dimanche 29 juillet 2018

Les nuits de la Saint-Jean de Viveca Sten


Lecture dans le cadre du challenge :




L’angoisse monte à Sandhamn : une jeune fille a disparu au cours de la nuit. Sous une pluie battante, l'inspecteur Thomas Andreasson et ses collègues ratissent l'île, en vain : Lina Rosén reste introuvable et l'enquête conclut à une noyade accidentelle.
Quelques mois plus tard, l’île de Sandhamn est couverte de neige et de glace. L amie d'enfance de Thomas, Nora Linde, vient prendre quelques jours de vacances avec ses deux petits garçons. Mais en jouant dans la forêt, les enfants font une découverte macabre : des restes humains enfouis dans un sac sous la neige.
La jeune fille a été assassinée et atrocement mutilée. Pourquoi un tel acharnement ? Est-il possible que ce soit le cadavre de Lina ? Les indices sont tout aussi ténus que lors de sa disparition et Thomas redoute que le meurtrier ne frappe à nouveau.


Avec Les Nuits de la Saint-Jean, son troisième roman, l'auteure nous projette une fois de plus sur l'île de Sandhamn pour nous faire retrouver ses personnages fétiches l'inspecteur Thomas Andreasson et son amie Nora Linde.


Nora qui apprends que son mari la trompe part se réfugier dans sa maison de Sandhamn avec ses enfants. C'est en jouant à cache-cache dans la forêt que l'un de ses fils se prend le pied dans un trou. Un trou contenant un sac plastique noir dans lequel se trouve un bras humain. Thomas Andreasson dépêché sur place avec sa collègue Margit relient immédiatement cette affaire avec la disparition quelques mois plus tôt d'une jeune fille Lina Rosèn.


L'enquête avance lentement, entrecoupée avec les problèmes conjugaux de Nora, les retrouvailles de Thomas avec son ex-femme, leurs introspections à tous deux, et un récit parallèle qui nous transporte dans le passé. Ces retours dans le passé nous plonge au début du 20éme siècle et nous font découvrir la vie d'un enfant martyr victime d'un père convaincu que la justice de Dieu doit s'appliquer en toutes circonstances. Des scènes fortes qui nous font découvrir la dureté de la vie difficile de cette époque. Et s'il ne semble par avoir de corrélation entre les faits entre ces deux époque c'est au dénouement qu’apparaît le lien comme il est habituel dans la manière de procéder de l'auteure.


L'intrigue avec une histoire de vengeance manque d'originalité et passé le suspense du début l'affaire est presque au point mort : les recherches n'avancent pas tout comme les interrogatoires qui n'apportent rien de concret. L'histoire familiales de deux protagonistes principaux reléguant presque l'enquête à un rôle secondaire. Quand au dénouement c'est une fois de plus Nora qui va solutionner la situation avec un détail presque banal.


Si l'ambiance hivernale est plutôt bien réussie, il n'en est pas de même avec les protagonistes principaux qui se révèlent fades et peu attachants. Le côté policier de l'inspecteur ne prenant pas assez le dessus sur les cotés annexes du récits quand à sa collègue est n'est pas du tout mise en avant. Les personnages du passé apparaissent plus travaillés et le lecteur se focalise plus sur ce récit alors qu'en principe c'est l'enquête qui devrait occuper le premier plan.


Malgré cela la narration de l'auteure faite de chapitres courts et d'alternance passé-présent offre une bonne dynamique de lecture.


Au final un roman policier pas inintéressant et sans prise de tête qui permet tout de m^me de passer un bon moment de lecture.



mercredi 25 juillet 2018

La lance des ombres de Josh Reynolds


Lecture dans le cadre du challenge :


Au commencement était le feu. Et ce feu engendra huit armes au pouvoir terrible, dotées d'un fil meurtrier par les armuriers élus de Khorne. A présent que le fracas de la guerre résonne dans les Royaumes Mortels, les grandes puissances cherchent à s'emparer des huit où qu'elles se trouvent et quel qu'en soit le prix. Dans une ville de prophéties et de secrets, Grungni, le dieu forgeron des duardins, rassemble un groupe de guerriers mortels de toutes origines pour localiser la première des huit armes. Or, ils ne sont pas seuls dans cette quête ; les agents des puissances de la ruine désirent les armes pour leur propre usage. La course s'engage entre hommes, duardins et démons pour s'emparer de la Lance des Ombres...


