vendredi 20 septembre 2019

Mort sur le Tage de Pedro Garcia Rosado



Dans ce roman noir où la ville de Lisbonne est un personnage à part entière, Pedro Garcia Rosado dresse un portrait au vitriol de la société lisboète où défilent la jet-set des beaux-quartiers et des environs chics avec son ancien capitaine d'industrie et ses deux rejetons tout puissants, des fonctionnaires municipaux corrompus et des policiers véreux (ou pas), des immigrés russes et des prostituées et, surgi des sous-sols inexplorés de la ville aux remugles fétides, un bien étrange être humain...



Une embarcation quitte le yacht où s'est tourné un film X et une partie fine. Une scène éclate entre la prostituée et l'un des deux frères la frappe, plus elle se défend plus il devient violent. Pour échapper aux deux hommes, la jeune femme se jette à l'eau et regagne les docks mais l'homme la poursuit et la tue. Le lendemain un pêcheur voit au sol des traces de sang et appelle la police. Après des recherches dans le fleuve, la police, n'ayant pas trouvé le corps, se désintéresse de l'affaire. Mais le demi-frère de la victime, ancien membre du KGB même l'enquête.

Le sujet principal de l'intrigue consiste surtout à savoir si les coupables vont être punis ou s'ils vont échapper une fois de plus à la justice.

Dans ce roman l'on suit d'une part les deux frères qui sentent que l'étau se resserre et qui part tous les moyens vont tenter d'y échapper. D'autre part l'on suit le demi-frère de la jeune femme qui lui a eu par le passé affaire avec la justice et qui cherche lui aussi par tous les moyens la vérité,... et à un degré moindre la police.

La galerie de portraits sont remarquables par leur noirceur. Leur analyse psychologique est intéressante car traitée en profondeur mais qui ne gêne en rien le suspense même si dans la première partie on peut regretter quelques longueurs et un développement assez lent. Pour pimenter l'histoire l'auteur introduit une autre personnage, le Diable, un être mystérieux qui vit dans les souterrains de Lisbonne ce qui ajoute au récit une petite touche de fantastique au récit.

L'auteur avec Mort sur le Tage propose un roman noir à l'intrigue de qualité, une tension qui se maintient tout au long du récit malgré les longueurs, des protagonistes bien campés... il y tout ce qu'il faut pour faire un roman agréable à lire même s'il sort du lot habituel du genre policier.



mardi 17 septembre 2019

Le sourire du chien de Dimana Trankova




Au moment où un journaliste américain et sa jeune épouse Bulgare arrivent en Bulgarie, des meurtres d'historiens sont perpétrés dans d'anciens sanctuaires thraces. John trompe l'ennui en engageant Maya, une archéologue-journaliste, pour le guider autour des scènes de meurtre. Aimantés par une attraction croissante, les deux journalistes plongent dans une enquête haletante où des rituels de sang datant de l'époque thrace, des chasseurs de trésors, une secte secrète et les théories de Mircea Eliade se mêlent. Dans une société post-totalitaire où les apparences sont trompeuses, John et Maya vont découvrir qu'il y a plus dangereux encore qu'un serial killer en liberté.


Un professeur en archéologie et une directrice de musée sont retrouvés morts sur des sanctuaires Thrace, la gorge tranchée. Un reporter free-lance américain, en visite dans sa belle-famille, décide de mener l'enquête aidée par une journaliste bulgare. Mais d'autres meurtres de chercheurs de trésors et la mafia bulgare viennent compliquer la tâche.


Dans la première partie du roman avance peu car l'auteure alterne l'enquête avec la vie de la belle-famille et l'histoire de la civilisation Thrace. Les références historiques, archéologiques et relatives à la concordance des panthéons ne sont pas inintéressantes mais elles créent de nombreuses longueurs tout comme la vie de la belle-famille. Dans cette première partie l'auteure peine a maintenir le suspense.

