vendredi 14 février 2020

Les rues de Santiago de Boris Quercia



Il fait froid, il est six heures du matin et Santiago n'a pas envie de tuer qui que ce soit. Le problème, c'est qu'il est flic. Il est sur le point d'arrêter une bande de délinquants, dangereux mais peu expérimentés, et les délinquants inexpérimentés font toujours n'importe quoi... Après avoir abattu un jeune homme de quinze ans lors d'une arrestation musclée, Santiago Quiñones, erre dans les rues de sa ville, Santiago du Chili, en traînant son dégoût. C'est ainsi qu'il croise le chemin de la belle Ema Marin, une courtière en assurances qui semble savoir beaucoup de choses sur son passé.



Dans ce court roman qui se déroule au Chili, l'on suit le quotidien d'un flic atypique dans les rues de la capitale. Après avoir participé à l'arrestation d'un gang où il à malencontreusement abattu un adolescent de quinze ans, le vague à l'âme Santiago Quinones suit dans la rue une jeune femme sans ce douter que cette filature qui n'en est pas une à proprement parler va l'entraîner au centre d'une affaire d'arnaque à l'assurance.

Le meurtre d'un détective privé, ancien policier que Santiago connaissait va donner lieu non pas à une enquête mais permettre à l'auteur de nous narrer la dureté de la vie des flics dans une capitale chilienne où se côtoient flics ripoux, avocats véreux, escrocs et trafics de drogue.

L'intrigue policière n'est ici qu'un prétexte à faire ressortir une ambiance particulière, très sombre. Malgré le peu d'action, l'histoire essentiellement centrée sur le personnage central nous entraîne dans une aventure urbaine rythmée. La ville est très peu décrite, seuls les noms de quelques endroits et rues sont cités : de la ville le lecteur n'apprendra rien.

Pas non plus de nombreux personnages, mais l'auteur nous dresse un portrait très fouillé du policier.

La plume de l'auteur est vive, sèche, les phrases sont coutres, le style est agressif voire à certains moments vulgaire.

Un très bon roman noir qui se lit très vite, c'est dense, rythmé, à aucun moment l'on ne s'ennuie.



samedi 8 février 2020

Morte la bête de Lotte & Soren Hammer



Le jour de la rentrée, deux enfants découvrent un spectacle cauchemardesque dans le gymnase de leur école: cinq corps d'hommes ont été mutilés à la tronçonneuse avant d'être pendus au plafond. L'inspecteur en chef Simonsen prend la direction de l'enquête. L'identification des corps est compliquée par leur état, mais l'ablation systématique des parties génitales ressemble à une signature. Dès les premiers interrogatoires, l'étrange concierge de l'école tient des propos contradictoires et provocateurs. Dans le même temps, un riche entrepreneur victime d'abus sexuels dans sa jeunesse lance une vaste campagne de communication pour dénoncer le laxisme de la justice danoise vis-à-vis des pédophiles. L'opinion publique s'empare du débat, menaçant de parasiter l'enquête. Le concierge, de son côté, échappe à la surveillance de la police...



Leur mère travaillant tôt, deux enfants arrivent à l'école avant les professeurs, comme à leur habitude ils vont jouer dans la salle de sports. Mais ils y découvrent cinq hommes pendus au plafond, leurs visages sont défigurés à coups de tronçonneuse. Pour l'équipe de l'inspecteur chef Simonsen l'enquête va s'avérer difficile car la presse va rapidement révéler que les victimes étaient des pédophiles. En effet une grande partie de la population va être favorable aux assassins aux détriment de la police.

Le récit repose sur quatre axes : les policiers qui se retrouvent un peu démunis face à l'opinion publique qui donne raison aux meurtriers, les auteurs des meurtres manipulent l'opinion publique et les médias pour forcer l'état à adopter des peines plus lourdes, les médias qui veulent faire du tirage et qui sont manipulés par les meurtriers et même dans le final par la police, et l'opinion publique qui s'enflamme.

