mardi 31 mars 2020

Bondrée de Andrée A. Michaud



À l'été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L'enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsqu'une deuxième adolescente disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur ressurgissent de la terre et qu'un tueur court à travers les bois de Bondrée.



Dans une clairière près d'un lac frontière entre le Canada et les USA, le corps d'Elizabeth Mulligan est retrouvé une jambe coincé dans un vieux piège à ours. Le policier chargé de l'enquête, après avoir interrogé tous les habitants, conclut à un accident. Mais quelques jours plus tard, la meilleure amie de Zaza va être retrouvée dans mes mêmes circonstances à la différence qu'elle a eu les cheveux tailladés à coups de couteau, la police est mise devant l'évidence : il s'agit bien de meurtres.

Faute de preuves et de témoins l'enquête tourne en rond même si les lecteurs connaissent l'assassin par son surnom.

Plus que l'enquête c'est l'atmosphère que l'auteure à mise en avant, de lourde au départ au fil des chapitres celle-ci devient oppressante, la tension monte crescendo au fil des interrogatoires des policiers.

Le récit nous parvient d'une manière indirecte, narré plus tard par une jeune fille qui avait douze ans au moment des meurtres. C'est par ses yeux que le récit nous est conté et de ce fait nous n'avons pas tous les éléments de l'enquête même si le deuxième narrateur est le policier.

Le rythme du récit est assez lent avec de nombreuses longueurs. On a droit à des flash-backs qui nous montre le tueur mais aussi de vieilles histoires locales, notamment celle d'un ancien trappeur qui s'est pendu et qui depuis longtemps hanterait les bois. Ces nombreuses longueurs ne permettent pas au lecteur de s'attacher aux personnages.

Le style de l'auteure est assez déroutant : une absence totale de dialogue qui crée une barrière entre le récit et le lecteur, un récit émaillé de courtes phrases en anglais non compréhensibles par un lecteur non anglophone, mais également des expressions canadiennes sans qu'il y ait de lexique ce qui a pour conséquence au départ de hacher la lecture pour trouver ces éléments su le net, puis de survoler ensuite les paragraphes par manque d'intérêt.

Un sentiment très mitigé qui ne donne pas envie de lire les autres romans de l'auteure.



lundi 23 mars 2020

Le dragon du Muveran de Marc Voltenauer



Le village de Gryon, dans les Alpes vaudoises, est en émoi : dans le temple gît un cadavre, nu, allongé sur la table sainte à l'image du Christ crucifié. À l'extrémité du couteau qui lui a transpercé le cœur, un message : " Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres ! " L'inspecteur Andreas Auer est convaincu que ce meurtre est le premier acte d'une mise en scène macabre et symbolique. Peu à peu, les secrets que certains villageois auraient préféré garder enfouis refont surface et viennent semer le trouble dans ce lieu d'habitude si paisible..



lors qu'elle se rend au temple pour préparer l'office du matin, la pasteure Erica Ferraud découvre sur l'autel le corps entièrement nu et énucléé, un couteau planté dans le cœur du copropriétaire de l'agence immobilière. L'enquête est confiée à l'inspecteur Auer de la criminelle de Lausanne qui habite le village. Pour seul indice l'inspecteur découvre sur le corps un verset biblique. Pour l'inspecteur qui craint d'autres victimes, l'affaire va s'avérer difficile car il n'y a aucun autre indice et pas de témoins.

L'enquête est bien maîtrisée par l'auteur, la narration plutôt lente permet de bien s'imprégner du travail des policiers.

L'intrigue se révèle plutôt simples avec des meurtres somme toute assez classiques du genre.

L'auteur s'attarde assez longuement sur les particularités de la région, ses décors, ses spécialités, les descriptions sont fréquentes mais bien dosées pour ne pas créer des longueurs. Il fait également bien ressortir l'ambiance particulière du village où tout le monde croit se connaître mais qui cache ses secrets.

Le rythme lent du récit permet de présenter en profondeur les personnages qui sont très travaillés, on peut toutefois reprocher que leur quotidien soit parfois un peu trop présent.

L'écriture est fluide, simple, assez directe dans les passages importants, et les phrases sont courtes ce qui permet une lecture facile malgré les passages descriptifs assez nombreux.

