jeudi 19 avril 2018

Le noyé dans la glace de Kjell Ola Dahl


Lecture dans le cadre du challenge :




Un matin de décembre, le corps d'un homme est repêché dans le bassin portuaire qui jouxte l'Hôtel de Ville d'Oslo. De prime abord, cela ressemble à un simple accident, suite à une fête trop arrosée. Mais l'inspecteur de police Lena Stigersand, chargée d'effectuer les premières constatations, a tôt fait d'avoir des doutes. Le noyé, Sveinung Adeler, devait rendre un rapport extrêmement sensible au fonds pétrolier norvégien (le plus riche de la planète), concernant ses investissements dans une compagnie exploitant des phosphates au cœur du Sahara occidental. Et, d'après les sources de Lena, Adeler aurait eu, la veille de sa "chute", un entretien avec une députée très en vue, chargée du contrôle de la commission des finances du Parlement. Mais quels étaient leurs liens exacts ? Et pourquoi les services secrets semblent-ils s'y intéresser ? Manipulation, corruption, trafic d'influence... Les criminels en col blanc ont parfois du sang sur les mains. Étroitement surveillée par sa hiérarchie, Stigersand devra mener une enquête aussi complexe que périlleuse dans les plus hautes sphères du pouvoir, jusqu'à risquer sa propre vie. S'il y a quelque chose de pourri au royaume de Norvège, elle-même pourrait bien se noyer sous une épaisse chape de glace.


Une SDF poursuivie par un homme se rue dans un tunnel du métro. Elle finira sa course sous les roues du métro. Pour les policiers qui se rendent sur place, il y a tout lieu de croire à un suicide, ce que démentira rapidement le visionnages de l'enregistrement des caméras.

Le corps d'un homme est découvert dans le bassin portuaire. Si les premières constations font pencher à une chute accidentelle suite à une soirée trop arrosée, l'inspectrice n’adhère pas à cette possibilité. L'autopsie confirmera ses doutes : l'homme n'avait pas d'alcool dans le sang et des traces dans le cou permettent d'affirmer qu'il a été maintenue de force sous l'eau.

Les deux enquêtes vont rapidement laisser apparaître des suspects hauts placés dans la hiérarchie politique. L'homme travaillait pour le gouvernement et devait rendre un dossier sensible pour le fonds d'investissement de pension.

Au début on a un peu de mal à appréhender les noms, tant ceux des personnages que des différents lieux de la ville. On a aussi a se faire au tutoiement qui est de rigueur en Norvège mais au fur et à mesure de la lecture on finit par s'y faire et l'on parvient à suivre les personnages même si leurs apparitions sont quelque peu aléatoire. En effet ils n’apparaissent pas toujours au moment où on s'y attend.

L'enquête s'avère tout ce qu'il y a de plus classique dans son déroulement, et du fait que la construction laisse un peu à désirer on a un peu de mal a s'y faire. Le point intéressant du roman réside dans la découverte des us et coutumes des Norvégiens à l'approche de Noël. On découvre également le fonctionnement du fonds de pension Norvégien et sa gestion particulière.

Si le déroulement de l'enquête n'a pas su retenir une pleine adhésion de la part du lecteur, il en est de même pour les enquêteurs car une fois de plus on n'échappe pas aux sempiternels clichés sur la police.

Si la plume de l'auteur avait été à l'unisson avec les nombreux rebondissements et les phases d'action, l'on aurait peut être pu apprécier cette lecture car la dynamique s'avère plutôt bonne.

Au final un policier classique, mal écrit, qui ne laissera pas un souvenir impérissable dans nos mémoires. Pour découvrir la Norvège ce n'est pas un bon choix.



jeudi 12 avril 2018

Le diable de la Tamise de Annelie Wendeberg


Lecture dans le cadre du challenge :



Londres, 1889. Quand une victime du choléra est retrouvée dans la Tamise, le Dr Anton Kronberg, bactériologiste de son état, est appelé pour confirmer les causes du décès. Toutes les précautions sont prises pour éviter une épidémie. Les choses auraient pu en rester là si les résultats intrigants de l'autopsie n'avaient poussé Kronberg à s'intéresser de plus près à cette affaire. Alors que Scotland Yard souhaite classer ce cas, Kronberg se rapproche de Sherlock Holmes. Et il ne faut que peu de temps au célèbre détective pour percer le secret du médecin qui, en réalité, est... une femme. Un secret qui pourrait la mener droit en prison s'il venait à être révélé. Mais tous deux vont unir leurs forces pour débusquer un criminel aussi redoutable que Jack l'Éventreur...


