lundi 30 mai 2016

BILAN LECTURE 2° TRIMESTRE 2016


Livres lus

&

Chroniques effectuées au quatrième trimestre 2016.


Coups de Cœur :



J'ai aimé :

Magarcane – Matthieu Bobin – Tome 4 Bérakhels

La fille des clans – Michel Robert – Tome 1 Balafrée

Renégat – Miles Cameron – Tome 1 Le Chevalier Rouge

Au royaume de Carthya – Jennifer A. Nielsen – Tome 1 Le faux prince

Le cycle d'Ea – David Zindell – Tome 1 Le neuvième royaume

L'invocateur – Tarn Matharu – Tome 1 Novice

Michel Lamy – Les templiers, ces grands seigneurs aux blancs manteaux

Le cycle d'Ea – David Zindell – Tome 2 L'épée d'argent

La roue du temps – Robert Jordan – Tome 1 L’œil du monde

Les impardonnés – Jean Sébastien Simard – Tome 2 L'enfant sacré

Le cycle du Pourfendeur – Dominic Bedart – Tome 1 Le doigt d'Uthar


J'ai moyennement aimé :

La légende de Kaelig Morvan – Romain Godest – Tome 2 Le sang de la pierre philosophale

Au royaume de Carthya – Jennifer A. Nielsen – Tome 2 La vengeance de Roden

Les porteurs de lumière – Oliver Johnson – Tome 1 La forge des ténèbres partie 1

Damien Snyers – La stratégie des as

Sylvie Huguet – Le dernier roi des elfes

Les impardonnés – Jean Sébastien Simard – Tome 3 La croisade des hérétiques

Les sentiers des astres – Stéfan Platteau – Tome 1 Manesh

Je n'ai pas aimé :

La fille des clans – Michel Robert – Tome 2 Revanche de sang

Marc Henry – Sang de légende

Liés – Vicka Desbrosses – Tome 1 Les liens du sang

Les porteurs de lumière – Oliver Johnson – Tome 2 La forge des ténèbres partie 2





lundi 23 mai 2016

La forge des ténèbres 2ième partie, Oliver Johnson



La cité de Thrull est sous le joug de Faran Gaton, seigneur des ténèbres. Thalassa, Urthred et Jayal tentent de retrouver le Sceptre des Ombres pour mettre fin au règne de la barbarie. Urthred a réussi à soustraire Thalassa des griffes de Faran, mais sa liberté retrouvée ne la met pas à l'abri du danger : le seigneur vampire a envoyé ses serviteurs aux trousses des fugitifs. Alors que Jayal est poursuivi par une créature née de la sorcellerie et prête à tout pour le détruire, Urthred va devoir user de toute sa science magique pour les sauver et échapper à leurs poursuivants infernaux


Le résumé de la quatrième de couverture est un peu trompeur : on a l'impression que Thalassa et les gens qui l’accompagnaient avaient quittés Thrull, or il n'en est rien. Dans le tome précédent Urthred, le prêtre de Reh avait seulement réussi à sauver Thalassa, la Porteur de Lumière du temple de Sutis.

L'histoire reprend donc où l'on s'était quitté au tome précédent, le groupe s'enfonce dans les catacombes pour trouver les derniers éléments de la prophétie. Ils sont donc toujours dans Thrull, poursuivis par Faran Gaton et ses serviteurs. De ce fait l'univers ne se développe pas, on a bien une carte et les descriptions sommaires d'autres endroits du monde mais l'on reste en vase clos.

L'auteur revient sur le passé des événements qui se sont déroulés sept ans plus tôt et s'attarde également sur le personnage de Jayal Illgill et sa double personnalité, un côté Lumière et une part Ombre qui suite à des crises de folie dans sa jeunesse un exorciste à séparé en deux ces personnalités. Il est donc affublé de l'entité qui l'habitait naguère et qui se manifeste comme un jumeau sous la forme d'un Doppleganger. De ce fait le récit piétine avec un ton surtout descriptif avec peu de dialogues et une action inexistante, l'on a hâte que la quête annoncées dans la première partie débute mais lle développement de l'intrigue ne se dessine que dans la dernière partie . Après une prophétie dans le tome précédent, la recherche d'artefacts pour les tomes à venir s’annonce des plus basique.