Un policier certes classique mais très bien mené où le suspense reste entier jusqu'au dénouement.



mardi 17 mars 2020

Les disparues du marais de Elly Griffiths



Angleterre, comté du Norfolk. Ruth Galloway, professeur d'archéologie, vit à la lisière d'une zone marécageuse proche de la mer, dans un coin isolé et battu par les vents. Le jour où l'inspecteur Harry Nelson découvre un squelette dans les marais, il requiert son expertise. Alors qu'il espère avoir enfin retrouvé le corps de Lucy, une fillette disparue dix ans plus tôt, la chercheuse est catégorique : les ossements datent de l'âge du fer et sont très certainement ceux d'une jeune fille victime d'un sacrifice. Mais bientôt une autre enfant disparaît. Et pour Ruth le cauchemar ne fait que commencer...


Le squelette d'un enfant a été découvert dans le Henge. L'inspecteur Nelson pense qu'il pourrait s'agir des restes de Lucy Downey, une fillette de cinq ans disparue il y a dix ans. Pour identifier les ossements il fait appel à Ruth Galloway une archéologue qui a déjà mené des fouilles sur le site néolithique. Elle identifie le squelette comme celui d'une jeune fille morte à l'âge du fer, une victime sacrifiée à une divinité. Sa participation aurait du prendre fin après l'identification mais survient alors l’enlèvement d'une fillette de quatre ans et l'archéologue reçoit une lettre d'avertissement.

L'enquête du côté policier n'est pas du tout développée, l'on ne suit pas le travail des policiers puisque le récit est essentiellement centré sur le personnage de l'archéologue. Mal gré de nombreux rebondissements, le récit manque de suspense, l'identité du coupable étant évidente pour le lecteur dés sa première apparition, ce n'est que l'atmosphère brumeuse du marais qui contribue à faire monter l'angoisse.
Le récit mêle références bibliques, mythologiques, archéologiques, allusions à la littérature et aux légendes nordiques. Si ce mélange fonctionne plutôt bien l'intrigue est tout ce qu'il y a de plus classique.
La vie personnelle du personnage central prend également beaucoup de place et l'enquête s'avère presque secondaire.
Le dénouement est quant à lui plutôt décevant, ce n'est que par une déduction simpliste et un pur hasard que l'enquête est solutionnée par l'archéologue.
Les personnages restent toutefois intéressants à suivre, l'auteur nous propose des personnages plutôt normaux avec leurs failles et leurs qualités.
Malgré de nombreux passages non liés directement à l'enquête la plume de l'auteure reste directe et le rythme de lecture soutenu.
Une intrigue très classique, une lecture qui manque d'action ne permettent pas de classer ce roman en tant que thriller comme annoncé.



samedi 7 mars 2020

Le guérisseur de Inger Ash Wolfe



A Port Dundas, petite commune somnolente du Canada, Hazel Micallef, chef de police (par intérim) depuis plusieurs années déjà, 61 ans, divorcée, tourmentée par des maux de dos épouvantables, essaie vainement de noyer sa douleur dans les anti-inflammatoires et le whisky. Un jour semblable à tous les autres, un drame effroyable vient ébranler la quiétude de cette ville endormie. Une de ses habitantes est retrouvée sauvagement assassinée. La victime est une femme de 81 ans, atteinte d'un cancer en phase terminale. Son corps est découvert à son domicile, la gorge tranchée, exsangue et la bouche tordue en un affreux rictus. Jamais on n'a vu telle abomination dans la région. Mais deux jours plus tard, une affaire étrangement similaire est recensée à quelques centaines de kilomètres de là. Peu à peu, les cas se multiplient et Hazel se retrouve lancée à la poursuite d'un tueur en série bien particulier qui sillonne le pays d'ouest en est, mû par une macabre mission...



La petite ville de Port-Dundas en Ontario est sous le choc : de manière générale la police n'a qu'à traiter des délits mineurs, mais cette fois-ci un meurtre a eu lieu. Délia Chandler, une femme de 81 ans atteinte d'un cancer en phase terminale, a été retrouvée égorgée à son domicile. L'autopsie va révéler qu'elle avait ingéré, avant sa mort, des substances toxique à base de plantes, pour la police se met à jour une évidence, la vieille dame a volontairement laissé entrer son meurtrier avait qui elle avait rendez-vous. Quelques jours plus tard un homme est également assassiné dans les mêmes circonstances, les services de police de Port-Dundas font le lien, ils ont affaire à un tueur en série.

