lundi 14 juin 2021

Zarbi de Cathi Unsworth

 


En 1984, Corrine Woodrow, une adolescente marginale (une "zarbi") d'Ernemouth, petite ville du Norfolk, est condamnée pour ce qui ressemble à un crime rituel sataniste. Vingt ans plus tard, les progrès dans l'analyse de l'ADN montrent qu'elle n'a pas agi seule. Engagé par une avocate militante, Sean Ward reprend l'enquête afin de comprendre qui a aidé ou manipulé Corrine, et surtout pourquoi. Mais les apparences sont souvent trompeuses à Ernemouth, où règne une atmosphère provinciale glauque et étouffante, et où chacun garde jalousement ses petits secrets.



En 1984 Corinne Woodrow est condamnée pour le meurtre de Daren l'un de ses amis de lycée, l’adolescente a été découverte prostrée sur les lieux du crime. En 2003 un nouvel ADN est découvert dans l'affaire, l'avocate Janice Mathers engage Sean Ward, un détective privé, ancien policier de la MET de Londres reconverti après avoir reçu de graves blessures en service.


Le récit alterne entre l'enquête et le passé des adolescents dans les années 80. Le passé qui sert à mettre en contexte la situation qui a conduit au meurtre à travers de relations difficiles qui se passaient entre les jeunes, mais aussi de la vie difficile de la jeune Corinne. Une partie un peu longue, l'on aurait aimé que la partie enquête soit plus dense.


L'enquête se résume surtout en conversations avec les témoins de l'époque dont certains n'apparaissent pas dans les interrogatoires de l'inspecteur principal chef de la police qui s'était chargé de l'enquête. Retraité aujourd'hui mais qui va s'immiscer dans l'enquête pour soi disant apporter son aide, mais en réalité essayer de détourner les visées du nouvel enquêteur.


Les personnages sont bien mis en valeur, et la psychologie des principaux protagonistes, quelque soit l'époque, est plutôt bien fouillée.


Malgré de longues mises en contexte, la plume de l'auteure est fluide, et le livre se lit bien même si ce thriller ne restera pas dans les mémoires.




mercredi 9 juin 2021

La sorcière captive de Mélissa Caruso



 

La magie est peu fréquente dans l'Empire raverrain, et ceux qui naissent avec ce pouvoir sont étroitement contrôlés : repérés dès l'enfance, ils se retrouvent enrôlés de force dans le régiment des Faucons.

Zaira a évité ce sort ; elle a grandi dans les rues en volant pour survivre et en dissimulant sa nature. Mais elle cache une magie rare et dangereuse, une magie qui pourrait menacer l'Empire tout entier.

Amalia Cornaro n'était pas destinée à devenir Fauconnière. Héritière d'une puissante famille, érudite, elle vit dans le monde dangereux des machinations politiques. Mais le sort va réunir l'héritière et la sorcière en une alliance improbable. Alors que la menace de la guerre se profile, il pourrait suffire d'une étincelle pour transformer leur cité en un brasier incandescent...



Amalia Cornaro, riche héritière de l'une des familles les plus influentes de l'Empire, se rend dans les bas-quartiers de Raverra pour y faire l'acquisition d'un livre rare traitant de la magie, sa passion. Sur le chemin du retour elle voit une jeune femme se faire agresser par trois voyous, elle intervient. Mais au moment de son intervention l a jeune femme déclenche un mur de feu, pour éviter que la cité ne brûle, et sur les recommandations d'un officier Fauconnier, Amalia passe au bras de la jeune femme un jet, un bracelet magique qui annihile les pouvoirs de la sorcière. Malgré elle et les règles de l'Empire qui n'autorise pas les familles de haute noblesse à contrôler un mage, la voilà liée à jamais avec la jeune femme récalcitrante à son emprisonnement.



Les relations difficiles qui vont s'établir entre les jeunes femmes constitue l'un des fils conducteurs du roman. Mais l'intrigue principale va reposer sur les enjeux politiques avec une province de l'Empire qui veut obtenir son autonomie.



Des jeux de politique qui occupent une grande partie du roman avec certains passages un peu longs. Et les deux jeunes filles vont avoir fort à faire pour déjouer les complots et éviter que la guerre éclate entre les deux nations.



L'univers est très intéressant, l'auteure nous présente un Empire dont la puissance repose essentiellement sur le contrôle de la magie et une cité lacustre très fortement inspirée de Venise. Malgré que le passé de l'Empire soit peu développé on sait qu'il s'est construit dans la guerre et le sang, et qu'aujourd'hui certaines nations veulent retrouver la liberté d'antan et s'affranchir des règles imposées.



