jeudi 30 juin 2016

lundi 27 juin 2016

Le tombeau du diable, Eric Bony




Thomas Cazan, reporter à Paris est accusé du vol de l'amulette de Mandrin et du meurtre de son propriétaire. Il mène l'enquête en compagnie d'une descendante de Mandrin pour prouver son innocence. 


Alors qu'il est envoyé par son rédacteur en chef effectué un reportage dans une exposition présentant des bijoux pour la plupart maudits, le journaliste Cazan reporter magazine qui traite du paranormal et du surnaturel va se retrouver contre son gré impliqué dans le vol d'un bijou. Accusé du vol et de meurtre il va se lancer dans une enquête qui va l'entraîner sur les traces d'une secte satanique.

L' idée de base est plutôt originale, mais le synopsis est quand à lui basique. En effet, à l'instar de bon nombre de romans du genre l'auteur nous plonge d'abord dans un prologue qui nous plonge en pleine cérémonie sacrificielle 55 ans avant J.C. Puis après cette brève scène l'on se retrouve à notre époque. Avant de nous immiscer au cœur de la situation l'auteur brode une toile de fond quelque peu macabre afin de bien nous plonger dans l’ambiance. Un début bien réussi.

Puis l'on découvre le personnage principal, un journaliste spécialisé dans le paranormal, rationaliste, en désaccord avec la nouvelle ligne éditoriale du journal qui l'emploi. En effet le journal privilégie le sensationnel pour faire du chiffre quitte à ne pas vérifier le crédible des informations. Ce reportage sur les bijoux maudit est la dernière chance accordée par son rédacteur en chef à cet esprit frondeur.

Après un début un peu lent, la tension s'installe, la lecture est addictive tant le lecteur est happé par les deux enquêtes qui se déroulent en parallèle, celle de la police et celle du journaliste. Le point fort de ce roman est le suspense bien maîtrisé par l’auteur. Les chapitres courts alternés nous donne une rythmique excellente, le lecteur entraîné entre doutes, peurs et poursuite n'a pas le temps de reprendre son haleine.

Sur le fond du récit, par contre la qualité s'avère moindre, les informations fournies par l'auteur sur les différents sujets qu'il aborde manque un peu de profondeur. En général les informations fournies par l'auteur n'apporte que peu approfondissement de culture. Quand certains sujets abordés ne sont pas connus du lecteur, ils proviennent en général d'une célèbre encyclopédie en ligne. Lorsque l'auteur parle de fantasy, on en est même à croire qu'il n'a même pas fait l'effort de la consulter. En effet il nous présente Conan le Barbare de Robert E. Howard comme un personnage de Dark Fantasy, pour un lecteur qui s'intéresse au minimum au genre cette énorme incohérence fait bondir, alors que dire lorsque le lecteur est un inconditionnel du genre.

Le dénouement en lui même n'apporte que peu de surprises, ce qui est souvent le cas des thrillers ésotériques. La remise en cause des croyances de l'église est un sujet usé. En somme l'auteur n'apporte rien de neuf au genre.

Les pointes d'humour du personnage principal apportent un peu de fraîcheur et légèreté au récit, permettant un bon contraste avec le côté glauque et dramatique de la ligne directoriale générale. Avec l’écriture de l'auteur bien travaillée, et l'enquête plutôt bien menée avec de nombreux rebondissements, c'est points constituent les autres points forts du roman.


Au final le Tombeau du Diable est un bon roman du genre, malgré un manque de fond évident mais qu nous fait passer un bon moment de détente, ce qui donne envie de suivre l'auteur dans ses futurs écrits.





mardi 21 juin 2016

Le parchemin interdit, Georges Colleuil



Georges Colleuil nous conduit au XIIIème siècle sur les pas de Jandal, l'enfant « marqué ». Dans cette quête initiatique, il est question de réincarnation, du massacre des cathares, du Talmud brûlé en place de Grève, de moines copistes torturés, de la fée Mélusine, de Djinns, d'anges, de génies, de rêves prémonitoires, de troubadours dévorés, d'ennemis invisibles, de tatouages mystérieux et magiques dont le pouvoir attise la convoitise des inquisiteurs, des empailleurs et de l'Université de Paris déversant ses escholiers dans les tavernes où des filles secrètes s'occupent gentiment d'eux. Après la réalisation de films, l'écriture d'ouvrages de référence sur le Tarot et sur la fonction thérapeutique des symboles, l'auteur signe ici son premier roman ésotérique et transpose, à la fiction, ses thématiques de prédilection.


