mercredi 15 août 2018

Cher camarade de Olen Steinhauer



Emil Brod, vingt-deux ans, a passé ses années de guerre dans l'Arctique à dépecer des phoques au milieu de brutes alcooliques et féroces. C'est pourtant avec une certaine naïveté qu'il rejoint en 1948 la Capitale et entre à la Première Section de la Brigade criminelle. L'hostilité qu'il rencontre de la part de ses collègues plus âgés, tous des durs à cuire issus du régime, est un mur. On le frappe. On l'humilie. Il ne comprend pas. Comment, dans ces conditions, résoudre sa première affaire ? Le plus grand compositeur patriotique du pays a été salement tué. La marge de manœuvre d'Emil, entre la vérité des faits et les intérêts du pouvoir, est infime. Il lui faut pourtant survivre. Il apprend vite. Il a l'âme d'un Slave. Son entêtement n'aura d'égal que son besoin d'aller jusqu'au bout.


Une capitale non déterminée d'un petit pays de l'ex Pacte de Varsovie où les plaies béantes de la deuxième guerre mondiale sont encore présentes et où prédomine la présence de l'Armée Soviétique.


Emil Brod, tout jeune inspecteur de la Milice du Peuple sorti récemment de l'école de formation, se voit affecté à la Brigade Criminelle d'un quartier de la Capitale.


Dés le début le lecteur est plongé dans un climat oppressant tout comme le ressent le jeune inspecteur qui doit faire face à l'hostilité de ses nouveaux collègues. Les humiliations sont incessantes et en plus du harcèlement moral permanent il devra même faire face à une agression physique.


Si l’atmosphère qui règne dans le commissariat est lourde, elle s'avère encore plus pesante du fait de la présence d'un agent de la Sécurité d’État. Il est en est de même pour tout citoyen et l'atmosphère de la rue se veut elle aussi pesante du fait de la présence des incessantes patrouilles militaires de l'Armée Soviétique à l’affût du moindre écart.


Pour le jeune inspecteur l'enquête va s'avérer des plus difficiles car une figure politique, ancien héros de guerre va jouer de son influence pour faire classer l'enquête. Mais le jeune inspecteur malgré le veto de sa hiérarchie va poursuivre l'enquête et bientôt devra faire face à un second meurtre qui ne font que renforcer ses soupçons.


Malgré l'enquête qui se déroule, menée de main de maître et les multiples rebondissements, le récit est très descriptif, l'auteur ayant privilégié de mettre en avant le climat sombre et suspicieux qui règne par une multitude de petits détails qui mettent en avant l'instant présent mais de manière fugitive. Ils ne s'attardent pas sur ces détails qui dans un sens ne sont pas importants au delà de créer l'ambiance délétère.


L'écriture de l'auteur est simple voir à certains moments austère ce qui cadre parfaitement avec la résignation que ressentent les personnages secondaire rencontrés. Du fait de ce parti pris l'intégralité du roman se déroule sur un ton monocorde mais pas linéaire.


Et si le fil conducteur se veut la résolution de l'intrigue ce sont les sentiments humains dans un contexte très difficile que fait ressentir l'auteur.



Au final, une intrigue solide, un suspense maintenu tout au long du roman, un rythme et un style qui mettent en avant les peurs latentes et les traumatismes du passé. Un roman policier qui se veut plus proche du roman noir que du policier classique malgré une enquête solide.



jeudi 9 août 2018

Le retour du mal de Julien Perrot




Une ombre plane sur les Royaumes d’Emuria. Pour la première fois depuis des siècles, les Hommes vivent en paix. L’âge d’or que connaît le monde est sur le point de sombrer quand les puissants monarques manquent à leurs devoirs. Dans le sud du Royaume d’Azenor vit un courageux jeune homme en passe de devenir Traqueur du roi. À l’écart des complots et de la politique, Nargarys et ses amis sont prêts à tout pour défendre les valeurs d’honneur et de liberté, quitte à risquer leur vie.




Avec un tel titre, Le Retour du Mal on pouvait s'attendre à une fantasy sombre mais c'est dans une high-fantasy tout ce qu'il y a de plus classique que le lecteur se retrouve plongé ?