Récit peu intéressant il faut poser régulièrement le livre car les longueurs et les répétitions ne parviennent pas à captiver l'attention du lectorat. L'auteur se réclame de Gemmell mais on est carrément à l'opposé de ce que le maître de l 'Héroic- fantasy nous présente dans ses romans, l'auteur ne fait que balader le lecteur d'un personnage à l'autre sans vraiment approfondir ceux-ci l'évolution symptomatique de Jayall qui ne nous offre pas vraiment d'ouverture.

On dénote aussi des coquilles et au vue du prix auquel était vendu ces deux volumes qui n'en faisait qu'un à l'origine c'est inadmissible une relecture sérieuse aurait du s'imposer.

Au final, cette deuxième partie s'avère ennuyante et la révélation de l'identité du Porteur de Lumière ne crée pas de véritable surprise car dès la délivrance de Thalassa par le Héraut la chose était attendue. En espérant que les tomes suivants présenteront plus d'intérêt.









samedi 21 mai 2016

Les liens du sang, Vicka Desbrosses



Accusée d’un crime de sorcellerie dans le royaume de Vallen où le surnaturel est proscrit, Élisabeth Grimm essaie d’échapper aux griffes du souverain. Accompagnée de Colin, un enchanteur en fuite, elle tente de se rendre dans le royaume d’Endrys où la magie est librement utilisée.
Élisabeth y fait alors une rencontre qui va enfin donner un sens à son existence et lui offrir un destin plus grand qu’elle ne l’imagine


Le roman s'ouvre sur la poursuite d'une jeune fille par les soldats du roi de Vallen. Rattrapée et accusée de pratiquer la magie et d'avoir incendié un village, elle est jetée dans un cachot en attente d'être brûlée vive sur un bûcher. La reine la sachant innocente, par l'intermédiaire de la jeune prescience Anna, la fait évader et pour la guider lui adjoint Colin, un Enchanteur. Tous les deux prennent le chemin du royaume d'Endrys, un pays où l'on peut pratiquer la magie.

Avec pour toile de fond un pays où la magie est proscrite et un grand méchant qui veut s'emparer des territoires magiques, on ne peut pas dire que cette fantasy fasse preuve d'originalité. Tout comme le fait que la jeune fille qui va se découvrir un frère jumeau et donc des origines quelle ne connaissait. Une fantasy des plus basiques.

La majeure partie de l'histoire est consacrée aux réflexions de la jeune fille et ses atermoiements sur la dure vie qu'elle a eu devant être en permanence en fuite. Il ne se dégage pas à proprement parler d'intrigue, si ce n'est la mise en place de cristaux magiques censé protéger les pays magiques des hommes en armes qui voudraient y pénétrer. Un peu simpliste comme fil conducteur.

Des origines non humaines de la jeune fille et de son jumeau, l'auteure ne nous apprend rien et c'est la seule chose qui aurait pu avoir de l'intérêt pour le lecteur.

L'univers de l'auteure est en soit peu développé, certes les noms des royaumes sont évoqués brièvement, l'on ne découvre que les palais des deux royaumes de Vallen et d'Endrys. Et lorsque essaye de développer un peu celui-ci, c'est généralement pour sortir des âneries. Certes on est d'un roman qui prote sur l'imaginaire mais il y a tout de même un minimum de bases à connaître : les Enchanteurs ne font pas de potions pour guérir, il faudrait se renseigner ce sont les Apothicaires qui le font, les druides et les chamanes ne sont pas des peuples mais des entités au sein de peuples : avant d'écrire il faudrait peut être se documenter un minimum. L'auteur situe son récit, au vu de son panthéon Nordique, mais après avoir cité Odin et Freyja, elle nous cite Aradia comme déesse de la magie, or celle-ci est à rattacher au folklore italien : les incohérences s'accumulent. L'auteure confond également Gobelins et Farfadets avant de commencer à écrire de la fatnasy elle aurait du lire quelques classiques du genre. Quand au reste de l'univers, avec des trolls, des centaures, des fées, il est on ne peut plus classique. Quand au fées liées aux couleurs en fonction de leurs capacités est totalement puéril et réserve le récit à des pré-adolescents acnéiques. Les descriptions sont bien dosées, notamment en ce qui concerne les entraînements entre les deux jumeaux, mais l'auteure se focalise trop sur son héroïne au détriment de ce qui l'entoure.

