samedi 22 octobre 2022

La saison de la paix de Daniel Abraham

 


Quinze ans ont passé depuis la guerre qui a ravagé les Cités du Khaiem. Les andats ont été détruits, laissant les femmes du Khaiem et les hommes de Galt stériles. L'Empereur Otah tente de former une alliance en mariant son fils à la fille d'un seigneur galtique, espérant ainsi donner vie à une nouvelle génération et à un futur de paix.
Mais Maati, rongé par la culpabilité, veut restaurer le monde d'avant la guerre. Il est bien décidé à créer de nouveaux andats grâce à des poètes femmes, ce qui va à l'encontre des traditions séculaires. Et lorsque l'une des créatures se libère, l'Empire court de nouveau un terrible danger...



Alors que l’empereur Otah Machi passe un accord avec les Galts envue d'échanges de personnes capables d'enfanter suite à l'échec de la dernière contrainte, Maati devenu un paria forme des femmes à devenir Poète avec l'appui de la fille de l'empereur.

Une des femmes formées par Maati réussit une contrainte mais elle n'a qu'un seul désir se venger des Galts qui ont massacrés sa famille. Rt les maléditions s'accumulent sur les Galts, les deux nations devenues alliées doivent faire face à de nouvelles menaces.


Dans cet ultime tome on retrouve un récit plus conforme aux deux premiers opus où les enjeux politiques occupent une place prépondérante.


Des événements nouveaux relancent le récit et malgré des échanges toujours codifiés, la venue des Galts dans le Khaiem rendent ces échanges un peu moins formels.


Si certains personnages secondaires prennent un peu plus d'ampleur pour apparaître sur le devant de la scène, l'univers ne se développe que très peu.


Le final n'est pas à la hauteur de l'ensemble du cycle avec tout se finit bien.


Un tome toutefois de bonne facture dans son ensemble.



 



jeudi 20 octobre 2022

La mort d'une sirène de Rydahl & Kazinski

 


Copenhague, 1834.
Le corps mutilé d’une jeune prostituée est retrouvé dans le port. La soeur de la victime croit pouvoir immédiatement désigner le tueur : Hans Christian Andersen, jeune écrivain en devenir qu’elle a vu quitter la maison de passe la veille. Ravie de tenir un coupable, la police le jette en cellule dans l’attente de son exécution programmée.
Mais grâce à ses relations, Hans Christian obtient d’être libéré pour trois jours, durant lesquels il devra mener ses propres investigations et livrer le véritable meurtrier aux autorités. Sa quête de la vérité le conduira dans les dédales d’une ville ravagée par la pauvreté, les tensions sociales, la corruption et les crimes sordides…
Un thriller historique haletant qui offre une version inattendue de la genèse de La Petite Sirène, avec le célèbre Hans Christian Andersen en enquêteur malgré lui.



A Copenhague, au 19e siècle, Hans Christian Andersen, n'est pas encore l'écrivain célèbre, lorsqu'il est client d'une prostituée. Cet étrange client ne la voit pas pour le sexe, il découpe dans du papier des silhouettes de son corps.

Mais quelques jours plus tard le corps de celle-ci est découvert dans le chenal, et pour sa sœur Molly il ne peut s'agir que de cet étrange client.

Andersen est arrêté, mais grâce à des relations haut placées le commissaire lui donne trois jours pour prouver son innocence. Grâce aux vers récités par un vidangeur un peu fou qui était incarcéré dans une cellule voisine, Andersen a un début de piste.


L'enquête menée par deux personnes qui n'y sont pas habituées est assez bien réalisée malgré certaines longueurs.


L'intrigue de fond à savoir le mobile du crime est très étrange pour l'époque.


Le point fort du récit c'est l'atmosphère de l'époque, les auteurs décrivent de fort belle manière le quotidien des habitants vivant dans la misère, la crasse, combattant le froid et la faim ainsi que l'injustice tandis que la noblesse vit dans le luxe et pour certains dans la dépravation.


Les personnages sont bien brossés et intéressants à suivre, bourrés de défauts qui les rendent encore plus humains.