Le récit s'ouvre sur un court prologue : des fouilles archéologiques ont mis à jour un tombeau datant du XIIIe siècle dans lequel repose un corps recouvert de figures abstraites au symbolisme mystérieux.

Puis l'on fait un énorme bond en arrière en partant sur les traces du personnage. Avant de commencer une quête initiatique l' auteur pose le contexte de l'intrigue à savoir des parchemins qui conserveraient le savoir de civilisations disparues. Une mise en contexte assez simple, rien de vraiment bien original. Puis l'on assiste à la naissance de l'enfant, son adolescence protégée par le cercle d'amis qui formait avec son père une confrérie.

L'auteur nous promène tout au longe dur récit des pays du Moyen Orient à Paris en passant par le pays d'Oc et le comté de Toulouse. L'on est projeté en pleine croisade des Albigeois, aux prémices de l'antisémitisme,... Lors des pérégrinations du personnage principal l'on croise des personnes plus ou moins connues qui ont véritablement vécues à l'époque. L'auteur fait également un clin d’œil aux légendes Arthuriennes avec pour précepteur un nom qui n'est pas sans rappeler un célèbre barde de cette époque. Les descriptions bien dosées permettent au lecteur de bien s'immiscer dans le monde de l'époque.

Les personnages sont dans l'ensemble bien esquissés même si à la fin du récit on constate que l'on aimerait en savoir plus sur certains des protagonistes principaux, l'histoire étant essentiellement centrée sur le personnage principal et lorsqu’il n'est pas présent l'on ne sait rien des autres personnages. De ce fait le récit s'avère quelque peu linéaire.

Les thématiques annoncées en quatrième de couverture sont peu développées et de ce fait l'on se situe plus dans un roman historique que dans un thriller ésotérique bien que les parties fantastique et thriller soient tout de même très légèrement présentes. L'auteur n'a pas assez exploité les sujets énoncés et de ce fait on est plutôt déçu.

Le point fort du roman se situe donc dans la plume poétique, imagée de l'auteur.

Le dénouement ne surprend pas assez le lecteur malgré un final plus axé sur le thriller et matinée d’une petite pointe de fantastique, l’origine des tarots manquant réellement de crédibilité. Au final, l'on se trouve dans un roman plutôt simple qui ne parvient pas à convaincre pleinement le lecteur. En effet, on a parfois l'impression que l'auteur était pressé d'en finir et que certains sujets n'ont été que survolés. Une lecture malgré tout divertissante .





samedi 18 juin 2016

La danse du loup, Hugues de Queyssac




En plein hiver de l'an de grâce 1345, à cinq jours des ides de janvier, je fis un songe hallucinant de vérité : j'entrevis une fée d'une beauté inoubliable, la gente Isabeau de Guirande. Avec une fougue très juvénile, je décidai incontinent de partir à la recherche de cette chimère, convaincu de son existence en ce monde. Ma vie basculera ce jour-là. Je venais de soulever le couvercle de la boîte de Pandore. Sans le savoir. Sans le vouloir. En ma qualité de simple écuyer de messire Fulbert Pons, premier baron du Pierregord, je résidais en la forteresse de Beynac qui surplombe la belle rivière Dourdonne. Le service que je devais au baron et aux chevaliers de sa suite m'obligea jusqu'en l'île d'Aphrodite, Chypre, où je dus escorter Foulques de Montfort parti à la recherche d'un fabuleux trésor. Dans mon immense naïveté, je rêvais d'amour, de courtoisie, de bravoure et d'esprit chevaleresque. Ma quête se heurta à une conspiration du silence. Le chemin était semé de moult embûches. Son parcours jalonné de félonie, de crimes, de traitrise et de sang ! Le sang de pauvres ou de nobles gens lâchement occis. Or donc, si vous avez le cœur solidement accroché, suivez-moi. Vivez folles aventures, combats sanglants, humour, érotisme et amour courtois, attaque de pirates barbaresques et terrible ordalie.