Le postulat de départ avec une lutte du Bien contre le Mal est quand à lui basique. L'univers médiéviste est plutôt simple et manque de développement, ce qui n'a rien de surprenant au vu du nombtr de pages plutôt restreint et une typographie grands caractères. L'auteur s'est tout de même efforcer d'employer des termes spécifiques au moyen-âge.

Le prologue nous plonge dans le contexte actuel géopolitiquement parlant et nous rappelle le passé d'il y a 40 ans, époque où les Royaumes d'Emuria ont été envahis par le père de l’actuel souverain qui même aujourd'hui ses troupes venues du Royaume d'Ombre. Donc jusqu'à là rien de bien novateur dans le domaine de la fantasy. En effet, on n'échappe pas non plus à un mur qui sépare le territoire d'Ombre de ceux d'Emuria:une situation dont abusent maints auteurs depuis G.R.R. Martin et son célèbre Trône de Fer. Mais bien entendu on est loin du niveau de cette œuvre.

Le début du roman nous présente très rapidement les protagoniste de premier plan qui terminent leur formation mais on est avec une mission qui leur est confiée plongé très vite dans le vif du sujet ce qui est un point positif.

Les personnages sont intéressants à suivre, on s'attache rapidement à eux. Au vu du nombre de pages restreint leur psychologie est plutôt travaillée. Si s'ébauche le début du romance entre deux des personnages principaux, l'auteur n'en abuse pas ce qui est le deuxième point positif.

La plume de l'auteur est simple et efficace, bien adaptée à toutes les catégories de lecteurs mais l'on déplore malheureusement quelques fautes typographiques ou d'orthographe ce qui au vu de la taille des caractères est quelque peu énervant pour le lecteur.

Au final, on est projeté dans une fantasy plaisante à lire avec une très bonne dynamique de lecture qui devrait plaire plus particulièrement à un lectorat adolescent.



jeudi 2 août 2018

La guerre des rois de Fox Miliveles


Après cinq ans de famine, de malheur et de guerre, le royaume d'Enselant est plongé dans le chaos. À bout de forces, son peuple se raccroche à une ancienne prophétie qui annonce la chute du roi Sicard et le retour à la lumière. Bientôt vont s'affronter les armées du souverain et celles d'un jeune chevalier qui a pris la tête de la révolte. Brave et fier, il incarne un espoir de renouveau, dont la force emporte comme une vague l'ancienne dynastie.
Mais tout juste arrivé au pouvoir, le jeune Lodève comprend que la partie n'est pas encore jouée, car à chaque nouveau pas sa couronne vacille, tandis que les envieux décomptent les jours jusqu'à sa chute. Les cinq braves qui l'entourent sauront-il l'aider à défendre son règne et à imposer sa lignée ?
Plongez dans l'ombre du pouvoir et découvrez le grand dessein qui bouleversera à jamais l'histoire des Cinq Royaumes.


Le résumé étant assez explicite il n'est pas nécessaire de revenir sur les points primordiaux du début de roman.


Avec La Guerre des Rois, l'auteure nous plonge dans un univers médiéviste tout ce qu'il y a de plus classique mais peu développé car essentiellement centré sur les personnages et se déroulant en grande partie dans le château royal. Pas d'elfes, pas de gobelins, pas de magie repose uniquement, au début du roman, sur l'intervention des dieux sur la vie de la population. On est presque plus proche d'un roman historique si ce n'est que l'on évolue dans un monde imaginaire créé de toutes pièces avec quelques petits points de détails inspirés par notre propre moyen-âge. Le récit aurait gagné en profondeur si on avait pu suivre la vie du bas peuple ou bien les relations du pays avant les royaumes voisins qui ne sont juste cités et qui n'apparaissent même pas sur la carte jointe.

Les moments d'action se situent dans le prologue ou dans le dernier chapitre sinon le reste du temps on suit la vie du château et la menace qui plane sur le trône, ou encore les accouchements des reines qui ne donnent que des filles au nouveau roi et dont la lignée n'est pas assurée.