Alors qu'il est en train de forger, Grungni le Seigneur de toutes les Forges est agressé par un démon sorti des flammes. Tuant le démon de feu, il voit dans les flammes qui dansent des guerres à venir où dansent les Huit Lamentations, des armes forgées par la Gueule des Armes, les forgerons-guerriers de Khorne le Dieu du Sang. Pour s'emparer de l'une d'elle Grungni le Démiurge va, lors de l'attaque d'Excelsis par les Skavens, sauver d'une mort certaine Volker un humain Maître de la Poudre qui va rejoindre un groupe déjà formé d'un Nain Cherche-Mort, d'un chevalier du Bois de Ghyr et d'une mystérieuse aventurière amie des Nains Kharadron. Mais ils ne seront pas les seuls sur les traces de l'arme maléfique car les dieux du chaos ont envoyé leurs Champions tout comme la Reine Neferrata.


Rien de bien original pour l'intrigue qui avec la quête d'une arme magique est des plus basique. Malgré de nombreux rebondissements la conduite de l'histoire s'avère assez linéaire, construite à la manière d'un scénario de jeu de rôle.

L'univers est intéressant à découvrir avec des particularités bien propres à l'atmosphère très glauque de Warhammer. On découvre plus particulièrement les navires étheriques Kharadron , une ville construite sur le dos d'un ver géant, une forêt pleines d'araignées géantes,... On se fait une idée plus précise de la pugnacité des Skavens et de leur hiérarchie et de la manière très particulière pour y gravir les échelons.

Les personnages centraux tout comme les personnages de second plan sont dépeints de belle manière. Pour certains leurs traits de caractères sont poussés à leur maximum et l'on pourrait reprocher qu'ils sont caricaturaux mais ils sont en parfait accord avec l'esprit du JDR.

Les descriptions sont précises, fourmillent de détails ont sent ce dégager l'atmosphère particulière de l'univers très particulier et l'on découvre aussi plus en avant la technologie développée dans le jeu. L 'aventure permet nous permet de rencontrer une grande diversité d'adversaires et les méchants ne sont pas là uniquement pour se faire étriller par les gentils ils permettent aussi de découvrir le vaste univers.

Malgré des descriptions précises la dynamique de lecture se révèle bonne car les combats sont nombreux et très bien décrits. Dans les combats de masse sont également inclus ceux des personnages.

Le présent ouvrage est un élément important pour toute personne désireuse de découvrir plus précisément l'univers particulier de Warhammer m ais ne pourrais guère intéresser les fans de fantasy qui n'évoluent pas dans le jeu.


lundi 16 juillet 2018

Les nuits de Reykjavik de Arnaldur Idridason


Lecture dans le cadre du challenge : 


Erlendur le solitaire vient d'entrer dans la police, et les rues de Reykjavik dans lesquelles il patrouille de nuit sont agitées : accidents de la circulation, contrebande, vols, violences domestiques... Des gamins trouvent en jouant dans un fossé le cadavre d'un clochard qu'il croisait régulièrement dans ses rondes. On conclut à l'accident et l'affaire est classée. Pourtant le destin de cet homme hante Erlendur et l'entraîne toujours plus loin dans les bas-fonds étranges et sombres de la ville. On découvre ici ce qui va faire l'essence de ce personnage taciturne : son intuition, son obstination à connaître la vérité, sa discrétion tenace pour résister aux pressions contre vents et marées, tout ce qui va séduire le commissaire Marion Briem


Dans Les Nuits de Reykjavik l'on découvre l'enquêteur fétiche d'Arnaldur Indridason à ses débuts dans la police. Affecté à la police de proximité, le jeune policier effectue des rondes de nuit dans la capitale Islandaise. C'est à l'occasion de ces rondes de nuits qu'il croise à plusieurs reprises le chemin d'un clochard : Hannibal. Mais quelques temps plus tard ce dernier est retrouvé mort, noyé dans une tourbière. Les constations médicales ne donnant aucune piste hormis que l'intéressé était saoul, le dossier est classé en mort accidentelle. Mais cette mort devient obsessionnelle pour le jeune policier et un an après la mort du clochard il se lance dans une enquête officieuse pour découvrir les circonstances réelles de cette mort. Il va faire le parallèle avec une disparition survenue le même jour de la mort du clochard.

Ce n'est pas réellement l'enquête qui est le point central du roman mais plutôt le personnage de l'enquêteur et de sa vie personnelle. Dans ce policier à l’ambiance très sombre c'est le passé dramatique que veut nous faire découvrir l'auteur.

L'histoire met du temps à se mettre en place, l'auteur dressant tout d'abord le contexte de l'intrigue et nous dépeignant le décor dans laquelle elle va évoluer. Une enquête qui se déroule lentement au rythme du travail quotidien et de son lot d'incidents. Le lecteur est plongé dans un policier tout ce qu'il y a de plus classique : interrogatoires, recoupements... Les seuls moments d'action résident dans les interventions nocturnes de l'équipe de policiers, à savoir cambriolages, drames conjugaux, drogue et personnes avinées, et tout particulièrement sur ce dernier point des sans abris.