Le point fort du roman, hormis le développement de l'intrigue, repose sur les relations entre les personnages et plus particulièrement sur celles entre les deux jeunes femmes qui ne cessent d'évoluer tout au long de l'histoire. Deux jeunes héroïnes qui occupent le devant de la scène ce qui n'est pas courant en fantasy.



Malgré les passages un peu longs sur la politique la plume de l'auteure s'avère plutôt fluide, et malgré des moments d'action brefs la dynamique de lecture est bonne.



Un univers réussi, une magie omniprésente et originale, des personnages intéressants et attachants, un développement de l'intrigue très bien maîtrisé, ce premier tome est une bonne surprise.






lundi 7 juin 2021

Elma de Eva Bjorg Aegisdottir

 


Elma ne pensait pas revenir un jour habiter sa ville natale. Akranes, ce petit bourg islandais à l'atmosphère oppressante, où les amitiés d'enfance portent les stigmates de terribles secrets...
Affectée au poste de police local, cette ancienne inspectrice de la brigade criminelle de Reykjavík n'a pourtant pas le choix. Elle fuit une histoire d'amour qui l'a laissée en miettes. L'épaule de son nouveau collègue Sævar semble bien réconfortante.

Quand le cadavre d'une femme est retrouvé gisant au pied d'un phare...
Une femme qui avait quitté Akranes – comme Elma.
Une femme dont le passé murmure aux oreilles de toute la ville, ronge le cœur des habitants les moins soupçonnables...



Un jeune couple découvre le corps a demi immergé d'une femme au pied du vieux phare de la tranquille petite ville d'Akranes.

De retour dans sa ville natale après une rupture, l'inspectrice Elma se rend sur les lieux.

L'autopsie va révéler que la femme a été renversée par une voiture avant d'être étranglée.


Comme il est de règle générale dans ce type de policier nordique l'intrigue avance très lentement. Les chapitres alternent entre l'enquête et la vie d'une fillette dans les années 90. La vie passée de la victime qui a vécu une enfance maltraitée qui explique pourquoi elle avait en haine Akranes mais qui pose la question d'un retour après tant d'années.


L e récit se déroule sur deux semaines, mais l'enquête est reléguée au second plan, les vies des protagonistes occupant le devant de la scène. La résolution de l'énigme n'offre pas de réel rebondissement, l'histoire se révélant linéaire.


L'écriture de l'autrice est fluide et les chapitres courts offrent une bonne dynamique de lecture.


Un roman plaisant à lire pour une première œuvre mais qui ne révolutionne pas les polars venus du froid.






samedi 5 juin 2021

Les mânes de l'ombre de Katell Curcio

 


À la Villa Montmorency, quartier chic du 16e, un homme est retrouvé pendu dans sa propriété. Meurtre ou suicide ? Chez lui, un manuscrit a disparu. Marc Sevin, flic au 36, s’intéresse à la victime. Cette personnalité aux multiples facettes le trouble et l’interroge. Qui était réellement Jean Dumon ? Que cachait-il ? Des révélations déroutantes, des secrets bien gardés vont plonger l’enquêteur au cœur d’une affaire bien plus sombre qu’il n’y paraît. Le manuscrit est-il la clé d’une effroyable machination ?


Jean Dumon, un chirurgien, est retrouvé pendu à son domicile par sa femme de ménage. Pourtant la villa disposée d'un système de protection renforcé avec gardiens présents H24. Marc Sevin et son collègue, policiers au 36, sont envoyés sur place et constatent que la pièce dans laquelle se trouve la victime a été fouillée ce qui semble écarter le suicide. Ce que confirmera l'autopsie. ADN relevé va également révéler une autre victime du tueur.

Une enquête qui va se révéler complexe et conduire les deux enquêteurs sur le passé trouble et douloureux d'une famille.

L'intrigue est bien ficelée et l'enquête tient le lecteur en haleine du début à la fine. L'enquête prend rapidement une orientation glaçante au fur et à mesure que les secrets de la famille Dumon refont surface.

Les enquêteurs sont intéressants à suivre bien que peu développés psychologiquement.

Le style de l'auteure se révèle fluide mais plutôt distant, on n'a pas l'impression de vivre réellement les événements.

Au final un roman avec nombre de bonnes idées, certes un peu trop court, mais avec des détails qui sont fournis sur un plateau plutôt que de générer des pistes secondaires et un coupable trop évident dés la moitié du roman. Un ressenti mitigé.




jeudi 3 juin 2021

La furie des dragons de Michael A. Stackpole

 


Les armées de Chytrine déferlent. Vivants et morts ravagent royaumes et cités dans leur quête des fragments de la Couronne du Dragon qui, une fois recomposée, rendra l'impératrice invincible. Face à elle se dresse la belle et audacieuse Alexia, princesse d'Okrannel, entourée de héros inattendus : Résolu, un Vorquelfe exilé décidé à se venger, Kerrigan Reese, un mage doté d'un pouvoir incertain, et enfin, le jeune Will, voleur orphelin des bas-fonds qui pourrait réaliser une ancienne prophétie... ou en être la victime innocente. Leur seul atout : un fragment vital de la Couronne du Dragon et... tout leur courage ! Mais est-ce assez pour freiner la terrifiante horde surgie des ténèbres ?



