jeudi 26 juin 2014

LE NOM DU VENT - PATRICK ROTHFUSS


J'ai libéré des princesses. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai suivi les pistes au clair de lune que personne n'ose évoquer durant le jour. J'ai conversé avec les dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels. J'ai été exclu de l'Université à un âge où l'on est encore trop jeune pour y entrer. J'y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent. Mon nom est Kvothe. Vous avez dû entendre parler de moi. Un homme prêt à mourir raconte sa propre vie, celle du plus grand magicien de tous les temps. Son enfance, dans une troupe de comédiens ambulants, ses années de misère dans une ville rongée par le crime, avant son entrée, à force de courage et d'audace, dans une prestigieuse école de magie où l'attendent de terribles dangers et de fabuleux secrets... Découvrez l'extraordinaire destin de Kvothe : magicien de génie, voleur accompli, musicien d'exception... infâme assassin. Découvrez la vérité qui a créé la légende.
L'AUTEUR
Patrcik James Rothfuss est né le 6 juin 1973 à Madison dans le Winconsin.
Il est l'auteur de la trilogie Chronique d'un tueur de roi, qui fut repoussé par plusieurs maisons d'éditions avant que le premier tome Le Nom du Vent soit publié en 2007. Roman publié en 2009 chez Bragelonne. Le roman a reçu le prix Locus du meilleurs roman fantasy.
Le tome 2 de la trilogie La Peur du Sage a été publié en 2012, toujours chez Bragelonne et a été gratifié du Legend Award, le prix Gemmel du roman.


Comme le présentait le résumé, je m'attendais à un roman épique de grande aventure !
Quelle déception !
Il s'agit d'un roman initiatique où le personnage raconte son enfance. Sous ce pavé impressionnant, se cache, en réalité , une histoire banale.
Une intrigue qui sent le réchauffé, où par moment on se plaît à rêver, où l'on se plaît à imaginer ce qui aurait pu arriver au jeune prodige. Malheureusement avec Chronique d'un tueur du roi, l'auteur nous ballade dans une sorte d'Harry Potter pauvre et sans rythme.
Le nom du vent entraîne le lecteur dans un univers quasi-féodal obscurantiste et, une société élitiste s'apparentant à celle de notre Siècle des Lumières. Un univers très bien décrit, riche de détails. Un fourmillement de descriptions précises, qui au fil des pages, finit par quelque peu saturer le lecteur.
Une histoire qui laisse à peine le temps à sa trame de s'installer que déjà les principaux protagonistes nous sautent au visage.
Mais, qui est Kvothe ?
Kvothe est un aubergiste un peu particulier quand a son passé,et, c'est ce passé qu'il va nous narrer dans cette saga. Une légende que nous allons découvrir dans un style simple et un vocabulaire enrichi de métaphores, de néologismes et, parfois d'un langage des rues. Un style narratif adoptant au présent une narration extérieure, et à la première personne pour le passé.
Après une courte présentation de l'auberge,
une sorte d'intrigue s'installe, et l'on croit a une belle histoire car l'auteur nous entraîne sur cette voie avec un beau combat du héros de l'histoire... Mais l'action est inexistante jusqu'à la fin du roman. Certes, celle du passé va la remplacer, mais... l'action est censée se dérouler sur une seule journée et il est difficile d'y adjoindre des actions.

L'aubergiste nous narre son passé, son enfance et là le récit se déroule de manière lente car l'auteur devait gagner trois ans... trois années pour que Kvothe puisse entrer à l'université, et il créé toute une partie trop longue, trop larmoyante où le jeune homme est livré à lui-même, à la misère... Puis avec l'enfance de Kvothe arrive l'histoire du pays avec beaucoup de noms bizarres, des mélanges entre le quotidien et la religion, tout un univers complexe mais qui manque de bases et d'explications.

L'arrivée à l'Université ne m'a que peu aidée puisque les différentes "matières" sont aussi obscures et, que nous les découvrons fort peu, Kvothe semblant déjà  tout connaître. J'en ai retenu qu'en guise de magie, nous sommes plus proches de la chimie ou de principes physiques avancés que de pouvoirs et de merveilleux.


Enfin arrive l'université et là nous découvrons différentes matières obscures pour le lecteur... des matières peu explicitées et pour cause le héros semble déjà tout connaître, un héros imbu de sa personne supérieur... un récit comportant des parties inutiles, des incohérences, des sauts de narration,... Kvothe, le héros entreprend de raconter son histoire, avec force de détails... le récit est trop dense et trop long, il ne nous épargne rien : on connaît ses pensées, ses émotions, ses aspirations.... et la couleur de ses chausses !!! Certains passages s'attardent trop et le lecteur a la nette impression que tout le roman va se dérouler dans cette université.

A propos des personnages : Le héros est supérieur, intelligent, audacieux... mais se révélé surtout empreint d'une fatuité insupportable, le lecteur ne ressent aucune empathie pour ce qui a tendance à se conduire comme si tout lui était dû et manque étrangement de maturité. A cela il faut ajouter des personnages secondaires peu détaillés dans le temps présent et très caricaturaux dans le passé.

L’histoire n’est pas un modèle d’originalité, le récit reste intéressant, mais long, trop long pour retenir l'attention du lecteur. Au niveau du style, c'est fort bien construit, mais malheureusement l'écriture est froide et lisse, avec de trop nombreux passages traînant en longueur.

Un roman qui ne marquera pas la fantasy et ne laissera pas la moindre petite parcelle de l'histoire dans l'esprit du lecteur.





1 commentaire:

Manon Marie a dit…

C'est dommage que tu n'aies pas été convaincue par ce roman.
Je peux comprendre que le Nom du Vent n'ait pas conquis tous ses lecteurs. Je fais partie de ceux qui ont aimé.
Sans parler de chef-d'oeuvre de l'heroic-fantasy, pour moi, Patrick Rothfuss nous livre malgré tout une oeuvre de qualité à l'univers riche et complexe.
J'ai aimé la façon qu'il avait de réinventer certains codes du genre tout en y restant très proche (notamment avec son explication de la magie qui relève, en partie, comme tu le dis, de la physique-chimie).
Les personnages secondaires sont certes eux aussi caricaturaux mais je me suis attachée. Et j'ai surtout apprécié le personnage même de Kvothe, l'auteur nous livrant tous les aspects de sa personnalité, les bons comme les mauvais.

Après, il est vrai que le roman souffre de nombreuses longueurs qui font que parfois j'ai assez facilement décroché. Mais cela ne m'a pas empêchée d'aller jusqu'au bout et d'envisager de lire la suite. La seule chose qui m'a retenue pour l'instant est l'épaisseur et le poids du deuxième tome qui le rendent difficilement transportables.