L'enquête démarre rapidement et dans sa forme elle se révèle somme toute classique même si la police n'a pas affaire à un tueur comme les autres. En effet le tueur que l'on suit en parallèle ne se considère pas comme tel mais plutôt comme un délivreur qui permet à ses victimes consentantes de ne plus souffrir ce que les médecins leur refusent.

L'enquête est très bien maîtrisée, le lecteur va de rebondissements en rebondissements, et la dynamique de lecture se révèle excellente. L'horreur des scènes de crimes est bien rendue, et l'auteur ajoute au récit une petite pointe d'ésotérisme.

Quand au dénouement il s’avère un peu trop simple par rapport au reste de l'histoire.

Les personnages sont intéressants à suivre, bien développés, complexes qu'il s'agisse du tueur comme des policiers de premier plan.

Le style de l'auteur est fluide, direct, bien adapté au récit, ce qui permet au lecteur de maintenir une attention constante du début à la fin.

Un polar sombre à l'intrigue originale et bien ficelée où l'auteur n'épargne aucun détail à ses lecteurs.



dimanche 1 mars 2020

La dame de Reykjavik de Ragnar Jonasson



Hulda a tout donné à sa carrière. Mais en faisant toujours cavalier seul. Elle a beau être une des meilleures enquêtrices du poste de police de Reykjavik, à soixante-quatre ans, sa direction la pousse vers la sortie.

La perspective de la retraite l'affole. Tout ce temps et cette solitude qui s'offrent à elle, c'est la porte ouverte aux vieux démons et aux secrets tragiques qu'elle refoule depuis toujours. Et ses échappées dans la magnificence des paysages islandais, pour respirer à plein poumons la sauvagerie de son île, ne suffiront plus, cette fois.
Alors, comme une dernière faveur, elle demande à son patron de rouvrir une affaire non résolue. Elle n'a que quinze jours devant elle. Mais l'enquête sur la mort d'Elena, une jeune russe demandeuse d'asile, bâclée par un de ses collègues, va s'avérer bien plus complexe et risquée que prévu. Hulda a-t-elle vraiment pesé tous les risques ?



L'inspectrice Hulda, 64 ans, est proche de la retraite ce qu'elle redoute mais quand son chef lui annonce qu'elle doit quitter le service plus tôt c'est un véritable coup de massue qui s'abat sur elle. Son chef, tout en pensant qu'elle ne le fera pas, lui propose de rouvrir une vielle enquête. Elle choisit une enquête vieille d'un an, la mort suspecte d'Elena une demandeuse d'asile russe, une enquête bâclée par un de ses collègues.

L'enquête, bien qu'habilement menée, se déroule sur trois jours, mais l'auteur s'attache plus à faire ressortir la vie professionnelle et personnelle de l'enquêtrice. L'enquête passe au second plan et ne consiste qu'en quelques interrogatoires de témoins de l'époque sans qu'il n'en ressort quelque chose de probant.

En parallèle de la vie d'Hulda, on suit par bribes les éléments d'un meurtre assez mystérieux et l'on se doute que cela à un rapport avec l'enquête.

L'enquête en elle-même est assez banale, les révélations se font au compte goutte, ici pas de grands rebondissements ni d’autres meurtres, tout ce passe en douceur.

Le final est un peu abrupt et plutôt inhabituel pour le genre, et il laisse au lecteur une impression d'inachevé.

Le personnage d'Hulda est très bien brossé, très fouillé, on découvre son passé trouble et son quotidien dans le milieu très machiste de la police. Un portrait qui occupe trop de place par rapport à l'essentiel dans un roman policier, à savoir l'enquête. Les personnages secondaires sont troubles à souhait mais restent pas assez exploités.

La plume de l'auteur est paisible, fluide malgré les trop nombreuses descriptions de la psychologie d'Hulda. Et le rythme en dehors des passages consacrés à l'enquête est plutôt lent.