Dés le début du récit la jeune fille ne fait que gémir sur son sort, elle est imbue de sa personne, arrogante, malpolie, considère son compagnon de fuite comme un imbécile,... Elle ne présente aucun intérêt, on se croirait dans une cour de collège, voire de primaire... Les autres personnages sont peu fouillés et l'on n'a la nette impression qu'ils ne sont présents que pour servir faire valoir à l'infecte héroïne. La jeune fille occupe en permanence le devant de scène ce qui est fort dommage.

Avec les introspections de la jeune fille on a l'impression que le style est empesé du fait du manque avéré d’action : on est obligé de faire une pause entre chaque chapitres pour pouvoir soufflé tant la dynamique de lecture est lente et l'écriture de l'auteur est trop simple voire simpliste. Déjà le fond est inintéressant mais l'agacement du lecteur ne fait que se renforcer avec les innombrables coquilles qui émaillent le roman. C'est un peu un marque de fabrique de la maison d'édition fort coutumière du fait.

Au final, le seul point positif du roman, c'est la fin on est soulagé qu'il n'y ait pas plus de pages !








jeudi 19 mai 2016

Manesh, Stefan Platteau


Lecture dans le cadre du partenariat avec :

   


Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve, vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l'oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. A bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui d'entre eux connaît vraiment les buts de l'expédition ? Même le Barde, l'homme de confiance du capitaine, n'a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive sur le fleuve, à des mille et des mille de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l'expédition de l'anéantissement pur et simple ?


En premier lieu avant de commencer à parler du livre, je tiens à remercier les éditions J'Ai Lu et Louve du Forum Mort Sure pour cette découverte.


Deux gabarres sont amarrées pour la nuit, sur l'une d'elle le marinier insomniaque aperçoit un corps sur une branche qui dérive. Il réveille les occupants de la grande barge avant de plonger pour ramener l'individu. Le jeune homme est hissé à bord, grièvement blessé aux jambes, dont l'une est atteinte par la gangrène.

Durant le sauvetage du jeune et de la durée des soins qui lui sont apportés, l'auteur en profite pour nous présenter les occupants de deux bateaux qui remontent le fleuve à le recherche du Roi-Diseur, un Oracle qui pourrait changer le cours de la guerre intestine qui sévit dans le royaume. En plus des dix-huit guerriers avec à leur tête le seigneur palatin Kalendun, se trouve sur les bateaux une Courtisane et sa fille, et le barde Fintan narrateur du récit.

Soigné, il reste plusieurs jours inconscient, lorsqu'il se réveille, le barde qui le veille lui demande qu'il est et comment il s'est retrouvé dans cette situation ? Le jeune homme commence un long récit sur ses origines plutôt étranges, sa jeunesse, sa recherche de son géniteur un Antique,... Dans ce début de l'ouvrage, l'auteur alterne le récit avec la vie quotidienne à bord, mais dans cette partie également il n'y a pas d'action.

L'histoire nous emmène dans un récit, certes intéressant, mais qui souffre de trop de longueurs. Par le biais de l'histoire du jeune homme, l'auteur nous entraîne dans une fantasy intimiste faite de légendes populaires païennes, de contes, de mythes où il distille lentement son récit où les Dieux et les Antiques occupent la majorité de l'histoire et où l'intrigue principale, à savoir la raison pour laquelle les deux gabarres remontent le fleuve, passe au second plan. L'auteur s'attache donc au passé et délaisse ce qui se passe actuellement dans son monde : la lutte intestine entre les différents royaumes et la menace d'invasion de l'Empire ne sont que peu développées. Un récit qui s'annonçait au préalable plutôt classique que l'on espère voir développé dans les tomes ultérieurs.

L'un des points forts de l'auteur c'est son univers d'inspiration Celtique mâtiné de mythologie Hindoue. Lentement l'auteur distille ses informations sur les anciennes légendes, sur les dieux, sur le déclin des Antiques du à l'arrivée des humains, l'opposition entre ces Antiques et les Dieux mauvais. Le bestiaire est très développé, particulièrement fascinant, fait de géants solaires, de géants lunaires, du Pâtre Noir et de sa Harde, des Crépusculaires et des ethnies de l'Autre-monde qui existaient avant la colonisation du monde par les humains. L'univers fait de magie, de fantastique, de réalisme est très bien rendu, les différentes histoires s'imbriquant au fil des chapitres. Mais ce qui frappe surtout dans cet univers c'est son ambiance particulière où le fabuleux se mêle à l'étrange, à l’émerveillent, à l'effroi.