Le récit se déroule deux semaines après les événements du premier tome. Le convoi des réfugiés de Forteresse Draconis arrive en Oriosa, Corbeau est immédiatement arrêté car sa véritable identité est Tarrent, accusé d'être un traître il va être accusé. Mais la princesse Alexia déclare qu'il est son époux, et il a droit à un nouveau procès.


Une intrigue secondaire qui va occuper une grande partie du second tome et qui ne présente pas grand intérêt pour le développement de l'histoire. Puis après un peu plus de trois cent pages le récit se poursuit dans la continuité du premier opus avec la lutte contre Chytrine.


Hormis la rencontre avec les dragons on a l'impression d'être dans un copier-coller des événements précédents: combats, élimination d'un sullanciri, Reese qui se découvre de plus en plus de pouvoir,... Certes la guerre atteint de nouveaux territoires mais rien ne change sur le fond.


Avec la découverte de nouveaux territoires on découvre également de nouvelles races mais l'univers ne se développe pas ou très peu vu l’absence de descriptions de certains lieux.


Au niveau des personnages pas de grandes évolutions non plus, si ce n'est la présence d'Isaura la fille de Chytrine, une puissante magicienne que l'on espère plus présente dans le final.


On est clairement dans un tome de transition.





mercredi 2 juin 2021

Main de fer de Antoine Defives

 


Lorsqu’une étrange relique se trouve fixée à jamais à son bras, lui octroyant une force colossale, Julius se voit destiné à sauver le monde de la guerre contre les zarkos. Le garçon de ferme devenu chevalier partira alors pour un long périple, afin de reformer l’épée légendaire capable de vaincre le maléfique Onyx...
Faite de rencontres insoupçonnées, d’épreuves dangereuses et de combats épiques, l’aventure du jeune homme ne s’avère pas de tout repos !




Le récit démarre très fort avec un premier chapitre qui nous décrit une bataille qui oppose les Zarkos aux différentes races humaines. Une bataille bien orchestrée mais qui pour une durée de quatre aurait pu être un peu plus développée. Une bataille durant laquelle Onyx le chef des démons perd l'une de ses mains de fer, un artefact qui lui conférait une quasi-invincibilité.


Mais stupeur dés le deuxième chapitre l'on sombre dans une histoire simpliste où l'on suit un garçon de ferme qui va participer à un tournoi pour pré-adolescent qui doit permettre au vainqueur de devenir chevalier.


La première intrigue va se révéler des plus classiques avec la sempiternelle lutte du Bien contre le Mal. Il en sera de même des intrigues secondaires où l'auteur va reprendre tous les ingrédients du genre : combattre un grand méchant, partir dans une quête pour trouver des objets qui vont conférer à une épée des pouvoirs extraordinaires selon une légende,... Mais en faire plus ne veut pas dire que cela est gage de qualité et on va s'en apercevoir tout au long du roman qui va se révéler linéaire et insipide.


L'univers va lui aussi d'entré choquer le lecteur habitué du genre. En effet, aucun indice dans le récit permettant d'affirmer que l'on est dans un monde rétrograde, l'on peut se permettre d'en conclure que l'on est dans un univers médiéviste classique. Classique ! Pas si classique en fait puisque que pendant sa formation le futur chevalier prend des douches d'eau chaude dans une salle de bain et déjeune de viennoiseries. Des anachronismes inadmissible qui permettent d'affirmer que l'auteur ne s'est pas du tout documenter sur l'époque et qu'il n'a pas du lire beaucoup de romans du genre.


Le reste du récit est à la hauteur des premiers chapitres : simpliste !!! Et s'est avec beaucoup de mal que l'on parvient à terminer ce roman, si l'on peut l'appeler ainsi.


L'auteur avec son personnage a tenter e nous plonger dans une héroïc-fantasy mais sans parvenir à atteindre son but. On est complètement à l'opposé des écrits de David Gemmell il faut le constater c'est un échec sur toute la ligne.


