mardi 26 mai 2020

Le livre des âmes de James Oswald



Pendant dix ans, à Édimbourg, un tueur a fait couler le sang à Noël, en abandonnant le corps d’une femme nue, la gorge tranchée, au bord de l’eau. Dix ans, dix femmes. La dernière était la fiancée d’Anthony McLean.
L’inspecteur se bat toujours avec ses démons quand soudain le tonnerre éclate dans son ciel d’orage : le « Tueur de Noël » vient de mourir en prison, et plusieurs femmes sont retrouvées nues, la gorge tranchée. S’agit-il d’un copycat ? La Criminelle aurait-elle arrêté le mauvais coupable ?
Empêtré dans plusieurs enquêtes et désormais en conflit ouvert avec son supérieur, McLean doit rouvrir l’affaire la plus difficile de sa carrière, au risque de devenir la proie du passé…



Alors qu'il enquête sur un trafic de drogue et des incendies criminels est rattrapé par son passé, il est conforté à un meurtre en tous points identique aux victimes du Tueur de Noël arrêté douze ans plus tôt et dont la dernière victime avait été la fiancée de l'inspecteur. Mais ce tueur en série est récemment mort en prison poignardé par un codétenu.

L'enquête piétine pendant une grande partie du roman et de surcroît l'auteur insère régulièrement des retours dans le passé de la vie amoureuse de l'inspecteur et des morceaux du procès qui s'est déroulé douze ans plus tôt ce qui donne à la lecture un rythme plutôt lent.

On suit pas à pas le développement de l'enquête sans vraiment avoir de piste concrète et le dénouement survient comme un cheveu dans la soupe sans qu'aucun indice le prévoyait.

Comme le laissait prévoir le tome précédent on suit un policier torturé par son passé et toujours en conflit avec son supérieur direct ce qui finit par devenir agaçant à force de répétitions.

Les personnages sont bien développés et l'on a aucun mal à les suivre.

Au final une intrigue classique sur la forme, des rebondissements présents, un final trop rapide, une touche de fantastique qui aurait gagné à être plus développée.



lundi 25 mai 2020

Arrowood de Mick Finlay



1895 : Londres a peur. Un tueur terrorise la ville. La police, débordée, arrive à un point de rupture. Tandis que les bourgeois désemparés se tournent vers Sherlock Holmes, dans les quartiers surpeuplés du sud de Londres, les gens s’en remettent à un homme qui méprise Holmes, sa clientèle fortunée et ses méthodes de travail voyeuristes. Cet homme, c’est Arrowood – psychologue autodidacte, ivrogne occasionnel, et détective privé. Quand un homme disparaît mystérieusement, Arrowood et son comparse Barnett se lancent dans une mission de taille : capturer Mr Cream, le malfrat le plus redouté de la ville.



Alors que pour Arrowood les finances sont au plus bas, une jeune femme vient le trouver pour lui demander de retrouver son frère. Elle invoque le fait que juste avant sa disparition il était terrifié et voulait de l'argent pour regangner la France. Une enquête assez simple mais qui se corse lorsque la jeune femme annonce qu'il travaillait au Barrel of Beef propriété d'un homme d'affaires véreux et très dangereux avec lequel Arrowood et son assistant ont eu maille à partir dans le passé.
Avec pour postulat de départ une intrigue assez classique, ce roman se révèle intéressant sur la plus grande partie de l'histoire mais la fin quant à elle est assez particulière et peu cohérente. L'intrigue se complexifie au fil des chapitres avec de nombreux rebondissements.
Bien que peu développé l'aspect politique est présent évoquant une page de l'histoire du Royaume-Uni.
Malgré quelques lenteurs l'auteur nous dresse un tableau fort réaliste d'un Londres gangrené par la misère et la corruption. Un tableau plutôt sombre dans lequel évolue à merveille le détective privé.
Avec Arrowood l'auteur nous dresse le portrait d'un homme fatigué, sans aucune classe : ce portrait d'un anti-héros est un peu trop poussé. Les relations entre le détective et son assistant sont bien équilibrées et leur donnent une excellente complémentarité.
Les personnages de Neddy et Ettie sont attachants et comme pour les personnages centraux l'on espère qu'ils seront plus fouillés dans la suite de leurs aventures.
Les comparaisons entre Arrowood et Sherlock Holmes sont un peu trop présentes et mobilisent l’attention du lecteur au détriment de l'intrigue.
La plume est très accessible avec une narration à la première personne par l'assistant à l'instar des œuvres de Conan Doyle.
Au final une enquête prenante et bien rythmée malgré une dernière partie un peu tirée par les cheveux, une belle description des bas-fonds d'un Londres victorien et des personnages attachants que l'on aimerait retrouver.