Le Docteur Kronberg, épidémiologiste à Londres, reçoit un télégramme de l'inspecteur Gibson de Scotland Yard lui demandant de se rendre à l'usine de traitement des eaux de Hampton où un corps a été découvert car il y a suspicion de Choléra.


Arrivé sur place, il découvre en plus de la police un homme qui se présente sous le nom de Holmes. Très rapidement le célèbre détective découvre le secret du docteur. Anna Kronberg est une femme qui déguise sa véritable identité car en cette fin du XIXème siècle les femmes ne peuvent exercer le métier de médecin n'ayant pas accès aux hautes études.

L'autopsie effectuée par le Dr Kronberg fait plus penser à un meurtre qu'à une banale mort due à la maladie.

Dans ce roman policier l'enquête est assez bien réalisée mais ce n'est pas le point crucial du roman . En effet, c'est les relations entre les deux personnages qui sont mis en exergue. Si les échanges verbaux sont savoureux l'on peut toutefois regretter que la solution de l'enquête apparaisse un peu prématurément dans le récit. Les policiers quand à eux ne jouent aucun rôle dans cette histoire, ils ne servent qu'à mettre en avant les deux protagonistes principaux. Et une fois de plus dans leurs présentations on n'échappe malheureusement à l'habituel cliché.

La situation de l'époque est rendue de main de main maître. L'auteure, elle même médecin, nous retranscrit à merveille le milieu médical de l'époque et ses avancées.

L'atmosphère et la vie des populations pauvres de Londres collent bien à la thématique principale et permet de bien s'immiscer dans l'univers qui nous est proposé. De plus la situation d'Anna Kronberg, obligée de se cacher pour exercer son métier appris à l'étranger démontre bien la place de la femme dans une société très conservatrice de l'époque.

Le point fort de ce roman réside dans les personnages. Si l'auteure a su se ré-approprier de fort belle manière le personnage d'Holmes qui vit seul après le mariage de son complice de toujours le Docteur Watson,il n'en est pas tout a fait de même avec le personnage d'Anna. Holmes est toujours aussi froid, distant, supérieur voire à certains moments quelque peu agaçant. Le personnage du Docteur Kronberg est lui aussi intéressant mais pas assez constant. On regrette qu’elle évolue dans son comportement au fil des chapitres perdant de son assurance et de densité plus la lecture avance. Elle n'est plus aussi crédible dans le rôle qu'elle joue.


L'écriture de l'auteure est fluide, la lecture est aisée, et même si la médecine joue un rôle primordial dans l'histoire, il n'y a pas de termes complexes dans l'exercice du sujet.

Au final, un bon roman policier, classique de l'époque dans laquelle il se déroule, bien loin des méthodes d'investigations actuelles, une ambiance victorienne bien rendue, des personnages psychologiquement plutôt bien fouillés malgré quelques petites réserves sur le personnage principal mais qui donne toutefois l'envie de suivre la suite des aventures d'Anna Kronberg.



lundi 9 avril 2018

Havre sombre de Gail Z Martin


Lecture dans le cadre du challenge :




Le royaume de Margolan est en ruines. Martris Drayke, le nouveau roi, doit reconstruire son pays après la bataille, alors qu'une nouvelle guerre s'annonce. De son côté, Jonmarc Vahanian, à présent seigneur du Havre Sombre, est aux prises avec les vayash moru qui remettent en cause son autorité: il n'est qu'un mortel. Comment gagner leur confiance, et à quel prix ?


Dans ce troisième opus le récit reprend environ un mois après la fin du tome précédent. Hormis Vahanian parti prendre possession de sa seigneurie d'Havre Sombre, presque tous les compagnons sont réunis en Margolan. Depuis la défaite de Jared et du mage de sang Arontala, le roi Martris a eu fort à faire pour envoyer les âmes de tous les défunts trouver le repos. Mais la reconquête de Margolan n'est pas tout à fait terminée, un seigneur dont la petite fille a eu un enfant de Jared, revendique le trône. Pour Vahanian tout non plus ne se passe pas pour le mieux car une fraction de vayash moru n'admet pas d'être gouvernée par un mortel.