Une atmosphère bien décrite, une intrigue certes peu adaptée à l'époque mais travaillée, donc un policier historique d'assez bonne qualité.




mardi 18 octobre 2022

La saison de la guerre de Daniel Abraham

 


L'Empire galtique a de tout temps convoité les richesses du Khaiem, mais le pouvoir des andats avait jusque-là réussi à le dissuader d'attaquer. Balasar Gice, l'impitoyable général en chef de l'armée de Galt n'a qu'une obsession : les empêcher de détruire le monde, comme ils l'ont déjà fait plusieurs siècles auparavant. Balasar détient désormais une arme secrète qui pourrait annihiler à jamais le Khaiem et ses esprits magiques...



Le général Balasar Gice, un Galtt, qui doit conduite l'invasion du Khaiem a réussi à récupérer dans les terres désertiques de l'Ancien Empire des livres permettant la Contrainte d'un andat. Un poète renvoyé par le Dai-kvo s'est rallié aux Galts et le général va pouvoir assurer la suprématie de l'empire Galt.

Alors que les troupes progressent pour envahie une à une les cités de l'Utkhaiem, le poète libère les andats rattachés aux cités qui se trouvent sans défense et incapables de résister aux tropes aguerries Galtes.


Avec pour intrigue une guerre ce tome se révèle plus classique que les deux précédents.


Avec une guerre on s'attendait à ce que le récit soit plus dynamique mais il n'en est rien. En effet sans armées les cités ne résistent pas et sont enlevées sans presque aucun combat. Ce n'est que dans la dernière partie du roman où Otah Machi tente de ralentir l'avancée des troupes ennemies que l'on a droit à quelques petites escarmouches décrites en quelques mots seulement. L'auteur ayant mis l'accent sur le travail des deux poètes de Machi pour créer dans l'urgence un nouvel andat.

Un récit qui continue sur la même tonalité que précédemment.


L'univers ne se développe plus, tout comme les personnages qui ne gagnent plus en profondeur.


Un tome légèrement en deçà de deux précédents.




dimanche 16 octobre 2022

L'enfant étoile de Katrine Engberg

 


En plein centre-ville de Copenhague, une jeune étudiante est retrouvée dans son appartement sauvagement assassinée, le visage marqué par d’étranges entailles. L’inspecteur Jeppe Korner et son équipière Annette Werner, chargés de l’affaire, découvrent rapidement que le passé de la victime contient de lourds secrets. Quant à la propriétaire de l’immeuble et également voisine, Esther, elle est en train d’écrire un roman qui relate dans les moindres détails le déroulement du meurtre.
Simple coïncidence ou plan machiavélique ?
Commence alors pour Jeppe et Annette une plongée au cœur d’une ville dans laquelle les apparences sont mortelles.



Un octogénaire qui descendait ses poubelles voit la porte de l'appartement de ses jeunes voisines du dessous ouverte. Il entre et voit des traces de sang partout, et le corps de l'une d'entre elles, il fait un infarctus. La victime a été affreusement tailladée et un morceau de la peau du visage a été prélevé comme le constate les inspecteurs Jeppe Korner et Anette Werner.

L'autopsie révèle que la victime a été tuée d'un coup sur la tempe et que l'assassin a veillé à ne pas faire éclaté la peau.

Une scène de crime en tous points conforme à celle décrite quelques semaines plus tôt par la propriétaire de l’immeuble qui écrit un roman policier.


L'enquête est bien maîtrisée et se révèle complexe avec de fausses pistes dans un récit fluide où le suspense est maintenu du début à la fin.


Mais une fois de plus on a un policier en pleine dépression depuis la mort de son père et son divorce, mais toutefois l'auteure ne s'épanche pas trop sur le sujet. On en sait moins sur sa collègue qui peut parfois se révéler un tantinet énervante par son manque de tact.


Il est intéressant de découvrir Copenhague sous la plume de l'auteure même si elle en dresse un portrait plutôt sombre.


Malgré un rythme assez lent comme il est de coutume dans les policiers nordiques, l'auteure nous offre un bon premier roman.




vendredi 14 octobre 2022

Les neuf sentinelles des Vosges de Jacques Fortier

 


Juillet 1928. Le détective Jules Meyer, qui entre deux enquêtes corrige les épreuves des "Neueste Nachrichten" de Strasbourg, est intrigué par un sombre faits-divers. Une jeune fille de dix-sept ans s'est jetée du haut de la tour du Climont, dans les Vosges. Dès le lendemain, le père de la jeune fille arrive dans le bureau du détective. Pour lui, sa fille ne peut s'être suicidée. Elle a été assassinée. Est-ce le déni d'un père ravagé par le chagrin ? Ou le meurtre d'un tueur particulièrement sournois ? Aucune des deux hypothèses ne peut raisonnablement être écartée sans enquête : Jules accepte cette nouvelle affaire. Au fil de nombreux rebondissements et retournements de situation, Jules devra jouer de toute sa sagacité face à un adversaire machiavélique et sans pitié.