lundi 11 mai 2020

Ils se marièrent et il y eut beaucoup de sang de Laurine Valenheler




Au cœur de l’hiver 2017, quatre ans après les débats sur le projet de loi "Mariage pour Tous", plusieurs couples d'hommes sont retrouvés morts en petite couronne de Paris. Sur les scènes de crime, la signature marque les esprits : entre les corps des victimes sont retrouvés des triangles de tissu, roses comme le symbole de la persécution des homosexuels sous le III ème Reich.

Pour l’équipe de Maël Néraudeau et Yohann Folembray, lieutenants à la Section criminelle du SDPJ 94 et partenaires à la ville comme à la scène, le compte à rebours est lancé. Le mot d’ordre est sur toutes les lèvres, y compris celles de la presse : mettre la main sur l’assassin et enrayer la vague de folie meurtrière. Mais face à un criminel aussi obscur qu’imprévisible, les enquêteurs se retrouvent désarmés, et ce malgré l’appui d’un capitaine de la Brigade des crimes sériels de l’OCRVP venu se greffer à la section pour les assister. Le sadisme du meurtrier se révèle alors sans limite lorsque l’affaire prend un virage dramatique pour les deux coéquipiers et amants. Entre les plaies endormies qui se réveillent et la colère qui les déchire, affectant l’équilibre du groupe, le terrain est plus libre que jamais pour le Tueur au Triangle Rose, qui profite de la diversion pour passer à la vitesse supérieure et parachever son acte final…



Un couple de policiers homosexuels est contacté par des amis et un président d'association LGBT qui leur demandent avec des preuves à l'appui d'intercéder auprès de leur hiérarchie pour faire ouvrir une enquête sur les meurtres de couples homosexuels. Le point commun de ces crimes est un triangle de tissu rose trouvé sur les lieux et qui rappelle l'extermination des homosexuels sous le régime d'Hitler.

La première partie de l'intrigue est intéressante à suivre, la partie enquête est très bien maîtrisée par l'auteure, et on a droit à quelques petits rebondissements. Arrivé à la moitié du livre on a droit à un coupable et l'on se dit que ce n'est pas possible, mais l'auteure nous livre un rebondissement qui remet tout en question. Dans la deuxième partie pas de véritable enquête puisque l'un des policiers connaît le véritable coupable mais tout est plutôt axé sur le rapport psychologique entre les deux hommes.

La thématique de l'homophobie est traitée en profondeur, peut être un peu trop ! En effet l'auteure insiste trop sur cette partie qui déséquilibre le roman et repousse presque l'enquête au second plan. C'est encore plus flagrant dans la deuxième partie du roman.

La vie privée des deux personnages principaux et de leurs relations d'amis occupent aussi beaucoup de place et là encore l'auteure insiste trop sur certaines scènes et l'on n'est pas loin de friser la mièvrerie.

Au final, un policier classique sur la forme mais pas sur le fond. La lecture laisse une impression mitigée.



jeudi 30 avril 2020

Donne-moi tes yeux de Torsten Pettersson



Une jeune femme est retrouvée mutilée dans un parc de la petite ville finlandaise de Forshälla, nue, les orbites vides, un «A» gravé sur le ventre.
Le commissaire Harald Lindmark de la brigade criminelle dirige l'enquête.



Dans la petite ville de Forshälla en Finlande, le corps nu et énucléé d'une femme est retrouvé dans un parc proche de son domicile. Sur le ventre de la victime a été tracé au couteau la lettre A. L'enquête est menée par l'équipe du commissaire Lindmark. Alors que l'enquête piétine, le corps d'un journaliste est retrouvé avec la même signature dans une cabane au fond d'une forêt.

On ne peut pas parler ici d'une véritable enquête car les policiers ne font qu’échafauder des pistes possibles, supposer sans que rien n'avance et ceci jusqu'au dénouement qui leur ait livré par le commanditaire des meurtres sous forme de confession post-mortem.