L'intrigue se révèle fort simple puisqu'elle consiste à maintenir le gouvernement actuel malgré la fuite de la reine déchue enceinte ou dont les autres fils et filles sont placées dans des couvents. Le récit n'est pas inintéressant mais se révèle peut être un peu trop simple.

Le point fort du livre réside donc dans les deux batailles qui sont très visuelles car très bien décrites : on a presque l'impression d'y assister en tant que spectateur privilégié.

Concernant les personnages ils sont assez bien décrits mais on a du mal à s'attacher à eux du fait d'une psychologie qui aurait gagné à être plus approfondie et du manque d'évolution de leurs traits de caractère tout au long du récit. Un personnage sort tout de même du lot en la personne d'une des jeunes princesses peut être parce qu’elle est la moins aimée de son père qui fait une fixation sur l’hypothétique venue d'un héritier mâle.

L'histoire n'est pas inintéressante à lire mais l'on ressent un manque de profondeur. De plus l'avancée dans le temps manque parfois de liaisons. Une fantasy trop simple sans être simpliste qui aurait gagné à avoir quelques dizaines de pages en plus mais idéale pour les lecteurs qui veulent s'immiscer dans le genre.






dimanche 29 juillet 2018

Les nuits de la Saint-Jean de Viveca Sten


Lecture dans le cadre du challenge :




L’angoisse monte à Sandhamn : une jeune fille a disparu au cours de la nuit. Sous une pluie battante, l'inspecteur Thomas Andreasson et ses collègues ratissent l'île, en vain : Lina Rosén reste introuvable et l'enquête conclut à une noyade accidentelle.
Quelques mois plus tard, l’île de Sandhamn est couverte de neige et de glace. L amie d'enfance de Thomas, Nora Linde, vient prendre quelques jours de vacances avec ses deux petits garçons. Mais en jouant dans la forêt, les enfants font une découverte macabre : des restes humains enfouis dans un sac sous la neige.
La jeune fille a été assassinée et atrocement mutilée. Pourquoi un tel acharnement ? Est-il possible que ce soit le cadavre de Lina ? Les indices sont tout aussi ténus que lors de sa disparition et Thomas redoute que le meurtrier ne frappe à nouveau.


Avec Les Nuits de la Saint-Jean, son troisième roman, l'auteure nous projette une fois de plus sur l'île de Sandhamn pour nous faire retrouver ses personnages fétiches l'inspecteur Thomas Andreasson et son amie Nora Linde.


Nora qui apprends que son mari la trompe part se réfugier dans sa maison de Sandhamn avec ses enfants. C'est en jouant à cache-cache dans la forêt que l'un de ses fils se prend le pied dans un trou. Un trou contenant un sac plastique noir dans lequel se trouve un bras humain. Thomas Andreasson dépêché sur place avec sa collègue Margit relient immédiatement cette affaire avec la disparition quelques mois plus tôt d'une jeune fille Lina Rosèn.


L'enquête avance lentement, entrecoupée avec les problèmes conjugaux de Nora, les retrouvailles de Thomas avec son ex-femme, leurs introspections à tous deux, et un récit parallèle qui nous transporte dans le passé. Ces retours dans le passé nous plonge au début du 20éme siècle et nous font découvrir la vie d'un enfant martyr victime d'un père convaincu que la justice de Dieu doit s'appliquer en toutes circonstances. Des scènes fortes qui nous font découvrir la dureté de la vie difficile de cette époque. Et s'il ne semble par avoir de corrélation entre les faits entre ces deux époque c'est au dénouement qu’apparaît le lien comme il est habituel dans la manière de procéder de l'auteure.


L'intrigue avec une histoire de vengeance manque d'originalité et passé le suspense du début l'affaire est presque au point mort : les recherches n'avancent pas tout comme les interrogatoires qui n'apportent rien de concret. L'histoire familiales de deux protagonistes principaux reléguant presque l'enquête à un rôle secondaire. Quand au dénouement c'est une fois de plus Nora qui va solutionner la situation avec un détail presque banal.