Une adolescente est retrouvée morte au pied de la tour du Climont. Les premières constations et l'autopsie ne relèvent aucune trace de lutte, et il est conclu au suicide. Le père de la victime demande à Jules Meyer de mener l'enquête ne croyant pas au suicide de sa fille.

Hormis un billet de train aller-retour retrouvé au pied de la tour aucune autre preuve et le détective abonde dans le sens des forces de l'ordre.


Mais lorsqu'un mois plus tard un fait similaire se produit, il consulte les archives du journal où il est aussi correcteur. Il n'y a pas de doute possible, six jeunes femmes ont été retrouvées mortes à proximité des tours du Club Vosgien, il s'agit d'un tueur en série.


Pour un polar régional l'enquête est plutôt bien menée, on suit pas à pas les découvertes du détective.


Ce roman sert aussi à nous faire découvrir la région mais sans de trop longues des criptions hormis les renseignements fournis sur les tours érigées par le Club Vosgien.


Le récit comporte de nouveaux éléments bien répartis au fil des chapitres. La plume vive et directe de l'auteur donne une bonne dynamique de lecture.


Le personnage du détective privé est assez bien brossé.


Un plutôt bon roman policier pour un auteur régional.






jeudi 13 octobre 2022

La saison des traîtres de Daniel Abraham

 


Le gouverneur de la cité de Machi se meurt. La tradition veut que ses fils s'entre-tuent afin que le vainqueur du fratricide lui succède ; or Biitrah, l'aîné, vient d'être assassiné. Deux de ses frères ont disparu. Seule la jeune soeur vit au palais.
Tout semble accuser Otah, le fils qui avait quitté la cité de son enfance et qui vient tout juste de revenir. Il y retrouve malgré lui son ancien rival et ami, le poète raté Maati, secrètement chargé d'enquêter sur les circonstances du meurtre de Biitrah et sur le complot visant à destituer la famille en place.
Qui manipule la famille Machi? Qui a scellé une alliance avec les ennemis du Pays de Galt ? Otah et Maati pourront-ils empêcher la chute de la cité dix ans après celle de Saraykhet ?



Alors que Khai Machi se meurt son fils aîné Biitrah est empoisonné et les fomanteurs du meurtre orientent les soupçons vers le sixième fils Otah qui a refusé de devenir Poète.

Le Dai-Kvo envoie Maati à Machi car il connaît Otah qui fut un temps son professeur.


Une intrigue similaire à celle du premier tome, avec un complot pour supprimer une lignée afin de mettre au poste du gouverneur une famille favorable aux Galts.


Le récit établi sur à peu près le même synoptique que le précédent prend un peu plus d'ampleur avec des personnages déjà rencontrés plus approfondis et une certaine mise en avant de personnages féminin.


L'univers très codifié et très rigide ne se développe que peu malgré que le récit nous projette dans le nord de l'empire.


Une plume toujours aussi subtile, pour un récit qui s'avère toujours aussi prenant malgré l'absence d'action.





mercredi 12 octobre 2022

En attendant le jour de Michael Connelly

 


Reléguée au quart de nuit du commissariat d’Hollywood, l’inspectrice Renée Ballard se lance dans des enquêtes qu’elle n’a pas le droit de mener à leur terme. Le règlement l’oblige en effet à les confier aux inspecteurs de jour dès la fin de son service. Mais, une nuit, elle tombe sur deux affaires qu’elle refuse d’abandonner: le tabassage d’un prostitué laissé pour mort dans un parking, et le meurtre d’une jeune femme lors d’une fusillade dans un night-club. En violation de toutes les règles et contre les désirs mêmes de son coéquipier, elle décide de travailler les deux dossiers de jour tout en honorant ses quarts de nuit. L’épuisement la gagne, ses démons la rattrapent et la hiérarchie s’acharne, mais Renée Ballard n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.