Si l'on a deux intrigues en parallèles elles se révèlent, avec deux personnages qui veulent prendre le pouvoir, à la fois identiques, très classiques et trop simples.

Dans la première partie, hormis des tentatives d'assassinats contre le roi Martris et la future reine Kiara, il ne se passe pas grand chose. L'auteure a beau tenter avec ses tentatives d'assassinats à mettre un peu de rythme à son récit l’histoire s'avère malheureusement pour le lecteur linéaire et répétitive.

La mise en contexte est longue, et il faut attendre plus de la moité du livre pour que l'histoire s'accélère et prenne du volume. Les actions de Malesh contre Carina et Vahanian et la mise du siège devant le château du seigneur Curane donne un peu plus de mordant au récit.

Les actions de guerre contre le seigneur Curane sont mieux décrites que les combats de deux premiers tomes et plus réalistes. Il y a plus de travail de la part de l'auteure ce qui permet au lecteur de mieux visualiser les scènes.

Pas de dénouements en apothéose car les deux récits sont brutalement coupés au moment le plus intéressant de l'histoire. On a la très nette impression que le récit a été volontairement interrompu pour des raisons bassement financières et l'on peut craindre pour l'opus suivant des longueurs ou des parties très lentes à l'image de l’amorce du présent tome. On est clairement dans un tome intermédiaire qui prépare le final. On espère qu’il y aura plus d'actions pour terminer cette saga.

Si les intrigues on pris plus d’épaisseur, il n'en est pas de même pou les personnages. En effet, ils ne prévoient rien, ne prennent jamais garde et sont régulièrement blessés. Certes cette manière permet de mettre en avant le personnage de Carina mais le résultat manque de crédibilité et force est de constater que malgré les épreuves, les protagonistes n'ont pas gagner en maturité.

Malgré des passages très lents en début de récit, la plume de l'auteure est plutôt fluide.

Après trois volumes le constat est évident : l'on est dans une high-fantasy très classique plutôt orientée pour un lectorat plus jeune ou novice du genre bien loin des promesses de la quatrième de couverture du premier tome qui laisse apparaître un côté très sombre malheureusement pas présent.






jeudi 5 avril 2018

L'appel du coucou de Robert Galbraith


Lecture dans le cadre du challenge :





Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l’affaire est vite classée. Suicide. Jusqu’au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Cet ex-lieutenant de l’armée, revenu d’Afghanistan amputé d’une jambe, est au bout du rouleau : sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage. Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l’Internet, il reprend l’enquête. De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, et de vengeances.




Dans le prologue, l'on assiste à la mise en place rapide du contexte, à savoir la mort de Lula Landry, un célèbre mannequin, défenestrée de son appartement. La police sans éléments probants a rapidement classé cette affaire en suicide.

Le début du roman nous fait découvrir le protagoniste principal de l'histoire. Cormoran Strike, détective privé, est un ancien officier de la police militaire, revenu amputé d'une jambe suite à un séjour en Afghanistan. Séparé très récemment d'une compagne qui lui menait la vie dure, le détective, croulant sous les factures est au bord du gouffre quand arrive une affaire juteuse : le frère adoptif de la jeune mannequin qui ne croit pas au suicide lui demande d'enquêter à son tour sur la mort de sa sœur.

Avec un meurtre sous couvert d'un suicide le roman nous plonge dans un policier tout ce qu'il y a de plus classique.

Le détective procède par de multiples interrogatoires des membres de la famille et de l'entourage proche de la victime, effectue des recoupements après chaque interrogatoire, procédant à l'ancienne notant chaque détail dans un carnet. L'on suit l'intégralité de ces interrogatoires mais aussi les multiples questionnements du détective sur l'enquête en cours.

Les multiples interrogatoires, au fur et à mesure que l'histoire avance, s'avèrent redondants mais avec cette manière de procéder chaque fait est minutieusement décortiqué et l'on suit les moindres détails de l'entourage de la victime dans les dernières heures mais aussi dans les derniers mois qui ont précédés sa mort.