Si l'ambiance hivernale est plutôt bien réussie, il n'en est pas de même avec les protagonistes principaux qui se révèlent fades et peu attachants. Le côté policier de l'inspecteur ne prenant pas assez le dessus sur les cotés annexes du récits quand à sa collègue est n'est pas du tout mise en avant. Les personnages du passé apparaissent plus travaillés et le lecteur se focalise plus sur ce récit alors qu'en principe c'est l'enquête qui devrait occuper le premier plan.


Malgré cela la narration de l'auteure faite de chapitres courts et d'alternance passé-présent offre une bonne dynamique de lecture.


Au final un roman policier pas inintéressant et sans prise de tête qui permet tout de m^me de passer un bon moment de lecture.



mercredi 25 juillet 2018

La lance des ombres de Josh Reynolds


Lecture dans le cadre du challenge :


Au commencement était le feu. Et ce feu engendra huit armes au pouvoir terrible, dotées d'un fil meurtrier par les armuriers élus de Khorne. A présent que le fracas de la guerre résonne dans les Royaumes Mortels, les grandes puissances cherchent à s'emparer des huit où qu'elles se trouvent et quel qu'en soit le prix. Dans une ville de prophéties et de secrets, Grungni, le dieu forgeron des duardins, rassemble un groupe de guerriers mortels de toutes origines pour localiser la première des huit armes. Or, ils ne sont pas seuls dans cette quête ; les agents des puissances de la ruine désirent les armes pour leur propre usage. La course s'engage entre hommes, duardins et démons pour s'emparer de la Lance des Ombres...


Alors qu'il est en train de forger, Grungni le Seigneur de toutes les Forges est agressé par un démon sorti des flammes. Tuant le démon de feu, il voit dans les flammes qui dansent des guerres à venir où dansent les Huit Lamentations, des armes forgées par la Gueule des Armes, les forgerons-guerriers de Khorne le Dieu du Sang. Pour s'emparer de l'une d'elle Grungni le Démiurge va, lors de l'attaque d'Excelsis par les Skavens, sauver d'une mort certaine Volker un humain Maître de la Poudre qui va rejoindre un groupe déjà formé d'un Nain Cherche-Mort, d'un chevalier du Bois de Ghyr et d'une mystérieuse aventurière amie des Nains Kharadron. Mais ils ne seront pas les seuls sur les traces de l'arme maléfique car les dieux du chaos ont envoyé leurs Champions tout comme la Reine Neferrata.


Rien de bien original pour l'intrigue qui avec la quête d'une arme magique est des plus basique. Malgré de nombreux rebondissements la conduite de l'histoire s'avère assez linéaire, construite à la manière d'un scénario de jeu de rôle.

L'univers est intéressant à découvrir avec des particularités bien propres à l'atmosphère très glauque de Warhammer. On découvre plus particulièrement les navires étheriques Kharadron , une ville construite sur le dos d'un ver géant, une forêt pleines d'araignées géantes,... On se fait une idée plus précise de la pugnacité des Skavens et de leur hiérarchie et de la manière très particulière pour y gravir les échelons.

Les personnages centraux tout comme les personnages de second plan sont dépeints de belle manière. Pour certains leurs traits de caractères sont poussés à leur maximum et l'on pourrait reprocher qu'ils sont caricaturaux mais ils sont en parfait accord avec l'esprit du JDR.

Les descriptions sont précises, fourmillent de détails ont sent ce dégager l'atmosphère particulière de l'univers très particulier et l'on découvre aussi plus en avant la technologie développée dans le jeu. L 'aventure permet nous permet de rencontrer une grande diversité d'adversaires et les méchants ne sont pas là uniquement pour se faire étriller par les gentils ils permettent aussi de découvrir le vaste univers.

Malgré des descriptions précises la dynamique de lecture se révèle bonne car les combats sont nombreux et très bien décrits. Dans les combats de masse sont également inclus ceux des personnages.