Ici contrairement à la majorité des polars nordiques pas de descriptions de paysages, des lieux touristiques : les lieux sont juste cités par leurs noms ; et si le récit se déroule au Danemark, il aurait tout aussi bien pu se dérouler ailleurs dans n'importe quel pays sans que ça y change quelque chose.

L' histoire au début a un peu de mal à démarrer, il faut attendre une centaine de pages pour que l'enquête devienne intéressante à défaut d'être haletante. Une enquête qui n'est pas centrée uniquement sur l'enquêteur principal mais c'est le travail de toute l'équipe qui est rapporté que ce soit dans les avancées ou dans les difficultés rencontrées.

Les personnages sont dans leur ensemble bien décrits, la psychologie est travaillé, même si certains sont un peu plus mis en avant.

L'écriture se révèle un peu pesante mais reste toutefois efficace.

Au final un sujet épineux, une ambiance plutôt sombre, une trame de fond intéressante, des personnages fouillés : pour un premier roman il es plutôt de bonne qualité.




mercredi 29 janvier 2020

L'aiguille dans la botte de foin de Ernesto Mallo



"Perro" (le chien) Lascano est officier de police à Buenos Aires. C'est un policier intègre, position difficile à tenir dans l'Argentine de la dictature. Profondément affecté par la mort de sa femme, il se réfugie dans le travail. Un matin, il est envoyé près du Riachuelo, où trois cadavres ont été signalés : un jeune homme et une jeune femme dont les crânes ont explosé sous l'impact des balles, marque caractéristique des méthodes "d'exécution" des militaires. L'autre corps présente un aspect sensiblement différent ; il s'agit d'un homme bedonnant, d'âge mûr, dont la tête est intacte. Une tache de sang dessine une fleur sur sa chemise. Comme le dit Fuseli, le médecin légiste, "les morts parlent à ceux qui savent les écouter". Lascano va s'efforcer de faire parler ce troisième cadavre, mais ce ne sera pas chose facile dans un pays où des hommes aigris et dangereux comme le major Giribaldi font régner la terreur.



Un matin, alors qu'il vient juste de quitter son domicile, le commissaire Lascano est contacté par radio par le département de la police : un camionneur a découvert deux cadavres. Alors qu'il arrive à l'endroit indiqué il croise un véhicule qui quitte précipitamment le chemin. Arrivé sur place, il constate qu'il n'y a pas deux cadavres mais trois. Si deux des corps ont la tête éclatée par balles signe d'une exécution par la junte militaire, le troisième corps ne présente pas les mêmes caractéristiques, et de plus il est encore sec alors que la pluie n'a cessé de tomber.

Dans ce premier tome de la série, c'est plus le climat dans lequel l'enquête va se dérouler qui est mis en avant que l'enquête elle m^me car dés le début du roman le lecteur connaît rapidement ce qui s'est passé. L'auteur nous dépeint une Argentine des années 70 sou dictature où les riches ou du moins ceux qui ont des appuis peuvent tout ce permettre. C'est dans une ambiance très sombre où les vols d'enfants, les exécutions sommaires des subversifs, les communistes, sont journaliers, et que la junte militaire à tous les droits que le lecteur va naviguer aux côtés du policier.

L'enquête en elle même occupe peu de place, elle consiste uniquement en deux ou trois interrogatoires de proches de la victime ou de ses clients. Le policier a plus de soupçons que de preuves véritables. L'auteur met surtout en avant les difficultés rencontrées par le policier dans ce climat si particulier. Il nous dépeint également le quotidien du policier, qui a perdu son épouse, en dehors de son métier. Sa vie personnelle occupe peut être un tantinet importante par rapport à l'enquête.

Les personnages qu'ils soient sympathiques comme le commissaire ou bien cupides ou corrompus l'auteur nous les dépeints riches en couleurs.

