lundi 18 juin 2018

Un fleuve de ténèbres de Rennie Airth



Nous sommes en 1921, et le jeune Billy Styles va voir ses débuts dans la police marqués par une horrible expérience. Dans un manoir de la paisible et riante campagne du Surrey, on vient de découvrir les corps ensanglantés du colonel Fletcher, de sa femme Lucy et de deux de leurs domestiques. Tous ont été sauvagement poignardés - et l'absence de désordre dans la maison porte à croire que l'agression a été perpétrée avec une incroyable rapidité. Pour les policiers du Surrey, ces meurtres résultent tout simplement d'une tentative de cambriolage tragiquement avortée, mais, appelé de Scotland Yard en renfort, l'inspecteur John Madden voit les choses différemment.
Car Madden a fait personnellement l'expérience des horreurs de la Grande Guerre et a vu de près la folie meurtrière qui pouvait en résulter. Et ce crime, il en est sûr, est l’œuvre d'un psychopathe qui frappera de nouveau. Sans tarder.


Dans un paisible manoir du Surrey, un colonel, sa femme et deux domestiques sont sauvagement assassinés. Seule rescapée la petite Sophie qui s'était cachée sous son lit. Mais elle ne sera que de peu d'utilité pour pour la police car prostrée par ce qu est arrivé.


L'enquête est confiée à l'inspecteur-chef Sinclair et à son adjoint l'inspecteur Madden. Ce dernier plus impliqué par l'enquête sera assisté par un policier débutant. Malgré les apparences qui laisse penser à un vol qui a mal tourné et malgré l'insistance de la hiérarchie, l'inspecteur Madden pour suit sa propre piste. Pour lui le meurtrier est un psychopathe revenu de la guerre avec l'envie de tuer en lui.

Dans son déroulement l'enquête s'avère assez classique, mais le point fort du roman réside dans l'époque où elle se déroule. On se trouve dans une époque charnière, où les gans sont encore traumatisés par les nombreuses victimes de la première guerre mondiale, mais aussi dans une période en train de muter où les privilèges de classes sont en train de s'estomper sous les revendications des gens les moins favorisés.

Si l'enquête et le cadre campagnard dans laquelle elle se déroule ne sont pas des plus originaux, l’intérêt de l'histoire réside dans l'introduction de la psychiatrie à ses débuts qui apporte un petit plus à l'histoire.

Les personnages sont intéressants à suivre, très fouillés... Toutefois on ne peut que noter qu'une fois de plus on à en la personne de l'inspecteur Madden on n'échappe pas à l'image du policier torturé dans sa vie personnelle. D'abord par la perte de sa femme et de son enfant emportés avant la guerre par une maladie. Ensuite par l’empreinte que les horreurs de la guerre ont laissé sur lui : il est l'un des rares survivants de son bataillon engagé dans la bataille de la Somme. Dans la hiérarchie on note également un supérieur borné qui ne s'en tient qu'aux indices et qui se moque des extrapolations de l'enquêteur principal. La différence entre les méthodes de l'inspecteur Madden et la naïveté de son adjoint débutant apporte un peu de légèreté au roman.

On n’échappe pas non plus à une idylle entre l'inspecteur et la médecin du village qui va transformer l'épilogue en fin fin à l'eau de rose.

Malgré certaines longueurs et quelques défauts mineurs, le livre se lit bien. On est certes dans un policier tout ce qu'il y a de plus classique mais bien structuré qui donne envie de lire les autres œuvres de l'auteur, sachant de plus que l’inspecteur ayant démissionné on espère échapper à un tel final.




jeudi 14 juin 2018

Embrouilles Lilloises de Blandine Lejeune


Lecture dans le cadre du challenge :



Branle-bas de combat à Lille : Fabio Battisti, un proche du maire de la ville, a été retrouvé assassiné dans son lit. À ses cotés, le cadavre d’une inconnue. Le commandant Boulard est persuadé qu’il s’agit de crimes passionnels. D’autant que Battisti, réputé homme à femmes, entretenait plusieurs relations à la fois. Boulard n’aime pas les privilégiés. S’il faut participer à l’effondrement de leur petit monde pour démasquer l’assassin, il n’hésitera pas un instant. Ce sera avec plaisir.