Le présent ouvrage est un élément important pour toute personne désireuse de découvrir plus précisément l'univers particulier de Warhammer m ais ne pourrais guère intéresser les fans de fantasy qui n'évoluent pas dans le jeu.


lundi 16 juillet 2018

Les nuits de Reykjavik de Arnaldur Idridason


Lecture dans le cadre du challenge : 


Erlendur le solitaire vient d'entrer dans la police, et les rues de Reykjavik dans lesquelles il patrouille de nuit sont agitées : accidents de la circulation, contrebande, vols, violences domestiques... Des gamins trouvent en jouant dans un fossé le cadavre d'un clochard qu'il croisait régulièrement dans ses rondes. On conclut à l'accident et l'affaire est classée. Pourtant le destin de cet homme hante Erlendur et l'entraîne toujours plus loin dans les bas-fonds étranges et sombres de la ville. On découvre ici ce qui va faire l'essence de ce personnage taciturne : son intuition, son obstination à connaître la vérité, sa discrétion tenace pour résister aux pressions contre vents et marées, tout ce qui va séduire le commissaire Marion Briem


Dans Les Nuits de Reykjavik l'on découvre l'enquêteur fétiche d'Arnaldur Indridason à ses débuts dans la police. Affecté à la police de proximité, le jeune policier effectue des rondes de nuit dans la capitale Islandaise. C'est à l'occasion de ces rondes de nuits qu'il croise à plusieurs reprises le chemin d'un clochard : Hannibal. Mais quelques temps plus tard ce dernier est retrouvé mort, noyé dans une tourbière. Les constations médicales ne donnant aucune piste hormis que l'intéressé était saoul, le dossier est classé en mort accidentelle. Mais cette mort devient obsessionnelle pour le jeune policier et un an après la mort du clochard il se lance dans une enquête officieuse pour découvrir les circonstances réelles de cette mort. Il va faire le parallèle avec une disparition survenue le même jour de la mort du clochard.

Ce n'est pas réellement l'enquête qui est le point central du roman mais plutôt le personnage de l'enquêteur et de sa vie personnelle. Dans ce policier à l’ambiance très sombre c'est le passé dramatique que veut nous faire découvrir l'auteur.

L'histoire met du temps à se mettre en place, l'auteur dressant tout d'abord le contexte de l'intrigue et nous dépeignant le décor dans laquelle elle va évoluer. Une enquête qui se déroule lentement au rythme du travail quotidien et de son lot d'incidents. Le lecteur est plongé dans un policier tout ce qu'il y a de plus classique : interrogatoires, recoupements... Les seuls moments d'action résident dans les interventions nocturnes de l'équipe de policiers, à savoir cambriolages, drames conjugaux, drogue et personnes avinées, et tout particulièrement sur ce dernier point des sans abris.

Si l'enquête des plus classique n'a rien de trépidante et qu'elle passe presque au deuxième plan, les points d’intérêts résident dans les conditions difficiles des personnes qui vivent en marge de la société, tout comme la vie nocturne de la ville qui offre une autre vision de l'Islande.

Hormis l'enquêteur, les autres policiers passent eux aussi au second plan pour nous laisser découvrir un personnage marqué par la disparition de son frère lors d'une randonnée dans les montagnes de l'Est. On découvre un personnage taciturne, renfermé sur lui même qui semble encore vivre perpétuellement avec le drame du passé. On retrouve une fois de plus, comme il est de coutume dans les romans policiers, marqué par la vie.

Le dénouement de l'enquête se révèle lui aussi sans surprise car on connaît l'assassin bien avant le chapitre ultime.


Au final, un roman policier pur et dur, très bien écrit qui a pour but de faire découvrir aux aficionados de l'auteur de faire connaissance avec son héros mais qui n'offre rien de particulier par rapport à d'autres romans du genre. Un roman introductif à la longue carrière de l'enquêteur au rythme de lecture qui manque de dynamique et dont les retournements de situation, certes peu nombreux, sont trop simples.


mardi 10 juillet 2018

Masky de Viviane Etrivert


Lecture dans le cadre du challenge :