Le style de l'auteur est sobre, et par moments il se veut poétique ce qui a pour effet de le rehausser par rapport à la noirceur générale qui s'en dégage. Par contre les dialogues sont écrits de manière compacte, sans tirets lorsque l'on change d'interlocuteurs ce occasionne des difficultés au lecteur pour comprendre qui parle.

Plus qu'un policier l'auteur nous livre un très bon roman noir à la fois sombre et cynique.






mardi 14 janvier 2020

Vaste comme la nuit d'Elena Piacentini



La capitaine Mathilde Sénéchal n'aurait jamais imaginé retourner sur les lieux de son enfance, un petit village non loin de Dieppe. Mais quand Lazaret, son ancien chef de groupe, lui fait parvenir une lettre sibylline, elle comprend qu'elle va devoir rouvrir une enquête vieille de trente ans. Qu'elle le veuille ou non, le passé ne meurt jamais. Il a même des odeurs, ces odeurs qu'elle sait identifier comme personne et qui sont aussi son talon d'Achille. Il est temps pour elle de sonder sa mémoire défaillante et d'affronter la vérité.



Le commandant Lazaret, mentor et amant occasionnel de la capitaine Mathilde Sénéchal, atteint d'un cancer se suicide en mer, son bateau est retrouvé à la dérive. Il laisse à Mathilde un dossier vieux de trente ans, la disparition non élucidée de Jeanne Bihorel qui donnait parfois des cours de piano à Mathilde. Une disparition survenue le même jour où Mathilde, alors enfant, a eu un accident de vélo qui l'a laissée en partie amnésique.

L'intrigue met beaucoup de temps à débuter, il faut attendre plus de la moitié du récit pour que les premiers éléments de l'enquête et du passé nous parviennent. En effet dans cette première partie l'auteur s'attache surtout à faire ressortir le mal être et les états d'âme de Mathilde traumatisée par son passé. La dynamique de lecture s'avère très lente et le récit ne parvient pas à capter suffisamment l'attention du lecteur.

Quand débute réellement l'enquête, les interrogatoires des témoins du passé n'apportent que peu d'indices au lecteur sur la disparition de la jeune femme. Dans cette deuxième partie l'auteure fait ressortir les faits qui se sont déroulés le même jour que la disparition de la jeune femme femme dans les décennies passées. Des faits troublants de morts inexpliquées qui donnent une atmosphère oppressante au récit, des morts de proches des familles toujours au même dates qui permettent de maintenir le suspense. Les interrogatoires ne fourniront rien de véritablement concret pour l'enquête, c'est surtout le travail de Mathilde sur elle même qui conduira au dénouement. La totalité du récit est plus basé sur l'atmosphère que sur les faits.

Le personnage de Mathilde s'avère très fouillé , néanmoins le fait que l'on se retrouve une fois de plus avec un personnage marqué par son passé, c'est devenu une habitude dans les thrillers et les romans policiers, ne nous permet pas de s'attacher à elle. Dans ce roman de la deuxième série de l'auteure on est aux antipodes du personnage central de la première série de l'auteur qui lui se révélait attachant. A notre avis, hormis le personnages d'Hortense, les personnages secondaires ne sont pas suffisamment exploités.

La plume de l'auteure est beaucoup plus riche et travaillée que dans la majorité des romans du genre, mais cette qualité dans la première partie du roman à son revers. L'auteur comme mentionné ci-dessus s'attachant trop aux ressentis de son personnage, l'écriture accentue l'effet de lenteur.

Une lecture qui à la sortie nous laisse sur un sentiment mitigé.





mardi 7 janvier 2020

L'évangile selon Satan de Patrick Graham



2006, Hattiesburg, dans le Maine. Rachel, l'assistante du shérif du comté, enquête sur la disparition de quatre jeunes serveuses. Elle disparaît à son tour. Marie Parks, profileuse au FBI qui possède des dons de médium et s'est spécialisée dans la traque des cross-killers - les tueurs en série qui voyagent -, est chargée d'enquêter sur la disparition de Rachel. Elle retrouve son corps torturé et la dépouille des quatre disparues crucifiées dans une crypte. Le tueur, abattu par le FBI, est un moine qui porte les signes du Diable.
Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la congrégation des Miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu'il avait envoyées aux États-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l'ordre des Recluses, un ordre très ancien, chargé depuis le Moyen Âge de protéger et d'étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet évangile que l'Église a perdu six siècles plus tôt...



