Maleterres.
Après
un démarrage sur un rythme plutôt rapide l'intensité baisse
rapidement avec notamment des flash-backs sur la vie passée de
Kayne. Une manière de procéder qui se révèle à double
tranchant : d'un côté on en apprend plus sur le Highlander et
ce qui a fait sa réputation mais qui d'un autre côté à pour
conséquence de casser le rythme du récit
A
l'instar du premier tome, la magie est assez réduite dans ce présent
tome, ce qui s'avère plutôt logique chaque lanceur de sort essayant
de supprimer ses concurrents pour gagner la suprématie. On n'assiste
qu'à l'intervention des sorcières des Higlands dans les combats qui
opposent les troupes d'un roi au Shaman.
Si
la guerre est un sujet omniprésent dans l'histoire, on assiste à
peu de combats.... Le lecteur a un peu de mal à trouver le côté
épique annoncé par la quatrième de couverture : l'auteur
ayant clairement opté pour un mode narratif centré sur la vie de
Kayne. Le
récit principalement axé sur un seul des personnages, les autres
protagonistes sont délaissés et l'on sent clairement que leur
présence ne sert qu'à la mise en place d'un volume ultérieur.
Seuls les personnages féminins occupent le devant de la scène, soit
par l’addiction à la drogue, l'extrémisme ou la perversion qui
frôle la démence. Les nouveaux personnages introduits ne sont pas
suffisamment développés au niveau psychologique et si certains
disparaissent rapidement et de manière brutale, on aurait aimé en
connaître un peu plus sur ceux qui survivent.
L'alternance
des chapitres permettent de suivre les différents points de vue des
acteurs principaux du premier tome. De cette manière le lecteur à
une vision globale de l'ensemble de l'univers. Si l'on découvre un
peu plus le monde imaginé par l'auteur avec les territoires du nord,
on peut regretter que le bestiaire mis en place et les ethnies
présentes ne soient pas plus profondément exploités. En effet, on
ne découvre que sur la fin et de manière survolée les Brumes
mentionnées au résumé. On en apprend peu sur cette ethnie qui
laisse poindre un soupçon de SF.
Dans
le dernier tiers du roman les événements se succèdent, l'action se
fait plus présente et la dynamique de lecture s'améliore et les
péripéties de Davarus Cole, héros du premier opus amène un côté
obscur et inquiétant tant au niveau du récit qu'à l'utilisation de
la magie qui garde cependant un côté mystérieux.
Au
final, ce roman nous propose moins d'action, moins de magie, et si
l'auteur a choisie de continuer à développer l'un de ses
personnages et son univers, l'aspect tome de transition se fait un
peu trop ressentir. Le lecteur ne retrouve pas l'impression laissée
par le premier tome et laisse le lecteur quelque peu mitigé.
Toutefois les indices et les questions laissées sans réponses
laissent présager une suite plus épique et plus prenante.
mercredi 6 janvier 2016
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