Les personnages sont charismatiques, complexes aux caractères bien trempés et pour la plupart gardant une part de mystères. On ne sait pas vraiment quelles sont les motivations qui guident réellement cette troupe de guerriers plus différents les uns que les autres dans leurs caractères. Les personnages les plus décrits par l'auteur sont bien entendus Manesh le li-solaire qui va tarder à révéler les raisons de sa présence sur le fleuve, qui se révèle ambiguë et Fincan le Barde, narrateur de l'histoire, un Barde à la verve volubile. On s'attache facilement à ce dernier, à la Courtisane et à sa fille, mais on aurait aimé en savoir plus sur ces dernières ainsi que sur certaines des personnes qui les accompagnent, mais la mort prématurée d'une partie du groupe ne le permettra pas. Dans les tomes qui suivent, au vu du final, l'auteur va sûrement s'intéresser plus aux survivants, mais également à ce qui les entoure.

Le style est recherché, poétique permet de bien s'immiscer dans le récit. Les descriptions sont précises, détaillées, très visuelles. Et si elles permettent au lecteur de bien imaginer les différents scènes qui s'offrent à lui … elles sont parfois un peu longues et la dynamique de lecture s'en ressent.

Au final, avec Manesh l'on pénètre dans une fantasy profonde, à l'univers envoûtant et complexe, aux rebondissements peu nombreux mais très bien amenés, à la plume magique, des bases solides et tous les ingrédients pour faire une excellente fantasy... mais les longueurs succèdent aux longueurs. On espère pour la suite un récit tout aussi intéressant sur le fond, mais sur la forme plus de fluidité.








lundi 16 mai 2016

vendredi 6 mai 2016

Le doigt d'Uthar, Dominic Bedart



Quatre siècles se sont écoulés sur Aegis depuis la fin de la Grande Guerre et l'extermination de la race des dunedaes. Beaucoup sont convaincus que l'engagement de paix signé à l'époque entre les six peuples de l'île-continent tient encore. Nori, célèbre commandant de gardes-frontières du royaume des nains, est persuadé du contraire. La cérémonie maléfique qu'il découvre au cours d'une patrouille confirme ses inquiétudes : l'alliance des ennemis s'est reformée. Ses compagnons et lui devront déterminer la nature de ce mystérieux sceptre vers lequel tout converge, et rassembler les preuves du complot pour convaincre leurs souverains de réagir. Il leur faudra aussi trouver le moyen de sauver leur ami de ces terribles migraines qui le conduisent vers une mort certaine. Ses exploits et la folie meurtrière qui l'anime étaient déjà renommés parmi les siens. Le monde d'Aegis vibrera désormais avec la légende du Pourfendeur.


L'histoire s'ouvre sur une classique scène d'un village nain qui a subit l'attaque d'une bande de trolls, la poursuite qui s'engage nous fait découvrir le personnage principal Nori un garde- frontière. Un traité de paix avait été signés entre tous les peuples d'Aegis, mais les incursions trolls se multiplient et l'on retrouve Nori un an plus tard à la tête d'une compagnie d'élite. Après être tombé dans le comas lors de l'anéantissement d'un camp de trolls, d'orques et de draconides, il est conduit auprès de la grande prêtresse elfe pour être soigné. Cette dernière découvre en lui un pouvoir qu'il ne sait pas maîtrisé et qui pourrait le tuer.

Avec pour toile de fond une guerre qui se prépare, et pour intrigue un personnage qui se découvre des pouvoirs, cette fantasy se présente comme tout ce qu'il y a de classique dans le genre.

Un univers qui ne le dément pas... peuplé de nains, d'elfes, de trolls, d'orcs... mais aussi de magie.... Si l'univers est lui aussi basique on n'a aucun mal à s'y immerger et les descriptions sont bien dosées, parfois une tout petit peu longues en ce qui concerne les cités,... mais on ne ressent pas de lourdeurs dans la lecture... il faut bien poser le décor ! Au fil des chapitres apparaissent quelques monstres inédits et somme toute intéressants dans leurs approches.