1348, alors que la peste noire s'étend à toute l'Europe, une religieuse, seule survivante de son couvent, fuit emportant avec elle un crâne surmonté d'une couronne d'épines et un livre cadenassé d'une lourde ferrure. Elle est poursuivie par les envoyés de Satan et par une entité démoniaque, Caleb le Voyageur, qui veulent récupérer le crâne de l’Antéchrist et l’Évangile écrit par Satan.
2006, quatre religieuses, qui travaillaient sous couverture en tant que serveuses dans des bars de nuit et qui traquaient Caleb le Voyageur sont portées disparues. Le shérif local fait alors appel à Marie Parks une profileuse-médium du FBI qui a la particularité, depuis un accident de voiture, de se mettre littéralement à la place des cross-killers qu'elle poursuit. Quand au Vatican, il dépêche son meilleur exorciste, le Père Carzo, pour retrouver le manuscrit que l’Église à perdu la trace depuis le Moyen-Âge.

L'histoire démarre sur un rythme très rapide, et comme c'est souvent le cas dans les thrillers ésotérico-religieux le récit alterne entre ce qui s'est passé au Moyen-Âge et ce qui se déroule à l'époque actuelle. Avec une traque angoissante à souhait, le suspense est toujours présent et gagne en intensité au fil des chapitres.

La partie historique est très bien documentée, toutefois les répétitions sont nombreuses dans cette partie de l'histoire ce qui a pour effet d'alourdir quelque peu le rythme de lecture.

Le postulat de départ est intéressant avec une secte , descendante des Templiers, qui veut asseoir un de ses membre sur le Trône de Saint Pierre. Un postulat qui se révèle toutefois assez classique du genre avec pour but de détruire les fondements de l’Église Catholique.

Avec Marie Parks qui à le pouvoir de se projeter dans le temps et dans un autre corps, et avec l'utilisation par le Père Carzo de l'hypnose, le lecteur découvre petit à petit ce qui s'est déroulé au XIVéme siècle, donnant au récit une touche de paranormal bienvenue. Elle permet aussi à l'auteur de nous rappeler le rôle de l'Inquisition à cette époque. Les personnages principaux sont bien dépeints, leur psychologie est fouillée.

Avec des chapitres courts et une écriture épurée et directe, et de nombreux rebondissements l'auteur parvient aisément à garder l'attention du lecteur du début à la fin du récit et ce malgré les répétitions signalées ci-dessus, et quelques petites longueurs à l'époque actuelle notamment avec ce qui se passe au Vatican.

L’Évangile selon Satan est un excellent thriller qui mélange habilement le fantastique, l'histoire et le paranormal.




mercredi 1 janvier 2020

BILAN LECTURE 4éme TRIMESTRE 2019


Livres lus

&

Chroniques effectuées au Quatrième trimestre 2018.


Coups de Cœur :

J'ai aimé :
Liquidations à la grecque – Petros Markaris
La voix des morts – Neely Tucker
Le lac – Azel Bury

J'ai moyennement aimé :
Nuits macabres – Christelle Morize
Le quatrième sceau – Cédric Péron
Même pas mort – Jean-Philippe Jaworski
Vaticanum – J R Dos Santos
Pine Lake Resort – Phoenix B Asher
Il y aura du sang sur la neige – Sébastien Lepetit
La griffe du diable – Lara Dearman
De meute à mort - Jean-Philippe Jaworski
Fleur de cadavre – Anne Mette Hancock

Je n'ai pas aimé :
Comme des rats morts – Benedek Totth


Novembre & Décembre 2019


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Lecture effectuée


    

    

  

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Dans la PAL



vendredi 20 décembre 2019

Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock



« Puisqu'on me prive de ta présence, Héloïse, donne-moi au moins par tes mots la douce essence de ton être. »
Ces mots concluent les lettres qu’Héloïse Kaldan, journaliste à Copenhague, reçoit régulièrement depuis quelque temps. Postées de France, elles sont signées d'une certaine Anna Kiel.
Héloïse n'a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s'obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ?
Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Héloïse rouvre sans le savoir une page d'un passé qu'elle croyait définitivement tournée.