On a beaucoup de mal à comprendre comment un tel roman a pu être publié. C'est se moquer des lecteurs et les prendre pour des benêts avec un tel prix de vente. Et dire que des auteurs sérieux ne parviennent pas à se faire éditer !!!






jeudi 27 mai 2021

Whiskey Sour de J. A. Konrath

 


La lieutenante Jacqueline « Jack » Daniels passe une semaine difficile. Son compagnon l'a quittée pour se mettre en ménage avec son entraîneur personnel. Insomniaque chronique, Jack a atteint la limite de sa carte de crédit dans des télé-achats. Pour finir, un tueur monstrueux qui se fait appeler « le Bonhomme en pain d'épice » largue des cadavres mutilés un peu partout dans son district.

Pendant ce temps, elle s'efforce de semer deux agents du FBI qui n'en ont que pour leur stupide profilage informatique, s'inscrit dans une agence de rencontre, fréquente des voyous et pare aux avances d'un rustre enquêteur privé. Elle s'évertue aussi, avec son coéquipier boulimique Herb, de mettre la main au collet du terrifiant maniaque avant qu'il ne tue à nouveau. Mais Jack est dans la mire du tueur . . .



Un jeune homme découvre dans une benne à ordure, située près d'une supérette 7 Eleven, le corps nu d'une femme. Alertés la police dirigée par le Lieutenant Jacks Daniels découvrent que la femme a reçu de multiples coups de couteau et un mot épinglé sur ses fesses signé le Bonhomme en Pain d’Épice. L'enquête a à peine débutée qu'une autre victime est découverte dans les mêmes conditions.


L'enquête est bien maîtrisée par l'auteur et s'avère intéressante à suivre.


La tonalité très humoristique et décalée ne cadre pas avec la gravité des faits et choque quelque peu le lecteur.


En parallèle des investigations de la police on suit les faits et gestes du meurtrier notamment ses méfaits. Le fil conducteur du récit du point de vue du meurtrier est la vengeance.


On a un peu de mal à adhérer aux enquêteurs du fait du ton employé par l'auteur. De surcroît ils paraissent un peu caricaturaux ce qui n'arrange pas les choses.


La plume de l'auteur est vive et donne une très bonne dynamique de lecture.


Une bonne enquête mais un récit qui ne parvient pas à convaincre du fait d'un humour trop présent.






mercredi 26 mai 2021

Forteresse Draconis de Michael A. Stackpole

 



Lorsque le jeune Will dérobe aux elfes un étrange objet, il n'imagine pas qu'il sera entraîné dans les filets d'une incroyable prophétie.

Peut-être est-il la dernière chance de sauver le monde de la tyrannie de Chytrine, la terrible reine du Nord. Ayant eu vent de son existence, la souveraine envoie à ses trousses ses Lanciers Noies. Will doit fuir pour sauver sa vie, mais il n'est pas seul. Ailleurs, d'autres se lèvent contre Chytrine. Comme Alexia, princesse d'une nation disparue, qui, à la tête de son armée, défie les royaumes du Nord, ou les sorciers de Vilwan qui ont créé leur propre héros aux pouvoirs surhumains. Tous vont converger vers la mystérieuse Forteresse Draconis et tenter d'empêcher Chytrine de reconstituer la Couronne du Dragon, un puissant artefact qui, s'il tombait entre ses mains, garantirait son règne éternel...

Et la fin du monde...



Will une jeune voleur qui veut épater son mentor et devenir le plus célèbre voleur de Fondombres, s'introduit chez un Vorquelfe pour dérober un objet précieux. Mais il ouvre le sac et l'objet irradie d'une intense lumière et il est repéré. Poursuivi, rattrapé, il s'attend à passer le pire moment de sa vie quand il est sauvé in-extremis par deux individus, un humain et un Vorquelfe. Les deux hommes lui révèlent qu'il est l'objet d'une prophétie qui doit mettre fin aux agissements de la cruelle reine Chytrine. Et le voilà embarqué malgré lui dans une aventure dangereuse.


L'univers de type médiéviste classique est bien travaillé en profondeur avec de nombreuses races dont certaines inédites dans le genre. Le bestiaire lui aussi présente des monstres inédits, et la magie bien que classique sur la forme est elle aussi fort présente. Les combats sont assez visuels mais auraient gagné à être un peu plus développés et parfois ils se révèlent mal structurés on ne sait plus qui fait quoi.


Le scénario est bien écrit, sans trop de longueurs, les descriptions sont justement dosées pour que l'on puisse s'imprégner des lieux. Dés le premier chapitre l'on est plongé dans un récit vivant.


Les personnages sont bien brossés, travaillés en profondeur tant sur le plan de leurs comportements que dans leurs réactions, chacun d'eux ayant sa propre personnalité.


La plume de l'auteur est fluide, simple permettant au récit un large lectorat. Le rythme de l'histoire est très bon malgré le nombre important de pages.


