mercredi 21 décembre 2016

La nuit de la Samain, Olivier de Lagausie


Lecture dans le cadre du challenge :



Le peuple gaulois, orphelin de ses grands rois, vaincu par les Romains, abandonné par ses dieux, voit peu à peu s’éteindre les croyances d’une époque révolue. Ce soir, arrivent sur leur vieille terre, les témoins d’une étrange histoire, celle d’un homme-dieu nommé Krystôs qui réveille en eux le message de leurs anciens druwid, les Très Sages. Ce souffle venu de l’Orient va-t-il raviver les braises cachées sous la cendre et incendier la Gaule ? L’héritier des derniers chefs Arvernes aura-t-il le courage de brandir l’épée sacrée de Vercingétorix pour un ultime combat ?


Nous sommes en Gaule pacifiée sous le règne de Néron, et plus précisément au pays des Arvennes. Nous assistons tout d'abord aux préparatifs du grand banquet qui va réunir les Gaulois d'une région que l'on présume être celle de la Sainte-Baume et leurs voisins pour fêter le passage d'une année à l'autre, et l'ouverture vers l'Autre-Monde celui des Dieux.

La couverture laisse entrevoir un récit épique entre histoire et fantasy avec un combat envisagé. Mais il n'en est rien, l'on commence par la narratrice, une vieille épée qui se lamente sur son utilité actuelle, sur sa vie inutile. Puis le récit s'oriente sur le grand mystère cosmique et d'autres réflexions plus basiques sur le monde.

Toujours par l'intermédiaire de l'épée, l'on suit la bataille d'Alésia qui s'est déroulée un siècle plus tôt, un récit maintes et maintes fois narré par l'un des assistants à la fête. On apprend donc comment les Arvernes et leurs alliés , plus habitués aux tactiques harcèlement réfugiés dans la cité-fortifiée furent anéantis par les Romains et leurs alliés. L'on aurait pu s'attendre à une bataille bien détaillée, mais si l'on assiste bien à quelques échauffourées il n'y a rien de bien visuel.

Au passage l'auteur nous explique la venue des Celtes en nos terres actuelles. Chassés par un cataclysme qui a fait disparaître leurs terres d'origines, ce peuple nordique se répandit de la Hollande actuelle jusqu'en Judée. L'auteur nous parle alors des particularismes de la culture Celte, et cite les analogies avec la religion chrétienne qui en est encore à ses débuts. Il compare les Druides aux grands philosophes grecs, aux Mages Assyriens et Babyloniens. Puis il nous livre les similitudes de la foi chrétienne avec la foi celtique comme la montée de l'âme chez les chrétiens, la partie la plus noble de l'homme, au fait que les Gaulois coupaient la tête de leurs ennemis pour les rendre hommage.

Si ce récit est fort intéressant pour les lecteurs découvrant la période de la proto-histoire l'auteur n'apporte rien de bien neuf pour les passionnés de cette période historique. Il n'apporte pas non plus d'éléments majeurs dans l'expansionnisme du christianisme.

Le récit est lent plus sociologique et philosophique, que vraiment historique comme nous le laissait présager le fait que l'histoire soit narrée par une épée qui ne fait que narrée ce qu'elle a entendue aux veillées des années précédentes. Le fait que l'histoire nous oit narrée indirectement rend encore la lecture plus pesante.

Certes le livre est bien documenté et se révélera fort intéressant pour qui veut se renseigner sur cette période, mais elle n'apporte pas grand chose à la culture Celte en elle-même puisque nous sommes en plein déclin de leurs traditions et de leur religion alors supplanté par la foi chrétienne. Quand aux analogies elles ne surprendront même les fervents de la fantasy car plusieurs auteurs de ce genre on déjà évoqués ces faits.  




dimanche 18 décembre 2016

Mises à mort, Danielle Thiéry


Lecture dans le cadre d'un partenariat avec :

   


Une femme, debout sur le parapet d'un balcon à Lyon, fait une chute mortelle. Une ancienne gloire de la tauromachie est retrouvée sauvagement assassinée dans une chambre d’hôtel sordide. A des centaines de kilomètres de là, dans un sous-bois, un cadavre carbonisé est découvert, lui aussi mutilé.

Edwige Marion, jeune commissaire, sémillante et déterminée, est confrontée à une série de meurtres atroces, apparemment gratuits. Les maigres indices dont elle dispose, des pollens de la forêt des Landes et quelques cheveux, confortent son intuition : ces meurtres sont tous liés à la corrida.