Avant de rentrer dans le vif du sujet, à savoir les meurtres, l'auteure nous présente quelques tranches de vie de certains des protagonistes.

Lorsque Fabio Battisti, un proche de la Maire de Lille, est retrouvé mort chez lui, en compagnie d'une femme elle aussi assassinée, l'enquête est confiée au Commandant Boulard de la SRPJ de Lille. La médecin légiste appelée sur place se récuse car elle avait une relation avec le secrétaire général de la mairie. Le dossier est confié à la juge d'instruction Degallaix spécialisée dans les affaires de drogues.

Une enquête qui va se dérouler dans une ambiance de coucheries passionnelles où tout le monde à des relations sexuelles avec tout le monde. Une thématique de fond qui n'échappe pas à de nombreux clichés.

Si l'intrigue de base est assez sympathique avec un meurtre qui pourrait s'avérer politiques malheureusement l'enquête s'avère trop classique et sans réelle surprise.

Si le début du roman s'annonçait prometteur de prime abord la suite se révèle des plus décevante. En effet du côté des enquêteurs on a une juge d'instruction divorcée et un policier qui au moindre soupçon veut arrêter tout le monde sans réelle preuve. Le commandant Boulard n'aime personne ni les nantis, ni les avocats, ni les politiques ! On n'échappe pas une fois de plus aux sempiternels clichés sur les enquêteurs.

On est clairement dans un policier régional qui manque de fond, de volume : quelques dizaines de pages aurait peut être pu le rendre attractif.

On doit également noter une énorme coquille à la page 67 où l'auteure en seulement quelques lignes se trompe de prénom. On ne peut s'empêcher de constater un manque de relecture qui aurait permis d'éviter cette énorme de bourde. C'est dommage car la plume de l'auteure sans atteindre des sommets se révélait acceptable.

Revenons à l'enquête en elle même, le lecteur à très vite des soupçons quant au meurtrier ce qui se confirme quand l'une des victimes n'est pas celle annoncée auparavant. Un fait qui se révèle un peu trop facile et manquant d'intérêt.

Dans l'épilogue tous les mis en cause ou éclaboussés quittent la région ou sont mutés : encore une fois cela fait très cliché et l'on n'a même pas droit à un scandale dans la presse qui aurait donné un peu d'ampleur au récit. Et de surcroît on n'échappe pas à un début d'idylle entre les enquêteurs que l'on n'espère pas pour les lecteurs désireux de lire la suite des œuvres de l'auteure qu'ils y figurent.


Au final, un policier très simple, trop simple, des clichés qui succèdent aux clichés, et un côté régional pas assez exploité. Quant à la conduite de l'enquête elle n'est que survolée.




lundi 11 juin 2018

Corvus de Paul Kearney


Lecture dans le cadre du challenge : 


Vingt-trois ans ont passé depuis que les Macht ont retrouvé le chemin de leur foyer après la lutte contre l’Empire Asurian. L’homme qui dirigeait cette armée, Rictus, est maintenant un capitaine mercenaire âgé et fatigué. Il ne souhaite rien d’autre que poser sa lance et devenir le fermier que son père était. Mais le destin ne voit pas les choses de cette façon. Un jeune chef de guerre, stratège de génie, prend la tête des mercenaires et défie les nations. Son nom est Corvus. Les rumeurs prétendent qu’il n’est pas seulement humain. Il deviendra un grand roi.


Rictus vient de rentrer d'une campagne qui a durée plus d'un an et il souhaite vivre une vie paisible dans sa ferme auprès de sa femme et de ses enfants dans une vallée perdue. Mais Corvus un jeune guerrier qui veut devenir le roi des Macht et conquérir toutes les grandes cités vient le déloger pour lui faire reprendre du service avec sa troupe les têtes de chiens. Mais en partant pour cette campagne il ignore que sa vie va être bouleversée.