Si l'enquête des plus classique n'a rien de trépidante et qu'elle passe presque au deuxième plan, les points d’intérêts résident dans les conditions difficiles des personnes qui vivent en marge de la société, tout comme la vie nocturne de la ville qui offre une autre vision de l'Islande.

Hormis l'enquêteur, les autres policiers passent eux aussi au second plan pour nous laisser découvrir un personnage marqué par la disparition de son frère lors d'une randonnée dans les montagnes de l'Est. On découvre un personnage taciturne, renfermé sur lui même qui semble encore vivre perpétuellement avec le drame du passé. On retrouve une fois de plus, comme il est de coutume dans les romans policiers, marqué par la vie.

Le dénouement de l'enquête se révèle lui aussi sans surprise car on connaît l'assassin bien avant le chapitre ultime.


Au final, un roman policier pur et dur, très bien écrit qui a pour but de faire découvrir aux aficionados de l'auteur de faire connaissance avec son héros mais qui n'offre rien de particulier par rapport à d'autres romans du genre. Un roman introductif à la longue carrière de l'enquêteur au rythme de lecture qui manque de dynamique et dont les retournements de situation, certes peu nombreux, sont trop simples.


mardi 10 juillet 2018

Masky de Viviane Etrivert


Lecture dans le cadre du challenge :




An de grâce 1599. Renaissance tardive.
Au carrefour des influences slaves et germaniques, alors que les guerres de Religion persistent à déchirer l'Europe, la Moravie conserve ses traditions d'un autre âge et sa mémoire païenne, dans une paix fragile.
Mais là où les femmes se rassemblent pour se transmettre le vieux savoir, au travers de gestes immuables, certains hommes ont beau jeu de parler de sorcellerie et de brandir un terrible ouvrage : le Malleus maleficarum.
Noël approche. À Ostrov, on se marie. Dans les rues de Velky, les barbora distribuent des cadeaux et la troupe des loups-garous, bruyante et paillarde, fait charivari.
Neige et tempête. Dans les bois, près du Rocher de l'Ourse, rôde un inquiétant loup gris à trois pattes. Et un moine étrange va et vient, demandant aux passants pétrifiés si son hurepiau lui sied bien.
La fête peut-elle se poursuivre, quand des crimes se commettent dans l'ombre ? Et que faire, quand la Justice tombe soudain entre les mains d'un sinistre individu ?
D'abord, répondre à la question que tous se posent : qui a tué le juge Michna ? 



Alors qu'il s'en revient des noces de Marie avec le marchand Vaclav Vanek, le juge Michna est attaqué sur la route par ce qui semble être un revenant. Découvert par le médecin français Jean Bonhomme il décédera quelques jours plus tard. Un nouveau juge arrive, chassé quelques années auparavant pour avoir puisé dans les caisses de la ville, il est bien décidé, sous couvert de chasse aux sorcières à se venger. Il est accompagné par un frère inquisiteur et par son propre bourreau. Malgré le danger, Léna, la mère de Vaclav et prêtresse de la Dame se refuse à cesser la pratique des anciens rituels.

Pour écrire ce roman où le folklore tchèque et slave occupe une place primordiale, l'auteure a effectué de longues recherches se rendant même en Moravie où elle ses longuement documenté sur ce sujet, mais aussi sur les us et coutumes de l'époque et sur les procès en sorcellerie. Dans le développement de son récit elle fait également mention de livres anciens sur lesquels elle s'est appuyé pour donner une histoire riche en détails.

La part de surnaturel se veut légère et s’imbrique de matière naturelle dans le folklore qui est évoqué avec beaucoup de force. L'époque à laquelle se déroule l'histoire, à savoir la période de Noël, ajoute elle aussi sa part de féerie.

Les phénomènes étranges se multiplient, ce qui donne aux juges toute latitude de poursuivre sa chasse aux sorcières aidé par certaines rumeurs et dénonciations. L’auteure nous apprend même qu'il existe un ouvrage, écrit par un moine, détaillant de manière précise et aussi très farfelue, les indices permettant d'identifier une sorcière ou d’incriminer un innocent. Les scènes de tortures sont décrites de manière plutôt sobre.



Le panel de personnages est très diversifié allant de l'aubergiste à la prêtresse ; et tous ont dans le récit un rôle a jouer même s'il est minime. Des personnages très bien dépeints et l'on n'a aucun mal à s'attacher aux protagonistes de premier plan ou à les détester.

L'auteure conduit son récit de main de maître, tous les ingrédients sont dosés de manière à mettre en exergue les thématiques qu'elle avance : la tolérance, le rejet des institutions corrompues, la haine, la violence,... et en opposition la féerie des rites et processions païennes.