Le récit s'ouvre sur une scène de meurtre en cours où l'on a le ressenti de la victime à demi-inconsciente qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Puis l'on fait rapidement connaissance avec l'enquêtrice principale qui fait son jogging au bord du Rhône, et aperçoit un attroupement sur les berges du fleuve, deux de ses adjoints sont déjà sur place entourant le cadavre d'une jeune femme qui vient d'être repêchée. Il s'agit du corps d'une avocate disparue il y a un mois, elle est son client un ancien torero ne s'étaient pas présentés à une audience pour escroquerie. Le corps de l'ancienne gloire de la tauromachie avait été retrouvé nu et atrocement mutilé à son hôtel et les policiers ne disposaient que peu d'indices, un K-Way plutôt ancien avec dans les poches du pollen et quelques cheveux blancs. Une clocharde avait contacté la police à l'époque signalant qu'elle avait vu une femme qui dansait sur la rambarde de son balcon faire une chute mortelle. Mais les policiers à leur arrivée à l’hôtel de l'avocate, le corps avait disparue et l'orage effacé toute trace. Ils n'avaient alors pas tenu compte des dires de la pocharde. Ce n'est qu'après la découverte du corps de la jeune femme et sa mention dans les journaux que la commissaire et ses adjoints furent contactés par la femme de chambre de l’hôtel, à l'époque hospitalisée , une jeune femme blonde était venue voir l'avocate peu de temps avant le signalement de sa chute.

Avec peu d'indices l'enquête démarre plutôt mal pour la commissaire et ses adjoints de la DPJ de Lyon. Mais la découverte d'un corps d'un corps dans la forêt des Landes présentant les mêmes blessures signalé par le légiste et l'identification des pollens vont amener les enquêteurs à se rendre dans les Landes d'où l'avocate était originaire.

On suit en parallèle le déroulement de l'enquête, de l'équipe de Lyon, renforcée par les enquêteurs de la DPJ de Bordeaux chargé du meurtre des Landes avec les scènes où la meurtrière poursuit sa vengeance avec un certain acharnement qui n’épargne pas une victime collatérale.

Si le fait que le lecteur connaissance depuis le début l'identité du meurtrier est préjudiciable au déroulement de l'enquête qui semble maladroite, l’intérêt du récit ne réside pas sur ce point, mais dans les motivations qui conduit le sérial-killer à poursuivre sa vengeance pour exorciser un traumatisme subi à l'adolescence. L'enquête en elle même n'avance pas et le chemin du meurtrier croisera de nombreuses fois celui des enquêteurs qui peinent à rattraper leur retard sur le lecteur.

Mais l'intérêt de l'histoire ne réside pas sur l'enquête mais sur ce qui se passe dans l'esprit du meurtrier qui remonte petit à petit ses souvenirs sur le drame qui s'est déroulé dans sa jeunesse. Le point fort du récit extrêmement noir réside sur le cheminement des pensées et des visions du meurtrier au fur et à mesure qu'il se rappelle les détails de la tragédie familiale qui s'est déroulé il y a quelques années et les crimes vont se succéder au fur et à mesure que reviennent les visages des acteurs et témoins du drame. L'intensité du roman se fait plus oppressante au fur et à mesure que l’auteure dépeint le climat dans lequel a vécu le meurtrier et ce qui l' a poussé à agir : une vie sans amour, un rejet, des brimades dans un milieu où autant les hommes que les femmes sont sans scrupules, un monde de violence, un monde où l'alcool coule à flots jusqu'à la déviance pousse au paroxysme de la cruauté et aussi. Un acte odieux approuvé par le maître tout puissant et dont la crainte qu'il cause à son entourage interdit à tous de révéler ce qui s'est passé tant aux acteurs de la tragédie qu'aux témoins impuissants.

A l'opposé de l'intrigue toute en maîtrise, l'on pourrait s'étonner que l'auteure nous serve la sempiternelle guère de service entre la police et la gendarmerie, et aussi tous les clichés possibles, allant du policier cow-boy à la nymphomane, en passant par l'intello homosexuel, le commissaire dragueur impénitent, l'adjoint qui ne se remet pas d'une liaison passée jusqu'à la commissaire qui à l'impression d'avoir gâchée sa vie sentimentale, mais cette manière de procéder ne fait que renforcer la gravité des faits qui se déroulent. Et la légèreté dans les échanges verbaux permettent aux enquêteurs de compresser entre les moments difficiles de la constations des scènes particulièrement violente.

L'auteure nous livre avec Mises à Mort un très bon policier sombre à souhait et qui donne envie de retrouver l'équipe d'enquêteurs dans une enquête aussi intense.





lundi 12 décembre 2016

L'enfant de la prophétie, Rebecca Monnery


Lecture dans le cadre du challenge :


Dans Terres Interdites, Rébecca Monnery nous plonge au cœur de la terre d’Élion. Un monde implacable où se mêlent cultures tribales et créatures fantastiques. Les Gandaris, un peuple guerrier, y survivent dans l’attente d’un jour meilleur. Leur délivrance approche, assure Galliam le maître absolu. Au sein de leur tribu est né Schimeï, l’enfant aux yeux violets promis par la prophétie, l’homme immortel qui doit guider les Gandaris sur la terre nouvelle. Un destin hors du commun pour ce jeune orphelin qui rêve de succéder au maître.
Adulé par son peuple, détesté par son frère, rongé par l’ambition, Schimeï suit aveuglément les instructions du guide suprême. À chaque étape, celui-ci durcit la mission, enfermant Schimeï dans les coutumes cruelles de son peuple. Prisonnier des traditions, il ne pourra accomplir son destin qu’en retrouvant les poignards sacrés des Gandaris et en affrontant son frère. La tâche se complique encore quand une fille ennemie se greffe à sa quête. Alors qu’une mystérieuse voix le poursuit, Schimeï sait qu’il devra choisir : perdre la face ou passer en terres interdites.