Ce premier tome de la nouvelle série de l'auteur ne parvient pas à nous convaincre en conséquence de quoi nous n'avons pas envie d'aborder le second tome déjà paru.




samedi 29 février 2020

Janvier & Février 2020



ACHATS MENSUELS JANVIER & FÉVRIER 2020


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jeudi 27 février 2020

Le diable de Glasgow de Gilles Bornais




" Le 23 août 1887, la police de Glasgow a demandé l'aide du Yard pour résoudre 'une méchante histoire de meurtres'. L’Écosse, je savais juste que c'était au nord et que les villes y suintaient le malheur, la crasse et le whisky. Glasgow était un ramassis de cette dèche. On me collait sur l'enquête parce que personne n'en avait voulu, de cette méchante histoire. Je pris le train, sans savoir que je m'embarquais pour le pire des voyages. On m'avait balancé sur les traces d'un monstre. Pas une crapule ordinaire, et pas un dingue. Non ! Une créature comme celles qui me faisaient hurler de terreur dans mes nuits de gosse. Sauf que cette fois, j'étais tout ce qu'il y a de réveillé, et c'est ma vie entière qui a basculé dans cet enfer. " Détective Joe Hackney



Glasgow 1887, un Lord et son serviteur sont sauvagement assassinés, les corps portent des blessures caractéristiques qui sont analogues aux blessures trouvées sur les corps d'un double meurtre survenu deux ans plus tôt. Pour aider la police locale, le Yard envoie un jeune enquêteur, Joe Hackney, un ancien petit voyou. L'enquête va révéler d'autres meurtres similaires se déroulant sur plusieurs décennies qui remettent en cause la probabilité d'un seul assassin.

Le début de l'histoire est intéressant, l'intrigue démarre sur une excellente dynamique mais au bout de quelques chapitres s’essouffle, et au final le rythme est très lent.

L'atmosphère de l'époque est bien reconstituée par l'auteur, une plongée sombre et glauque qui entai^ne le lecteur dans les bas-fonds de Glasgow, mais aussi à quelques occasions dans ceux de Londres. On aurait toutefois aimé que l'époque victorienne soit un peu plus décrite.

Les personnages sont intéressants à suivre mais ils auraient gagnés à être un peu plus fouillés.

Le style de l'auteur est plutôt incisif et est en osmose avec l'enquête qui est bien retranscrite.

Le final est surprenant on ne s'attend pas du tout à ce que le récit se termine sur une touche fantastique.

Au final un bon premier roman qui donne envie de suivre les autres volumes de la série.




vendredi 14 février 2020

Les rues de Santiago de Boris Quercia



Il fait froid, il est six heures du matin et Santiago n'a pas envie de tuer qui que ce soit. Le problème, c'est qu'il est flic. Il est sur le point d'arrêter une bande de délinquants, dangereux mais peu expérimentés, et les délinquants inexpérimentés font toujours n'importe quoi... Après avoir abattu un jeune homme de quinze ans lors d'une arrestation musclée, Santiago Quiñones, erre dans les rues de sa ville, Santiago du Chili, en traînant son dégoût. C'est ainsi qu'il croise le chemin de la belle Ema Marin, une courtière en assurances qui semble savoir beaucoup de choses sur son passé.



Dans ce court roman qui se déroule au Chili, l'on suit le quotidien d'un flic atypique dans les rues de la capitale. Après avoir participé à l'arrestation d'un gang où il à malencontreusement abattu un adolescent de quinze ans, le vague à l'âme Santiago Quinones suit dans la rue une jeune femme sans ce douter que cette filature qui n'en est pas une à proprement parler va l'entraîner au centre d'une affaire d'arnaque à l'assurance.

Le meurtre d'un détective privé, ancien policier que Santiago connaissait va donner lieu non pas à une enquête mais permettre à l'auteur de nous narrer la dureté de la vie des flics dans une capitale chilienne où se côtoient flics ripoux, avocats véreux, escrocs et trafics de drogue.

L'intrigue policière n'est ici qu'un prétexte à faire ressortir une ambiance particulière, très sombre. Malgré le peu d'action, l'histoire essentiellement centrée sur le personnage central nous entraîne dans une aventure urbaine rythmée. La ville est très peu décrite, seuls les noms de quelques endroits et rues sont cités : de la ville le lecteur n'apprendra rien.

Pas non plus de nombreux personnages, mais l'auteur nous dresse un portrait très fouillé du policier.

La plume de l'auteur est vive, sèche, les phrases sont coutres, le style est agressif voire à certains moments vulgaire.