La plume de l'auteure est agréable à lire. L'univers est intéressant , le mots slaves intégrés au récit et traduits en bas de page permet au lecteur de mieux s'intégrer s'y intégrer. L'intrigue qui passe presque au second plan est bien menée et attise la curiosité du lecteur qui soupçonne tout le monde. Le dénouement arrive un peu trop vite, trop facilement et de manière impromptue.

Masky est une lecture agréable qui permet de passer un bon moment et approfondir les connaissances sur l'histoire, l’inquisition, le folklore, les us et coutumes de l'époque.



jeudi 5 juillet 2018

Le phare de Phillis Dorothy James



Au large de la Cornouailles anglaise, Combe Island abrite une Fondation destinée à permettre à des personnalités éminentes de venir jouir de la quiétude de ce lieu coupé du monde et se ressourcer à l'iode marin.
Outre les résidents permanents - Emily Holcombe, dernière héritière des propriétaires de l'île, Rupert Maycroft, l'administrateur de la Fondation, Adrian Boyde, le comptable, Dan Padgett, le factotum, etc., Nathan Oliver, un écrivain de réputation mondiale, y séjourne régulièrement, accompagné de sa fille Miranda et de son secrétaire Dennis Tremlett.
Alors que l'île accueille deux nouveaux visiteurs, l'un de ses habitants est retrouvé mort dans des conditions pour le moins suspectes. Chargé de mener une enquête aussi rapide que discrète, car Combe Island doit prochainement servir de cadre à un sommet international, le commandant Dalgliesh acquiert très vite la certitude qu'il s'agit d'un crime. Mais l'île est soudain la proie d'une autre menace, beaucoup plus insidieuse, celle-ci, et qui compromet la participation de Dalgliesh...
Dans le huis clos d'une île battue par les vents se trouvent réunies toutes les qualités chères aux aficionados de la "reine du crime" : évocation vivante des lieux, incursions subtiles dans la vie des personnages, sans oublier les rebondissements d'une intrigue trépidante.


Alors qu'il devait passer le week-end avec son amie, le commandant Dalgliesh est mandé par le préfet de police adjoint. A son arrivée il constate avec étonnement la présence d'un membre des Affaires Étrangère, et celle d'un membre de la Sûreté Intérieure. Le préfet adjoint lui annonce qu'il doit partir pour l'île de Combe avec une équipe réduite pour enquêter sur une mort suspecte et que l'enquête doit rester confidentielle var le Premier Ministre prévoit un sommet sur cette île.

Toujours dans le prologue après avoir annoncer le lieu de l'enquête l'auteure nous fait découvrir les trois policiers en nous détaillant un peu les relations entre les différents membres de l'équipe et rapidement quelques tranches de leur vie quotidienne.

Puis elle nous projette sur l'île, avant l'arrivée de la police, pour nous faire découvrir les résidentes permanents c'est à dire le personnel et Miss Holcombe le dernier membre de la famille à qui appartenait l'île. Après avoir fait connaissance avec le personnel elle nous fait également découvrir les visiteurs c'est à dire ceux ou celles qui viennent se ressourcer dans cet havre de quiétude. Elle nous expose les relations quelque peu houleuses entre le personnel, miss Holcombe et le mort, Nathan Oliver, un écrivain à succès né sur l'île.

Ce n'est qu'après treize chapitres que le lecteur découvre l'identité du mort et les circonstances dans lesquelles le corps a été découvert.

Le Phare nous plonge dans un policier anglais avec un huis clos tout ce qu'il y a de plus classique à la manière d'Agatha Christie.

Les décors et l’atmosphère qui se dégage de l’île sont particulièrement bien rendus et les personnages sont soignés. On émettra toutefois pour ces derniers un tout petit bémol concernant deux des policiers. En effet l'on retombe quelque peu dans les travers habituels avec un Dalgliesh torturé dans la vie et une inspectrice-chef qui a eu une enfance particulièrement difficile. Heureusement pour le lecteur l'auteure n'insiste pas sur ces points comme c'est trop souvent le cas dans les romans du genre, ce qui n’influe pas suer le déroulement de l'histoire.

Si le déroulement de l'enquête est dans l'ensemble bien huilé et que les différentes pièces du puzzle s'imbriquent de manière parfaite, il est tout de même à noter vers le milieu du roman un ralentissement de la dynamique de lecture.

L'histoire est remarquablement servie par une très belle plume bien supérieure à ce que l'on trouve habituellement dans les romans du genre, les rebondissements ne manquent pas ce qui permet de maintenir un suspense de qualité tout au long de l'enquête.