Suite à la tentative de pillage d'un village Gandaris par quelques Runadels de la tribu ennemie, Gallaim le chef de la communauté envoie quinze guerriers, avec Selb à leur tête ,détruire un petit village Runadel. Schimeï, un adolescent de seize accompagne son frère et les guerriers pour passer l'épreuve qui fera de lui un homme à savoir tuer un ennemi. Le jeune homme va réussir son rite de passage en tuant une fillette de cinq ans, ce qui va le miner par la suite. Mais l'a-t-il réellement bien tuée ? Lors de l'expédition punitive une jeune Runadel du même âge que le jeune homme est capturée et cela va changer le destin du héros apparemment tout tracé.

Avec, comme l'indique le titre et la quatrième de couverture, une jeune homme qui doit, selon les dires de son maître, sauver son peuple d'une terre bientôt à l'agonie et l'amener vers d'autres terres plus hospitalières, le postulat peut sembler des plus basiques. Mais cette prophétie, au fil des chapitres, ne va pas se révéler aussi simple qu'elle n'y paraissait avec l'arrivée de la jeune femme, les enjeux de pouvoir et les traîtrises, c'est un chemin semé d'embûches qui attend le jeune héros aux yeux violets, bien loin du destin tout tracé qu'il s'imaginait. L'auteur maîtrise de façon magistrale son synopsis, les retournements de situation succèdent aux événements, les visions du jeune homme à la réalité, et de nouveaux horizons vont s'ouvrir à lui. L'auteure avec cette histoire entraîne le lecteur dans une belle épopée qui va le tenir en éveil de la première page jusqu'à un dénouement réussi et intéressant pour la suite, même si certains indices le mettaient sur cette voie.

Le monde imaginé par l'auteure, bien que géographiquement peu étendu dans ce premier opus, est parfaitement conçu et réfléchi. Les descriptions sont nombreuses mais courtes, dosées de manière à ne pas alourdir la lecture mais suffisantes pour bien immerger le lecteur dans cet univers clanique qui nous change des sempiternels univers médiéviste. Le monde improbable qu'elle nous décrit pourrait historiquement parlant se situer vers la fin de la proto-histoire, puisque le fer et l'écriture sont connus, mais que les deux peuples ayant les mêmes origines n'ont pas évolués semble-t-il de la même manière. L'on a d'un côté une tribu guerrière plus rustre dans ses us et coutumes, et l'autre plus civilisée par ce que nous laisse entrevoir le récit.

Si l'auteure maîtrise son univers, certains points du récit laisse le lecteur sur sa faim notamment les combats décrits de manière pas assez approfondie, l'histoire aurait pu avoir un côté épique plus prononcé. Mais si ce côté épique n'est pas suffisamment exploité les événements sont nombreux et donc ce petit point de détail n'a pas d'influence sur la dynamique de lecture. On relève aussi quelques éléments non novateurs dans l'histoire, comme les artefacts de pouvoir, ici les trois poignards, le bestiaire qui a en partie un air de déjà vu avec des créatures émergeant derrière une barrière d'ombre fort récurrente dans le genre depuis Tad Williams et son Royaume des Marches. Des petits détails qui ne gêneront nullement les lecteurs moins spécialisés dans le genre.

Les personnages sont bien travaillés avec des personnalités en général riches ou plus mystérieuses pour certaines. Si le lecteur ressent immédiatement de l'empathie pour les protagonistes principaux, le personnage de Selb, le frère, apparaît tout de même avec un côté quelque peu manichéen. L'aura de mystère que suscite la femme aux cheveux bleus est très intéressante.

Les phrases et les chapitres sont courts, l'écriture est à la fois fine et percutante, les pages se tournent d'elles-même et l'auteure a su de fort belle manière captée l'attention du lecteur, ce qui est le plus important dans un roman. La petite touche d'humour qui émaille les inter-actions entre les deux protagonistes principaux apporte une note de légèreté bienvenue à des situations plus critiques pour eux.

Un univers attrayant, des personnages en majorité sympathiques, une très bonne dynamique de lecture, tous les facteurs sont réunis, même si certains ingrédients peuvent se révèlent un peu éculés, pour offrir au lecteur un agréable moment de détente. Même si cette histoire est parfois un peu simple, l'auteure a réussi son pari en nous donnant envie de lire la suite.




jeudi 8 décembre 2016

Le teinturier de la lune, Violette Cabesos


Lecture dans le cadre du challenge :



Paris, 1935. Victoire, pigiste dans un grand journal, est victime d’étranges phénomènes : chaque nuit, pendant son sommeil, elle écrit des poèmes en français de la Renaissance, des vers occultes dont le sens lui échappe. Wissembourg, Saint-Empire romain germanique, 1584. Théogène, un jeune alchimiste, se hâte vers le laboratoire de son maître : il va enfin lui révéler le Secret des Secrets, la recette pour fabriquer l’Élixir de longue vie, le philtre qui rend l’homme tout-puissant et immortel. A trois siècles et demi de distance, Victoire et Théogène vont parcourir un périple semé de meurtres énigmatiques, croiser la route de l’empereur Rodolphe II de Habsbourg, de devins, d’espions et de personnages interlopes, qui tous poursuivent le même but : accéder à l’immortalité. Ésotérisme, alchimie, occultisme, de la Renaissance au début du XXe siècle, du Dr Faust à Kafka, un formidable suspense qui entraîne le lecteur des mystères de la Prague gothique à la Révolution de velours.