A l'opposé du tome précédent qui nous plongeait directement dans le vif du sujet ici l'auteur prend le temps de poser les bases du roman. Il nous laisse le temps de s'imprégner du contexte dans le temps se déroule le récit. L'univers est plus approfondi, les us et coutumes de l'époque sont plus détaillés et les personnages sont plus approfondis au niveau de la psychologie. On découvre un univers proches des tragédies antiques.

Si l'intrigue elle même se révèle une fois de plus fort simple avec un conquérant qui veut réunir sous sa seule couronne l'ensemble des Macht, elle amène tout de même un développement soigné.

Si les combats sont encore très présents ce n'est pas la seule préoccupation de l'auteur. En effet, le côté politique occupe une place importante dans le récit, les retournements de situation sont plus nombreux, les personnages plus ambigus et leurs questionnements occupent également le devant de la scène.

Si les descriptions sont plus nombreuses elles sont dosées de manière à ne pas influer sur la dynamique de lecture.

Les scènes de batailles sont toujours aussi visuelles et restent le point fort de l'auteur mais le roman s’avère plus dense mieux construit. 

 

lundi 4 juin 2018

10000 au cœur de l'empire de Paul Kearney


Lecture dans le cadre du challenge : 


Dix mille guerriers de légende. Un empire à conquérir. On les appelle les Macht.
Ils vivent isolés dans les montagnes Harukush, et on raconte qu'ils ont jadis accompli des prouesses sur les champs de bataille. Dans le monde alentour, les anciens envahisseurs et les peuples de Kuf ont été unis sous le joug de l'Empire Asurian, réputé invincible. Le Roi des Rois peut mobiliser sous sa bannière des nations entières. Mais son frère, en exil, veut s'emparer du trône. Il décide alors de faire appel à la légende : dix mille guerriers macht, mercenaires d'élite, marchent bientôt vers le cœur de l'empire... Ceci est l'histoire de leur épopée.


Avec 10000 au cœur de l'empire, l'auteur revisite à sa manière une page de l'histoire Antique.

10000 mercenaires Macht sont embauchés par le frère du Grand Roi de l'empire Kufr pour renverser ce dernier. Mais dès la première bataille le Grand Roi va tuer son frère et les Macht encore très nombreux se retrouvent isolés et encerclés par les troupes du Grand Roi à plusieurs dizaines de jours de la mer. Harcelés, tenaillés par la faim c'est leur périple que l'on va suivre tout au long de ce roman.

Donc pendant toute cette fantasy que l'on peut qualifier d'historique on suit cette gigantesque armée de leur traversée maritime au cœur d'une tempête, en passant par le désert, les montagnes, au sein des troupes durant les batailles mais aussi dans les moments d'accalmie parmi les blessés, leurs bivouacs. On passe avec eux par tous les stades de la faim, de la soif, de l'euphorie des combats à la douleur et à la mort.

Avec la réinterprétation d'un fait historique et comme on se doute l'univers proposé ressemble fortement à un univers que l'on connaît mais avec les Kefr l'auteur a su mettre un petite pointe d'exotisme. La description des différents peuples est bien maîtrisée malgré une connotation avec ce que nous connaissons déjà. Avec les Macht en perpétuel combat entre cités l'auteur ne déroge guère de l'histoire antique : on est très proche des us et coutumes des grecs même si les terres sur lesquelles ils vivent sont très différentes. Si par certains traits de leur manière de vivre les Kefr ne sont pas sans rappeler les perses physiquement on ne retrouve rien dans leurs traits. Quand au troisième peuple qui vit en esclavage sous le joug du peuple kefr il vit dans des conditions misérables et même si certains ont pu s'élever dans la hiérarchie ils ne sont que peu nombreux. Les Juthiens, peu décrits dans ce roman, ne sont pas sans rappeler l'esclavage des peuples africains.