Le Phare est un roman policier, certes classique, où tous les éléments sont réunis pour faire passer au lecteur un excellent moment de lecture.






lundi 2 juillet 2018

BILAN LECTURE 2e TRIMESTRE 2018


Livres lus

&

Chroniques effectuées au deuxième trimestre 2018.


Coups de Cœur :



J'ai aimé :
L'appel du coucou – Roger Galbraith
Zone de contagion – Rick Mofina
10 000 au cœur de l'empire – Paul Kearney
Corvus - Paul Kearney
Un fleuve de ténèbres – Rennie Airth

J'ai moyennement aimé :
Havre sombre – Gail Z Martin
Le diable de la Tamise – Annelie Wendeberg
L'élu de la dame noire - Gail Z Martin
Anasterry – Isabelle Bauthian
Whitechapel – Sarah Pinborough
Grish-Mère - Isabelle Bauthian


Je n'ai pas aimé :
Le noyé sous la glace – Kjell Ola Dälh
Embrouilles Lilloises – Blandine Lejeune

dimanche 1 juillet 2018

Lame noire de Miles Cameron


Lecture dans le cadre du challenge :



La loyauté coûte cher. La trahison, elle, est gratuite.
Lorsque l'empereur de Morée est pris en otage, le Chevalier rouge et ses hommes sont soudain très demandés...et voient leurs ennemis se multiplier. Le pays est plongé dans la révolte, la capitale assiégée, et la moindre victoire devra être chèrement conquise. Cependant, le Chevalier rouge a un plan, et une arme secrète. Saura-t-il l'emporter tout à la fois sur les Champs de bataille de la politique, de la magie, de la guerre et de l'amour ?


Quelques semaines après leur victoire sur les troupes du Monde Sauvage réunies par Thorn, le Chevalier Rouge et sa compagnie se rendent en Morée à la demande de l'Empereur de ce lointain pays. Alors qu'il s'approche de ce pays, ils sont avertis que l'Empereur a été enlevé par le chef de ses armées grâce à la complicité du Magister de l'empereur.

Si le postulat de départ de ce présent tome se révèle assez classique et plutôt simple avec une conspiration contre un empereur jugé incompétent, l'histoire qui va se déroulait est elle beaucoup plus complexe car en plus des personnages rencontrés dans le premier opus l'auteur va en introduire de nouveaux. Un récit où chaque personnage développe sa propre intrigue secondaire avec en premier lieu Thorn qui n'a pas renoncé à conquérir le monde connu.


L'enchaînement des chapitres qui alternent en leur sein même différentes histoires qui semblent au départ sans véritable lien entre elles nous livrent une intrigue bien plus complexe que nous le laissait entendre la quatrième de couverture où toutes les pièces finissant par s'imbriquer. Mais les multiples visées de chacun des personnages n'est pas sans créer de nombreuses longueurs où l'on a un peu de mal à garder en tête qui sont les personnages et le rapport qu'elles ont avec les autres.

Si les personnages sont nombreux ce n'est pas au détriment des autres points du récit, car l'histoire ne se cantonne plus à l'Alba mais nous présente de nouvelles contrées. Des contrées qui sont soit d'inspiration nordique soit d'inspiration orientale. L'on a droit donc à la géopolitique de ces différents, un peu aux us et coutumes de ses habitants, à leurs échanges commerciaux qu'ils entretiennent même avec le Monde Sauvage. Avec cet univers très développé on ne peut s'empêcher de noter certaines analogies avec le monde médiéval que l'on connaît ou avec des épopées narrées précédemment. L'auteur a bien su se réapproprier ces textes pour en faire un récit qui tient la route.

Si les batailles sont toujours décrites de manière détaillée, elles sont moins nombreuses. L'auteur, ici, s'attache plus à nous décrire dans tous les détails le quotidien d'une compagnie de mercenaires en campagne n'hésitant pas a employer quelques termes spécifiques au matériel ou à la vie courante. Il développe également son bestiaire, nous fait découvrir de nouvelles créatures mais aussi de nouvelles peuplades et dans le même temps développe en profondeur celles déjà rencontrées lors du siège de Lissen Carak.

Si tous ces détails qui fourmillent donnent une dynamique de lecture plutôt lente, heureusement dans la dernière partie l'histoire s’accélère un peu pour arriver proche du dénouement dans un récit vif où il se passe de nombreux renversements de situation.

Une histoire plus complexe que dans le premier opus qui n'est certes pas inintéressante mais où l'on a du mal à suivre tous les personnages notamment lorsqu'ils sont peu présents dans le récit ; un univers complexe très détaillé parfois même un peu trop pour des lecteurs qui privilégient l'action ; des passages qui ne semblent avoir aucun rapport avec les points les plus importants...