Pour avoir déposé une plainte pour harcèlement sexuel à l'encontre de son supérieur l'inspectrice Ballard a été reléguée au quart de nuit où son travail consiste à faire les premières constatations qu'elle transmet aux équipes de jour pour enquêtes.

Une nuit avec son collègue ils sont appelés sur un vol de carte bancaire, sur l'agression sauvage d'un prostitué transsexuel, et alors qu'elle trouve à l’hôpital elle doit réceptionner la serveuse d'un bar de nuit où s'est déroulé un règlement de compte. Mais la jeune femme décède peu après son admission.


Malgré l'interdiction formelle de son supérieur direct d'enquêter elle va s'occuper du vol de carte bancaire qui n'intéresse personne, quémander l'autorisation de la responsable des mœurs pour le tabassage du prostitué, et se lancer dans l'enquête sur la fusillade après l'assassinat de son ex-coéquipier pourtant confiée à son ancien chef.


Pour les deux premières enquêtes elle va trouver très rapidement, trop rapidement les coupables. Les enquêtes manquent de fond, ne sont pas assez exploitées par l'auteur.


L'enquête sur la fusillade ne porte que sur le travail de Ballard alors que des équipes complètes y sont assignées. On ne sait rien ou presque rien de leurs avancées alors que c'est elles qui font le travail de base. On a l'impression qu'il n'y a qu'elle de compétente.


De plus la vie quotidienne de l'inspectrice occupe trop de place par rapport aux enquêtes : on la suit au paddle, sur la plage dans une tente lorsqu'elle dort, quand elle récupère son chien déposé en gardiennage la nuit,...


Un personnage de premier plan qui dans ce premier tome de la série ne parvient pas à convaincre le lecteur. Les personnages enquêteurs masculins sont presque caricaturaux avec une misogynie trop poussée. Ce qui donne au récit une ambiance malsaine.


Un premier tome de série très moyen.




lundi 10 octobre 2022

L'axe du sang de Pierre-Yves Tinguely

 


Teodor Cepek, ancien prêtre devenu exorciste, est chargé d'assainir des lieux hantés ou des personnes perturbées par des esprits malins. Ce jour-là, dans une ferme polonaise, il tombe sur une entité bien plus puissante que lui et échappe de peu au massacre de toute une famille d'innocents. Il ignore cependant que son propre sang va désormais faire l'objet d'une lutte sans merci car il charrie l'essence même du mal. La découverte d'un manuscrit maudit et l'application de son contenu préfigurent le déclenchement d'une réaction en chaîne dont Cepek devient un maillon involontaire. De Varsovie à Los Angeles en passant par la Suisse, son sang va semer la terreur et la mort. Une société secrète et machiavélique se réjouit de ces événements qui viennent confirmer une antique prophétie. Le plus effroyable reste à venir..."



Teodor Cepek, un prêtre défroqué devenu exorciste, se rend dans une ferme au nord de Varsovie appelé pour des esprits frappeurs. Mais l'entité présente est bien plus puissante qu'il ne s'y attendait, et c'est l'horreur, les quatre membre de la famille sont massacrés. Le vieil homme est trouvé dans la cour par un marchand de bois auquel il précise faiblement de ne pas toucher son sang, mais malgré les conseils du médecin-chef un autre drame va se produire à l’hôpital continuant une liste qui ne va faire que s’allonger.


Si le côté ésotérique est bien présent, l'enquête policière est reléguée au second plan l'auteur ayant préféré l'escalade des scènes chocs. Des truands et un politicien extrémiste vont multiplier les massacres après l’enlèvement du prêtre à l'hôpital, des passages qui vont largement supplanter l'enquête pour le plus grand déplaisir du lecteur.


Avec des policiers dépassés par les événements, et des personnages abjects prêt à tout pour faire de l'argent ou atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés, les personnages ont du mal à retenir l'attention du lecteur. Et la partie secrète qui a vu le jour au moyen-âge n'est pas assez développée. Les deux points les plus intéressant du récit n'ont pas été exploités.


Le point positif du roman c'est l'écriture directe de l'auteur qui alliée à un nombre important d'événements donne une excellente dynamique de lecture.


On sort de ce thriller ésotérique avec un sentiment mitigé.