Dans ce roman l'on suit plus particulièrement l'évolution d'un jeune Macht apatride, un survivant de la mise à sac de sa cité rasée de la carte. Embauché au bas de l'échelle dans les troupes mercenaires c'est son ascension que l'on suit plus particulièrement. Les autres personnages sont également intéressants à suivre et sont assez bien dépeints : l'on suit plus particulièrement le chef de l'armée Macht et l'un de ses généraux, les deux souverains de l'empire et une jeune prostitué originaire des montagnes de basse caste.

Si dans ce récit l'on suit plusieurs personnages, c'est surtout les combats qui sont mis en avant et occupent la première place dans cette fantasy épique. Ces combats qu'ils soient de masses ou individuels sont savamment orchestrés. L'auteur utilise particulièrement bien le vocabulaire guerrier, rendant chaque bataille différente des autres sans donner l'impression de répétition. Un lexique en fin de roman permet de se familiariser avec les termes employés et au fil des pages l'on parvient sans difficulté à se l’approprier.

Le style de l'auteur est riche, la plume est précise. Le lecteur est plongé dans le quotidien de ces hommes comme s'il était présent au sein de cette armée. On a certes quelques descriptions un peu longues mais l'auteur a su équilibré ces passages avec les moments d'actions ou avec des interactions orales entre les personnages ce qui gomme en partie ce petit désagrément.

L'auteur nous offre une fantasy épique fort intéressante même si au départ on a eu un peu de mal à s'immiscer dans la manière d'amener le récit. Dans cette histoire pas de moment de répit, l'auteur aurait pu donner plus de vie au monde qui entoure ces guerriers : on ne sait rien ou presque de la vie qui se déroule autour des armées en lice. En effet les combats succèdent aux combats et la lecture s'effectue sur la même tonalité sans relance de la tension.



lundi 28 mai 2018

Grish-Mère de Isabelle Bauthian


Lecture dans le cadre du challenge : 


C'est à Landor qu'on trouve la plus importante école de serviteurs de Civilisation. Ceux qui en sortent, les factotums, savent repasser le linge de leur maître, réciter sa généalogie et éviscérer ceux qui le regardent de travers. Leur fidélité, garantie par des années de lavage de cerveau à la lessive patriotique, n'est plus à démontrer. C'est pourquoi, lorsque Sylve trahit son seigneur et lui dérobe une précieuse relique, c'est l'incompréhension... puis la chasse à l'homme. Sauf que Sylve n'a jamais rien volé. Et peut-on qualifier de traître celui qui a ajusté ses principes par amour ? Le guerrier naïf qui n' jamais quitté Landor est en route pour la baronnie de Grish-Mère. Il espère y laver sa réputation, mais il se retrouve à la merci de la puissante Guilde des Épiciers. Son érudition et son excellence au combat ne lui sont alors que d'un faible secours...


Sylve, un serviteur de luxe, entraîné dés son plus jeune âge à répondre aux moindres exigences du seigneur qu'il sert va se lancer sur les traces d'un ménestrel avec lequel il avait sympathisé, ce dernier ayant volé un artefact à son seigneur. Mais il va devoir évoluer dans un monde qu'il ne connaît pas et va se retrouver mêlé à un complot politique qui va dépasser ce à quoi il avait été préparé. Il ne lui reste que quelques semaines pour réparer la traîtrise dont il a été victime mais il est traqué par l’École qui l'a formé.


Le postulat de départ est assez classique. En effet le personnage central se lance sur les traces d'une statuette volée à son employeur : le côté enquête aurait pu être intéressant et donner lieu a de multiples actions comme le laisse sous-entendre la quatrième de couverture, mais...

Ici comme dans le premier tome l'intrigue s'avère peu développée, noyée dans le flot des informations sur la nouvelle baronnie que l'on découvre, sur le ressenti du personnage principal, ses autocritiques et sa découverte d'un monde dans lequel il n'était pas au vu de sa formation prêt à appréhender.