L'intrigue principale met un peu de temps à se développer. En effet il faut attendre presque un tiers du roman comme que le nain se met à la recherche des moyens de maîtriser son pouvoir en se rendant sur les vestiges de son village détruit des années auparavant. Si le départ est un peu lent, le récit se densifie par la suite avec un artefact maudit et l'annonce de prophéties par un sorcier, ce qui conduit, avec les recherches des objets focales à un véritable jeu de pistes pour les protagonistes. Si l'intrigue n'est plus aussi linéaire que dans la première partie, le récit prend il faut l'avouer un peu un côté Jeu de Rôle.

Les combats sont dans l'ensemble plutôt bien réglés, le lecteur arrive à s'y projeter. Toutefois lors d'escarmouches entre groupes le récit gagnerait en profondeur s'ils ne s'attardaient pas un peu trop sur certains des personnages. La magie certes basique est elle aussi bien dosée et reste crédible, pas de surenchère spectaculaire.

Les personnages se révèlent attachants avec toutefois des caractéristiques inhérentes à leurs races qui parfois frisent le caricatural. Ils gardent pour certains un petit côté mystère qui permet en partie de sauver de ce moule plutôt classique. Les personnages secondaires... restent secondaires et manquent un peu de développement

Le style de l'auteur est simple, direct, sans fioritures ce qui permet avec les nombreuses péripéties et retournements de situation d'avoir un excellent rythme.

Ce premier tome des aventures de Nordi offre une fantasy classique plus adaptée à un lectorat jeune qui veut découvrir le genre mais qui fera tout de même passer un bon moment de détente à un lectorat plus exigeant qui désirerait une lecture sans prise de tête.





jeudi 5 mai 2016

La croisade des hérétiques, Jean-Sébastien Simard



Les dés sont jetés. La Croisade est dorénavant en marche. Kadvaël et Élyzabelle orchestrent l’exode des persécutés; Marianne est grièvement blessée; croyant celle-ci morte, Gordred est en perdition et Dànaidh seule sait quels pétrins menacent l’intrépide Galyad et l’impulsif Havoc Crowley. Impuissante, Nelle ne peut qu’observer impatiemment la scène et espérer…

Espérer… L’espoir est le thème central de ce troisième et dernier livre de la trilogie des Impardonnés. Espoir que derrière le sombre voile de la Croisade sa cache la lumière de la paix et de la Vérité; qu’au-delà de l’angoisse et de la désolation, nos héros sauront retrouver la force d’âme nécessaire pour s’élever et combattre un ennemi qui se révèle pratiquement invulnérable.

Nous y sommes… L’ère de la Dernière Guerre et de la Destruction est désormais entamée. Mais qui est le réel ennemi? L’Église de Bebhionn? Benedig Volghan? Ou l’abysse infernal qui habite chaque homme : la volonté de puissance?

Quelle sera l’issue de l’inéluctable guerre? Chose certaine, les Impardonnés combattront l’ennemi… Quel qu’il soit… Où qu’il soit… Jusqu’à la Fin!


A la fin du tome précédent nous avions quittés les protagonistes à l'issue du raid sur Roquefeuille pour délivrer Marianne des griffes de l’Église et de son représentant Benedig Volghan. C'est sans nouvelles des uns des autres que nous les avions quittés : Marianne grièvement blessée avait été recueillie par un paysan, Havoc et Gordred emprisonnés dans les cellules de la forteresses avaient été délivrés par Seadar, le pirate, quand aux jumeaux et Kadvaël, ils s'en étaient bien sortis...

C'est dans une partie moins épique que commence cet ultime tome : Benedig a lancé une conscription en vue d'anéantir les Dels et les Morcquais, Kadvaël prépare l'exode des Dels... Après donc un début d'histoire plutôt lent où l'auteur replace ses protagonistes et replace les éléments pour la suite de son histoire, nous avons droit à un intermède plus épique avec l'Enfant Sacré qui fait montre de ses pouvoirs. L'auteur alterne les moments forts avec les moments plus calmes à l'instar des tomes précédents.

Chacun des protagonistes avance ses pions, Benedig se montrant encore plus machiavélique que précédemment... les meurtres continue, les tortures également avec une scène plutôt dure où l'on découvre le paladin noir dans toute la plénitude de ses actions. Un personnage secondaire qui cette fois-ci fait partie intégrante du récit.