Le Teinturier de la Nuit nous fait suivre plus particulièrement deux personnages mais à des époques différentes.

En premier lieu, Théogène, un apprenti alchimiste vivant au 16e siècle, qui s'attende à se voir révéler par son maître le dernier ingrédient de le Pierre Philosophale. Mais lorsqu’il découvre , après la mort étrange de son mentor, la vraie nature de la Matéria Prima, il se refuse à l'employer, et c'est un être torturé par sa conscience, bien souvent mise à l'épreuve, que l'on va suivre.

La deuxième protagoniste principale est Victoire, une étudiante en lettres mais également pigiste dans un quotidien. Une jeune femme qui ne rêve que de devenir journaliste, de signer elle même ses articles, et qui s'insurge du peu de droits qu'on les femmes dans les années 30. Chargée d'un reportage par son chef, qui signe ses articles, elle se rend à la bibliothèque Mazarine où elle parvient à visiter les réserves malgré qu'elles soient interdites au public. Elle y découvre un cahier de poèmes qui va tout changer dans sa vie, ses nuits vont devenir des cauchemars et elle se met à écrire de manière automatique des poèmes en français de la Renaissance. La croyant possédée, on lui fait suivre des séances avec une médium et c'est lorsque cette dernière est assassinée à Prague, que la vie de Victoire va prendre une nouvelle orientation.

Jusqu'à la dernière partie, celle des révélations, l'auteure alterne son histoire entre les deux personnages principaux tout en plongeant profondément le lecteur dans le milieu des alchimistes.

L'univers décrit par l'auteure est foisonnant de détails tant sur l'ésotérisme que sur le plan historique. Le récit couvre une grande partie de l'histoire qui s'étale du règne de Rodolphe II de Habsbourg à la deuxième guerre mondiale tout en passant par la montée du nazisme. Les descriptions de l'auteur sont très précises, l'on sent beaucoup de connaissance et un gros travail documentaire : les environnements sont décrits dans le moindre détail et le lecteur se retrouve pleinement immergé dans les lieux qu'elle nous fait visiter. Dans l'histoire très fortement axée sur l'alchimie l'on découvre plus précisément les personnages qui ont marqué ce domaine, mais aussi des écrivains peu connus des années 30.

L'alternance entre les deux récits, qui sont étroitement liés, donne du rythme à l'histoire et les chapitres ne sont pas trop longs. Le vocabulaire employé par l'auteure est complexe, notamment lorsque l'histoire s'oriente sur l'alchimie et le mysticisme. Certains chapitres traînent en longueur et à lecteur a hâte de se retrouver à suivre l'intrigue proprement dite car l'auteur entre trop dans les détails, certains points se révélant peut être un peu superflus l'éloignant trop du coté thriller.

Au final, une intrigue très bien menée, un univers où rien n'est laissé au hasard, d’énormes connaissances de l'auteure et un grand travail de documentation, font que ce roman est très intéressant sur le fond mais... un peu moins sur la forme qui n'est peut être pas accessible à tous les lecteurs. On aura toutefois plaisir à suivre l'auteur dans un autre de ses écrits en espérant qu'il soit un peu moins foisonnant sur les détails et plus axé sur le coté thriller.





dimanche 4 décembre 2016

Les légions d'Infër, Chris Debien


Lecture dans le cadre du challenge :



Luther Kheradon, roi déchu des Terres Tranquilles, a tout perdu : son trône, ses amis, sa chère Mae. Pour oublier, il se livre à des combats sans fin, tel un gladiateur de jadis. sous les yeux d'un public assoiffé de sang, car seule la mort semble pouvoir lui apporter l'apaisement. Mais l'Infer lui réserve encore bien des surprises : un allié de toujours y refait son apparition et annonce au monarque déchu une nouvelle encore plus déroutante : Mae ne serait pas vraiment morte... et pas vraiment vivante non plus !


On retrouve les personnages là où les avait au tome précédent. Luther est toujours aux enfers pour ramener à la vie Mae et les autres personnages tentent d'organiser la lutte contre la Reine Sombre.

Dans la première partie du récit l'auteur, comme au tome précédent, continue de se focaliser sur les ressentis des personnages, leurs atermoiements et sur les sombres machinations de la Reine qui étend son emprise maléfique sur les Terres Tranquilles en grande partie dévastée. Si le récit continue de s'enfoncer dans l'horreur et la noirceur, il n'y a plus d'univers qui se développe, plus de nouveaux personnages à découvrir. Et cette première partie s'avère très lente, la surenchère dans l'horreur finit par lasser le lecteur qui survole plus qu'il ne lit le récit.