Si dans les parties suivantes le rythme s'accélère, le lecteur n'assiste pas aux autres meurtres rituels qui ne sont que rapportés cela enlève du mordant à l'intrigue principale. Dans la troisième partie qui nous rapproche du dénouement l'on assiste à des scènes invraisemblables et l'auteure est obligée au dernier moment, sur l'une d'elles, la plus longue, d’effectuer un brusque changement de direction pour garder ses deux enquêteurs. On a également droit à une coucherie entre eux ce qui n'apporte bien sûr rien à l'intrigue principale.

Les personnages de premier plan sont certes intéressants à suivre mais l'écriture est trop lourde, il y a trop de détails inutiles, la dynamique de lecture s'en ressent. En opposition certaines scènes qui auraient avoir de l'intérêt pour l'intrigue sont elles expédiées, bâclées.

On avait un contexte historique intéressant, des personnages qui s'avéraient, au départ crédibles et bien croqués mais par la suite les personnages de second plan sont par trop caricaturaux, un rythme trop lent, et une intrigue mal maîtrisée.




dimanche 8 septembre 2019

Epouses et assassins de Kwei Qwartey



Au Ghana, quand un policier de la capitale part enquêter dans un village, tradition et modernité s'affrontent... Le voyage initiatique d'un homme pris dans les rets du temps et des coutumes. Gladys, étudiante en médecine, a été assassinée près du village de Ketanu où elle était bénévole pour un programme humanitaire. L'inspecteur Dawson est envoyé depuis Accra pour résoudre l'affaire. Étrange retour en arrière : vingt-trois ans plus tôt sa mère, originaire de la région, a disparu au même endroit. Déboussolé par les pratiques locales, Dawson voit son enquête piétiner. Et pourtant, les suspects sont nombreux prêtre féticheur, médecin traditionnel, admirateurs de Gladys, éconduits ou non... A Ketanu, l'amour, la haine et la jalousie sont tenaces, voire mortels.



Une jeune étudiante en médecine qui œuvre bénévolement pour le Ministère de la santé est retrouvée morte dans la forêt qui jouxte le village de Ketanu. Sans traces de blessures apparentes ni de coups la police régionale classe l'affaire en mort naturelle. Mais deux mois plus tard lors de l'autopsie effectuée à Accra la capitale révèle qu'elle a été étranglée. La police criminelle envoie sur place l'inspecteur Dawson le seul qui parle le dialecte local.

Avec Épouses et assassins, le lecteur plonge dans une enquête tout ce qu'il y a de plus classique avec un meurtre au début et la recherche, sans rebondissements, du détail qui permettra de confondre l'assassin. L'intrigue est bien menée, on explore pas à pas les différentes pistes possibles.

En plus de l'enquête l'auteur nous dépeint la vie quotidienne d'une société ghanéenne tiraillée entre coutumes ancestrales et modernité. Il dénonce les effets pervers des croyances ancestrales et l'inspecteur Dawson aura dans ce milieu traditionnel beaucoup de mal à faire accepter ses méthodes rationnelles face aux pratiques expéditives qui perdurent.

Le personnage n'est pas un inspecteur qui sort du lot, mais un homme simple avec ses qualités et ses défauts. Il a une histoire familiale qui aurait pu le miner avec la disparition de sa mère alors qu'il était encore enfant et un frère handicapé suite a un accident de la route. Mais l'auteur ne s'étend pas sur ces sujets comme c'est souvent le cas dans les policiers où les auteurs en rajoutent sur la vie personnelle du policier.

Le style de l'auteur est simple, direct, sans fioritures et bien adapté à une intrigue policière classique.