L'auteure maîtrise bien son cheminement, oriente quelque peu le lecteur vers un coupable mais bien trop évident pour que l'on puisse y croire mais c'est dans le but de mettre de l'intensité dans le récit et de manière un peu mécanique de faire augmenter le suspense. Le dénouement s'avère sur prenant, bien amené mais pas tout à fait inédit dans le genre.

L'atmosphère de l'histoire malgré certaines longueurs est bien rendue et les descriptions permettent de découvrir plusieurs quartiers de Londres avec leurs différentes catégories sociales qui les peuples ce qui est également appréciable malgré le rythme plutôt lent de l'enquête.

Si l'on excepte l’inspecteur de police qui fait grossièrement cliché, les personnages sont bien dépeints. Chaque personnage à une identité véritable mais hormis les protagonistes de premier plan, les personnages secondaires apparaissent peu et il n'est pas possible pour le lecteur de s'attacher à eux ni même les détester. Mais grâce à quelques rappels bien placés dans le récit il est tout de même possible de se faire une petite idée de leurs personnalités. Le duo de premier plan fonctionne bien, la secrétaire intérimaire complète très vite les lacunes du détective bourru, meurtri et fâché avec la technologie. Elle apporte un gros plus au récit en opposition au caractère du détective même si l'on n’évite pas les quelques scènes avec son compagnon.

Une enquête classique mais passionnante à suivre où chaque élément compte et est bien à sa place, des personnages pour la plupart bien approfondie, une plume de qualité... Certes quelques petits détails nous ont quelque peu chagriné mais cette première incursion dans le genre est bien réussie et donne envie de suivre les pérégrinations du duo.





mardi 3 avril 2018

BILAN LECTURE 1° TRIMESTRE 2018


Livres lus

&

Chroniques effectuées au premier trimestre 2018.


Coups de Cœur :



J'ai aimé :

Le tueur de l'ombre – Claire Favan
Onze jours – Donald Harstad
L'enfant perdu – John Hart
Le sang d'Aldésie – Aurélie Genêt
Chroniques du Nécromancien – Gail Z Martin Tome 1 L'invocateur
La racine du mal – Raoul Coudène
Tombent les anges – Marlène Charine
Saga Valta Tome 1 – Dufaux & Aoumri (BD)
Les blessures du silence – Natacha Calestrémé

J'ai moyennement aimé :
Rois et sorciers – Morgan Rice Tome 1 Le réveil des dragons
Le royaume perdu – Jean Aimé Bonzami – Tome 1 Prophétie et trahison
Les révélations de Riyria – Michael J Sullivan Tome 1 La conspiration de la couronne
Du bois pour les cercueils – Claude Ragon
Les portes noires – Sébastien Degorce
La compassion du diable – Fabio M Mitchelli
7 jours à River Falls – Alexis Aubenque
Kane intégrale 1 – Karl Edward Wagner
Chroniques du Nécromancien – Gail Z Martin Tome 2 Le roi de sang
Les enfants du cap – Michèle Rowe
Le silence des aveux – Amélie de Lima
Les ombres qui attendent – Carlene Thompson


Je n'ai pas aimé :

Le mage de la montagne d'or – Alexandre Lévine
Mon premier meurtre – Leena Lehtolainen
Les vampires d'Airain – Andy Remic Tome 3 Les seigneurs vampires
Les bruines de Lanester – Jean Failler
Lumikko – Pasi Ilmari Jääskeläinen
La prophétie des âmes intégrale – Sacha Isaïn


lundi 26 mars 2018

Les ombres qui attendent de Carlene Thompson


Lecture dans le cadre du challenge :


"La vie de Marissa Gray a basculé quand sa meilleure amie Gretchen a fait une chute mortelle sous ses yeux au cours d’une escapade entre amis. Envers et contre tous, Marissa a toujours affirmé que Dillon Archer, le petit ami de Gretchen, l’avait bel et bien poussée dans le vide. Mais personne, pas même son fiancé, n’a voulu la croire. Lorsqu’elle revient quelques années plus tard à d’Aurora Falls comme journaliste du quotidien local, elle est sûre que les blessures du passé sont cicatrisées. Pourtant, très vite, le sang se remet à couler. Un inconnu s’attaque aux anciens amis de Gretchen et tue des innocents de sang-froid. Et les messages étranges qu’il laisse derrière lui mènent toujours à Marissa ! Elle n’a donc plus le choix : si elle veut échapper à la mort, elle va devoir découvrir les mystères du passé… ".