Un univers travaillé, des personnages attachants, de bonnes surprises et de nombreux événements, tout est réuni pour passer un bon moment.






lundi 17 mai 2021

La mort pour seule compagne de Harry Bingham

 



Toute jeune recrue de la brigade criminelle du commissariat central de Cardiff, Fiona Griffith n'est pas particulièrement appréciée de sa hiérarchie ni de ses collègues. Rebelle, à fleur de peau, elle semble préférer la compagnie des morts, qui exercent sur elle une attraction pour le moins étrange, à celle des vivants. Véritable handicap social au quotidien, cette fascination morbide s'avère un atout sur une scène de crime. Car face aux cadavres d'une prostituée et de sa fillette, retrouvées sauvagement assassinées dans un squat, Fiona perçoit des choses qu'aucun de ses coéquipiers n'est en mesure de saisir...



Une jeune femme, prostituée occasionnelle, et sa fillette de six ans sont retrouvées mortes dans un squat. La fillette a eu le crâne fracassé par un lavabo. Pour seuls indices quelques traces ADN et la carte Gold d'un milliardaire décédé lors d'un crash d'avion privé.


Dans ce policier somme tout classique sur le fond, l'on suit principalement Fiona Griffith, une jeune policière rebelle et à fleur de peau qui ne s'est pas intégrée à l'équipe et qui est cantonnée, au vu de ses relations avec sa hiérarchie, à des tâches de gratte papier.


Bien que cantonnée à des tâches annexes, recoupements d'informations, frappe de rapports et interrogatoires mineurs, elle va se lance à fond dans l'enquête en parallèle des inspecteurs chevronnés à qui est confiée l'affaire.

Cette manière de procéder est bien entendue au détriment du lecteur qui ne perçoit qu'une partie de l'enquête bien que certains faits lui soit brièvement rapportés lors de brefs échanges téléphoniques de la jeune femme avec sa hiérarchie et un de ses collègues avec qui, malheureusement, elle entame une relation timide.


L'intrigue a pour cadre le Pays de Galles et plus particulièrement Cardiff, et nous entraîne dans le milieu de la prostitution, de la drogue et des brutes venus de l'Est qui exploitent les malheureuses.


Dans le récit l'auteur met en avant les phobies sociales, les pressentiments, les ressentis et le syndrome particulier dont le personnage central a souffert dans le passé et qui se traduit dans le présent par une relation particulière avec la mort. Ce qui bien entendu entraîne des passages nombreux qui n'ont aucun lien direct avec l'enquête proprement dite.


Le point fort du roman c'est l'écriture percutante de l'auteur qui va droit au but même dans les passages purement liés à Fiona.


Le roman n'est pas un policier exceptionnel mais il devrait plaire à un lectorat qui aime les enquêtrices atypiques et ambiguës.





samedi 15 mai 2021

La rivière de l'oubli de Cai Jun

 


Chine du Nord, juin 1995. Shen Ming, jeune et brillant professeur, est suspecté d’avoir assassiné une lycéenne, quelques jours après, il est poignardé près de l’école, dans une usine désaffectée. Neuf ans plus tard, le mystère s’épaissit. Les présumés meurtriers du professeur sont envoyés, eux aussi, au royaume des morts.

La rumeur se répand alors : et si Shen Ming avait traversé la rivière de l’oubli pour se réincarner et se venger ?



Shen Ming, un jeune professeur, est promis à un brillant avenir mais lorsqu'une de ses élèves est retrouvée morte empoisonnée. Accusé mais relaxé il perd son emploi, sa fiancée. Croyant que le censeur de son lycée est le véritable coupable il le poignarde. Tué à son tour il se réincarne en un jeune garçon.


L'intrigue principale ne fait pas preuve d'une grande originalité puisqu'il s'agit ici d'une simple vengeance. Certes une vengeance au-delà de la mort ce qui n'est pas facilement croyable. Pour les thématiques de fond : un côté fantastique et une possession car le stade de la réincarnation est dépassé, c'est difficile pour un lecteur qui ne croît pas à cette possibilité il est difficile de s'immerger comme il le faudrait dans le récit.


On a aussi beaucoup de mal à s'identifier au jeune garçon tant il a un comportement des plus inhabituels même si l'on retient le côté fantastique. De surcroît le nombre de personnages qui gravitent autour de lui et qui établissent un lien avec le défunt ne permettent pas à ce que l'atmosphère de mystère et d'angoisse puisse s'installer comme cela aurait du être.


De plus il n'est pas évident pour un occidental de s'immerger dans la culture chinoise de par certaines particularités propre à ce pays. Les nombreuse références poétiques et à moindre importance artistiques qui sont citées finissent par perdre le lecteur.