Un très bon roman noir qui se lit très vite, c'est dense, rythmé, à aucun moment l'on ne s'ennuie.



samedi 8 février 2020

Morte la bête de Lotte & Soren Hammer



Le jour de la rentrée, deux enfants découvrent un spectacle cauchemardesque dans le gymnase de leur école: cinq corps d'hommes ont été mutilés à la tronçonneuse avant d'être pendus au plafond. L'inspecteur en chef Simonsen prend la direction de l'enquête. L'identification des corps est compliquée par leur état, mais l'ablation systématique des parties génitales ressemble à une signature. Dès les premiers interrogatoires, l'étrange concierge de l'école tient des propos contradictoires et provocateurs. Dans le même temps, un riche entrepreneur victime d'abus sexuels dans sa jeunesse lance une vaste campagne de communication pour dénoncer le laxisme de la justice danoise vis-à-vis des pédophiles. L'opinion publique s'empare du débat, menaçant de parasiter l'enquête. Le concierge, de son côté, échappe à la surveillance de la police...



Leur mère travaillant tôt, deux enfants arrivent à l'école avant les professeurs, comme à leur habitude ils vont jouer dans la salle de sports. Mais ils y découvrent cinq hommes pendus au plafond, leurs visages sont défigurés à coups de tronçonneuse. Pour l'équipe de l'inspecteur chef Simonsen l'enquête va s'avérer difficile car la presse va rapidement révéler que les victimes étaient des pédophiles. En effet une grande partie de la population va être favorable aux assassins aux détriment de la police.

Le récit repose sur quatre axes : les policiers qui se retrouvent un peu démunis face à l'opinion publique qui donne raison aux meurtriers, les auteurs des meurtres manipulent l'opinion publique et les médias pour forcer l'état à adopter des peines plus lourdes, les médias qui veulent faire du tirage et qui sont manipulés par les meurtriers et même dans le final par la police, et l'opinion publique qui s'enflamme.

Ici contrairement à la majorité des polars nordiques pas de descriptions de paysages, des lieux touristiques : les lieux sont juste cités par leurs noms ; et si le récit se déroule au Danemark, il aurait tout aussi bien pu se dérouler ailleurs dans n'importe quel pays sans que ça y change quelque chose.

L' histoire au début a un peu de mal à démarrer, il faut attendre une centaine de pages pour que l'enquête devienne intéressante à défaut d'être haletante. Une enquête qui n'est pas centrée uniquement sur l'enquêteur principal mais c'est le travail de toute l'équipe qui est rapporté que ce soit dans les avancées ou dans les difficultés rencontrées.

Les personnages sont dans leur ensemble bien décrits, la psychologie est travaillé, même si certains sont un peu plus mis en avant.

L'écriture se révèle un peu pesante mais reste toutefois efficace.

Au final un sujet épineux, une ambiance plutôt sombre, une trame de fond intéressante, des personnages fouillés : pour un premier roman il es plutôt de bonne qualité.




mercredi 29 janvier 2020

L'aiguille dans la botte de foin de Ernesto Mallo



"Perro" (le chien) Lascano est officier de police à Buenos Aires. C'est un policier intègre, position difficile à tenir dans l'Argentine de la dictature. Profondément affecté par la mort de sa femme, il se réfugie dans le travail. Un matin, il est envoyé près du Riachuelo, où trois cadavres ont été signalés : un jeune homme et une jeune femme dont les crânes ont explosé sous l'impact des balles, marque caractéristique des méthodes "d'exécution" des militaires. L'autre corps présente un aspect sensiblement différent ; il s'agit d'un homme bedonnant, d'âge mûr, dont la tête est intacte. Une tache de sang dessine une fleur sur sa chemise. Comme le dit Fuseli, le médecin légiste, "les morts parlent à ceux qui savent les écouter". Lascano va s'efforcer de faire parler ce troisième cadavre, mais ce ne sera pas chose facile dans un pays où des hommes aigris et dangereux comme le major Giribaldi font régner la terreur.



Un matin, alors qu'il vient juste de quitter son domicile, le commissaire Lascano est contacté par radio par le département de la police : un camionneur a découvert deux cadavres. Alors qu'il arrive à l'endroit indiqué il croise un véhicule qui quitte précipitamment le chemin. Arrivé sur place, il constate qu'il n'y a pas deux cadavres mais trois. Si deux des corps ont la tête éclatée par balles signe d'une exécution par la junte militaire, le troisième corps ne présente pas les mêmes caractéristiques, et de plus il est encore sec alors que la pluie n'a cessé de tomber.

Dans ce premier tome de la série, c'est plus le climat dans lequel l'enquête va se dérouler qui est mis en avant que l'enquête elle m^me car dés le début du roman le lecteur connaît rapidement ce qui s'est passé. L'auteur nous dépeint une Argentine des années 70 sou dictature où les riches ou du moins ceux qui ont des appuis peuvent tout ce permettre. C'est dans une ambiance très sombre où les vols d'enfants, les exécutions sommaires des subversifs, les communistes, sont journaliers, et que la junte militaire à tous les droits que le lecteur va naviguer aux côtés du policier.