Après un prologue où l'on assiste au meurtre de Gretchen, le récit fait un bond dans le temps et l'on se retrouve quatre et demi plus tard à assister à une tentative de meurtre sur la personne de Marissa Gray une journaliste revenue au pays et meilleure amie de la précédente victime.

Lors de sa déposition, la police, dirigée par son ex-fiancé, ne croit pas à ses déclarations, mais peu après plusieurs meurtres et incidents étranges se succèdent, reliant ces affaires au meurtre survenu dans le passé.

La mise en place de l'intrigue tarde car l'auteure revient sur le passé des protagonistes, leurs amours de jeunesse, leurs relations passées, leurs amours de l'époque réduits pour certains à néant suite au crime. L'enquête est quasiment reléguée au second plan noyée dans la masse d'informations, souvent répétitives du passé, et le quotidien des faits et gestes des protagonistes, des amours naissants ou renaissants. Les nombreux échanges entre les différents protagonistes, pour la majorité de retour sur les lieux de leur jeunesse, sont, comme certaines de leurs réactions, très prévisibles. Des échanges qui souvent présentent peu d’intérêts pour l'enquête. Certes les rebondissements sont nombreux et permettent de retenir l'attention du lecteur mais le côté très féminin du récit et quelque peu guimauve ne satisfera certainement pas le lectorat féminin plus friand de policiers et thrillers plus sombres.

Les personnages sont très bien développés, mais parfois un peu trop car à certains moments de la lecture ils se présentent stéréotypés.

Le point fort de l'histoire réside dans le fait que dès les premières lignes l'auteure nous livre un coupable idéal, qu'elle continue d’orienter à chaque nouveau fait le lecteur vers ce coupable, pour enfin nous amener vers un dénouement inattendu.

Le fait de revenir sans cesse sur des faits déjà évoqués précédemment rend le style de l'auteure souvent pesant et même à plusieurs reprises finissent par agacer le lecteur


Les nombreux rebondissements, la conduite du récit réussie, le dénouement intéressant ne parviennent malheureusement pas à gommer tous les défauts précédemment relevés tout au long de la lecture.




mardi 20 mars 2018

Les blessures du silence de Natacha Calestrémé


Lecture dans le cadre d'un partenariat avec :

  


Amandine Moulin a disparu. Son mari évoque un possible suicide. Ses parents affirment qu elle a été tuée. Ses collègues pensent qu elle s est enfuie avec un amant. Une succession de témoignages contradictoires qui ne collent pas avec la description qui est faite de cette mère de trois petites filles. Qui croire ? Qui manipule qui ? Connaît-on vraiment la personne qui vit à ses côtés ?

Au fil d une intrigue aussi poignante que déroutante, Natacha Calestrémé dépeint les effets de l emprise et de la perversion, les silences qui accompagnent cette violence invisible, les pièges dans lesquels tombe l entourage... et donne peut-être les clefs pour s en libérer.


Je remercie toute l'équipe de Babelio de m'avoir proposé cette lecture en MC privilégiée. Quand le mail m'est parvenu je n'ai pas hésité une seconde car j'avais beaucoup apprécié le premier roman de la série des enquêtes du Major Clivel. Je tiens également à remercier les éditions Albin Michel pour ce roman des plus plaisants.

Le Major Clivel du troisième district de ma PJ parisienne est convoqué par son chef le Commissaire Filipo au sujet d'une disparition inquiétante, celle du mère de famille de trois jeunes enfants. Amandine Moulin a disparue depuis huit jours et la police de quartier n'a aucune piste. Selon le Commissaire, qui dans un premier temps tait qu'il a eu par le passé une liaison avec la femme, il ne peut s'agir d'une fugue.

Les blessures du silence est la quatrième enquête du Major Clivel.

L'auteure alterne l'enquête avec le passé récent de la jeune femme et l'on découvre qu'elle subissait constamment des vexations et brimades de la part de son pervers narcissique de mari, un éminent professeur de lycée « bien sous tous rapports ».
La situation de la femme est fort complexe, elle espère comme c'est toujours le cas dans ce genre d'affaire que son mari va changer même si ses proches tentent de lui faire ouvrir les yeux, elle l'aime toujours et puis sa situation financière lui permet pas de le quitter. Elle ne peut abandonner ses filles, elle est prise au piège.