La dernière partie de l'histoire se veut plus dynamique avec l'attaque de la forêt des Sylphes. Dans les affrontements pour contrer la Reine de l'Obscure et malgré plusieurs fronts, les batailles sont peut visuelles, pas de combats individuels au milieu de la mêlée. Vu toute la préparation en vue de la bataille finale, les négociations pour inviter les Aïeules à participer, la résurrection des Gardiens on ne peut être que déçu par le final en lui même. Et si plusieurs personnages ne s'en sortent pas indemnes, il est tout de même décevant que cela se fasse sans vraiment d'éclat et d'épique.

Si le dénouement offre quelques surprises le final s'avère un peu trop rapide nous plongeant vingt ans plus tard sans vraiment de liaison.

L'écriture de l'auteur est pesante dans cette première partie car l'action y est quasiment absente, qu'il y a trop de dialogues avec les entités malfaisantes. Il y a trop de longueurs et celles-ci ne parviennent pas à retenir l'attention du lecteur qui quelques paragraphes plus tard ne sait plus ce qui s'est déroulé précédemment. Dans la deuxième partie de l'histoire l'écriture se veut plus fluide, sans toutefois atteindre la qualité du premier opus. Mais malgré des batailles avortées cette fin de trilogie est plus intéressante.

Au final, après un début de trilogie d'excellente qualité, le récit s'enfonce trop dans l'horreur et le récit ne présente pas assez d’intérêt par rapport à ce que nous laissait présumer le premier opus. Une fois de plus il est permit de constater qu'il est très difficile de trouver des dark-fantasy équilibrées.







jeudi 1 décembre 2016

Les insoumis, Chris debien


Lecture dans le cadre du challenge :



Pour Everlaine ! Pour la liberté !
Luther Khëradön a disparu, emporté dans le violent combat livré contre L'Impératrice noire. Se peut-il que la flamboyante cité d'Everlaine ait à jamais perdu son souverain ?
Envahies par les hordes barbares que déchaîne la reine, les Terres tranquilles sont à feu et à sang. Le magicien Arax, perdu aux confins d'un autre monde, ne peut rien empêcher, ni Yana, prisonnière d'un vaisseau fantastique et de son étrange capitaine vampire, au coeur de l'océan Émeraude.
L'espoir, c'est Maë qui l'incarne. Mais la jeune femme est en danger, à la merci de l'immonde mage Karän et abandonnée par son roi et ses compagnons. Pourtant, la Résistance reste vivace. Les souterrains de la cité bruissent du vent de la révolte et des aides inattendues se manifestent bientôt...


Alors que les troupes de la Reine Sombre poursuivent la conquêt des Terres Tranquilles, on retrouve les protagonistes éparpillés aux quatre coins du royaume. Des personnages qui se trouvent comme le reste de la population dans des situations désespérées.
Avec la Reine Sombre qui a fait un pacte avec les démons, l'univers se veut plus sombre, tout comme les pensées des héros qui ont du mal à accepter leurs destinées.
Le récit se focalise plus principalement su les personnages, et l'auteur s'attache plus a nous délivrer leurs ressentis, à nous décrire leurs atermoiements. Ce qui n'est pas sans créer certaines longueurs.
Les nouveaux personnages sont toujours aussi bien caractérisés et les parties qu'ils occupent dans l'histoire se révèlent les plus intéressantes car leurs motivations ne sont pas toujours très claires et l'on a envie d'en savoir plus.
Ce tome est moins épique que le premier, l'action se faisant rare, et l'intrigue n'avance pas l'auteur ayant axé le récit sur la visite de Luther aux enfers pour récupérer Mae qui est morte. Cette partie se révèle longue avec de nombreux dialogues avec l'un des démons mais aussi avec d'autres monstruosités. On se retrouve clairement dans un tome de transition dans lequel l'auteur soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses.
Si la plume de l'auteur se fait tout en force pour nous décrire le malheur qui étreint les habitants des Terres Tranquilles sous toutes les facettes possibles, le style se fait moins fluide. En effet, car parfois il ne nous décrit que quelques lignes d'un événement avant de passer à un autre, et de revenir ensuite à l'un esquissé auparavant, ce qui hache le récit noyant les phases les plus actives dans les sombres pensées des héros.
Le point fort de ce roman reste l'univers qui continue de s'étoffer avec de nouvelles rades et monstres qui apparaissent. Le bestiaire s'avère particulièrement bien fourni et diversifié.
Au final, un deuxième tome plus intimiste où l'auteur s'est surtout attacher à noircir le tableau et l'on s'écarte plus de la dark-fantasy pour sombrer dans l'horreur.






dimanche 27 novembre 2016

L'île de Nivurse, Arnaud Cornillet


Lecture dans le cadre d'un partenariat avec :