 


samedi 8 octobre 2022

La saison de l'ombre de Daniel Abraham

 


La cité de Saraykeht rayonne sur le monde grâce à son immense port. Son gouverneur tout-puissant, le Khai, dirige les poètes, disciples d'un ordre quasi religieux formés à un art magique : donner forme à des andats, créatures semblables aux humains dotées de pouvoirs précieux. Heshai, vieil homme tourmenté et alcoolique, est le poète de Saraykeht. Il vit avec Stérile, son andat insolent et cruel, mais indispensable à la bonne marche du commerce : il maîtrise la culture du coton et assure la prospérité de la ville.
À l'Ouest, l'ennemi, le pays de Galt, veut renverser Saraykeht et s'emparer de ses richesses. Pour cela, un seul moyen : détruire le poète et son andat.
Au cœur d'une des grandes Maisons de commerce, un complot est organisé. Heshai, tourmenté par des souvenirs sombres saura-t-il protéger son andat ? Et acceptera-t-il l'aide de son apprenti, venu lui aussi de l'ordre prestigieux de ces poètes magiciens ?



Le récit débute dans une sorte d'académie où l'on forme de manière très rigoureuse des enfants à devenir Poètes. Des magiciens qui ont le pouvoir de donner vie à leurs idées pour créer les Andats des êtres puissants dont les retombées économiques font des cités de l'empire les plus prospères et les plus puissantes.


L'auteur commence à placer lentement les protagonistes de l'histoire et les bases de l'univers avant de nous livrer l'intrigue.


Une intrigue assez simple consistant à fomenter un complot contre le poète de Saraketh mené par un marchand de Galt, un pays guerrier qui veut prendre la suprématie sur l'Empire, et ceci avec la complicité de l'andat du poète qui hait son créateur. C'est par le biais du Commerce Interdit, un avortement, qu'ils comptent supprimer le poète, mais tout ne va pas se passer comme prévu, du fait notamment que la mère n'était pas consentante.


L'univers qui prend ses bases dans la chine et le Japon médiévaux est très intéressant. Tous les échanges entre les protagonistes se font selon une gestuelle complexe et très codifiée. L'univers se développe lentement au fil des lieux et des personnes rencontrées, et petit à petit se révèle très riche.


Malgré une action inexistante, l'atmosphère du roman se fait très inquiétante basée sur des intrigues politiques. L'auteur nous offre une fantasy toute en subtilité à peu à la manière de certains mangas japonnais.


Pour le lecteur les personnages se font ambigus du fait du code complexe et des échanges qui ne le sont pas moins.


Si l'originalité et la qualité de l'écriture sont indéniables on peut regretter toutefois que l'auteur ne creuse pas plus en avant l'influence orientale de son univers.


Un très bon premier tome qui n'est toutefois pas exempt de quelques petits défauts.






vendredi 7 octobre 2022

L'héritier de Denis-Christian Gérard

 


Arwald le Loup a reformé « la Meute ». Felymée l'immortelle, Thom le nain débrouillard, Alrow l'archer infaillible et Clamane le poète érudit ont répondu à l'appel de leur capitaine. Ils constituent la dernière garde de Valkryst, le prince héritier, face au démon assassin Lamenoire. Le destin les rattrape aux confins du royaume, dans une tour assiégée, en proie aux flammes. Meurtrie et amputée, la Meute devra se relever pour poursuivre sa mission... La Dernière Garde s'inscrit dans une série de romans constituant les chroniques épiques et fantastiques du royaume de Rougeterre.



Le récit reprend exactement là où l'on l'avait laissé dans la première partie, à savoir devant les ruines de la tour de Clamane. Aimery de Castelroc, non sans avoir ordonné à un sergent et à ses hommes de fouiller les débris de la tour pour y trouver les corps, prend la route de la capitale avec ses deux prisonniers.

Quel est l'étonnement des soldats laissés sur place de voir sortir des décombres cinq silhouettes indemnes.


Hormis quelques mots sur la capitale l'univers ne se développe pas si ce n'est le passage sur les Boucaneurs qui n'est malheureusement pas travaillé au niveau du monde.


Pas de nouvelle intrigue ou sous-intrigue pour donner plus de profondeur au récit.