L'auteure nous livre une thématique d'actualité avec le harcèlement, dépeint très minutieusement les affres de la femme, le mécanisme employé par le mari mais aussi de manière générale qu'elle nous fait découvrir par le truchement d'une psychiatre tout comme les solutions pour sortir de cet enfer. Comme à l'accoutumée, l'auteure s'est fort bien documenté en amont aussi bien dans le thème que dans l'enquête où elle nous faire découvrir la manière de travailler des chiens pisteurs. Elle va même plus loin en employant des méthodes novatrices pour faire avancer l'enquête.

L'enquête, bien que la police soupçonne depuis le début avance très lentement mais la aussi son déroulement est maîtrisé de main de maître, la moindre des actions des enquêteurs est décrite, tout est pesé.

On notera toutefois que les problèmes sentimentaux des policiers et leur passé viennent perturbé quelque peu le récit. Le dénouement est fort intéressant malgré que là aussi la vie du protagoniste principal est matinée d'une touche romantique. L'interprétation des rêves du protagoniste principal apporte une touche de surnaturel à l'histoire.

Malgré quelques petites longueurs certes nécessaires à la bonne compréhension du cheminement, la plume de l'auteure est fluide, très précise permettant au lecteur de bien s'approprier les différentes scènes comme s'il faisait partie intégrante de l'équipe qui même l'enquête.

Malgré le petit point explicité ci-dessus, l'auteure nous livre un policier d'excellente facture plus travaillé que la moyenne des ouvrages du genre.



vendredi 16 mars 2018

Le silence des aveux de Amélie De Lima


Lecture dans le cadre du challenge :


Lille, novembre 2010, le corps sans vie d’une adolescente est retrouvé près de la Deûle enneigée, dans d’étranges conditions. Cheveux scalpés, habillée mais sans sous-vêtements, un billet de vingt euros dans la main, tout prête à croire qu’il s’agit d’un crime sexuel. Véronique De Smet, commissaire chargée de l’affaire semble piétiner, les meurtres s’enchaînent et l’enquête est au plus bas.
Pourtant, un revirement de situation permettra à Véronique de mettre la main sur le présumé meurtrier, un trentenaire qui semble être le coupable idéal. Mais, l’est-il vraiment ?
Aidée de l’inspecteur Bernier, Véronique réalisera un travail de fond, sur l’enquête et sur elle-même, pour démêler cette affaire, où rien ne semble être ce qu’il parait...


Le corps d'une adolescente de quinze ans est retrouvé sur les bords de la Deûle à un endroit très fréquenté par les prostituées. L'enquête est confiée à la commissaire De Smet secondée par l'inspecteur Bernier. L'enquête s'annonce difficile car peu d'indices ont été trouvés sur place car après avoir été étranglée l'adolescente a été lavée. Le seul élément dont dispose les enquêteurs est un billet de banque sur lequel est inscrit au marqueur rouge le mot délivrance.


L'auteure procède de manière particulière pour nous plonger dans son roman car pendant les douze premiers chapitres l'enquête est laissée de côté pour nous présenter très longuement les protagonistes principaux de l'histoire.

L'on suit d'abord Élise, une psychologue de renommée à laquelle une confrère malade lui adresse un patient fragile et très perturbé psychologiquement, Benjamin. En parallèle du passé particulièrement douloureux de l'homme l'auteure appuie tout particulièrement sur celui de la psychologue tout particulièrement meurtrie elle aussi par une jeunesse aussi difficile. Mais l'auteure ne s'arrête pas en aussi bon chemin car l'enquêtrice n'est pas en reste, rongée, minée par une enquête qui s'est mal déroulée il y a trois. Mise à pied, elle a du suivre une thérapie et la psychologue qu'elle a rencontrée n'est autre qu’Élise dont elle est devenue l'amie. Il est à noter qu'une fois de plus on n'échappe aux sempiternels clichés sur la police car son adjoint a aussi des problèmes dans sa vie.