Qui le croirait ? Qui croirait cet individu qui affirme avec l’aplomb d’un grand homme d’affaires que la magie existe et qu’elle s’épanouit dans un monde parallèle où les créatures légendaires prennent vie ?
Deux jours plus tôt, Hayden aurait ri au nez de ce fou, mais l’évidence le rattrape quand il parvient à créer un incendie avec, comme unique comburant, sa propre colère.
Maintenant qu’il a fait brûler son lieu de travail ainsi que son appartement, le jeune homme décide de suivre cet inconnu ô combien charismatique !
Ainsi, il traverse la porte du Quevorah et se retrouve en Arianor, un monde où tout semble possible. Malheureusement pour lui, Hayden va vite découvrir qu’on lui a caché la vérité sur cet endroit dont l’histoire passée et actuelle n’est pas aussi belle que ce qu’on a bien voulu lui vendre. Au lieu d’arriver dans un pays où la magie unit les personnes entre elles, Hayden découvre que cela les déchire. Il se retrouve donc au milieu d’une guerre défiant les lois de la physique.
En vérité, l’inconnu qui l’a entraîné jusqu’ici y trouve son compte, car Hayden pourrait bien avoir une influence décisive sur le destin d’Arianor.
Je remercie Masse Critique et les éditions Fantasmagorie pour m'avoir fait découvrir ce livre très agréable à lire.

Après avoir perdu connaissance lors de l'autopsie d'un vieil homme dont les circonstances de la mort sont plus qu'étranges, Hayden se réveille à l’hôpital où son père adoptif lui annonce l'incendie de la morgue et la mort du médecin légiste. Quittant précipitamment l’hôpital, il trouve chez lui un homme qui se présente comme le fils du défunt et lorsque l'homme lui parle de magie il pense avoir à faire à un illuminé. Mais lorsque son immeuble prend lui aussi feu, il se rend à l'adresse indiqué où on lui parle d'un autre monde dans lequel il va se retrouver plongé rapidement.
Si pour une fois l'on échappe à l'éternel adolescent qui se découvre des pouvoirs et doit sauver le monde, le contexte reste le même mais avec cette fois-ci un homme. Un postulat de départ somme toute assez classique comme l'est également la toile de fond une guerre prête à se déclencher. L'originalité de cette fantasy résidant dans la mise en contexte façon polar de l'histoire.
L'univers médiéviste se révèle lui aussi basique. Les descriptions sont bien dosées de manière à ce que le lecteur puisse s'immiscer dans l'histoire sans ressentir de lourdeurs lors de la lecture. Les paysages sont décrits sans fioritures, tout comme le bestiaire assez important mais dans son ensemble classique malgré quelques touches personnelles de l'auteur. Le monde géographique s'avère lui limité mais les us et coutumes sont travaillées et uniquement pas sur l'entourage proche des protagonistes, l'on ressent qu'il y a antre vie autour d'eux et que le monde a aussi un passé légendaire.
Si de prime abord l'intrigue peut paraître simple, elle se densifie aux fil des chapitres, des événements qui se succèdent jusqu'à un dénouement surprenant qui laisse envisager une suite trépidante et pleine de surprises.
Les retournements de situations, les périodes d'actions sont bien pesés ce qui donne une excellente dynamique de lecture que renforce une narration externe qui nous donne une vue d'ensemble.
Les combats ont visuels à souhait, et la bataille finale fort bien orchestrée alternant des vues d'ensemble avec les combats individuels des protagonistes principaux. On a l'impression d'en faire presque partie.
Chacun des personnages à son identité propre avec ses faiblesse et ses forces, et les inter-actions nombreuses souvent teintées d'humour très fin fait bien ressortir la psychologie de chacun d'eux. Bien que l'on n'avait que l'âme damnée du magicien noir, on sent que l’adversité pour le moment se révèle plutôt manichéenne.
Malgré plusieurs points très classiques, cette fantasy est bien pensée, de qualité l'auteur maintenant habilement le suspense du début à la fin du scénario. Un scénario convainquant avec des événements dont on ne comprend que plus tard la finalité.
Au final une fantasy simple mais de qualité qui donne envie de plonger dans la suite des pérégrinations d'Hayden et de ses comparses. A défaut d'être novatrice l'histoire permet de passer un excellent moment de détente.






samedi 26 novembre 2016

L'éveil du roi, Chris Debien


Lecture dans le cadre du challenge :


Une terrible malédiction pèse sur Everlaine : Luther, l'héritier du trône, doit payer le prix fort pour son salut et celui de son peuple.


Le récit s'ouvre sur l'accouchement de la Reine des Terres Tranquilles, mais la reine se meut épuisée, et pour sauver l'enfant l'on fait appel à Karan le sorcier royal et l'enfant naît. Son épouse morte, le Roi prend une décision contre nature et demande au sorcier de ramener son épouse à la vie, mais la magie noire employée pour la ramener des Limbes scellera à jamais le destin des Terres Tranquilles. L'enfant grandit tout en ignorant la vérité sur sa mère. L'auteur pose rapidement les bases de son histoire projetant le lecteur huit ans plus tard où le roi est assassiné, puis très rapidement l'on retrouve Luther adulte et roi, le royaume qui vivait dans la quiétude va subir les conséquences du passé. Entre monstruosités venues droit des enfers, tueries, peurs, l'histoire bascule très vite dans une ambiance très sombre, dans une atmosphère de puanteur, de chairs brûlées, de corps éventrés, et dans des flots d'hémoglobine. Tour ceci éloignât le récit du lectorat jeune annoncé lors de sa parution.