Journaliste d'investigation, Héloïse Kardan vit une déroute professionnelle depuis la publication d'un article où elle n'a pas vérifié la véracité des documents sur lesquels elle s'était appuyée pour écrire le sujet. Alors qu'elle est dans la tourmente elle reçoit des lettres aux messages peu clairs adressées de France et envoyées par une certaine Anna Kiel meurtrière de l'avocat Mossing fils d'un industriel aux affaires discutables. Aidée par l'inspecteur Schaffer elle va chercher à connaître les motivations qui ont poussées la meurtrière à passer à l'acte.

Dés le début du roman on connaît la coupable et de ce fait le suspense ne repose que sur les lettres énigmatiques que reçoit la journaliste.

Les éléments se mettent doucement en place, mais l'enquête menée n'apporte rien de nouveau au récit l'auteure nous entraîne sur de fausses pistes et il faut attendre la dernière partie du roman pour connaître les raisons qui ont poussée la meurtrière à agir quand la journaliste la rencontre.

Malgré une bonne dynamique le récit manque de rebondissements présentant un réel intérêt pour l'histoire.

Les personnages sont intéressants à suivre mais les deux enquêteurs auraient gagné à être plus développés psychologiquement.

L'écriture de l'auteure est fluide, directe ce qui donne une bonne dynamique de lecture malgré un synopsis assez linéaire.

Un thriller de qualité moyenne qui manque un peu de punch.



dimanche 1 décembre 2019

Le lac de Azel Bury



Sur les berges du Devil's Lake, Alberta, Canada, Camille trouve par hasard le corps d'une adolescente, juste avant les grands froids et l'arrivée de la neige. Le choc est immense. Pourquoi Claire Caine est-elle morte ? Et qui l'a sauvagement assassinée ? L'enquête de Warren Kay, le beau flic natif, aidé d'Irma et Adriel, se déroule cette fois dans une réserve autochtone du Canada. Cette histoire mâtinée de légende indienne pourrait vous donner des frissons dans le dos, tout comme la brume glaciale du Devil's Lake, ce petit matin du mois de novembre. Welcome to Devil's Lake...



Licenciée de son poste de professeur vacataire à Hallifax, Camille s'est achetée une maison retirée pour y écrire un livre. Ignorant les légendes funestes qui entourent la maison et le lac, elle vit en recluse. Mais un matin alors qu'elle fait son jogging sur les bords du Lac du Diable elle tombe par hasard sur le cadavre d'une adolescente. Pour ne pas rester seule dans cette maison isolée durant l'enquête, elle contacte une ancienne amie de faculté, une journaliste de télévision qui débarque en Alberta avec son cameraman et qui va profiter de l'occasion pour faire un reportage sur le lieu.

Avant le début du récit proprement dit, l'auteure nous propose un préambule historique explicitant les accords passés entre les blancs et les autochtones il y a un peu plus d'une centaine d'années. Des autochtones qui se retrouvèrent spoliés de leurs terres et qui vivent aujourd'hui parqués dans des réserves. Des références historiques très intéressantes qui introduisent le fond du récit qui va suivre.

Le cadre dans lequel se déroule le récit donne de suite le ton de l'histoire avec un lac empreint de mystère et de nombreuses disparitions su ces rives jouxtant la réserve indienne. Une intrigue qui est liée comme il est de coutume dans les romans de l'auteure à des légendes ou des phénomènes inexpliqués. Une intrigue bien ciselée qui tient le lecteur en haleine jusqu'au dénouement.