Dans ce deuxième tome que l'on pourrait qualifier d’intermédiaire si l'intrigue principale n'y trouvait pas son dénouement, le récit s'avère légèrement en deçà du tome précédent : on aurait souhaité plus d'action !




samedi 30 juin 2018

Mai & Juin 2018

ACHATS MENSUELS MAI & JUIN 2018


FORMAT PAPIER

Lecture effectuée

    



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FORMAT ELECTRONIQUE


Lecture effectuée

   

      


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EBOOK GRATUITS Dans la PAL




lundi 18 juin 2018

Un fleuve de ténèbres de Rennie Airth



Nous sommes en 1921, et le jeune Billy Styles va voir ses débuts dans la police marqués par une horrible expérience. Dans un manoir de la paisible et riante campagne du Surrey, on vient de découvrir les corps ensanglantés du colonel Fletcher, de sa femme Lucy et de deux de leurs domestiques. Tous ont été sauvagement poignardés - et l'absence de désordre dans la maison porte à croire que l'agression a été perpétrée avec une incroyable rapidité. Pour les policiers du Surrey, ces meurtres résultent tout simplement d'une tentative de cambriolage tragiquement avortée, mais, appelé de Scotland Yard en renfort, l'inspecteur John Madden voit les choses différemment.
Car Madden a fait personnellement l'expérience des horreurs de la Grande Guerre et a vu de près la folie meurtrière qui pouvait en résulter. Et ce crime, il en est sûr, est l’œuvre d'un psychopathe qui frappera de nouveau. Sans tarder.


Dans un paisible manoir du Surrey, un colonel, sa femme et deux domestiques sont sauvagement assassinés. Seule rescapée la petite Sophie qui s'était cachée sous son lit. Mais elle ne sera que de peu d'utilité pour pour la police car prostrée par ce qu est arrivé.


L'enquête est confiée à l'inspecteur-chef Sinclair et à son adjoint l'inspecteur Madden. Ce dernier plus impliqué par l'enquête sera assisté par un policier débutant. Malgré les apparences qui laisse penser à un vol qui a mal tourné et malgré l'insistance de la hiérarchie, l'inspecteur Madden pour suit sa propre piste. Pour lui le meurtrier est un psychopathe revenu de la guerre avec l'envie de tuer en lui.

Dans son déroulement l'enquête s'avère assez classique, mais le point fort du roman réside dans l'époque où elle se déroule. On se trouve dans une époque charnière, où les gans sont encore traumatisés par les nombreuses victimes de la première guerre mondiale, mais aussi dans une période en train de muter où les privilèges de classes sont en train de s'estomper sous les revendications des gens les moins favorisés.

Si l'enquête et le cadre campagnard dans laquelle elle se déroule ne sont pas des plus originaux, l’intérêt de l'histoire réside dans l'introduction de la psychiatrie à ses débuts qui apporte un petit plus à l'histoire.

Les personnages sont intéressants à suivre, très fouillés... Toutefois on ne peut que noter qu'une fois de plus on à en la personne de l'inspecteur Madden on n'échappe pas à l'image du policier torturé dans sa vie personnelle. D'abord par la perte de sa femme et de son enfant emportés avant la guerre par une maladie. Ensuite par l’empreinte que les horreurs de la guerre ont laissé sur lui : il est l'un des rares survivants de son bataillon engagé dans la bataille de la Somme. Dans la hiérarchie on note également un supérieur borné qui ne s'en tient qu'aux indices et qui se moque des extrapolations de l'enquêteur principal. La différence entre les méthodes de l'inspecteur Madden et la naïveté de son adjoint débutant apporte un peu de légèreté au roman.

On n’échappe pas non plus à une idylle entre l'inspecteur et la médecin du village qui va transformer l'épilogue en fin fin à l'eau de rose.

Malgré certaines longueurs et quelques défauts mineurs, le livre se lit bien. On est certes dans un policier tout ce qu'il y a de plus classique mais bien structuré qui donne envie de lire les autres œuvres de l'auteur, sachant de plus que l’inspecteur ayant démissionné on espère échapper à un tel final.




jeudi 14 juin 2018

Embrouilles Lilloises de Blandine Lejeune


Lecture dans le cadre du challenge :



Branle-bas de combat à Lille : Fabio Battisti, un proche du maire de la ville, a été retrouvé assassiné dans son lit. À ses cotés, le cadavre d’une inconnue. Le commandant Boulard est persuadé qu’il s’agit de crimes passionnels. D’autant que Battisti, réputé homme à femmes, entretenait plusieurs relations à la fois. Boulard n’aime pas les privilégiés. S’il faut participer à l’effondrement de leur petit monde pour démasquer l’assassin, il n’hésitera pas un instant. Ce sera avec plaisir.