Quand à l'enquête, qui aurait du être le point le plus important du récit, étalée sur un nombre trop important d'années, elle traîne en longueur et perd de son intérêt.


La plume de l'auteur est certes fluide, mais le fait que le style de l'auteur ne tient pas compte des émotions que devraient avoir les personnages, là encore choque le lecteur occidental.


Une impression finale plus que mitigée car on n'est pas parvenu à s'immiscer dans l'histoire.




jeudi 13 mai 2021

Dark secrets de Hjorth & Rosenfeldt

 


Västerås, petite ville de Suède. Un homme jette un cadavre dans un étang. Le lendemain, Lena Eriksson prévient la police que son fils Roger, un adolescent de 16 ans, n’est pas rentré depuis la veille au soir. Comme le commissaire local tarde à prendre l’affaire au sérieux, car il pense à une simple fugue, le chef de la crim’ lui adjoint les services d’une brigade de la police nationale. Le corps du jeune homme est retrouvé, le cœur arraché à coups de couteau. Entre-temps, Sebastian Bergman, un psychologue et profiler solitaire depuis la mort accidentelle de sa femme et de sa fille, revient à Västerås pour régler la succession de sa mère. Dans de vieux dossiers enfouis dans la maison, il découvre une lettre laissant entendre qu’il serait peut-être le père de l’enfant d’une ancienne maîtresse, Anna Eriksson, de la famille de l’adolescent disparu. Bergman demande alors à rejoindre l’équipe enquêtant sur cette affaire. Intelligent et intuitif mais mal accueilli par la brigade car il est considéré comme égocentrique et arrogant, aux prises avec ses anciens démons et une addiction au sexe, Bergman se lance dans une course contre la montre pour éviter que d’autres meurtres ne se produisent, tout en espérant trouver une réponse à ses questions personnelles.



En tout début de week-end Lena Eriksson contacte la police de Vasteras pour signaler que son fils Roger âgé de seize n'est pas rentré de la nuit. Mais le personnel de garde ne fait rien et ce n'est que le lundi midi que l'inspecteur Haraldsson prend connaissance des faits, et convaincu lui aussi qu'il s'agit d'une fugue il se contente de ré-interroger la mère. Il lance tardivement les recherches et lorsque l'adolescent est retrouvé dans une mare le corps criblé de coups de couteau par de jeunes scouts l'inspecteur brille par son absence occupé par une affaire toute personnelle. Dépassée par une affaire mal embarquée sa supérieure fait alors appel à la Crim' de Stockholm.



L'enquête débute très, très lentement, les auteurs ayant choisi de s'attacher tout d'abord aux personnages. Alors qu'il n'a pas encore intégré l'enquête ils s'attardent trop longuement sur la vie personnelle de Sebastian Bergman un psychologue profiler venu àVasteras pour régler une affaire de succession et qui va s'immiscer dans l'enquête pour une raison toute personnelle. On a également droit à la vie d'autres membres de l'équipe et notamment à des histoires de coucheries d'une inspectrice avec le chef de la Crim'. Une partie assez longue qui ne présente aucun intérêt dans un policier.



Ce n'est que dans le dernier tiers du roman que se développe réellement l'enquête, les indices se succédant enfin à un bon rythme pour donner un récit intéressant et une enquête bien maîtrisée.



Malgré une grosse première partie qui repose, une fois de plus, sur le passif du personnage central assez tragique, la plume des auteurs s'avère plutôt fluide, et directe en fin de récit.



Au final on a tout de même un bon roman policier auquel il aurait fallu ôter une bonne cinquantaine de pages pour qu'il soit agréable dans toute sa longueur.







mercredi 12 mai 2021

La malédiction de l'épée de Margaret Weis & Tracy Hickman

 


Joram est orphelin, mais sa mère lui a toujours affirmé qu'il est de naissance noble. Après avoir forgé la Noire Epée, il fuit à travers les royaumes magiques avec ses trois compagnons : Saryon le catalyste, Mosiah le magicien et Simkin, nouvelle incarnation de Loki, à la fois comique et fascinant : on ne sait jamais dans quel camp il se trouve. Joram voudrait bien savoir d'où il vient ; en attendant, sa quête le conduit à la fille de ses rêves. Il rencontre aussi la guérisseuse qui a accouché sa mère, et qui lui donne une piste : il n'est pas celui qu'il croit. Serait-ce à dire qu'il a pour père un plébéien ? Comment après cela oserait-il demander la main de sa bien-aimée à ses nobles parents ? A ce problème, il y a plusieurs solutions. Mais le temps presse. L'évêque Vanya n'a pas oublié la prophétie : Il naîtra dans la Maison royale un enfant qui sera mort et qui pourtant vivra, qui re-mourra et renaîtra. Et quand il reviendra, il tiendra dans la main la destruction du monde. Qui peut bien être cet enfant mort, et que tiendra-t-il dans la main ? L'évêque Vanya se le demande. Il doit faire échec à la prophétie. Coûte que coûte.