L'auteure comme à son habitude alterne le présent et le passé du protagoniste principal. Elle nous fait donc découvrir deux baronnies assez différentes l'une deux l'autre : l'on a d'une part une baronnie îlienne et matriarcale et de l'autre une société médiéviste très à cheval sur les principes.

L'univers et les thématiques abordées sont une fois de plus les points forts du récit. On peut toutefois regretter, au contraire du tome un, qu'il n'y ait pas de développer d'interactions entre les deux pays et qu'on ait peu d'informations concernant les dirigeants.

Les moments d'actions sont certes intéressants à suivre mais ils s’avèrent peu nombreux. Lorsqu'il y a enfin un combat il s’avère malheureusement insuffisamment développé et peu visuel. Il est indéniable qu'à l'instar du tome un on est noyé dans des passages très longs et que l'on s'ennuie très souvent.

Les personnages dans leur ensemble sont bien dépeints mais l'on a du mal à s'attacher à eux. Sylve le personnage central, du fait de sa confrontation de ses acquis avec la société dans laquelle il se retrouve projeté malgré lui, apporte des réflexions intéressantes et d'actualités. En effet certains points abordés peuvent être amenés à nous interroger sur notre monde.

La plume de l'auteure se révèle très visuelle. Le récit fourmille de détails, mais cette qualité est aussi le principal défaut de l'histoire car elle se fait au détriment de l'action. L'auteure n'a malheureusement, une fois de plus, su doser les deux parties.

Au final une fantasy intéressante mais des intrigues trop simples, un gros déséquilibre entre les passages descriptifs et les phases d'action ! C'est dommage car l'univers était intéressant mais dans la découverte de la baronnie présentée dans cet opus l'auteure en fait un peu trop sur le côté matriarcal et l'on sombre par moments dans la caricature.



mardi 22 mai 2018

Whitechapel de Sarah Pinborough


Lecture dans le cadre du challenge :


Londres, 1888. Lorsque des cadavres de femmes atrocement mutilées sont repêchés dans la Tamise, le médecin légiste Thomas Bond comprend qu’un second tueur sévit dans les rues de Whitechapel. Or cet assassin paraît plus inhumain que Jack l’Éventreur lui-même…
Pour lutter contre ses insomnies, le docteur Bond passe ses nuits dans les fumeries d’opium. Chaque soir, un inconnu en noir vient examiner les rêveurs perdus dans les brumes opiacées. Pourrait-il être la clé du chaos qui s’est emparé de la capitale ?


Novembre 1886, les restes d'un corps sont découverts sur les marches d'une église à Paris.

De mai à juillet 1887 les journaux relatent les découvertes de différentes parties de corps humain dans les comtés environnants Londres.

Octobre 1888, le tronc d'une femme est découvert dans les caves du nouvel immeuble en cours de construction de la police de Londres. Les inspecteurs chargés de l'enquête font de suite le rapprochement avec les crimes de Jack l’éventreur mais pour le Docteur Bond, le médecin légiste chargé de l'autopsie, les méthodes employées pour tuer sont différentes.

L'auteure alterne le récit présent avec des sauts dans le passé pour faire comprendre au lecteur comment on se trouve dans une telle situation. Cette manière de procéder permet certes au lecteur d'avoir une vision globale de la situation mais fait perdre également une partie du suspense et ralentit le rythme déjà lent de l'histoire.

Si l'ambiance Victorienne dans laquelle se déroule l'histoire est très bien rendue, les changements de narrateurs n'apporte pas grand chose à l'avancée du récit. Il eut été préférable de ne prendre pour nous conter l'histoire que la narration du personnage central, à savoir le Docteur Bond.

L'intrigues est plutôt bien maîtrisée mais les retournements de situations s'avèrent malheureusement quelque peu prévisibles ce qui rend la lecture assez linéaire.

Le côté fantastique, avec une créature qui prend possession de l'homme et l'incite malgré lui à tuer est une excellente idée, mais le lecteur aurait aimé que cette partie soit plus développée en nous décrivant les interactions de l'Upir avec le cerveau de l'hôte.