Avec ce premier tome de la tétralogie l'auteur nous entraîne en Aquitaine dans les pas de Brachet de Born, un écuyer qui se voit accuser d'un crime horrible qui l'oblige à s'exiler en Orient et se retrouvé entraîné dans une suite de péripéties.

La toile de fond est brossée puisque l'on n'est pas en terrain inconnu mais en pays d'Oc en pleine guerre de cent ans. Un univers moyenâgeux riche dans lequel nous entraîne l'auteur en employant d'anciennes tournures de phrases du vieux français. Malgré l'emploi de ces vieux mots, qui font toute l’ambiance du récit, l'auteur parvient tout de même à nous offrir une lecture fluide et légère. C'est donc le point fort du roman où l'auteur mélange avec poésie tout en la francisant la langue des troubadours.

Avec pour postulat de départ une machination, l'histoire se révèle assez classique du genre notamment avec une quête pour fil conducteur. Mais l'auteur a su avec subtilité mêler fiction et histoire en nous entraînant en Terre Sainte pour nous faire partager le quotidien, les mœurs et les croyances de l'époque. Une époque rude où en général pour protéger sa vie il valait mieux être adroit à l'épée. A la sauvagerie de certains des personnages, l'auteur y oppose la délicatesse des sentiments humains. En effet le héros est écartelé par l'amour, le devoir de sa charge et la quête d'un idéal concrétisé ici par la recherche d'un trésor qui l'entraîne, sous fond de légendes et de mythes, dans une succession d'intrigues et de complots.

L'auteur à mêler au récit historique et à la thématique courtoise, des codes hérités du thriller, les chapitres se terminant sur des fins ouvertes pour créer artificiellement du suspense, mais le style n'étant pas totalement maîtrisé, cette manière de procéder se révèle à la lecture une peu dérangeante. Un rythme de lecture, qui bien qu'agrémenté de récits de batailles et notamment de la chute de Saint Jean d'Acre se révèle plutôt lent.

Si l'histoire se veut intéressante, avec comme toile de fond la septième croisade et des personnages bien campés, réalistes certains points auraient du être plus travaillés et l'auteur aurait du s'en tenir au côté roman historique sans vouloir y adjoindre de pointe thriller qui gâche quelque peu la lecture.




lundi 13 juin 2016

Le Seigneur des Mensonges, David Zindell



Valashu et ses compagnons sont de retour à Mesh avec la fabuleuse Pierre de Lumière. Cette puissante relique en forme de coupe dorée devrait enfin apporter la paix tant espérée aux neuf royaumes d'Ea. 

Mais pour Val, la mission n'est pas terminée. La Pierre de Lumière ne révélera pas si facilement ses secrets. Ses pouvoirs ne pourront être utilisés qu'avec l'aide d'une figure de légende, le Maitreya. Mais qui est-il vraiment, homme, démon ou légende, voilà une nouvelle énigme pour le prince Valashu...


Comme l'indique la quatrième de couverture l'on retrouve le protagoniste principal et ses deux amis à Mesh six mois après le retour de la Pierre de Lumière sur les terres Valari.

Dans ce troisième opus expose le contexte géopolitique entre les différents royaumes Valari qui voudraient que la coupe soit également exposée dans leurs royaumes, mais aussi les envoyés de Morjin que voudraient aussi la récupérer. Dans ce début de roman beaucoup de tensions et de dissensions sont présentes et une question revient sempiternellement Valashu est-il celui qui sauvera le monde d'Ea ? L'auteur insiste beaucoup sur ce fait, mais revient a maintes sur les événements qui se sont passé lors de la quête ce qui évidemment n'est pas sans généré quelques longueurs.

Il faut attendre un bon quart du livre pour qu'il y ait enfin de l'action, puis l'on passe aux préparatifs de participation au tournoi qui oppose les différentes nations Valari et notamment les palabres pour savoir si le héros arrivera à fédérer ces différents royaumes pour que leurs rois participent au Conclave prévu dans la capitale Alonienne. Le tournoi qui aurait du engendré une partie plus rapide est survolé, peu visuel, et il est dommage que l'auteur l'ait peu exploité. Cette partie du récit a surtout engendré des négociations entre les rois ce qui une fois de plus a engendré des longueurs parfois inutile à force d'insister. Hormis l’alliance éventuelle des peuples d'Ea pour lutter conte le Seigneur des Mensonges, il ne se dégage pas vraiment d'intrigue, l'auteur place simplement ses pions pour la suite de la saga.

