samedi 6 septembre 2014

LE SANG DES ELFES – ANDRZEJ SAPKOWSKI - SORCELEUR TOME 3


LECTURE DANS LE CADRE

DU DÉFI IMAG'IN CAFÉ 

ET DU CHALLENGE




Le royaume de Cintra a été entièrement détruit. Seule la petite princesse Ciri a survécu. Alors qu'elle tente de fuir la capitale, elle croise le chemin de Geralt de Riv. Pressentant chez l'enfant des dons exceptionnels, il la conduit à Kaer Morhen, l'antre des sorceleurs. Initiée aux arts magiques, Ciri y révèle bien vite sa véritable nature et l'ampleur de ses pouvoirs. Mais la princesse est en danger. 
Un mystérieux sorcier est à sa recherche. Il est prêt à tout pour s'emparer d'elle et n'hésitera pas à menacer les amis du Sorceleur pour arriver à ses fins...


"Le Sang des Elfes" nous fait revenir auprès de Geralt de Riv, le fameux Sorceleur, héros fétiche de Andrzej Sapkowski. Ce tome se distingue des deux premiers qui étaient des recueils de nouvelles. Originellement cet opus est le début proprement dit de la saga en cinq volumes ce qui explique son aspect un peu "introductif". Bien que ce volume soit considéré comme la première partie de la saga du Sorceleur, il est important d'avoir lu avant le deuxième volume L'épée de la providence car celui-ci introduit mieux le personnage de Ciri, élément-clé de cette série.

Évidemment, "Le Sang des Elfes" a tous les défaut d'un premier tome , l'histoire s'installe lentement intronisant les personnages clés, les dirigeants des royaumes et leur géopolitique, mais aussi Triss Merigold bien connue des amateurs du jeu, ainsi que les autres Sorceleurs.

La progression du récit s'effectue par des parties isolés temporellement mais non indépendantes au niveau de l'intrigue, qui en plus de la mise en place de l'intrigue renforcent le sentiment de lenteur dans le déroulement de l'histoire. Outre ses longueurs, l'auteur crée de nombreux dialogues, certes pertinents et permettant de connaître le point de vue des différents protagonistes, mais qui s'ils enrichissent l'histoire, s’avèrent parfois trop longs qui sont préjudiciables à la dynamique du récit.

On visite le monde de Sapkowski, à travers les yeux de Ciri, qui occupe le premier plan de ce tome, et l'on découvre en profondeur les lieux mentionnés dans les volumes précédents, mais également dans le jeu The witcher. Et c'est à nouveau une plongée dans le ni bien le ni mal, dans ce que l'auteur appelle le moindre mal, que nous confronte cet univers pas tout a fait médiéval où la science et la technique sont en fait très développées grâce aux magiciens et aux savants. Un univers agrémenté par de petites touches écologiques, glissées ici et là tout au long du roman, et d'une faune qui lui est propre.

Les mésaventures de Geralt montent ici en importance. Des acteurs majeurs entrent en jeu, et Geralt va avoir du mal à garder son détachement habituel. Ciri est donc éduquée par Geralt mais elle n'en reste pas moins une jeune fille comme toute les autres et même une future femme avec des questions, des envies mais elle connaît aussi son destin, qui reste fortement lié au Sorceleur dont elle va suivre l’entraînement. Du fait des questionnements de la petite princesse sur son état de femme, l'auteur en profite pour introduire le personnage de la magicienne Tris Merigold qui va aussi lui inculquer à Ciri des notions de magie.

Le style de l'écriture reste bon, malgré certaines longueurs, de trop nombreux dialogues et même si l'auteur sait alterner les registres, la tonalité du récit n'a pas la même vivacité que dans les recueils de nouvelles. Même si l'intrigue est menée avec talent, elle est  trop longue à se développer. Un tome qui malgré des personnages intéressants à suivre, de l'humour sarcastique, ne provoque pas un intérêt aussi profond que les précédents. Espérons que l'auteur dans les tomes suivants parviendra à imposer à son récit une meilleur dynamique.




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