Les personnages, sauf le prince Valkryst qui gagne un peu en maturité, ne sont toujours pas assez fouillés.


Mais l'histoire est toujours aussi dynamique avec de nouveaux événements et retournements de situation qui toutefois s'avèrent prévisibles.


Une seconde partie somme toute prévisible pour une histoire plutôt axée jeunesse.





jeudi 6 octobre 2022

La meute de Denis-Christian Gérard

 


La vie de Filip III, souverain de Rougeterre, et celle de Valkryst, le prince héritier, sont menacées par un assassin démoniaque.
Le roi fait alors appel aux membres survivants de son ancienne garde rapprochée. Selon lui, ces guerriers d’élite représenteraient sa seule chance de survie… s’il ne les avait pas bannis de sa cour vingt ans auparavant, pour une raison mystérieuse.
Sorti de la geôle putride dans laquelle il croupissait depuis deux décades, le célèbre capitaine Arwald le Loup accepte, de nouveau, de prêter allégeance au monarque qui l’a pourtant condamné. Le Loup rassemble ses anciens compagnons d’armes pour reformer « la Meute » : Felymée l’immortelle, Thom le nain débrouillard, Alrow l’archer infaillible, Clamane le poète érudit… Malgré leur ressentiment envers le roi, tous reprennent du service face à l’ennemi inconnu et insaisissable qui menace la couronne.
La Dernière Garde s’inscrit dans une série de romans constituant les chroniques épiques et fantastiques du royaume de Rougeterre.



Sa vie et celle de son fils menacées par une entité démoniaque, qui leur est apparue à plusieurs reprises la nuit les menaçant en récitant un poème leur prédisant un funeste destin proche, le roi Filip III envoi un détachement à Sombrefosse. Arwald le Loup, l'ancien héros de la nation y purge une peine à vie sous fausse accusation de haute trahison et de tentative de régicide. Devenue trop populaire l'ancien capitaine menaçait le trône.

Mais le conseil conduit par un éminent membre du clergé refuse de le gracier. Fuyant le palis, il se réfugie dans une vieille auberge en ruines où le roi lui a donner rendez-vous. Avant d'être frappé par l'épée maléfique, le roi lui demande de reformer la « Meute » son ancienne compagnie pour protéger son fils. A nouveau accusé de régicide il doit prendre de vitesse l'entité démoniaque et les troupes du roi qui le recherche.


Pour un demi-one-shot assez court, l'univers bien que peu développé est tout de même travaillé avec de courtes descriptions nous décrivant la géographie du royaume, ses différentes peuplades, et ses lieux où nous conduisent le récit.


L'intrigue, avec un grand-méchant qui œuvre dans l'ombre pour s'emparer du pouvoir, s'avère assez classique du genre, mais l'histoire est bien travaillée avec de nombreux événements et rebondissement donnant une excellente dynamique de lecture.


Les personnages sont plutôt bien travaillés et continue petit à petit à se développer au fil des chapitres tout au moins pour ceux du premier plan.


Un point noir toutefois est à noter, le tome est mercantilement divisé en deux volumes ce qui fait un peu cher pour un roman d'environ cinq cent pages.




mardi 4 octobre 2022

De soleil et de sang de Jérôme Loubry

 


Dans ce quartier chic de Port-au-Prince s’élèvent de belles demeures de pierre entourées de palmiers, de flamboyants et d’arbres orchidées. C’est là que, pour la deuxième fois en une semaine, un couple est retrouvé assassiné dans sa chambre. Deux corps mutilés gisant au pied du lit conjugal. La presse titre déjà sur une série de « crimes vaudous ».
Pourtant l’inspecteur Simon Bélage refuse de tomber dans la superstition. Sur cette île, la corruption et le trafic d’enfants font plus de ravages que le terrible Baron Samedi, le dieu des morts. Simon sait avec certitude que ces crimes sont l’oeuvre d’un être de chair et de sang. Et tous les indices convergent vers un orphelinat fermé depuis près de vingt ans, surnommé la « Tombe joyeuse ».
Mais Simon devrait prendre garde. En Haïti, ignorer les avertissements des esprits, qu’ils soient vrais ou faux, peut se révéler dangereux…



L'inspecteur chef Simon Bélage est appelé par son coéquipier sur une scène de double crime à Pétion-Ville le quartier chic de Port-au-Prince. Un couple de blancs, la cinquantaine, a été sauvagement assassiné les mains tranchées. La femme a eu les yeux crevés, l'homme la langue arrachée et le pénis tranché. Un double homicide identique à la semaine précédente avec pour signature un cercueil en origami.