L'enquête en elle même occupe peu de place, elle consiste uniquement en deux ou trois interrogatoires de proches de la victime ou de ses clients. Le policier a plus de soupçons que de preuves véritables. L'auteur met surtout en avant les difficultés rencontrées par le policier dans ce climat si particulier. Il nous dépeint également le quotidien du policier, qui a perdu son épouse, en dehors de son métier. Sa vie personnelle occupe peut être un tantinet importante par rapport à l'enquête.

Les personnages qu'ils soient sympathiques comme le commissaire ou bien cupides ou corrompus l'auteur nous les dépeints riches en couleurs.

Le style de l'auteur est sobre, et par moments il se veut poétique ce qui a pour effet de le rehausser par rapport à la noirceur générale qui s'en dégage. Par contre les dialogues sont écrits de manière compacte, sans tirets lorsque l'on change d'interlocuteurs ce occasionne des difficultés au lecteur pour comprendre qui parle.

Plus qu'un policier l'auteur nous livre un très bon roman noir à la fois sombre et cynique.






mardi 14 janvier 2020

Vaste comme la nuit d'Elena Piacentini



La capitaine Mathilde Sénéchal n'aurait jamais imaginé retourner sur les lieux de son enfance, un petit village non loin de Dieppe. Mais quand Lazaret, son ancien chef de groupe, lui fait parvenir une lettre sibylline, elle comprend qu'elle va devoir rouvrir une enquête vieille de trente ans. Qu'elle le veuille ou non, le passé ne meurt jamais. Il a même des odeurs, ces odeurs qu'elle sait identifier comme personne et qui sont aussi son talon d'Achille. Il est temps pour elle de sonder sa mémoire défaillante et d'affronter la vérité.



Le commandant Lazaret, mentor et amant occasionnel de la capitaine Mathilde Sénéchal, atteint d'un cancer se suicide en mer, son bateau est retrouvé à la dérive. Il laisse à Mathilde un dossier vieux de trente ans, la disparition non élucidée de Jeanne Bihorel qui donnait parfois des cours de piano à Mathilde. Une disparition survenue le même jour où Mathilde, alors enfant, a eu un accident de vélo qui l'a laissée en partie amnésique.

L'intrigue met beaucoup de temps à débuter, il faut attendre plus de la moitié du récit pour que les premiers éléments de l'enquête et du passé nous parviennent. En effet dans cette première partie l'auteur s'attache surtout à faire ressortir le mal être et les états d'âme de Mathilde traumatisée par son passé. La dynamique de lecture s'avère très lente et le récit ne parvient pas à capter suffisamment l'attention du lecteur.

Quand débute réellement l'enquête, les interrogatoires des témoins du passé n'apportent que peu d'indices au lecteur sur la disparition de la jeune femme. Dans cette deuxième partie l'auteure fait ressortir les faits qui se sont déroulés le même jour que la disparition de la jeune femme femme dans les décennies passées. Des faits troublants de morts inexpliquées qui donnent une atmosphère oppressante au récit, des morts de proches des familles toujours au même dates qui permettent de maintenir le suspense. Les interrogatoires ne fourniront rien de véritablement concret pour l'enquête, c'est surtout le travail de Mathilde sur elle même qui conduira au dénouement. La totalité du récit est plus basé sur l'atmosphère que sur les faits.

Le personnage de Mathilde s'avère très fouillé , néanmoins le fait que l'on se retrouve une fois de plus avec un personnage marqué par son passé, c'est devenu une habitude dans les thrillers et les romans policiers, ne nous permet pas de s'attacher à elle. Dans ce roman de la deuxième série de l'auteure on est aux antipodes du personnage central de la première série de l'auteur qui lui se révélait attachant. A notre avis, hormis le personnages d'Hortense, les personnages secondaires ne sont pas suffisamment exploités.

La plume de l'auteure est beaucoup plus riche et travaillée que dans la majorité des romans du genre, mais cette qualité dans la première partie du roman à son revers. L'auteur comme mentionné ci-dessus s'attachant trop aux ressentis de son personnage, l'écriture accentue l'effet de lenteur.