Joram a tué le sorcier Blacloch infiltré parmi les rebelles et à la solde de l’évêque Vanya. Ce dernier veut que Saryon le catalyste le lui ramène ainsi que l'épée noires pour mettre fin à la prophétie qui annonce un danger pour le monde créé par les magiciens. Pour fuir les gardes de feu le sorcier les quatre hommes fuient dans le Nulle Part mais Joram, au grand dam de Saryon, veut à tout prix se rendre à Merilon pour réclamer son héritage.


L'univers se développe un peu avec la découverte de la capitale créée de toute pièce par la magie. A l'instar du premier tome ce second opus ne nous livre aucune information sur le passé ni sur les technologies avancées qui y étaient employées.


Le récit s'avère un peu plus sombre et met bien en place les enjeux. Les points d'interrogation pour le lecteur commencent à s’éclaircir. La première partie du récit se centre essentiellement sur les personnages. Joram ne transparaît qu'au travers des autres personnages par la manière dont ils le perçoivent. Saryon quand à lui il est déchiré entre son devoir envers l’Église et son attachement à Joram et aux Arts Noirs. Hormis l’Évêque Vanya, le grand méchant qui n'a pas encore révélé tous ses secrets, les autres personnages sont moins mis en valeur.


Encore une fois le manque d'action et d'événements rend le style des autrices un peu lourd. Malgré des passages humoristiques dus à Simkin, et un peu plus de dialogues la dynamique de lecture est encore assez lente.


Au final une fantaisie intéressante mais qui a plutôt mal vieillie.






vendredi 7 mai 2021

La prophétie de Cécile Baousson

 


Les contrées de Hadlyn, protégées par la Guilde des Sorciers, vivent dans la paix depuis vingt-cinq ans. Une grande menace, révélée par une très vieille prophétie? vient assombrir les pensées de Gueldon, le grand sorcier. Mélagan, le pire ennemi de Gaspéran le roi de Khellian, s'apprête à envahir le royaume, aidé par le malfaisant Dozka, ancien disciple de la guilde. Effrayé par la menace qui pèse sur son royaume, le souverain rassemble son armée afin de repousser l'envahisseur... Deux êtres que rien ne devait réunir, Gwendan, chevalier de l'armée de Khellian et Gaëlie, l'unique sorcière du royaume, vont se retrouver plongés dans un conflit où s'affronteront les forces opposées. Malgré sa profonde aversion pour la magie, son courage et surtout son amour pour Gaèlie, Gwendan se verra contraint d'affronter ses plus grands cauchemars. La jeune femme, que la prophétie désigne comme le bras armé du royaume devra faire face à une magie interdite par les Dieux, oubliée depuis des millénaires !



La sphère qui permet de contrôler la barrière magique installée il y a vingt-cinq ans pour empêcher l'invasion des troupes de Barth Och se rallume. Mais cette lueur présente en son centre une anomalie, un sorcier aurait-il trahi le Sanctuaire. Le grand sorcier avertit le roi d'une invasion probable des troupes du roi Mélagan mais lui parle aussi d'une prophétie qui affirme que le pays sera sauvé par une sorcière toute puissante.


Les postulats de départ, à savoir une invasion et une prophétie, se révèlent assez classiques du genre.


L'univers médiéviste se révèle lui aussi classique sur le fond mais il est bien travaillé par l'auteure et est très complet.


Le récit est agréable à suivre malgré une mise en contexte qui prend une grande partie du roman où l'auteure place les enjeux, les forces en présence en nous faisant découvrir ses personnages. Sur le fond rien de surprenant on se trouve dans un récit tout ce qu'il y a de prévisible.


Les personnages sont travaillés en profondeur avec une psychologie qui se développe au fil des chapitres et des interventions de chacun.


Avec un style simple et de l'action dans sa deuxième partie, le récit présente une bonne dynamique.


Au final un premier tome plutôt préparatoire qui révèle un récit intéressant à suivre même si l'on peut reprocher un classicisme avéré du genre.






jeudi 6 mai 2021

Le serment du désert de Oliver Bowden

 


Égypte, en l’an 70 avant notre ère. Un impitoyable assassin sévit. Sa mission : trouver et tuer les derniers membres d’un ordre ancien, les Medjaÿ, et mettre un terme définitif à la lignée.