L'auteure a un réel talent d'écriture que l'on ressent par le biais des descriptions des quartiers glauques de Londres, de ce fait l'ambiance qui s'en dégage est à la fois angoissante et pesante à souhait. Elle fait bien ressortit la détresse des gens qui habitent ces quartiers pauvres et des dépravations auxquelles peuvent se conduire la gent plus aisée.

Les personnages de premier plan, à savoir le Dr Bond, un prêtre très bizarre et un polonais qui à le don de voir des scènes de l'avenir sont très intéressants à suivre. On peut toutefois reprocher qu'il ny ait pas plus d'interactions avec les policiers chargés de l'enquête qui sont eux relégués à un rôle très secondaire.

Au final un récit très prenant mais avec des passages redondants d'informations. Une évocation de Jack l’Éventreur mais pas du tout présent dans le récit : on à la nette impression que le célèbre assassin se révèle juste énoncé que pour faire succomber le lecteur à une alléchante quatrième de couverture. On ne peut s’empêcher de penser que cette manière de procéder est employée pour attirer plus de lecteurs.




samedi 12 mai 2018

Anasterry de Isabelle Bauthian


Lecture dans le cadre du challenge :



Rien ne saurait ébranler Anasterry, la plus riche, intellectuelle et libertaire baronnie de Civilisation, qui place la maîtrise de soi au rang de vertu suprême. Rien… sauf peut-être un défi de gamins.
Quand Renaldo, fils du baron de Montès, et son meilleur ami Thélban Acremont, entreprennent, pour séduire une jeune fille, de trouver la faille de cette utopie, ils ignorent qu’ils vont déterrer de sombres secrets. Et les secrets des puissants ne leur appartiennent pas.
Quels sont ces monstres découverts dans les marais ? En quoi sont-ils liés à la tolérance d’Anasterry pour ces mi-hommes que, partout ailleurs, on opprime jusqu’à les réduire en esclavage ? Après trente ans de paix, Civilisation risque-t-elle d’être si facilement bouleversée ? Pour réparer ses erreurs, Renaldo va devoir choisir entre son patriotisme, sa fidélité amicale, ses idéaux héroïques et ses simples responsabilités d’homme libre.
Une aventure de dark fantasy politique et sensible, portée par des personnages d’une grande humanité.


Pour avoir commis une faute de bienséance, Renaldo, fils cadet du baron de Montés, est envoyé en mission d'espionnage dans la très tolérante baronnie d'Anasterry. C'est accompagné de son ami Thélban, un riche marchand, qu'il se présente à la cour du baron Cal d'Anasterry sous le prétexte de renégocier un contrat entre les deux baronnies. Le baron Cal qui n'est pas dupe de la vraie raison de leur venue les autorise à fouiller là où ils le désirent mais leur interdit formellement de pénétrer dans les dangereux marais. Mais cette interdiction ne fait qu'attiser la curiosité des deux jeunes gens.

Dans ce premier opus des Rétheurs où la politique est omniprésente, il faut attendre presque la moitié du roman pour que l'intrigue se dévoile et qu'elle démarre timidement. En effet, l'auteure choisi de développer un univers très riche, très fouillé où les convenances occupent un place de premier plan.

Ici pas de rebondissements en chaîne, pas d’intrigues secondaires, l'auteure a choisi de faire ressortir les différences entre l'utopique Anasterry par rapport aux autres baronnies beaucoup plus strictes et plus rigoristes. L'histoire aborde des thématiques pertinentes qui avec l'immigration forcée des demi-hommes est très d’actualité avec ce qui se passe actuellement dans notre monde. Certes les thèmes abordés sont très pertinents mais c'est au détriment de l'action que ce fait leur traitement.

L'auteur alterne le récit présent avec la première rencontre entre les deux jeunes gens, le passé de Renaldo. Certes cette manière de procéder permet de découvrir pleinement les deux protagonistes principaux, mais ces flash-backs ont malheureusement l’inconvénient de rajouter de nombreuses longueurs à un récit déjà très lent.