Avant de rentrer dans le vif du sujet, à savoir les meurtres, l'auteure nous présente quelques tranches de vie de certains des protagonistes.

Lorsque Fabio Battisti, un proche de la Maire de Lille, est retrouvé mort chez lui, en compagnie d'une femme elle aussi assassinée, l'enquête est confiée au Commandant Boulard de la SRPJ de Lille. La médecin légiste appelée sur place se récuse car elle avait une relation avec le secrétaire général de la mairie. Le dossier est confié à la juge d'instruction Degallaix spécialisée dans les affaires de drogues.

Une enquête qui va se dérouler dans une ambiance de coucheries passionnelles où tout le monde à des relations sexuelles avec tout le monde. Une thématique de fond qui n'échappe pas à de nombreux clichés.

Si l'intrigue de base est assez sympathique avec un meurtre qui pourrait s'avérer politiques malheureusement l'enquête s'avère trop classique et sans réelle surprise.

Si le début du roman s'annonçait prometteur de prime abord la suite se révèle des plus décevante. En effet du côté des enquêteurs on a une juge d'instruction divorcée et un policier qui au moindre soupçon veut arrêter tout le monde sans réelle preuve. Le commandant Boulard n'aime personne ni les nantis, ni les avocats, ni les politiques ! On n'échappe pas une fois de plus aux sempiternels clichés sur les enquêteurs.

On est clairement dans un policier régional qui manque de fond, de volume : quelques dizaines de pages aurait peut être pu le rendre attractif.

On doit également noter une énorme coquille à la page 67 où l'auteure en seulement quelques lignes se trompe de prénom. On ne peut s'empêcher de constater un manque de relecture qui aurait permis d'éviter cette énorme de bourde. C'est dommage car la plume de l'auteure sans atteindre des sommets se révélait acceptable.

Revenons à l'enquête en elle même, le lecteur à très vite des soupçons quant au meurtrier ce qui se confirme quand l'une des victimes n'est pas celle annoncée auparavant. Un fait qui se révèle un peu trop facile et manquant d'intérêt.

Dans l'épilogue tous les mis en cause ou éclaboussés quittent la région ou sont mutés : encore une fois cela fait très cliché et l'on n'a même pas droit à un scandale dans la presse qui aurait donné un peu d'ampleur au récit. Et de surcroît on n'échappe pas à un début d'idylle entre les enquêteurs que l'on n'espère pas pour les lecteurs désireux de lire la suite des œuvres de l'auteure qu'ils y figurent.


Au final, un policier très simple, trop simple, des clichés qui succèdent aux clichés, et un côté régional pas assez exploité. Quant à la conduite de l'enquête elle n'est que survolée.




lundi 11 juin 2018

Corvus de Paul Kearney


Lecture dans le cadre du challenge : 


Vingt-trois ans ont passé depuis que les Macht ont retrouvé le chemin de leur foyer après la lutte contre l’Empire Asurian. L’homme qui dirigeait cette armée, Rictus, est maintenant un capitaine mercenaire âgé et fatigué. Il ne souhaite rien d’autre que poser sa lance et devenir le fermier que son père était. Mais le destin ne voit pas les choses de cette façon. Un jeune chef de guerre, stratège de génie, prend la tête des mercenaires et défie les nations. Son nom est Corvus. Les rumeurs prétendent qu’il n’est pas seulement humain. Il deviendra un grand roi.


Rictus vient de rentrer d'une campagne qui a durée plus d'un an et il souhaite vivre une vie paisible dans sa ferme auprès de sa femme et de ses enfants dans une vallée perdue. Mais Corvus un jeune guerrier qui veut devenir le roi des Macht et conquérir toutes les grandes cités vient le déloger pour lui faire reprendre du service avec sa troupe les têtes de chiens. Mais en partant pour cette campagne il ignore que sa vie va être bouleversée.


A l'opposé du tome précédent qui nous plongeait directement dans le vif du sujet ici l'auteur prend le temps de poser les bases du roman. Il nous laisse le temps de s'imprégner du contexte dans le temps se déroule le récit. L'univers est plus approfondi, les us et coutumes de l'époque sont plus détaillés et les personnages sont plus approfondis au niveau de la psychologie. On découvre un univers proches des tragédies antiques.

Si l'intrigue elle même se révèle une fois de plus fort simple avec un conquérant qui veut réunir sous sa seule couronne l'ensemble des Macht, elle amène tout de même un développement soigné.

Si les combats sont encore très présents ce n'est pas la seule préoccupation de l'auteur. En effet, le côté politique occupe une place importante dans le récit, les retournements de situation sont plus nombreux, les personnages plus ambigus et leurs questionnements occupent également le devant de la scène.