Une lecture qui à la sortie nous laisse sur un sentiment mitigé.





mardi 7 janvier 2020

L'évangile selon Satan de Patrick Graham



2006, Hattiesburg, dans le Maine. Rachel, l'assistante du shérif du comté, enquête sur la disparition de quatre jeunes serveuses. Elle disparaît à son tour. Marie Parks, profileuse au FBI qui possède des dons de médium et s'est spécialisée dans la traque des cross-killers - les tueurs en série qui voyagent -, est chargée d'enquêter sur la disparition de Rachel. Elle retrouve son corps torturé et la dépouille des quatre disparues crucifiées dans une crypte. Le tueur, abattu par le FBI, est un moine qui porte les signes du Diable.
Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la congrégation des Miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu'il avait envoyées aux États-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l'ordre des Recluses, un ordre très ancien, chargé depuis le Moyen Âge de protéger et d'étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet évangile que l'Église a perdu six siècles plus tôt...



1348, alors que la peste noire s'étend à toute l'Europe, une religieuse, seule survivante de son couvent, fuit emportant avec elle un crâne surmonté d'une couronne d'épines et un livre cadenassé d'une lourde ferrure. Elle est poursuivie par les envoyés de Satan et par une entité démoniaque, Caleb le Voyageur, qui veulent récupérer le crâne de l’Antéchrist et l’Évangile écrit par Satan.
2006, quatre religieuses, qui travaillaient sous couverture en tant que serveuses dans des bars de nuit et qui traquaient Caleb le Voyageur sont portées disparues. Le shérif local fait alors appel à Marie Parks une profileuse-médium du FBI qui a la particularité, depuis un accident de voiture, de se mettre littéralement à la place des cross-killers qu'elle poursuit. Quand au Vatican, il dépêche son meilleur exorciste, le Père Carzo, pour retrouver le manuscrit que l’Église à perdu la trace depuis le Moyen-Âge.

L'histoire démarre sur un rythme très rapide, et comme c'est souvent le cas dans les thrillers ésotérico-religieux le récit alterne entre ce qui s'est passé au Moyen-Âge et ce qui se déroule à l'époque actuelle. Avec une traque angoissante à souhait, le suspense est toujours présent et gagne en intensité au fil des chapitres.

La partie historique est très bien documentée, toutefois les répétitions sont nombreuses dans cette partie de l'histoire ce qui a pour effet d'alourdir quelque peu le rythme de lecture.

Le postulat de départ est intéressant avec une secte , descendante des Templiers, qui veut asseoir un de ses membre sur le Trône de Saint Pierre. Un postulat qui se révèle toutefois assez classique du genre avec pour but de détruire les fondements de l’Église Catholique.

Avec Marie Parks qui à le pouvoir de se projeter dans le temps et dans un autre corps, et avec l'utilisation par le Père Carzo de l'hypnose, le lecteur découvre petit à petit ce qui s'est déroulé au XIVéme siècle, donnant au récit une touche de paranormal bienvenue. Elle permet aussi à l'auteur de nous rappeler le rôle de l'Inquisition à cette époque. Les personnages principaux sont bien dépeints, leur psychologie est fouillée.

Avec des chapitres courts et une écriture épurée et directe, et de nombreux rebondissements l'auteur parvient aisément à garder l'attention du lecteur du début à la fin du récit et ce malgré les répétitions signalées ci-dessus, et quelques petites longueurs à l'époque actuelle notamment avec ce qui se passe au Vatican.

L’Évangile selon Satan est un excellent thriller qui mélange habilement le fantastique, l'histoire et le paranormal.




mercredi 1 janvier 2020

BILAN LECTURE 4éme TRIMESTRE 2019


Livres lus

&

Chroniques effectuées au Quatrième trimestre 2018.


Coups de Cœur :

J'ai aimé :
Liquidations à la grecque – Petros Markaris
La voix des morts – Neely Tucker
Le lac – Azel Bury

J'ai moyennement aimé :
Nuits macabres – Christelle Morize
Le quatrième sceau – Cédric Péron
Même pas mort – Jean-Philippe Jaworski
Vaticanum – J R Dos Santos
Pine Lake Resort – Phoenix B Asher
Il y aura du sang sur la neige – Sébastien Lepetit
La griffe du diable – Lara Dearman
De meute à mort - Jean-Philippe Jaworski
Fleur de cadavre – Anne Mette Hancock

Je n'ai pas aimé :
Comme des rats morts – Benedek Totth


Novembre & Décembre 2019


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