An de grâce 1599. Renaissance tardive.
Au carrefour des influences slaves et germaniques, alors que les guerres de Religion persistent à déchirer l'Europe, la Moravie conserve ses traditions d'un autre âge et sa mémoire païenne, dans une paix fragile.
Mais là où les femmes se rassemblent pour se transmettre le vieux savoir, au travers de gestes immuables, certains hommes ont beau jeu de parler de sorcellerie et de brandir un terrible ouvrage : le Malleus maleficarum.
Noël approche. À Ostrov, on se marie. Dans les rues de Velky, les barbora distribuent des cadeaux et la troupe des loups-garous, bruyante et paillarde, fait charivari.
Neige et tempête. Dans les bois, près du Rocher de l'Ourse, rôde un inquiétant loup gris à trois pattes. Et un moine étrange va et vient, demandant aux passants pétrifiés si son hurepiau lui sied bien.
La fête peut-elle se poursuivre, quand des crimes se commettent dans l'ombre ? Et que faire, quand la Justice tombe soudain entre les mains d'un sinistre individu ?
D'abord, répondre à la question que tous se posent : qui a tué le juge Michna ? 



Alors qu'il s'en revient des noces de Marie avec le marchand Vaclav Vanek, le juge Michna est attaqué sur la route par ce qui semble être un revenant. Découvert par le médecin français Jean Bonhomme il décédera quelques jours plus tard. Un nouveau juge arrive, chassé quelques années auparavant pour avoir puisé dans les caisses de la ville, il est bien décidé, sous couvert de chasse aux sorcières à se venger. Il est accompagné par un frère inquisiteur et par son propre bourreau. Malgré le danger, Léna, la mère de Vaclav et prêtresse de la Dame se refuse à cesser la pratique des anciens rituels.

Pour écrire ce roman où le folklore tchèque et slave occupe une place primordiale, l'auteure a effectué de longues recherches se rendant même en Moravie où elle ses longuement documenté sur ce sujet, mais aussi sur les us et coutumes de l'époque et sur les procès en sorcellerie. Dans le développement de son récit elle fait également mention de livres anciens sur lesquels elle s'est appuyé pour donner une histoire riche en détails.

La part de surnaturel se veut légère et s’imbrique de matière naturelle dans le folklore qui est évoqué avec beaucoup de force. L'époque à laquelle se déroule l'histoire, à savoir la période de Noël, ajoute elle aussi sa part de féerie.

Les phénomènes étranges se multiplient, ce qui donne aux juges toute latitude de poursuivre sa chasse aux sorcières aidé par certaines rumeurs et dénonciations. L’auteure nous apprend même qu'il existe un ouvrage, écrit par un moine, détaillant de manière précise et aussi très farfelue, les indices permettant d'identifier une sorcière ou d’incriminer un innocent. Les scènes de tortures sont décrites de manière plutôt sobre.



Le panel de personnages est très diversifié allant de l'aubergiste à la prêtresse ; et tous ont dans le récit un rôle a jouer même s'il est minime. Des personnages très bien dépeints et l'on n'a aucun mal à s'attacher aux protagonistes de premier plan ou à les détester.

L'auteure conduit son récit de main de maître, tous les ingrédients sont dosés de manière à mettre en exergue les thématiques qu'elle avance : la tolérance, le rejet des institutions corrompues, la haine, la violence,... et en opposition la féerie des rites et processions païennes.

La plume de l'auteure est agréable à lire. L'univers est intéressant , le mots slaves intégrés au récit et traduits en bas de page permet au lecteur de mieux s'intégrer s'y intégrer. L'intrigue qui passe presque au second plan est bien menée et attise la curiosité du lecteur qui soupçonne tout le monde. Le dénouement arrive un peu trop vite, trop facilement et de manière impromptue.

Masky est une lecture agréable qui permet de passer un bon moment et approfondir les connaissances sur l'histoire, l’inquisition, le folklore, les us et coutumes de l'époque.