Une signature qui selon les croyances des haïtiens est liée au vaudou, mais Bélage rejette ces superstitions.


En parallèle l'on suit deux autres récits. Tout d'abord celui de Méline, une jeune parisienne, devenue infirmière après avoir raté ses études de médecine qui va se laisser entraîner par une nouvelle amie membre d'une ONG en Haïti.

Et également à Haïti en 1984 le sort de six jeunes enfants kidnappés dans la rue ou vendus par leur famille à un des chefs de gang des plus dangereux de la ville dans un orphelinat inauguré par les Duvalier.


Une enquête moyennement travaillée car à la base ni indice ni témoins. L'auteur a privilégié de décrire les dérives politique, la corruption à tous les niveaux et même au sein de la police, les rapt d'enfants conduits dans des orphelinats illégaux puis vendus aux américains et aux européens et où tout le monde touche sa part du gâteau.

Une toile de fond particulièrement glauque en totale opposition aux beautés de l'île.


L'enquête n'est clairement pas la priorité de l'auteur qui nous livre à la place du policier annoncé un roman politico-social.




lundi 3 octobre 2022

Rien dans la nuit que des fantômes de Chanelle Benz

 


A 4 ans, Billie James a assisté à la mort de son père, célèbre poète, mais elle n'en garde aucun souvenir. Trente ans après en être partie, elle revient dans la cabane décrépite de son enfance, dans le delta du Mississippi. Alors que les voisins se comportent étrangement et que des rumeurs circulent autour du décès de son père, Billie exhume de lourds secrets sur sa famille.



Trente ans après la mort de son père, un poète noir en pleine ascension, Billie James revient à Greendale dans la maison que lui a léguée sa grand-mère.

Un voisin lui dit que le jour de la mort de son père, elle avait disparue et que des recherches avaient été lancées, mais elle ne se souvient de rien, elle n'avait que quatre ans à l'époque. Les adjoints du shérif, tous des blancs, avaient déclarés à un mort accidentelle, mais elle est bien décidée à connaître les circonstances de l'accident.


On ne peut pas parler de véritables enquêtes mais plutôt de conversations avec des personnes ayant connues son père mais dans ces échanges elle ressent rapidement, à l'évocation de sa mort, un comportement qui ne cadre pas avec une mort accidentelle. Alors qu'elle s'approche de découvrir les faits, elle est sauvagement agressée.


Mais plus qu'un thriller c'est un roman d'atmosphère que nous livre l'auteure dans ce Sud profond où plane encore les ombres du passé, de la ségrégation et du Ku Klux Klan, une époque où la vie des noirs ne valait rien.


Les amateurs de policiers ou de thriller seront fortement déçu, même si c'est très bien écrit, car l'enquête n'est qu'un prétexte pour nous livrer un roman noir qui nous fait ressortir le décalage avec une certaine époque pas encore pleinement révolue.




dimanche 2 octobre 2022

Les héritiers de Ghern Arg de Pierre Saviste

 


Au début des temps régnait sur le monde d'Ombramère un vide absolu et glacial. Des ténèbres naquirent les Primans, les initiés de la grande nuit. Ils créèrent les hommes, et chaque peuple se choisit un dieu. Mais les hommes négligèrent leurs dieux. Le courroux des Primans donna naissance aux Avatars, des démons qui firent régner des siècles de terreur. Lorsque leurs créateurs voulurent les envoyer au néant, les Avatars se révoltèrent. On raconte que les Primans furent vaincus et s'endormirent, abandonnant le monde au joug des princes-démons. Des siècles plus tard, dans une province reculée de l'empire, un fermier recueille une jeune femme mourante par une nuit de tempête. Elle laisse son nouveau-né, Verganise, sous la protection de Palméo un mystérieux scalde errant qui décèle sur la petite fille la marque des Primans... C'est le début de la quête des héritiers de Ghem Arg.




Après un prologue assez succinct qui nous présente de manière assez générale la création des races du monde de Varg Horn par les Primans et leur disparition, les humains leur ayant préféré les Avatars, l'auteur nous introduit son intrigue.