Les personnages sont certes intéressants à suivre car leurs interactions verbales sont émaillées de piques, de bons mots. Cet humour apporte un peu de légèreté à un récit quelque peu ennuyant. Le personnage de Constance est le plus intéressant à suivre car elle occupe une place qui détonne dans cet société féodale très rigide. Là encore la thématique abordée peut être comparée à l'aspiration des femmes dans des nombreuses des sociétés actuelles à avoir plus de droits et de libertés.

La plume de l'auteure, malgré les nombreuses longueurs dues à un univers très élaboré, s'avère directe, bien travaillée sur le fond et pas du tout pompeuse, ce qui aurait pu être le cas avec ce type d'univers.


Au final Anesterry nous offre une fantasy intéressante mais, il faut bien le reconnaître, qui manque cruellement d'actions. Les rares rencontres avec la créature ne sont malheureusement pas assez approfondies. On aurait aimé plus de combats. Le personnage principal trop formaté par son éducation, se montre trop psycho-rigide et apparaît de ce fait à certains moments presque caricatural. Ce premier tome ouvre de nombreuse pistes pour les tomes ultérieurs. On ne peut qu'espérer une intrigue plus solide, des dénouements plus travaillée et des fins moins convenues. Quand au côté dark-fantasy annoncé dans la quatrième de couverture on le cherche encore : il ne suffit pas de mettre une créature mutante pour être dans un registre quand l'univers ne suit pas !

 

vendredi 4 mai 2018

Zone de contagion de Rick Mofina



Reporter à la World Press Alliance, Jack Gannon se rend à Rio pour couvrir l’attentat dans lequel deux journalistes brésiliens ont trouvé la mort. Mais alors qu’il progresse dans son enquête, il voit surgir, à la fois fasciné et incrédule, des liens entre cet attentat et des affaires qui n’ont a priori aucun rapport avec celui-ci. Et il comprend bientôt que ce qui s’est passé à Rio n’est que la partie visible d’une menace infiniment plus vaste, effrayante, et que des millions de vies sont en jeu. Pour faire éclater la vérité, Jack va devoir pénétrer dans les zones les plus sombres de Rio, côtoyer l’horreur et la violence jusqu’à risquer sa vie. Jusqu’à l’hallucinante vérité.



Au début de l'histoire l'on suit un couple et ,leur bébé dans une voiture. En route pour un pique-nique, ils sont victimes d'un accident de la route. La femme semi-consciente voit que son fils est retiré de la voiture par quelqu'un.Un peu plus tard quand on lui annonce qu'il est mort brûlé elle a beau nié le contraire personne ne la croit.


Puis l'on du Wyoming, l'on suit une journaliste qui suite à l'appel anonyme d'une femme se rend dans un bar de Rio de Janeiro pour la rencontrer. Mais la journaliste n'a pas le temps d'apprendre quoique ce soit su' l'affaire importante que la femme avait à lui confier, qu'elles meurent dans un attentat.


Quel est le rapport entre ces deux affaires, c'est ce que va devoir découvrir Jack Gannon, un journaliste de la World Press Alliance de New-York envoyé en renfort à Rio. Malgré que ses collègues et la police brésilienne penchent pour un attentat des narcotrafiquants, le reporter va suivre d'autres pistes.


Au début du roman on a un peu de difficulté à entrer dans le récit car l'auteur nous laisse voir des bribes d'histoires sans que l'on puisse entrevoir la moindre connexion entre elles. L'enquête au fur et à mesure qu'elle se développe nous conduit un peu partout dans le monde de l'Amérique à l'Afrique en passant par l’Angleterre. Les changements de décors sont nombreux. Et bientôt les services secrets américains entrent en scène compliquant quelque peu les investigations du journaliste mais donnant plus d'épaisseur à l'affaire.
L'idée principale du récit bien qu'elle n'apparaisse assez loin dans le récit. Le côté scientifique est parfaitement maîtrisé et s'avère très crédible dans sa formulation.
Le rythme du récit est haletant, avec des chapitres courts et des scènes qui s'enchaînent au fur et à mesure que l'enquête nous dévoile de nouveaux indices et que s'introduisent de nouveaux personnages. C'est donc sur un rythme très soutenu que l'auteur nous transporte jusqu'à un dénouement qui n'apparaît que dans les toutes dernières lignes du roman.