L'univers médiéviste que nous dépeint l'auteur est dense, varié avec une magie qui n'en est encore qu'à ses balbutiements, des stratégies nombreuses où chacun lutte pour le pouvoir avec des visées propres. L'univers se révèle toutefois basiques, hiérarchisé en trois castes offrant un large panels de races, un bestiaire complet et varié. Et si dans ce bestiaire et ses races l'on peut détecté des similitudes avec des écrits antérieurs, l'auteur a su se les réapproprier à sa manière sans trop donné d'impression de déjà vu. Bien que balbutiante la magie se révèle elle aussi variée avec plusieurs aspects, dont certains peu développé dans ce premier opus. Mais dans leur utilisation ces différentes sortes de magie restent somme toutes assez classiques.

Le scénario est maîtrisé de main de maître du début à la fin du roman. Les descriptions sont dosées de manière à ne pas ralentir le rythme de lecture et ces par petites touches qu'on se laisse emporter par ce monde. Le style simple, concis mais précis, fluide de l'auteur ne laisse pas le temps au lecteur qui se laisse emporter par l'histoire à l'instar de l'auteur.

Les personnages, même si l'on peut relever chez certains un certain manichéisme latent, sont caractérisés de belle manière. L'auteur a su faire ressortir les sentiments de ses personnages, les disséquer de manière chirurgicale pour donner à chacun d'eux une personnalité propre. On notera toutefois que l’apparition de l'Entité, bien que l'on se doutait depuis le début, vienne un peu trop rapidement ce qui enlevé au récit une petite part de mystère et d'aura.

Le nombre d'intrigues et de scènes d'actions très importantes maintient le lecteur accroché à l'histoire jusqu'à un dénouement inattendu et réussi. Et même si l'auteur nous a dévoilé de nombreux aspects de son univers, les Terres Tranquilles gardent une part de mystère importante tant au niveau des races, bestiaire, magie, mais aussi de l'avenir incertain de bon nombre de personnages.

Bien que restant assez classique dans son synopsis cette fantasy se révèle addictive et d’excellente qualité et c'est avec impatience que l'on a envie de lire la suite des Chroniques de Kheradön, rééditée au format poche sous le titre du Cycle de Lahm.





mercredi 23 novembre 2016

Le rite de Lumness, Matthieu Fichez


Lecture dans le cadre du challenge :



Que peut-on faire d’une jeune fille qui, sur un coup de tête, vient de ruiner les projets politiques que l’on avait bâtis autour d’elle ? L’envoyer au couvent paraissait une bonne idée... Avec l’accroissement des troubles aux frontières du monde connu, Sendre va découvrir au gré de ses rencontres que le monde n’est pas aussi manichéen qu’elle le pensait, et que trahisons et alliances peuvent bouleverser la donne, quel que soit le camp dans lequel on se tient.


Dés le premier chapitre on n'arrive pas à accrocher avec le personnages présenté, une adolescente prétentieuse qui n'attire pas la sympathie, il en est de même pour le personnage suivante, une reine trop hautaine. Si d'entré d'histoire l'auteur a choisi de rebuter le lecteur avec des personnages clichés c'est parfaitement réussi, et la narration à la première personne ne fait qu'accentuer cette impression.

On n'était déjà déçu par la première accroche de l'histoire avec une attaque des Verts à laquelle on n'a pu assister. Il aurait été plus fort pour l'histoire que le récit démarre sur une phase d'action ! Et que dire des Verts bien trop récurrents en fantasy !

On se prend à espérer que les chapitres suivants soient plus intéressants. Mais il n'en est rien, le lecteur continue à nous présenter ses personnages comme dans un catalogue, alternant ensuite avec les différents protagonistes sans que l'on voit paraître de lien entre eux.

L'univers ne nous parvient que par d'infimes bribes s'avérant des plus basiques en tous points, tant au niveau des races, de la magie et des peuples Anciens. Touts les éléments de cet univers semblent tout droit sortie des manuels du JDR DnD des années 70 : une première impression qui va se renforcer au fil des chapitres.

Les chapitres défilent et le lecteur commence à se lasser qu'il n'y ait aucune inter-connexion entre les différents acteurs, les différents nations, et il faut attendre les cent cinquante pages pour que le récit parvienne enfin à avoir un peu d’intérêt et que l'on commence à voir l'ébauche d'un semblant d'intrigue. Et ceci par le biais qu personnage Inconnu qui avec l'aura de mystère qui l'entoure est le seul à susciter chez nous une petite attention avec le chapitre quatorze où un plan machiavélique se trame dans l'ombre. A ce moment précis de l'histoire l'on se prend à espérer qu'avec des mages mort-vivants, une épée buveuse d’âmes, qu'enfin le récit prenne enfin de la profondeur et verse dans la Sword and Sorcery ou à défaut dans la Dark Fantasy. Mais non l'auteur continue sur le même ton.