jeudi 5 juillet 2018

Le phare de Phillis Dorothy James



Au large de la Cornouailles anglaise, Combe Island abrite une Fondation destinée à permettre à des personnalités éminentes de venir jouir de la quiétude de ce lieu coupé du monde et se ressourcer à l'iode marin.
Outre les résidents permanents - Emily Holcombe, dernière héritière des propriétaires de l'île, Rupert Maycroft, l'administrateur de la Fondation, Adrian Boyde, le comptable, Dan Padgett, le factotum, etc., Nathan Oliver, un écrivain de réputation mondiale, y séjourne régulièrement, accompagné de sa fille Miranda et de son secrétaire Dennis Tremlett.
Alors que l'île accueille deux nouveaux visiteurs, l'un de ses habitants est retrouvé mort dans des conditions pour le moins suspectes. Chargé de mener une enquête aussi rapide que discrète, car Combe Island doit prochainement servir de cadre à un sommet international, le commandant Dalgliesh acquiert très vite la certitude qu'il s'agit d'un crime. Mais l'île est soudain la proie d'une autre menace, beaucoup plus insidieuse, celle-ci, et qui compromet la participation de Dalgliesh...
Dans le huis clos d'une île battue par les vents se trouvent réunies toutes les qualités chères aux aficionados de la "reine du crime" : évocation vivante des lieux, incursions subtiles dans la vie des personnages, sans oublier les rebondissements d'une intrigue trépidante.


Alors qu'il devait passer le week-end avec son amie, le commandant Dalgliesh est mandé par le préfet de police adjoint. A son arrivée il constate avec étonnement la présence d'un membre des Affaires Étrangère, et celle d'un membre de la Sûreté Intérieure. Le préfet adjoint lui annonce qu'il doit partir pour l'île de Combe avec une équipe réduite pour enquêter sur une mort suspecte et que l'enquête doit rester confidentielle var le Premier Ministre prévoit un sommet sur cette île.

Toujours dans le prologue après avoir annoncer le lieu de l'enquête l'auteure nous fait découvrir les trois policiers en nous détaillant un peu les relations entre les différents membres de l'équipe et rapidement quelques tranches de leur vie quotidienne.

Puis elle nous projette sur l'île, avant l'arrivée de la police, pour nous faire découvrir les résidentes permanents c'est à dire le personnel et Miss Holcombe le dernier membre de la famille à qui appartenait l'île. Après avoir fait connaissance avec le personnel elle nous fait également découvrir les visiteurs c'est à dire ceux ou celles qui viennent se ressourcer dans cet havre de quiétude. Elle nous expose les relations quelque peu houleuses entre le personnel, miss Holcombe et le mort, Nathan Oliver, un écrivain à succès né sur l'île.

Ce n'est qu'après treize chapitres que le lecteur découvre l'identité du mort et les circonstances dans lesquelles le corps a été découvert.

Le Phare nous plonge dans un policier anglais avec un huis clos tout ce qu'il y a de plus classique à la manière d'Agatha Christie.

Les décors et l’atmosphère qui se dégage de l’île sont particulièrement bien rendus et les personnages sont soignés. On émettra toutefois pour ces derniers un tout petit bémol concernant deux des policiers. En effet l'on retombe quelque peu dans les travers habituels avec un Dalgliesh torturé dans la vie et une inspectrice-chef qui a eu une enfance particulièrement difficile. Heureusement pour le lecteur l'auteure n'insiste pas sur ces points comme c'est trop souvent le cas dans les romans du genre, ce qui n’influe pas suer le déroulement de l'histoire.

Si le déroulement de l'enquête est dans l'ensemble bien huilé et que les différentes pièces du puzzle s'imbriquent de manière parfaite, il est tout de même à noter vers le milieu du roman un ralentissement de la dynamique de lecture.

L'histoire est remarquablement servie par une très belle plume bien supérieure à ce que l'on trouve habituellement dans les romans du genre, les rebondissements ne manquent pas ce qui permet de maintenir un suspense de qualité tout au long de l'enquête.

Le Phare est un roman policier, certes classique, où tous les éléments sont réunis pour faire passer au lecteur un excellent moment de lecture.






lundi 2 juillet 2018

BILAN LECTURE 2e TRIMESTRE 2018


Livres lus

&

Chroniques effectuées au deuxième trimestre 2018.