Lorsque l'enquête débute enfin, le parcours des policiers est encore largement altéré par les affres que la vie quotidienne des protagonistes et des bribes atroces de leur passé. Dans ce thriller psychologique l'auteure a choisi de mettre l'accent sur les univers sombres voire glauques des personnages et c'est dommage car l'enquête ne sert que de prétexte à étaler toutes les misères du monde. Déjà que le responsable potentiel des meurtres nous était livré sur un plateau dés les premières paragraphes tronquant fortement le suspense. Le point essentiel et intéressant pour le lecteur, à savoir l'enquête s'avère inintéressant du fait d'un déséquilibre entre la partie thriller et la partie psychologie. Â certains moments ont a plus l'impression d'être dans un manuel de psychologie que dans un roman.

De nouveaux cadavres sont retrouvés dans les mêmes conditions que le premier et les enquêteurs piétinent par manque d'indices et de témoins. Et ce n'est que par l'indiscrétion d'un tiers que la situation va se débloquer et les mettre sur la piste d'un tueur un peu trop évident pour le lecteur. Le dénouement est certes intéressant mais ne surprend d'aucune manière le lecteur. Un final quelque peu incomplet, très ouvert qui laisse une fois de plus le lecteur sur sa faim.


Du fait des nombreuses longueurs qui émaillent le récit car trop centré sur les personnages, il est difficile de vraiment pouvoir juger le potentiel de l'auteure et de sa plume, mais l'on relève néanmoins des maladresses.

Au final un roman qui devrait plaire à des lecteurs avides de psychologie, mais qui laisse l'amateur de policiers sur une impression mitigée car le point principal, l'enquête est traitée de manière trop sommaire.


dimanche 11 mars 2018

Saga Valta, tome 1 de Dufaux & Aouamri


Venu de Valta, Valgar le viking est aussi brave que séduisant... des qualités qui n'ont pas échappé à Astridr, la fille de Thorgerr aux cents guerriers. De leur union naît Gunnar, mais ce bonheur est d'extrêmement courte durée, car le père furieux rattrape le couple maudit quelques minutes après que leur amour a porté son fruit. En fuite, Valgar ne doit sa survie qu'à la lance qu'il porte, artefact légendaire qui attire l'attention du monstrueux Ogerth-le-sinueux. Ce dernier lui laisse la vie, contre la promesse de lui ramener un manteau rouge. Et Valgar aurait accepté n'importe quel marché pour pouvoir venger son bonheur perdu !


Astridr, la fille d'un chef de clan s'est enfuie avec Valgar un guerrier d'un autre clan. Alors qu'elle est en train d'accoucher, son père arrive à la tête de ses troupes et son aimé doit prendre la fuite à travers une forêt maudite. Poursuivi par de nombreux guerriers il ne doit son salut qu'à un monstre maléfique. Désireux de se venger, il n'a d'autres choix que d'intercéder auprès du Conseil des Anciens, mais sa route sera semée d'embûches et le danger ne se présentera pas toujours de la manière que de prime abord l'on pourrait croire.


Inspirés de ma mythologie nordique, les auteurs nous plonge dans un monde sombre et fantastique peuplé de monstres, de farouches guerriers, de perfidies, de trahisons...

Avec pour postulat de départ une vengeance, l'intrigue aurait pu être linéaire sans l’apparition d'une femme fatale aussi belle que manipulatrice.

Avec une BD un peu courte et seulement un nombre restreint de bulles, les auteurs n'ont pas su suffisamment développer la psychologie des personnages dans ce premier opus. L'histoire aurait mérité quelques pages de plus, ce qui aurait aussi permis de pallier les faiblesses de départ récurrentes aux premiers tomes.

Le coté graphique est le point fort de cet album, le dessinateur maîtrisant autant les paysages que les personnages.

Au final, un album de bonne qualité, une histoire qui se complexifie au fil des pages nous promettant un deuxième opus encore plus prenant.



samedi 10 mars 2018

La prophétie des âmes, intégrale de Sacha Isaïn


Lecture dans le cadre du challenge : 