L'enquête policière est menée par le chef de la police tribale, un natif de la région. Parallélement les deux journalistes enquêtent également sur les mystères des disparitions. Au départ on suit les deux enquêtes, mais plus en avant le récit se focalise uniquement sur le travail du policier.

A partir de cette enquête policière, l'auteure en profite pour nous sensibiliser sur le sort des natifs cloîtrés dans des réserves et dont le quotidien est souvent fait d'oisiveté, de haine contre le blanc, d'alcoolisme et même de maladies. L'atmosphère qui règne tout au long du récit est à la fois angoissante et lourde.

L'auteure allège cette atmosphère pesante par des touches d'humour fort bien placées et sise dans les interactions dans les interactions verbales qui ont lieu le plus souvent entre les deux journalistes.

Les personnages sont très soignés, le duo de reporters partage la vedette avec le chef de la police tribale qui occupe dans le récit le premier rôle. Son personnage se révèle complexe et intriguant.

La plume de l'auteure est simple, délicate est à certains moments elle se fait même un tantinet poétique.

Une intrigue très bien maîtrisée, une atmosphère qui se révèle glauque, des personnages fouillés, une plume stylisée : Le Lac se révèle être un excellent thriller.




mardi 26 novembre 2019

Comme des rats morts de Benedek Totth


Ils fréquentent le même lycée et ont les mêmes passe-temps : la natation, les jeux vidéo, le sexe, l'alcool, la drogue... Quand ils ne sont pas à la piscine en train de s'entraîner, ils se murgent chez l'un ou l'autre, fument joint sur joint, enchaînent les parties de GTA, matent des pornos et se tapent leurs copines. Et puis il y a les virées. Ce soir-là, ils avaient coché toutes les mauvaises cases : une voiture "empruntée", l'aiguille dans le rouge au compteur, les pupilles explosées. Ils tuent un cycliste en rase campagne. Ça flippe pas mal pendant quelques jours, et puis les choses reprennent leur cours. Un peu bêtement, mais c'est l'âge, ils se figurent que la nouveauté est le meilleur remède contre l'ennui. Alors quand ils en ont marre de l'herbe, ils pilent des cachets de toutes les couleurs pour voir ce que ça fait ; quand le porno classique ne suffit plus, il se tournent vers le bizarre ; et quand ils ont épuisé leur stock de vannes sur le souffre-douleur de la bande, ils passent aux coups. De là à faire le projet de le tuer, il n'y aura plus qu'un pas. Portrait désespérant de justesse d'une certaine adolescence contemporaine, Comme des rats morts est un roman noir sombre et brillantissime. Une sorte de Trainspotting à la piscine. Un choc.


Dans ce roman noir l'on suit quatre adolescents qui fréquentent le même lycée et qui s’apprécient plus ou moins vu l'échange des propos orduriers qui émaillent le récit tout du long. Les quatre adolescents fréquentent assidûment la piscine où trois d'entre eux s'entraînent pour les courses et le quatrième pour le water-polo.


Prés de la moitié du récit se déroule en ce lieu où la plupart du temps ils se chamaillent et pissent dans la piscine. Les scènes s'avèrent répétitives et offrent peu d’intérêt.

En dehors des entraînements et quand ils sèchent le lycée, ils squattent chez Greg dont les parents sont fortunés et malgré que ce dernier saoule tout le monde c'est chez lui qu'ils assouvissent leurs passions : les jeux vidéos, le porno sur internet ou l'immense collection de DVD du genre, ou l’absorption de drogues qu'ils arrivent à se reprouver et parfois se faire tailler des pipes par des adolescentes en général légèrement plus jeunes.

Les personnages sont vulgaires, violents et à l'emploi de termes abjects, il faut aussi ajouter les longueurs de l'auteur la plupart du temps sans intérêts et une plume tantôt approximative qui peut peut être venir de la traduction.