L’univers se développe peu car si le porteur de L'épée de lumière traverse les différents territoires Valari, il y a peu d'informations délivrées sur les royaumes. On retrouve bien des analogies à la mythologie, mais celles-ci ayant été déjà exploités dans les deux opus précédents.

Les personnages n'évoluent guère et le héros passe son temps à s'apitoyer sur son sort, son ami Maram continue à papillonner autour des jeunes femmes, et si l'auteur essaye de mettre dans les interactions un peu d'humour il ne fait que reprendre les mêmes artifices que précédemment.

Au final, on est clairement dans un tome de transition qui ne sert qu'à mettre en place l'intrigue pour les tomes ultérieurs, qui n'apporte que très peu d'éléments intéressants. Et hormis dans le final le combat et la rencontre avec Atara le récit s'avère très linéaire.




dimanche 12 juin 2016

Le sang des 7 rois Livre 7, Régis Goddyn




L'étau se referme... Dans ce septième et dernier tome du Sang des 7 rois, la menace qui plane au dessus des sept royaume se concrétise. Maddox dispose désormais des informations nécessaires à l'envahissement de la planète et des ressources qui lui faisaient défaut. L'avance technologique dont il dispose et la division de ses ennemis posent les bases d'une chasse à l'homme dont Jahrod est le gibier. Mais rien ne presse... Méthodiquement, il rabat les rescapés des raffles de Lothar et des luttes intestines, massacrant et poussant la population résiduelle vers la crête qui constituera son ultime refuge, illusoire. MC10, l'ordinateur militaire du vaisseau a calculé qu'en concentrant les survivants, Jahrod finirait par se révéler au grand jour pour sauver ce qu'il reste d'humains. Mais il reste un obstacle. Est-ce l'évolution génétique ? Est-ce du fait de Jahrod et de son code décrypté ? Maddox l'ignore, mais le doute n'est plus possible : les pilotes qui vivent sur cette planète sont surpuissants et Fletcher, celui qui travaille depuis des siècles au service de Maddox ne peut faire le poids. Si Jahrod suit avec angoisse l'évolution de la stratégie du magnat, Orville, Rosa, Sylvan, Pétrus et les autres protagonistes poursuivent leurs quêtes personnelles, réalisant peu à peu la nature réelle du danger. A mesure de leur prise de conscience, les diverses factions jadis rivales se concentreront pour tenter de survivre tandis que, sous la puissance de feu de Maddox, le monde s'enfonce inexorablement dans le chaos et la ruine.


Que dire du dernier tome d'une saga lorsque l'on arrive au tome 7, cela n'est pas évident à trouver car l'on s'est déjà bien exprimé sur les précédents tomes. Au tome précédent l'on avait constaté l'arrivée de l'envahisseur à bord d'un vaisseau qui restait en position au dessus de la planète envoyant quelques guerriers en reconnaissance.

Dans cet ultime tome tout se précipite, la menace est omniprésente et les ennemis d'hier vont devoir s'allier pour faire face à des ennemis surpuissants venant de la Terre et techniquement sur-équipé car venant du futur par rapport à la civilisation actuelle de notre planète.

Seuls arrivent à répondre à la technologie les anciens pilotes qui avaient naguère atterris sur la planète, car dans ce monde moyenâgeux ils sont des puissants Mages soit encore vivants soit réincarnés dans d'autres corps. Les événements se succèdent à un rythme effréné, les combats sont omniprésents tout comme la magie. L'on ressent un fort sentiment de désespoir parmi les autochtones devant la déferlante de l'ennemi qui peut par une machine se régénérer à volonté mais il tente le tout pour le tout et n'ont pas l'attention de mourir sans combattre.