Au royaume de Meeran, la jeune reine Nuala règne depuis deux cycles des saisons. Tel que la loi ancestrale l'y autorise, Lord Jarlatt la défie en combat singulier afin de s'emparer de son trône. Il choisit le mystérieux Solund pour être son champion. Qui est ce Solund, un esclave surgi de nulle part aux pouvoirs magiques et à la science du combat le rendant invincible ? Nuala sait déjà qu'elle aura un autre combat autrement plus capital à livrer si elle l'emporte. La Chanson Sacrée de Thesus est une prophétie dont chaque prédiction s'est toujours révélée juste depuis plus de deux millénaires. Or, les derniers vers de la chanson sont clairs, une guerre se profile contre le vaste empire du Kalyann, l'un des sept royaumes du monde de Nuala, et ses conséquences seront terribles puisque la survie de ce monde sera en jeu. La seule solution sera de pacifier les sept royaumes, dont cet empire gigantesque qui refuse de négocier. Solund sera-t-il un ami ou ennemi ? Quel est le véritable objectif d'Amrish, l'empereur du puissant Kalyann ? Que signifie le dernier vers de la Chanson Sacrée précisant que seules les Âmes Pures pourront sauver le monde ? Et d'ailleurs, qui sont ces Âmes Pures ? Et pourquoi le chaman Finnur du monde qui n'existe pas s'intéresse-t-il autant à Nuala et Solund ? Dans un monde médiéval imaginaire, les héros de la Prophétie seront confrontés à leur devoir qui les contraindra à se combattre. Leur unique objectif sera le même : sauver le monde. Sauf que chacun est guidé par sa propre prophétie parfois très différente. Alors, lequel détient la seule vérité ? Et d'ailleurs, il y a-t-il une seule vérité ? 


Au début du roman l'on découvre Nuala, le reine du Royaume de Meeran qui vient d'être défiée pour le trône par un Lord comme prévu dans les lois du royaume. Se refusant à prendre un champion elle va devoir combattre un esclave venu du Nord.

Dans les premiers chapitres l'on suit également Amrish l’Empereur du Kalyann à la tête d'une immense armée marchant contre les royaumes pour imposer une foi unique comme son dieu lui à demander.

Avec une croisade religieuse le postulat de départ s'avère des plus simples. Les différents royaumes vont devoir s'unir, malgré leurs divergences, face à cette menace, et l'on va tour particulièrement dans ce récit les Âmes Pures de chaque royaume qui vont s'unir contre les desseins des Dieux sans savoir qu'ils en sont au départ les marionnettes de leurs différentes déités.

L'univers médiéviste quoique classique est assez intéressant, l'auteur puisant dans divers pans de l'histoire mais aussi dans de nombreux mythes. Certes il n'est pas toujours évident de prime abord d'identifier d'identifier les sources de l'auteur mais l'important c'est que l'osmose fonctionne. L'auteur parvient sur ce point à se réapproprier les différents éléments pour nous proposer quelque chose de cohérent.

Avec une guerre qui se profilait à l'horizon on pouvait espérer une fantasy épique mais malheureusement l'auteur a essentiellement centré son récit sur ses personnages, leurs ressentis, leurs émotions, leurs introspections, leurs questionnements, et leurs amours... De cette manière de procéder les longueurs succèdent aux longueurs et il en résulte une dynamique de lecture des plus lente ce qui génère chez le lecteur à maintes reprises l'envie de cesser la lecture malgré une histoire qui n'est pas inintéressante. C'est le gros point noir de ce roman mais ce n'est pas le seul reproche que l'on puisse faire.

Les personnages se révèlent attachants à suivre si l'on fait abstraction de leurs amours mais ils se révèlent également naïfs et puérils dans leur manière d'être ou de procéder et sont à de nombreuses reprises quasi caricaturaux. Les incursions des personnages dans une sorte de monde parallèle et l'un des points forts du roman mais l'on reste un peu sur notre faim car ces incursions ne sont pas assez exploitées.

La magie dans le début du roman offrait des possibilités innovantes mais dans la manière de l’exploiter l'auteur a opter pour le démonstratif plutôt que dans la finesse, elle se révèle surpuissante et de par trop classique dans son exploitation.

Leurs interventions des dieux pour asseoir leur prédominance, bien que récurrente dans le genre, étaient intéressantes mais pas assez poussées dans le récit et quelques peu tardives.

Au final, le développement de l'histoire est par trop intimiste, les relations amoureuses prenant trop le pas sur le développement de l'intrigue et ce n'est que dans les derniers chapitres que l'histoire parvient à captiver le lecteur. La mise en page du roman n'est pas soignée : désignation des chapitres collées au texte, mots collés entre eux,... ce qui est inadmissible pour le prix demandé !!!