Ce roman avec des thématiques fortes s'avère intéressant, dépaysant dans l'exploration d'une société africaine et agréable à lire.



mardi 3 septembre 2019

Les meurtres au poisson de Suzanne Visser



À Tokyo, un tueur en série a assassiné huit personnes d'origine étrangère qui résidaient dans la ville. Le meurtrier a utilisé un long couteau à poisson avec lequel il a tranché en deux ses victimes. Devant la carence de la police locale, une conférence internationale décide de confier l'affaire à sept hommes et femmes, spécialistes étrangers qui travailleront sous la direction de Ichiro Mochizuki, le commissaire en chef de Tokyo. L'équipe est complétée par deux directeurs de bureau et un interprète tandis qu'une psychologue chinoise aidera à établir le profil du coupable et de ses victimes. Les enquêteurs débarquent à Tokyo où ils sont logés dans un grand hôtel. Puis ils commencent à se présenter les uns les autres, avant de s'organiser pour traquer un tueur dont ils ignorent tout. Quoi que très invraisemblable, ce choix de mettre en scène une équipe internationale de fins limiers est assez séduisant. Et dès lors, l'enquête à laquelle ils doivent participer devient, pour chacun d'entre eux, l'occasion de découvrir les coutumes et la culture d'un pays étranger.



Suite à huit meurtres d'étrangers et la police japonaise n'ayant aucune piste de puis plusieurs mois, une conférence internationale à l'initiative des États-Unis décide de remettre l'enquête à sept inspecteurs et criminologues étrangers assistés par une psychologue chinoise.

Avant de plonger le lecteur dans le contexte de l'intrigue l'auteure nous livre un premier chapitre sur les us et coutumes des japonais.

Ensuite elle passe à la description des différentes victimes, à la présentation par eux-mêmes des enquêteurs. Elle nous gratifie également d'un long exposé sur les sérial-killer.

L'enquête en elle même tarde à démarrer et jusqu'à la moitié du roman les chapitres se succèdent avec des enquêteurs qui exposent leur point de vue sur l'affaire mais sans réelle avancée sur l'enquête. L'auteure continue à décrire les particularités des japonais, leur mode de vie, leurs réaction,... ce qui de bien entendu cette manière de procéder crée de nombreuses longueurs.

Ce n'est qu'au huitième chapitre – sur douze – que l'auteur expose l'avancée des enquêteurs en établissant une liste des indices que le lecteur n'a pas su relever car noyés dans la masse des informations qui n'apportaient rien au développement de l'intrigue. A partir de là on trouve enfin du rythme à l'histoire et la plume de l'auteure devenant plus fluide et favorise la dynamique de lecture jusqu'ici très lente.

Un lexique en fin de roman explique les termes japonais cités tout au long de l'histoire.

Un policier classique sur le fond mais pas sur la forme qui contient trop de longueurs mais qui n'est pas inintéressant pour découvrir le mode de vie des japonais.



vendredi 30 août 2019

De mort naturelle de James Oswald



Tony McLean vient d'être nommé inspecteur. En plus des affaires courantes, il hérite d'un cold case dont personne ne veut se charger. Le corps d'une jeune femme crucifiée a
été découvert au sous-sol d'une maison abandonnée. Tout porte à croire qu'elle a été victime d'un meurtre rituel. Au siècle dernier.
Lorsqu'une série de crimes sanglants s abat sur la ville d'Édimbourg, McLean et son équipe ne savent plus où donner de la tête. Pour un peu, ils dormiraient à la morgue où le médecin légiste voit les cadavres s'empiler..