Orville, Rosa, Oldarik et Jarhod occupent bien entendu le devant de la scène de par leur puissance magique mais les autres personnages ne sont pas en reste et dans ce dernier tome l'on boit évoluer tous les personnages des différents tomes, ceux-ci gagnent encore en profondeur et l'on vibrent pour certains lorsqu'ils sont menacés. Certains des personnages qui occupaient le côté noir dans les tomes précédents deviennent presque attachants lorsqu'ils jettent leurs dernières forces dans la course à la survie.

Ce dernier tome fort axé SF, ne développe plus le monde que nous connaissons bien mais s'attarde sur le combats entre les technologies modernes et celles que les envahisseurs avaient laissées lors de leur précédente venue sur la planète. Pour quelqu'un qui n'est pas attiré par le genre, les discussions entre l'ordinateur devenu intelligent et le protagoniste principal, à savoir Jarhod, peuvent sembler un peu longues et parfois rébarbatives, mais elles sont incontournables pour faire ressortir l'ambiance de cette lutte désespérée et quasiment sans issue. L'auteur, en effet, dans cet ultime tome joue beaucoup sur l'atmosphère dramatique de la situation et c'est sans contexte le point fort du récit.

L'auteur fait un rapide clin d’œil à la Bible en situant l'un des Mages comme celui qui aurait permis à Moïse de sauver son peuple d’Égypte en faisant se retirer les eaux de la mer. Cette pointe d'humour pour insister sur la longévité particulière de ces mages venus sur cette planète des siècles plus tôt. A l'instar des tomes précédents l'auteur apporte une touche d'humour dans ce récit plutôt grave, car pour les autochtones les pertes s'avèrent plutôt sévères. Cette pointe de légèreté apporte une petit plus à l'histoire sur tout centré sur des combats qui ne sont pas assez exploités en profondeur. En effet l'auteur axe ces combats un peu trop sur le côté visuel de l'action des Mages délaissant un peu les autres protagonistes et l'emploi de moyens plus traditionnels à la guerre dans un contexte moyenâgeux.

Le dénouement est quelque peu décevant, un peu trop attendu il n'offre pas de réelles surprises. En effet la victoire de la magie l'emporte un peu trop facilement sur la technologie démontrant un déséquilibre qui manque de crédibilité. Au final, cette longue saga aura alternée des tomes inégaux dans la qualité du récit : un début lent à se mettre en place, des situations trop rapides noyées dans cette longueur. Mais l'auteur fait preuve de beaucoup de talent et l'on aimerait le revoir dans une ouvre plus rythmée dans la continuité.




jeudi 2 juin 2016

Le sang des dieux et des rois,tome 1 d' Eleanor Herman


Lecture dans le cadre d'un partenariat avec :

 


Alexandre, héritier du trône de Macédoine, est en passe de découvrir son destin de conquérant, mais il est irrésistiblement attiré par une nouvelle venue.
Katerina doit naviguer dans les eaux troubles des intrigues de la cour sans dévoiler sa mission secrète : tuer la reine.
Jacob est prêt à tout sacrifier pour gagner le cœur de Katerina. Même s'il doit pour cela se mesurer à Héphestion, tueur sous la protection d'Alexandre.

Enfin, par-delà les mers, Zofia, princesse persane fiancée à Alexandre malgré elle, part en quête des légendaires et mortels Dévoreurs d'Âmes, seuls capables d'infléchir son destin.


Avant de commencer à parler du livre, je tiens tout d'abord à remercier les Editions Robert Laffont et Babelio pour cette agréable lecture.

Entre Histoire et Imaginaire, ce premier tome de la saga Le Sang des Dieux et des Rois nous plonge dans une période historique moins récurrente en fantasy. Exit l'habituel univers médiéviste, le lecteur se retrouve plongé dans l'Antiquité aux côtés du jeune Alexandre, fils du roi Philippe de Macédoine, avant qu'il ne devienne le grand Conquérant que l'on connaît.

Avec pour toile de fond un contexte géopolitique instable, l'auteure refaçonne de manière captivante la grande Histoire pour nous faire découvrir les destins exceptionnels de six jeunes gens qui tentent de se faire une place dans la société quelque peu cruelle de l'époque. A leurs côté l'on découvrira également le destin de la reine de Macédoine, mère du prince Alexandre.