Coups de Cœur :



J'ai aimé :
L'appel du coucou – Roger Galbraith
Zone de contagion – Rick Mofina
10 000 au cœur de l'empire – Paul Kearney
Corvus - Paul Kearney
Un fleuve de ténèbres – Rennie Airth

J'ai moyennement aimé :
Havre sombre – Gail Z Martin
Le diable de la Tamise – Annelie Wendeberg
L'élu de la dame noire - Gail Z Martin
Anasterry – Isabelle Bauthian
Whitechapel – Sarah Pinborough
Grish-Mère - Isabelle Bauthian


Je n'ai pas aimé :
Le noyé sous la glace – Kjell Ola Dälh
Embrouilles Lilloises – Blandine Lejeune

dimanche 1 juillet 2018

Lame noire de Miles Cameron


Lecture dans le cadre du challenge :



La loyauté coûte cher. La trahison, elle, est gratuite.
Lorsque l'empereur de Morée est pris en otage, le Chevalier rouge et ses hommes sont soudain très demandés...et voient leurs ennemis se multiplier. Le pays est plongé dans la révolte, la capitale assiégée, et la moindre victoire devra être chèrement conquise. Cependant, le Chevalier rouge a un plan, et une arme secrète. Saura-t-il l'emporter tout à la fois sur les Champs de bataille de la politique, de la magie, de la guerre et de l'amour ?


Quelques semaines après leur victoire sur les troupes du Monde Sauvage réunies par Thorn, le Chevalier Rouge et sa compagnie se rendent en Morée à la demande de l'Empereur de ce lointain pays. Alors qu'il s'approche de ce pays, ils sont avertis que l'Empereur a été enlevé par le chef de ses armées grâce à la complicité du Magister de l'empereur.

Si le postulat de départ de ce présent tome se révèle assez classique et plutôt simple avec une conspiration contre un empereur jugé incompétent, l'histoire qui va se déroulait est elle beaucoup plus complexe car en plus des personnages rencontrés dans le premier opus l'auteur va en introduire de nouveaux. Un récit où chaque personnage développe sa propre intrigue secondaire avec en premier lieu Thorn qui n'a pas renoncé à conquérir le monde connu.


L'enchaînement des chapitres qui alternent en leur sein même différentes histoires qui semblent au départ sans véritable lien entre elles nous livrent une intrigue bien plus complexe que nous le laissait entendre la quatrième de couverture où toutes les pièces finissant par s'imbriquer. Mais les multiples visées de chacun des personnages n'est pas sans créer de nombreuses longueurs où l'on a un peu de mal à garder en tête qui sont les personnages et le rapport qu'elles ont avec les autres.

Si les personnages sont nombreux ce n'est pas au détriment des autres points du récit, car l'histoire ne se cantonne plus à l'Alba mais nous présente de nouvelles contrées. Des contrées qui sont soit d'inspiration nordique soit d'inspiration orientale. L'on a droit donc à la géopolitique de ces différents, un peu aux us et coutumes de ses habitants, à leurs échanges commerciaux qu'ils entretiennent même avec le Monde Sauvage. Avec cet univers très développé on ne peut s'empêcher de noter certaines analogies avec le monde médiéval que l'on connaît ou avec des épopées narrées précédemment. L'auteur a bien su se réapproprier ces textes pour en faire un récit qui tient la route.

Si les batailles sont toujours décrites de manière détaillée, elles sont moins nombreuses. L'auteur, ici, s'attache plus à nous décrire dans tous les détails le quotidien d'une compagnie de mercenaires en campagne n'hésitant pas a employer quelques termes spécifiques au matériel ou à la vie courante. Il développe également son bestiaire, nous fait découvrir de nouvelles créatures mais aussi de nouvelles peuplades et dans le même temps développe en profondeur celles déjà rencontrées lors du siège de Lissen Carak.

Si tous ces détails qui fourmillent donnent une dynamique de lecture plutôt lente, heureusement dans la dernière partie l'histoire s’accélère un peu pour arriver proche du dénouement dans un récit vif où il se passe de nombreux renversements de situation.

Une histoire plus complexe que dans le premier opus qui n'est certes pas inintéressante mais où l'on a du mal à suivre tous les personnages notamment lorsqu'ils sont peu présents dans le récit ; un univers complexe très détaillé parfois même un peu trop pour des lecteurs qui privilégient l'action ; des passages qui ne semblent avoir aucun rapport avec les points les plus importants...

Dans ce deuxième tome que l'on pourrait qualifier d’intermédiaire si l'intrigue principale n'y trouvait pas son dénouement, le récit s'avère légèrement en deçà du tome précédent : on aurait souhaité plus d'action !