Si les descriptions sont plus nombreuses elles sont dosées de manière à ne pas influer sur la dynamique de lecture.

Les scènes de batailles sont toujours aussi visuelles et restent le point fort de l'auteur mais le roman s’avère plus dense mieux construit. 

 

lundi 4 juin 2018

10000 au cœur de l'empire de Paul Kearney


Lecture dans le cadre du challenge : 


Dix mille guerriers de légende. Un empire à conquérir. On les appelle les Macht.
Ils vivent isolés dans les montagnes Harukush, et on raconte qu'ils ont jadis accompli des prouesses sur les champs de bataille. Dans le monde alentour, les anciens envahisseurs et les peuples de Kuf ont été unis sous le joug de l'Empire Asurian, réputé invincible. Le Roi des Rois peut mobiliser sous sa bannière des nations entières. Mais son frère, en exil, veut s'emparer du trône. Il décide alors de faire appel à la légende : dix mille guerriers macht, mercenaires d'élite, marchent bientôt vers le cœur de l'empire... Ceci est l'histoire de leur épopée.


Avec 10000 au cœur de l'empire, l'auteur revisite à sa manière une page de l'histoire Antique.

10000 mercenaires Macht sont embauchés par le frère du Grand Roi de l'empire Kufr pour renverser ce dernier. Mais dès la première bataille le Grand Roi va tuer son frère et les Macht encore très nombreux se retrouvent isolés et encerclés par les troupes du Grand Roi à plusieurs dizaines de jours de la mer. Harcelés, tenaillés par la faim c'est leur périple que l'on va suivre tout au long de ce roman.

Donc pendant toute cette fantasy que l'on peut qualifier d'historique on suit cette gigantesque armée de leur traversée maritime au cœur d'une tempête, en passant par le désert, les montagnes, au sein des troupes durant les batailles mais aussi dans les moments d'accalmie parmi les blessés, leurs bivouacs. On passe avec eux par tous les stades de la faim, de la soif, de l'euphorie des combats à la douleur et à la mort.

Avec la réinterprétation d'un fait historique et comme on se doute l'univers proposé ressemble fortement à un univers que l'on connaît mais avec les Kefr l'auteur a su mettre un petite pointe d'exotisme. La description des différents peuples est bien maîtrisée malgré une connotation avec ce que nous connaissons déjà. Avec les Macht en perpétuel combat entre cités l'auteur ne déroge guère de l'histoire antique : on est très proche des us et coutumes des grecs même si les terres sur lesquelles ils vivent sont très différentes. Si par certains traits de leur manière de vivre les Kefr ne sont pas sans rappeler les perses physiquement on ne retrouve rien dans leurs traits. Quand au troisième peuple qui vit en esclavage sous le joug du peuple kefr il vit dans des conditions misérables et même si certains ont pu s'élever dans la hiérarchie ils ne sont que peu nombreux. Les Juthiens, peu décrits dans ce roman, ne sont pas sans rappeler l'esclavage des peuples africains.

Dans ce roman l'on suit plus particulièrement l'évolution d'un jeune Macht apatride, un survivant de la mise à sac de sa cité rasée de la carte. Embauché au bas de l'échelle dans les troupes mercenaires c'est son ascension que l'on suit plus particulièrement. Les autres personnages sont également intéressants à suivre et sont assez bien dépeints : l'on suit plus particulièrement le chef de l'armée Macht et l'un de ses généraux, les deux souverains de l'empire et une jeune prostitué originaire des montagnes de basse caste.

Si dans ce récit l'on suit plusieurs personnages, c'est surtout les combats qui sont mis en avant et occupent la première place dans cette fantasy épique. Ces combats qu'ils soient de masses ou individuels sont savamment orchestrés. L'auteur utilise particulièrement bien le vocabulaire guerrier, rendant chaque bataille différente des autres sans donner l'impression de répétition. Un lexique en fin de roman permet de se familiariser avec les termes employés et au fil des pages l'on parvient sans difficulté à se l’approprier.

Le style de l'auteur est riche, la plume est précise. Le lecteur est plongé dans le quotidien de ces hommes comme s'il était présent au sein de cette armée. On a certes quelques descriptions un peu longues mais l'auteur a su équilibré ces passages avec les moments d'actions ou avec des interactions orales entre les personnages ce qui gomme en partie ce petit désagrément.

L'auteur nous offre une fantasy épique fort intéressante même si au départ on a eu un peu de mal à s'immiscer dans la manière d'amener le récit. Dans cette histoire pas de moment de répit, l'auteur aurait pu donner plus de vie au monde qui entoure ces guerriers : on ne sait rien ou presque de la vie qui se déroule autour des armées en lice. En effet les combats succèdent aux combats et la lecture s'effectue sur la même tonalité sans relance de la tension.