Après avoir découvert dans le prologue le meurtre d'une jeune fille l'histoire nous transporte environ cinquante plus tard lorsque lors de travaux dans un ancien manoir à la découverte de ce corps momifié emmurée dans une cave. La jeune fille a été tuée selon un rituel, des parties de son corps se trouvant dans des bocaux ont été trouvés dans des niches où l'on a aussi découvert des objets de luxe. L'affaire est confiée à l'inspecteur McLean récemment promu dans la fonction.
Dans le même temps le corps d'un homme influent de la ville est découvert assassiné et éviscéré, l'enquête est confiée à l'inspecteur-chef Duguid. Assez rapidement l'inspecteur McLean commence à suspecter que les deux enquêtes sont liées ce qui ne va pas sans poser problèmes car une forte inimitié règne entre les deux policiers.
L'enquête du point de vue de l'inspecteur McLean est bien maîtrisée, on suit pas à pas son développement. Du côté de don supérieur sur les meurtres des hommes assassinés elles sont classées dés que le coupable est identifié : des hommes qui se suicident après leurs méfaits mais on ne cherche pas à comprendre qui les manipule. Seul l'inspecteur McLean voit le lien qui lient les différentes affaires, mais l'auteur en fait un peu trop, certes il veut mettre en avant son personnages central mais c'est au détriment de ses supérieurs qui se révèlent de ce fait caricaturés.
Mc Lean nous apparaît comme tenace et droit comparé à l'inspecteur-chef mais c'est un homme solitaire et qui est comme il est de coutume dans les policiers marqué par son passé. Mais ici l'auteur n'entre pas dans le cliché du protagoniste déchiré tout au long du roman. C'est certes positif mais le lecteur peut toutefois craindre que cela ne survienne dans les opus qui vont suivre. Sur le côté sentimental là encore on est épargné : une seule allusion, mais que va-t-il se passer par la suite.
La plume de l'auteur est entraînante, fluide et nous entraîne sans difficulté au travers des différentes qui dans le final vont se rejoindre. Le synopsis se révèle complexe mais est maîtrisé de bout en bout, le lecteur à aucun moment ne se sent perdu et la dynamique de lecture est bonne malgré un nombre de pages conséquent.
Une intrigue originale, du suspense et des rebondissements présents tout au long du roman mais un final un peu trop rapide et trop simple et une touche de fantastique qui arrive brutalement sans qu'on s'y attende et qui n'est pas sans déstabilisé quelque peu le lecteur.



vendredi 23 août 2019

ACHATS MENSUELS Juillet & Août 2019


ACHATS MENSUELS Juillet & Août 2019

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Woorara de Sébastien Vidal



Un homme criblé de trois balles est découvert dans un hameau isolé, sur le plateau de Millevaches. Tout porte à croire que le travail est l’œuvre d’un professionnel. Pilotée par l’intraitable juge Laîné et le colonel Tognotti, l’enquête est confiée à un groupe de gendarmes. Parmi eux, l’adjudant Walter Brewski, une forte tête spécialiste de l’intervention. L’équipe n’a que très peu de choses à se mettre sous la dent. La victime semble tombée du ciel ; le tueur n’a laissé aucune trace. Pas de mobile apparent ni d’arme du crime. Seule la course-poursuite engagée avec une mystérieuse berline la nuit du meurtre donne un peu d’espoir aux limiers de la gendarmerie, le nez collé à la piste poussiéreuse d’un assassin insaisissable et invisible. Sous une chaleur caniculaire, un deuxième cadavre apparaît, présentant le même modus operandi… Parce que le présent se noue ici dans les méandres d’un passé, où couvent encore les braises de la haine et de la vengeance, l’affaire entre dans un tourbillon survolté et diabolique.



Une grosse berline ne s'arrête pas à un contrôle routier nocturne, les deux gendarmes prennent le véhicule en chasse et appellent pour recevoir du renfort d'une autre patrouille. Le véhicule de renfort tente d'arrêter le fuyard mais la grosse berline percute le véhicule de gendarmerie, il y a échange de coups de feu. Mais l'individu parvient à s'enfuir après avoir mis le feu à sa voiture.
A quelques kilomètres de là, le corps d'un homme tué de trois balles est retrouvé dans un hameau du plateau des Millevaches ; les deux affaires semblent liées.

L'enquête est bien ficelée, une scène de crime après l'autre les indices recueillis débouchent à chaque fois sur un nouvel élément qui permet de resserrer l'étau autour du meurtrier. Le lecteur suit pas à pas le travail des gendarmes qui est bien détaillé.