Dans la paisible Siwa, le départ précipité du protecteur local laisse son jeune fils, Bayek, avec des questions sans réponse concernant son propre avenir et le sentiment qu’il a un devoir à accomplir. Bayek part à son tour en quête de réponses. Son périple le conduit sur les rives du Nil, à la découverte d’une Égypte en ébullition. Il emprunte sans le savoir la voie des Medjaÿ, une voie périlleuse et truffée de mystères...




L'Ordre, une société dont les membres sont désireux de voir naître une Égypte moderne, envoie un tueur éradiquer les derniers Medjaÿ les protecteurs et garants d'une Égypte traditionaliste.

Alors que son père part précipitamment, après la visite d'un messager, Bayek, encore en formation sous la férule de son père protecteur de l'oasis de Siwa, part sur ses traces bientôt rejoint par son amie Aya.

Dans ce roman nous assistons à une course de vitesse entre les deux partis.


Au vu de la quatrième de couverture ce tome doit permettre de comprendre les origines de la confrérie des assassins mais aucun indice ne le permet pour le lecteur qui ne pratique pas le jeu vidéo.


Même si l'on peut se faire une idée de l’Égypte de l'époque, l'univers est peu développé, les descriptions étant sporadiques l'on a beaucoup de mal à se représenter les lieux traversés par les différents protagonistes.


Les chapitres alternent entre Bayek et les siens, Bion le tueur et Raia le commanditaire ce qui permet au lecteur de bien appréhender les enjeux et de mieux cerner les idéologies des personnages. Toutefois le récit à l'instar du postulat de départ s'avère plutôt simple.


Les personnages sont intéressants à suivre mais ils auraient mérités d'être plus explorés en profondeur.


La plume de l'auteur est fluide et facile à suivre, avec un style simple, avec de l'action et de nombreux dialogues donc la dynamique de lecture est très bonne.


Avec des rebondissements prévisibles, et un dénouement qui arrive un peu tôt, cet opus de licence se révèle un ton en-dessous de la Croisade Secrète à l'instar de l'opus Renaissance.






samedi 1 mai 2021

Les chevaliers d'épées de Anne Robillard

 


Il existe sur la Terre des centaines de sociétés secrètes. Certaines ont dû mettre fin à leurs activités, mais d'autres poursuivent leur travail occulte malgré les efforts de leurs ennemis pour les faire disparaître.
À quatre-vingt-seize ans, le docteur Charles Mulligan s'accroche à la vie en Colombie-Britannique : qu'est-il arrivé à Thomas, son fils adoptif, disparu depuis presque quarante ans ?
Cloué dans son fauteuil roulant, il se rappelle sa rencontre avec la mère de Thomas, leurs séjours à l'étranger où il était appelé à travailler, ses efforts pour le soustraire à la guerre, le jour enfin où, à Londres, il a présenté Thomas au docteur George West, un pionnier de la génétique, pour qu'il le prenne sous son aile.
Charles ignorait que le docteur West recruterait également Thomas dans ce qui n'était autre que la nouvelle incarnation des Chevaliers du Temple, éradiqués au XIVe siècle.

C'est ainsi que Thomas devint Chevalier d'Épées et que débuta cette étrange aventure...



Thomas, un jeune médecin, qui travaille pour un généticien londonien est recruté par celui-ci pour intégrer une société secrète descendante des Templiers qui lutte contre le Mal.


Dans ce roman on suit le parcours initiatique de Thomas pour devenir le garde du corps de son ami lé généticien qui lui sera chargé au sein de la même confrérie de négocier la paix.


Lorsque Thomas est envoyé dans le sud de la France pour découvrir l'identité des cinq membres d'une autre société secrète qui a pour but de régner sur le monde par tous les moyens et qui ont infiltrés leurs rangs tout ne va pas se passer comme prévu.


En parallèle de la vie de Thomas et de son parcours, l'on suit également les inquiétudes de son beau-père adoptif qui n'a plus de nouvelles de lui depuis plus de trente ans.


Si l'histoire est un peu déroutante au début avec de nombreux changements de temporalité le récit se fait ensuite captivant lorsque ces changements de temps se font moins nombreux. La part de fantasy ou plutôt de fantastique puisque l'on est dans notre monde dans les années cinquante se traduit par des apparitions d'êtres éthérés venant d'un autre monde. Mais cette part de surnaturel va se révéler assez ténue.


Le côté désespéré du beau-père qui recherche son fils alors que celui-ci ne peut plus le contacter pour des raisons de sécurité s'avère très poignant.


Le dénouement avec au programme la réincarnation est bien trouvé même si l'on peut tout de même émettre quelques objections sur l'impact des médiums dans ce final.


La plume de l'auteure est toujours aussi agréable à suivre, fluide et simple.


Au final un très bon roman qui aurait pu générer une suite.