Quelques pages plus tard on se retrouve projeté dans l'est d'un Royaume où un affrontement va avoir lieu avec des créatures humanoïdes, chic enfin de l'action ! Mais non ! Trois coups d'épées de l'un des protagonistes suffit à régler le problème, cette phase étant uniquement centrée sur le personnage, et après cette trop brève bataille tout ce qui inquiète le prince c'est qu'il va devoir nettoyer son matériel ! Le récit adopte une tonalité trop légère en comparaison des éléments préalablement distillés par l'auteur.

Cinq chapitres plus loin le récit prend de l'épaisseur, et si la Reine va enfin faire montre de toute l'étendue des pouvoirs magiques que lui confère son dieu, on a également droit à l’apparition des Drows tout droit sorti de Menzoberrazan ! Après Gigax, Moorcock, merci à R. A. Salvatore ! Merci également à Casus Belli un peu plus tard dans le récit pour les Sahuagins ! Pour un lecteur averti du genre on ne peut s'empêcher de constater que l'auteur puise trop, trop largement dans les romans de ses prédécesseurs, dans les règles du Jeu de Rôle et des revues connexes de la même époque. Si pour les lecteurs plus jeunes peuvent voir de la nouveauté dans l'univers complexe de l'auteur, il est force de constater pour les lecteurs du troisième il n'en est rien, l'auteur ne nous sert que du réchauffé !

Heureusement la deuxième partie de l'histoire devient plus intéressante : les pièces du puzzle commencent à s'imbriquer, l'intrigue se densifie, les combats magiques et conventionnels deviennent visuels et bien réglés, les inter-actions entre les personnages succèdent aux événements. La dynamique de lecture très lente dans la première partie s'en trouve accélérée et la lecture pour le lecteur devient agréable. L'on commence à prendre un certain plaisir à suivre le récit.

A défaut d'être original l'univers est dense. Les descriptions sont détaillées, visuelles et le lecteur n'a aucun mal à s'y plonger. Pour les descriptions il est nécessaires de préciser que parfois l'auteur à tendance à trop attacher d'importance à des points mineurs et moins à des points que le lecteur juge d'importance plus cruciale, voire même parfois de les ignorer totalement. Géographiquement , comme on peut s'en rendre compte lors du Conseil des Nations, le monde est vaste, comporte de nombreux pays dont on ne sait absolument rien, l'histoire se déroulant essentiellement dans deux royaumes et un califat. Et comme le récit est uniquement centré sur les protagonistes , on ne sait que peu de choses sur les populations tout comme les échanges entre les autres nations. On aurait aimé découvrir les us et coutumes des différents peuples.

Même si l'on a peu de mal à entrer en osmose avec les divers protagonistes, ils sont très bien caractérisés et évoluent de manière significative au fil des chapitres. Le personnage de l'Inconnu apporte une part de mystère au récit et suscite l'attention permanente du lecteur.

La plume de l'auteur est agréable, le style fluide et direct, ce qui après une mise en place dense dans la première partie, permet de suivre avec plus d’intérêt l'histoire quand les rouages se mettent en action. La deuxième partie de l'histoire est bien équilibrée.

L 'auteur distille une pointe d'humour dans son récit notamment lors des échanges du prince Hinrieg et son épée, même si certaines interventions peuvent parfois paraître quelque peu puériles.

Au final malgré les errements de l'univers, le Rite de Lumness est une bonne fantasy, et c'est avec plaisir que l'on suivra les pérégrinations des différents protagonistes dans le tome suivant qui devrait prendre encore plus d'épaisseur.






Les épées de la colère, Olivier Lusetti


Lecture dans le cadre du challenge :



 En Chine ancienne, le jeune et fougueux Bourcrane, prince du peuple des Fils de la Montagne, est prisonnier d’une folie meurtrière. Sous les yeux de sa mère, la reine, un combat va le mesurer au plus puissant des guerriers.


Bourcrane, le fils de la Reiene du peuple des Fils de la montagne est habituellement un jeune homme doux de nature, mais sous l'effet de la colère il devient un être sanguinaire.

Dans cette courte nouvelle et bien que le court résumé situe l'histoire en Chine ancienne, l'univers n'est développé que par le biais de l'équipement des deux combattants et plus principalement par les armures caractéristiques de l'époque détaillées dans les moindres pièces qui la compose.

L'auteur s'attarde également à nous décrire de manière très précise les deux antagonistes.

Une mise en contexte du récit qui occupe un tiers du récit.

Puis l'auteur nous plonge dans un combat d'une rare intensité, d'une cruelle férocité avec de nombreux retournements de situation.

Si l'affrontement qui opposent les deux guerriers aux physiques très différents, c'est que l'on ressent aussi l'affrontement interne qui les opposent.

Les trois personnages malgré un récit très court sont très bien caractérisés. Et c'est d'assister au travers des yeux de la mère qui dégage une telle assurance qui rend encore plus poignant la lutte du père et du fils. On a l'impression de ressentir les émotions de chacun des trois personnages en même temps que les différentes phases du combat.