Par touches successives l'auteur nous décrit les paysages de cette région du Limousin. Il nous décrit aussi les difficultés des personnes démunies à vivre à la campagne par rapport à la ville où ils bénéficient de structures adaptées. On a également droit aux difficultés rencontrées par les gendarmes pour exercer leur métier, d'une part par manque de moyens, d'autre part par la spécificité de vivre en casernes qui les rend corvéables à merci et influe sur la vie familiale. Des descriptions qui occupent un peu trop de place, qui prennent le pas sur l'intrigue et créent des longueurs peu intéressantes.

De plus l'auteur nous gratifie d'une romance et de scène de sexe certes édulcorée mais qui n'ont rien à faire dans un roman policier.

Les personnages sont bien campés avec des caractères bien trempés, toutefois on est à certains moments du roman pas loin de la caricature.

En dehors des passages descriptifs le style de l'auteur est bien adapté à ce style de récit.

Au final le lecteur est plongé dans un polar avec de petites touches de roman noir rural de plutôt bonne facture.




dimanche 18 août 2019

Horrora Borealis de Nicolas Feuz



Tout ce sang qui coule aux pieds de Walker. La question n'est pas de savoir qui est ce cadavre avec une balle dans la tête. Non. La bonne question est : qu'est-ce qui s'est passé en Laponie ? Les souvenirs sont flous, mais ce qui est sûr, c'est que de longue date, Walker ne croit plus au Père Noël. Et vous ? Vous y croyez encore ?



Walker qui a l'impression d'être suivi se réfugie dans l'enceinte du festival de musique pour se fondre dans la foule. Dans l'enceinte il aperçoit qu'il semble reconnaître en train de se munir d'un pistolet qu'il a passé sous la clôture. Il tente de le désarmer mais des coups de feu partent causant la mort de victimes collatérales. Il tient en otage le finlandais et essaie de se souvenir de ce qui s'est passé lors d'un séjour familial en Finlande.

L'auteur prend son temps pour installer le décor dans lequel se situe l'action passée et présente ce qui n'est pas sans créer quelques longueurs dans ce cours roman. Du fait également de la longueur le lecteur est confronté à des descriptions incomplètes et l'on a l'impression que pour l'auteur le cadre de l'histoire revêt une importance secondaire.

Si les chapitres se lisent rapidement l'histoire se révèle dans ses débuts assez plate et de surcroît de nombreux éléments viennent perturber la lecture sans réel rapport avec l'intrigue.

Le séjour en Laponie qui revêt une importance capitale dans le récit manque dans la description de réalisme, certaines scènes sont totalement impossibles vue la rigueur de la température qui y règne.

Il faut attendre les trois quarts du roman pour que l'histoire soit véritablement lancée et que les révélations se succèdent et que le suspense arrive à son paroxysme.

L'écriture de l'auteur est maîtrisée et fluide malgré quelques longueurs et des passages qui n'ont aucun rapport direct avec l'intrigue principale.

Pas d'enquêtes dans ce thriller, les policiers ne sont présents que pour négocier et obtenir la reddition de Walker.

Le final paraît plutôt invraisemblable et l'on peut regretter que certaines questions restent sans réponse. Certaines scènes sont un peu crues. Au final un thriller somme tout passable.







dimanche 11 août 2019

Tabou de Casey Hill




En quittant la Californie et le FBI pour diriger l'équipe médico-légale de la police de Dublin, Reilly Steel voulait prendre un nouveau départ et surmonter un lourd passé familial... Jamais elle n'aurait imaginé devoir capturer le tueur le plus pervers de sa carrière !

Mais quand les crimes se succèdent dans la capitale irlandaise, Reilly doit se rendre à l'évidence : un serial killer d'un genre nouveau est à l'oeuvre. Un adepte de Freud qui torture ses victimes en les forçant à transgresser tous les tabous. Et qui connaît Reilly plus qu'elle n'ose l'imaginer.