En y mêlant le quotidien qui les entoure l'auteur, par touches successives, nous présente chacun des protagonistes. Et si dans les premiers chapitres les liens qui vont les unir ne semblent pas évidents pour le lecteur, au fil des chapitres les liens s'imbriquent de manière cohérente ? En même temps que les motivations de chacun s'éclaircissent l'univers prend de l'ampleur.

Si l'univers dans lequel évoluent les personnages est géographiquement et mythologiquement un peu connu des lecteurs, l'auteur axe principalement son histoire sur les éléments qu'elle introduit dans le monde qu'elle nous présente. En effet, les intrigues de cour, les sombres desseins qui se dessinent dans l'ombre après le départ du roi Philippe et de ses troupes, le peu d'importance accordé au jeune prince par les conseillers du roi pourtant désigné comme Régent, la place qu'occupe les Seigneurs Esartiens, prennent rapidement le devant du récit sur la guerre qui éclate entre la Macédoine et la Perse. Si au fil des chapitres l'auteur distille savamment ses informations, tout en gardant une part de mystère sur les intrigues de chacun des protagonistes, on peut regretter que l'Histoire ne serve que de toile de fond au récit un peu trop axé sur les petites histoires de chacun. L'on aurait aimé assister aux préparatifs des troupes, à leur départ, à leur progression en vue des la confrontation,... mais ce côté du récit qui sert un peu comme postulat de départ est totalement occulté. De surcroît, l'on peut regretter qu'il n'y ait pas été adjoint une carte de l'époque permettant d'avoir une vision globale des pays de l'époque, pour certains lecteurs les souvenirs scolaires sont lointains.

La magie est omniprésente dans le récit, intéressante dans sa formulation. Mais l'auteur nous gratifie au fil de l'histoire de rituels, d'ailleurs souvent avortés, et ce n'est que dans la dernière partie du récit qu'elle nous est pleinement révélée dans sa forme. Et là, force est de constater qu'elle se révèle plutôt classique en terme d'emploi.L'auteur nous a également alléché à plusieurs reprises avec les Dévoreurs d'Âmes et l'on se sent inévitablement un peu frustré de ne pas les avoir encore rencontrés.

Les combats sont visuellement assez bien réalisés pour que le lecteur puisse s'y sentir partie prenante. Mais toutefois, autant dans le Tournoi du Sang que dans la bataille qui se déroule à la fin de l'histoire, ils sont trop centrés sur le personnage d'Héphestion. Pour des combats impliquant pour l'un une vingtaine de concurrents et pour la bataille plusieurs centaines de belligérants, l'on eusse préféré avoir une vue d'ensemble, n'assistant pas aux combats du vainqueur dans le premier cas, et dans le deuxième cas n’assistant pas à la direction des troupes par le prince Alexandre.

Les personnages sont intéressants dans l'ensemble, qu'ils soient de premier plan ou de second plan, et si l'on ne s' attache pas de suite, au fil de leur développement on commence à ressentir une certaine empathie pour certains d'entre eux au fur et à mesure que se développe leur psychologie. Hormis le fait qu'elle soit fiancée à Alexandre, l'on a plus de mal avec la princesse Perse Zofia, d'une part parce qu'elle évolue en marge du récit principal et d'autre part parce qu'on la découvre au départ par le biais d'une romance engageait avec l'un de ses soldats. Pourquoi faut-il toujours que les femmes an fantasy doivent-elles se sentir obligé de mettre de la romance dans des récits qui se voudraient plus épiques ? Les personnages secondaires manquent toutefois de profondeur, mais ils devraient se révéler certainement plus intéressants par la suite l'on n'est que dans le tome introductif.

Les descriptions sont bien dosées, pas trop longues mais suffisamment pour que le lecteur puisse s'immerger pleinement dans le récit. Le style plutôt fluide de l'auteur et l'alternance des points de vue rendent la dynamique de lecture excellent, il y a toujours des événements qui permettent de ne pas avoir l'impression de longueurs comme c'est généralement le cas dans le premier tome d'une saga.

Au final, malgré quelques petites imperfections d'un point de vue purement masculin, ce premier tome nous offre un récit de très bonne facture qui nous incite à poursuivre l'aventure . L'on espère toutefois que la part d'historique soit plus présente dans les tomes ultérieurs.