Une intrigue somme toute assez simple puisqu'elle consiste à l'annonce du retour de l'un des dieux originels. Une intrigue assez récurrente dans le genre.


A cette annonce, les Avatars, des princes-démons enfants des Primans, se réunissent et décident d'envoyer un des leurs parmi les humains pour empêcher ce retour. Mais les Elms, une race qui s'est réfugiée dans une cité creusée dans la montagne après les guerres divinitiennes qui les ont opposées aux humains, envoie un guerrier pour tenter de faire échouer le projet des princes-démons suite à la demande de l'une de leurs prophétesses vivant parmi les humains.


Un univers, qui hormis le prologue et les quelques races considérées comme disparues, et bien que certaines nommées par de nouveaux noms mais déjà connues en fantasy, se résume à peu de chagrin. En effet, on ne sait rien du monde d'aujourd'hui si ce n'est que les conflits ont fracturée le monde aujourd'hui un empire constituée de plusieurs îles avec d'anciennes contrées qui vivent mal le joug impérial. Pas de descriptions de lieux visités par certains des personnages sinon quelquefois quelques mots pour désigner l'autorité qui supervise le territoire en question.


Plusieurs personnages évoluent dans le récit, au courant de ce qui est en train de se produire, chacun d'eux ayant sa propre quête dont ils ne connaissent pas vraiment la finalité. Le récit de ce fait se révèle quelque peu décousu car le lecteur n'est pas vraiment au courant de leurs buts ou de leurs recherches, et à ce stade de la mise en contexte le lien entre les différents personnages n’apparaît pas encore. En effet aucun des personnages n'en a pas rencontré un autre à la fin de ce premier tome. Une mise en place longue, très longue, trop longue où il ne se passe pas vraiment d'événement majeur et où l'action est inexistante. Deux points noirs qui donnent une dynamique de lecture très lente qui au fil ces chapitres génère chez le lecteur un manque d'intérêt vis à vis de l'histoire.



  



samedi 1 octobre 2022

Le rendez-vous des anges de Myriam & Joseph Gemayel

 


Hantée par la découverte du cadavre d’un jeune garçon anonyme mort dans des circonstances troublantes, Myriam Gemayel n’hésite pas une seconde lorsqu’un indice – un sachet de poudre – sur une scène d’incendie criminel lui donne l’espoir de découvrir la vérité. Elle décide, quoi qu’il en coûte, de mener l’enquête afin de pouvoir rendre un nom à cet enfant que personne n’a réclamé.
Avec l’appui de son mari, le médecin légiste Joseph Gemayel, elle remonte la piste d’un trafic de drogue qui cache en réalité un réseau d’enfants esclaves aux ramifications tentaculaires. Pour mener à bien cette enquête éprouvante et rester solides face à l’horreur de ce qu’ils mettent au jour, Myriam et Joseph devront compter sur leur ténacité et la force de leur couple..



De permanence au commissariat de banlieue, les lieutenants Samih et Gemayel sont appelés sur un incendie criminel à la Roseraie, un quartier sensible.


Dans le couloir des caves une jeune femme blonde tuée d'une balle dans le cou, et dans le local à poubelles deux corps gravement brûlés. Dans le petit sac de la jeune femme 2000 euros et 3 sachets de poudre rose portant un logo déjà vu 3 semaines auparavant sur une jeune adolescent violenté mort d'une overdose.


Le lieutenant Gemayel demande à sa copine de fac, la procureure de leur confier l'enquête sur la drogue, les meurtres sont du ressort de la PJ.


L'enquête est très bien maîtrisée par les auteurs, on suit point par point le travail des enquêteurs, et pour cause l'auteure ayant elle-même appartenu à la police.


Une enquête sur un réseau de drogue qui va abouter sur une affaire bien plus sombre, la prostitution de jeunes adolescents par un groupe de criminels ne reculant devant rien comme va l'apprendre à ses dépens la lieutenante.


La plume des auteures est efficace et directe donnant une excellente dynamique de lecture pour ce policier prenant.


Les personnages de premier plan sont plutôt bien brossés même si l'on aurait préféré que le coéquipier ne passe pas après le couple.


Un bon roman policier de facture assez classique avec des bouleversements du début à la fin.