Un couple de jeunes gens est retrouvé mort dans un appartement des quartiers chics de Dublin suivant une mise en scène particulière. L'enquête est confiée à deux inspecteurs : Chris Delaney et Pete Kennedy. La découverte d'autres corps sont retrouvés dans des conditions identiques. La responsable des services de la police scientifique, en l'absence de son chef, met en évidence un lien récurrent entre les différents meurtres : les tabous, tels que les étudiaient Freud.

L'intrigue de ce policier tout ce qu'il y a de plus classique, de par le mode opératoire de l'assassin très original est bien exploitée par les deux auteurs.

Les personnages quand à eux sont assez stéréotypés. On a d'une part une femme marquée par son passé dramatique : on sait dès les premières pages qu'un problème familial incluant sa sœur l'a profondément marqué. Ce passé est évoqué à de multiples reprises mais ce n'est que dans les derniers chapitres que l'on apprend ce qui s'est passé. Qui dit personnage féminin de premier plan comme il est souvent de coutume dans ce genre de roman dits sempiternels policiers misogynes.

La plume des auteurs est assez directe, simple ; les chapitres ne sont pas trop longs, de plus chaque fin de chapitre nous laisse dans le suspense, ce qui donne une très bonne dynamique de lecture.

Le dénouement n'est certes pas très spectaculaire et l'épilogue assez conforme à ce que l'on pouvait imaginer : un début de romance entre les deux personnages principaux mais heureusement cela nous a été épargné tout au long du roman.

Un policier qui ne révolutionne pas le genre mais qui reste très agréable à lire car si les personnages principaux ne parviennent pas à nous convaincre la psychologie du meurtrier est plutôt bien travaillée même si l'on ne le suit pas dans ses actes.




jeudi 1 août 2019

Zéro heure à PHNOM PENH de Christopher G. Moore



Le détective Vincent Calvino est sur la piste d'un farang, un étranger disparu à Bangkok. Son enquête le conduira jusqu'au Cambodge, pays déchiré par la guerre. La nuit, les tirs d'armes automatiques claquent dans les rues de Phnom Penh, là même où des prostituées vietnamiennes abordent les soldats pacificateurs des Nations unies. Trafiquants russes, hôpitaux de fortune, bars louches, informateurs ainsi que les quartiers généraux de l'UNTAC seront autant d'obstacles. à sa progression. Calvino est accompagné dans cette mission par son ami, le Colonel Pratt. Lui seul sait que l'étranger que Calvino recherche est lié au vol des bijoux dérobés à la famille royale saoudienne. Mais Pratt se tait et Calvino découvrira qu'il n'est pas seul à traquer le farang manquant. L'impitoyable chasse à l'homme commence.



Vincent Calvino un ancien avocat reconverti en détective privé est contacté par Patten un homme d'affaires véreux qui lui demande pour 5 000 dollars de retrouvé la trace d'un dénommé Mike Hatch qui se trouverait au Cambodge à qu'il il doit remettre un chèque important. Pour retrouver l'homme Patten indique à Calvino que s'il veut avoir des informations il doit contacter un canadien en affaires avec Hatch. Calvino se rend au champ de course pour rencontrer le canadien mais alors qu'ils sont en pleine conversation l'homme meurt empoisonné. L'affaire qui de prime abord se révélait fort simple prend se complique, mais ce n'est pas ce qui va inquiéter le détective privé. Il part donc pour le Cambodge accompagné de son ami, le lieutenant colonel Pratt de la police thaïlandaise qui enquête sur un vol de bijoux non résolu. Les deux hommes vont sur place collaborer avec un surintendant de la police des Nations unies.