Les deux personnages principaux sont attachants, avec d'un côté une mère de familles très tenace qui veut à tout prix retrouver son enfant, et d'un autre côté un journaliste d'investigation qui ne ménage pas ses efforts malgré que son intégrité physique puisse être menacée.


Un thriller bien mené, même si à certains moments du récit on n'échappe pas à certaines longueurs mais nécessaires à l'épaisseur du roman. L'écriture de l'auteur s'avère tout de même fluide et si l'on a droit à quelques scènes de violences elles permettent de donner plus d'intensité au suspense.




jeudi 26 avril 2018

Mars & Avril 2018



ACHATS MENSUELS MARS & Avril 2018


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mardi 24 avril 2018

L'élu de la dame noire de Gail Z Martin


Lecture dans le cadre du challenge :




Après un an d’exil, Martris Drayke regagne enfin le trône de Margolan. Le roi Invocateur espère rétablir la paix dans le royaume. Mais la couronne est menacée par les sbires de son défunt frère. Loin de son pays natal, Kiara, l’épouse de Martris, lutte contre de mystérieux traîtres qui en veulent à sa vie et à celle de l’héritier qu’elle porte. Pendant ce temps à Havre Sombre, Jonmarc Vahanian est bien décidé à éviter une guerre entre humains et non-morts, et à venger celle qu’il aime d’un sort tragique. Isolés les uns des autres, les héros des Royaumes de l’Hiver n’ont que quelques jours pour remporter leurs combats.




Dans ce quatrième opus des Chroniques du Nécromancien on retrouve les personnages dans les situations dans lesquelles on les avait quittés au tome précédent.

Martris Draike continue le siège de la forteresse du seigneur Curane où il a fort à faire avec les mages de sang et le Courant de magie qui continue de se dégrader. Vahanian doit faire face à la révolte des vayash-moru de Malesh et tenter de trouver une solution pour soigner son épouse entre deux états. Les tentatives d'assassinat contre la reine Kiara se multiplie et ses alliés sont de moins en moins nombreux. Cam qui avait découvert l'espion de Curane est toujours prisonnier de celui qui mène la révolte en Isencroft.

Si dans le troisième tome l'auteure plaçait ses nouvelles intrigues sur un rythme plutôt lent, ici elle les développe sur un rythme plus rapide avec de nombreux rebondissements et retournements de situation qui s'enchaînent.

Coté siège les choses s’accélèrent, les combats sont nombreux, tant sur le plan magiques mais aussi sur un plan plus conventionnel et s'avèrent dans l'ensemble mieux construits et plus visuels.

On peut malheureusement noter que certaines situations, notamment les tentatives d'assassinats conte la reine, se révèlent quelque peu répétitives dans leurs formulations. Mais le rythme donné à l'histoire gomme en partie ces petites lacunes.

L'écriture de l'auteure assez simple et toujours aussi fluide permet de passer un bon moment de détente.

On est certes dans une fantasy tout ce qu'il y a de plus classiques dans l'affrontement entre le bien et le mal qui manque à certains moments d'un peu d'épaisseur mais dans l'ensemble l'auteure suit bien le schéma qu'elle s'est fixé.

On notera que si les personnages de premier plan sont souvent blessés et dans des situations difficiles ils s'en sortent un peu trop facilement grâce à la magie qui est surdimensionnée et manque de réalisme.

Le dénouement comme on s'y attendait n'apporte aucune surprise. Il reste quelques petites zones d'ombres mais comme le final reste ouvert on peut présumer que l'auteure nous prépare une suite.

Pour des chroniques de Nécromancien on regrettera que le côté dark-fantasy ne soit pas présent.