La préparation de l'Exode et de la Croisade des Hérétiques occupe la première partie du récit qui se développe ensuite avec la préparation de l'assassinat du roi Camall, le frère du Grand Ambassadeur et là aussi l'on a droit avec la révolution qui se développe à un clin d’œil à notre propre révolution avec pour signe de ralliement un bonnet qui rappelle le bonnet phrygien.

L'univers se développe un peu plus en découvrant plus en profondeur les pays des Dels qui n'est pas par bien des similitudes sans rappeler la Louisiane. L'auteur nous fait également découvrir la cité de Cap-des-Ponts qui avec ses canaux et son architecture nous plonge dans une autre Venise. C'est dans cette cité que Galyad nous fait découvrir un laboratoire où l'on trouve des inventions bien en avance sur l'époque : un hommage à Léonard de Vinci. Puis lors de l'Exode les Dels découvre une cité abandonnée, mais encore en fort bel état en plein désert du pays Morcquais et après Venise l'on a droit à une Babylone mâtinée d'une pointe de culture sumérienne. Une cité que le protagoniste principal découvre, par le biais d'une vision, au zénith de sa gloire. Les descriptions sont très visuelles, on a l'impression d'y être aux côtés des protagonistes. Mais qui dit descriptions très précises dit également longueurs. En effet malgré les nombreuses machinations, les retournements de situations et quelques combats ou batailles le rythme semble plus lent que dans les tomes précédents.

L’Enfant Sacré occupe cette fois-ci le rôle principal et l'on découvre enfin plus en profondeur le protagoniste objet de la prophétie qui a été le fil conducteur de ces quatre opus. Et au fil des chapitres et des découvertes la prophétie s'éclaircit pour le lecteur. Galyad et Feust sont également plus présent ainsi d'ailleurs Elyzabelle et l'on a malheureusement droit à des scènes de sexe. Les autres protagonistes principaux sont moins présents et l'on voit également peu les antagonistes, ce n'est que lors de l'affrontement final que tout le monde se retrouve.

Avant la grande bataille l'on assiste à la prise de Montcastel par les soldats de la Légion de la Rose, mais rien de spectaculaire, le sujet est traité trop rapidement et l'on assiste qu'à quelques scènes. Les combats ne sont pas maîtrisés, ce qui va se confirmer dans la bataille finale. En effet, l'auteur passe trop rapidement sur les préparatifs du siège, et bien que la bataille finale occupe plusieurs chapitres l'auteur ne nous plonge pas au milieu de la mêlée, s'intéressant plus au spectaculaire ou aux combats individuels où sont impliqués les protagonistes principaux. La magie elle aussi se veut plus spectaculaire que vraiment travaillée. Et dans la dernière partie la romance et la rédaction d'une charte définissant les futurs lois humanistes prennent trop de place par rapport à l'action proprement dite.

Au final, cet ultime opus qui nous laissé espérer un final à la fois grandiose et épique ne répond pas pleinement aux attentes des lecteurs : beaucoup trop de longueurs dans ce tome par rapport aux premiers opus. L'histoire reste certes intéressante, mais parfois on n'a pas l'impression d'avancer et l'on a envie de sauteur quelques paragraphes. Il serait tout de fois intéressant de retrouver l'auteur dans un récit peut être moins long et plus rythmé.









lundi 2 mai 2016

L'enfant sacré, Jean-Sébastien Simard



L’Enfant Sacré a enfin été retrouvé! Celui qui, selon la vieille prophétie, peut sauver ou détruire l’humanité.

La suite tant attendu de la saga des Impardonnés raconte les aventures de nos héros qui chercheront durant deux décennies à contrer les plans démoniaques de Morganor Médisse et de son nouvel acolyte : le ténébreux Benedig Volghan.

Le vent tourne… l’Église de Bebhionn se radicalise et cherche à tout prix à mettre la main sur Kadvaël afin de lui permettre d’implanter son agenda secret dont le but ultime est la domination totale du monde terrestre.

Galyad et Élyzabelle brouillent les cartes de la Noblesse Noire et se délectent des sordides complots qui fourmillent sur l’échiquier Bebhionnien; Gordred et Garan s’enfoncent malgré eux dans les intrigues obscures et immondes de l’Église; Havoc et Marianne peineront à réfréner les aspirations anticonformistes de l’Enfant Sacré.