Zéro heure à Phnom Penh entraîne le lecteur plus dans un roman noir que dans un véritable policier. En effet c'est plus l'atmosphère et le contexte politique dans lequel vont se dérouler l'enquête qui occupent la place prépondérante de ce récit. Le récit se déroule en 1993 lorsque le pays est sous présence des forces de l'ONU qui doivent protéger la population et préparera la mise en place d'un nouveau régime. Une société qui se révèle particulièrement violente où règne la prostitution et les meurtres dans un pays qui avait déjà souffert des exactions commises par les Khmers de Pol Pot.


Le récit se déroule donc dans un contexte qui n'est pas sans rappeler les romans noirs des années cinquante. Un récit particulier où la géopolitique et les meurs prennent le dessus sur une enquête qui n'est que prétexte à nous dresser la toile du pays. Qui dit géopolitique et atmosphère particulière donnent un roman complexe où l'écriture s'avère lourde faites de phrases longues et d'une écriture au passé. On est dans ce roman loin du classique du genre policier et qui s'avère rapidement assez soporifique malgré un côté historique intéressant.


Un contexte qui colle fort bien à la personnalité du personnage central peu soucieux des conventions et qui fonce tête baissée entre les balles perdues. Calvino est plus style agent secret que détective privé à la Poirot, c'est un dur à cuire toujours à la limite de la légalité.


Un contexte social et géopolitique intéressant avec des relations ambiguës avec les pays voisins, et une psychologie des personnages très poussée : l'auteur maîtrise de belle manière son sujet. C'est très instructif a défaut d'une excellente dynamique de lecture




mercredi 31 juillet 2019

X de Sébastien Teissier



Banlieue parisienne, 23h15. Lucas Moriani, agent de la police scientifique, se rend sur une scène de crime. Arrivé sur place, il est seul et éprouve une gêne incompréhensible devant la victime égorgée. Pourquoi cet agent expérimenté ne parvient-il pas à retrouver sa routine? Pourquoi aucun autre policier ne se trouve sur les lieux? Son téléphone garde la trace de l'appel de l'inspecteur l'ayant envoyé sur place mais le numéro est masqué. Quel est son nom déjà? Rapidement, Lucas Moriani réalisera les raisons de son trouble et prendra la mesure de l'horreur qui l'entoure. Acteur contre son gré d'une grotesque comédie, la vie de l'agent bascule. Ses souvenirs ne correspondent plus à aucune réalité. La démence est-elle la seule explication rationnelle? Lucas Moriani va enquêter sur la victime et sur lui-même pour décrypter l'énigme la plus complexe de sa carrière. Mais la vérité aura un prix.



Un policier de la scientifique , chose étrange, se retrouve le premier sur une scène de crime. Le visage de la victime lui semble familière et dans sa main il serre un scalpel couvert de sang ; il tombe dans les pommes. Quand il se réveille deux heures plus tard il ne comprend rien. Il fait place nette dans l'appartement et se met à enquêter.

Dans ce thriller très particulier, fortement orienté psychologie, l'enquête consiste à découvrir la véritable identité du tueur que le lecteur connaît physiquement dès le premier chapitre. De ce fait tout au long du récit ce thriller manque de suspense malgré un côté très sombre.

L'idée que le tueur s'identifie pleinement à sa victime et qu'il endosse sa vie est de prime abord intéressante mais certains détails sont un peu trop poussés ce qui rend peu plausible cette identification. L 'intrigue est très complexe et le lecteur navigue dans un flou total. Il se pose mille questions et est totalement dérouté par ce récit.

Les personnages sont particulièrement énigmatiques, ils nous apparaissent et peuvent nous apparaître avant la découverte de la vérité comme de potentiels coupables. Mais le lecteur devine certains éléments avant qu'ils ne soient révélés ce qui enlève un peu de charme au récit.

Un thriller psychologique qui devrait palier aux amateurs du genre : les chapitres sont courts ce qui donne du rythme à l'histoire malgré une certaine lenteur du au manque d'action et une enquête trop simple et un côté psychologique trop développé à notre goût.