Il manque au récit un synopsis conducteur, le cycliste renversé au chapitre 1 et laissé agonisant au bord de la route est vite oublié, ainsi qu'une esquisse de règlement de compte sur fond de drogue, le récit ne repose que sur l'apathie des quatre jeunes. Une génération qui ne croit en rien, qui s'ennuie délaissés par leurs parents et qui n'ont aucune vision sur l'avenir.

Le livre n'est pas foncièrement mal écrit, mais l'histoire s'avère fade et sans surprise hormis le final qui lui est intéressant. Les personnages sont caricaturaux, superficiels ; et les filles sont de simples objets sexuels. 



jeudi 21 novembre 2019

De meute à mort de Jean-Philippe Jaworski


«Voici neuf ans que le haut roi Ambigat m’a admis à sa cour. Voici neuf ans que j’ai trouvé ma place parmi les héros bituriges. Toutefois, quoiqu’il demeure redoutable, le souverain vieillit. Sa force vitale s’épuise et les royaumes de la Celtique déclinent. Nos troupeaux sont malades. Nos blés pourrissent sur pied. Les jeunes fils du souverain meurent... La disette et le mécontentement grondent au sein des tribus. Si les dieux se sont détournés du haut roi, que feront les chefs des nations clientes ? Certains ne rêvent-ils pas de renverser Ambigat, de s’emparer du pouvoir, de restaurer la prospérité ? Et moi, Bellovèse ! Moi qu’Ambigat a jadis privé de son père et de son royaume ! Moi qu’Ambigat a naguère voué à la mort ! Quel parti épouserai-je ? Deviendrai-je un chasseur de roi ? Ou serai-je le jeune roi traqué par la meute ?»



Dans ce deuxième tome on retrouve Bellovèse quelques années après le déroulement du tome 1. Il est à la cour du Haut-Roi son oncle. Il 's'est marié et à des enfants. Dans cette première partie du tome 2, divisé en deux volumes, il accompagne son oncle dans une tribu vassale pour célébrer, comme le veut la coutume, le passage du printemps à l'été.

Le récit débute par une chasse au cerf qui se déroule durant le voyage et qui dure pendant 46 pages. L'auteur n'en a pas fini avec les longueurs puisqu'en suite pendant plus de cent pages il nous décrit le village, les derniers préparatifs effectués, les différentes tribus et le début de la fête.

Certes au point de vue du développement de son univers, c'est très intéressant de découvrir les rites païens et d'approfondir les us et coutume de ces peuplades, mais les longueurs succèdent aux longueurs. La magie et les dieux sont moins présents que dans le premier tome, ici c'est l'aspect politique qui est développé avec tout son lot d'intrigues, de trahisons et de violences. L'auteur s'est bien documenté et le développement de l'univers s'avère le point fort du roman. Mais dans cette première partie la dynamique de l'histoire est lente et le lecteur peine à progresser dans le récit.

Il faut attendre la dernière partie de l'histoire pour que la lecture se dynamisme avec des combats qui vont se succéder avec le soulèvement des tribus contre le Haut-Roi. Si les duels menés par Bellovèse se révèlent bien maîtrisés et visuels, il n'en est pas de même pour les combats de masse qui sont pour la plupart expédiés en deux ou trois phrases.

Tout comme dans le tome précédent les personnages sont travaillés, mais encore une fois le lecteur ne parvient pas à entrer en osmose avec eux.

L'écriture est toujours aussi soignée et riche et même si c'est à moindre degré le style reste pesant dans la première partie et ce n'est que dans la dernière partie qu'il devient plus fluide et que la dynamique de lecture devient plus vive.

Si l'univers et les personnages se développent, on notera toutefois que les imperfections du premier tome n'ont pas totalement disparues, il reste à travailler pour que les longueurs soient espacées et qu'il y ait des relances pour le suspense. De plus la coupure mercantile ne favorise pas la conclusion et alors que le développement de l'intrigue était lancée le lecteur est brutalement freiné dans sa progression.