Rejetant du revers de la main les us et coutumes des deux continents, Kadvaël découvrira le monde qui l’entoure et se forgera sa propre idéologie qui brossera les fondements d’un nouveau courant de pensée qui bouleversera la assises de la civilisation: l’humanisme!

Quelle destinée il choisira ? Une quête pour se trouver, il commencera !


Le présent tome reprend brièvement à l'endroit du précédent alors que les quatre impardonnés venaient de quitter les Îles Sacrées après avoir présenté l'Enfant au Phénix. Puis l'auteur nous présente quelques scènes avec l'enfant pour nous faire ressentir que le danger n'est pas écarté. Puis l'on se retrouve quelques années plus tard avec une vue des la machination machiavélique entreprise par l'un des grands prêtres des clans de connivence avec l'Empire pour éradiquer tous les prêtres et prêtresses. Au niveau de l'Empire la donne est changée car à la tête de l’Église et de la Légion sont promus les trois protagonistes qui étaient chargés dans les tomes précédents de s'emparer de l'Enfant. Un changement qui, pour l'enfant et ses protecteurs annonce des dangers imminents, juste au moment où celui-ci révèle ses immenses pouvoirs.

Le récit se poursuit par l'invasion de Gaelys, précédée par la purge des prêtres et prêtresses des clans. Une éradication fomentée par l’Église avec la complicité de l'un des prêtres des clans, comme on pouvait s'y attendre la seule survivante est Marianne.

Si dans la première partie le rythme de lecture avec l'invasion de Gaelys offrait un rythme de lecture enlevé, par la suite certains passages plus lents et un peu longs faisait considérablement baisser cette dynamique et il faut attendre presque la moitié de l'histoire, avec la reconquête de leurs territoires par les clans pour retrouver un rythme plus rapide.

Si les batailles de masse sont très présentes elles manquent de profondeur, elles auraient du être plus développés afin d'amener un côté épique plus présent. Si les intrigues de cour et la politique entre les royaumes sont intéressantes à suivre, notamment pour la suite de l'histoire, elles ne sont pas sans générer quelques longueurs. Le fait de ne pas s'attarder sur la jeunesse de l'Enfant Sacré est un point fort car il évite d'ajouter des longueurs qui ne sont pas nécessaires car ce qui intéresse le lecteur c'est de découvrir comment la prophétie va évoluer en fonction de ses réactions et agissements.

Dans ce présent tome si l'on découvre de nouveaux pays, l'univers se développe peu, on a toutefois une inspiration fortement nordique qui se détache et le côté inquisiteur avec l’Église de Bebbionh se densifie au fil des chapitres. Avec le voyage entreprit par Kadvaël l'auteur nous fait découvrir tout de même de nouvelles villes, mais elles sont plutôt survolées, et l'on découvre également un royaume mais celui-ci aurait pu être plus travaillé en profondeur.

L'Enfant Sacré occupe peu de place dans le début du récit, et ce n'est que vers la moitié de l'histoire que l'on le suit réellement dans sa quête de lui même. L'on assiste à ses harangues sur l'idéologie humaniste ce qui permet de mieux s'approprier le personnage. Marianne occupe quand à elle comme dans les tomes précédents le devant de la scène, la prêtresse devient de plus en plus puissante. Havoc est un peu plus en retrait que précédemment il faut attendre le reconquête de Gaëlys pour le voir en action. Il nous apparaît d'une manière plus réfléchie que précédemment et sort de l'archétype du guerrier nordique. Les deux jumeaux sont assez peu présents, œuvrant dans l'ombre. Quand à Gordred et Garan, ce sont eux qui évoluent le plus en ouvrant les yeux sur les exactions de l’Église de part les individus qui sont à sa tête. Les deux personnages sont tiraillés entre leur devoir et leurs idées. Le machiavélisme de Benedig, devenu Grand Ajusteur de Conscience , devient omniprésent et aux complots succèdent les tentatives d'assassinat sur les souverains des royaumes que l'on découvrent un peu plus.

Avec les harangues de Kadvaël la deuxième partie comporte quelques longueurs mais le final épique où l'on retrouve presque tous les protagonistes principaux gomme cette impression. Un dénouement intéressant car avec la séparation des personnages le prochain tome s'avère plus ouvert.

Avec un récit prenant, à la fois dense mais au style clair et simple l'on n'a qu'une seule envie, celle de lire la suite.