Les personnages ne font que passer furtivement lors de réunions qui nous sont rapportées sous formes d'écoutes ou de rapports : ils sont peu exploités et peu travaillés.

Le style de l'auteur est très particulier, les chapitres se fond sous forme de différents « journal » que ce soit celui des victimes, du tueur ou des policiers. Des chapitres débutent par des histoires qui ne semblent avoir aucun rapport avec l'intrigue principale : on a l'impression de ne pas avancer dans le récit, on ne parvient pas à s'y immerger. Au fil des chapitres l'intrigue devient de plus en plus nébuleuse.

Au final on sort très mitigé de cette lecture, pour ne pas dire déçu.



vendredi 24 avril 2020

Mars & Avril 2020


ACHATS MENSUELS MARS & AVRIL 2020


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mercredi 22 avril 2020

Scalpel de Diana Lama




Un corps, mutilé et dénudé. Celui d’une jeune femme, retrouvée sur une plage près de Naples. La victime a subi des sévices : sans doute l’œuvre du serial killer que la presse a surnommé l’Anatomiste.
Une équipe d’experts est lancée sur les traces de cet individu qui pratique des amputations sur le cadavre de ses proies.
À la demande du ministère de l’Intérieur, Artemisia, psychothérapeute et criminologue connue pour ses émissions télévisées, rejoint les enquêteurs.
Sa mission : découvrir le lien unissant les victimes puis défier le tueur. Elle ignore qu’elle est la prochaine sur la liste de l’Anatomiste…



Le corps d'une jeune mannequin est retrouvé nu prés de la plage par un pêcheur. L'autopsie révélera que des vertèbres ont été prélevées par le tueur. L’Équipe, un groupe de spécialistes des meurtres en série se charge de l'affaire et recrute une psychologue qui par le passé a été kidnappée par un pédophile et retenue pendant six ans.

Avec le passé de la psychologue et les meurtres qui se succèdent deux intrigues s'entremêlent dans une histoire pleine de rebondissements ce qui donne un suspense maintenu du début à la fin.

Les chapitres alternent entre les enquêteurs, le tueur surnommé l'Anatomiste du fait qu'il prélève sur chaque victime un organe, et les affres de la psychologue hanté par un passé des plus mystérieux.

L’Équipe est peu mise en valeur car l'auteure a choisi de mettre en avant la psychologue. Son personnage est bien mis en valeur sur le plan psychologique,... peut être un peu trop.

Le style de l'auteure est simple, par moments un peu hésitant. Les descriptions sur l'anatomie sont bien documentés mais un peu trop répétitifs ce qui avec le passé de la psychologue finissent par lasser le lecteur. On aurait aimé que l' côté enquête occupe le devant de la scène.

Au final quelques longueurs, un personnage trop mis en avant mais ce thriller permet tout de même de passer un bon moment.



lundi 13 avril 2020

Klimax de Lionel Camy



Alors que la ville de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, se remet d'un terrible séisme, le corps d'une joggeuse sauvagement assassinée est retrouvé dans une forêt. Peu après, Hank Graffin, détective de la police criminelle mis au placard après un drame personnel, reçoit une visite inattendue. Un membre de sa famille a reçu un mail inquiétant qui pourrait avoir une connexion avec le meurtre. Quand une autre jeune femme disparaît mystérieusement, Graffin soupçonne qu'il y a effectivement un lien. C'est le début d'une course contre la montre pour tenter de mettre fin à la croisade sanguinaire d'un tueur aussi malin que sadique. Une enquête haletante au cœur d'une région dévastée dans laquelle le climat semble devenu fou...



Christchurch, Nouvelle-Zélande, le corps d'une femme sauvagement assassinée est retrouvée dans les bois. Un second corps est retrouvé très rapidement après. Le sergent-détective Graffin, mis au placard suite à la mort accidentelle de son fils qui jouait avec son arme de service, reçoit la visite inattendue de sa nièce. Cette dernière à reçue du tueur un email contenant un poème, un lien vers l'article paru dans la presse et un fichier MP3 contenant un extrait des Quatre Saisons de Vivaldi. Malgré qu'il vient tout juste d'être réintégré aux archives son oncle se lance dans l'enquête.

L'auteur place son récit dans la ville de Christchurch qui a subi un séisme, mais la toile de fond est insuffisamment décrite. Hormis quelques lignes rappelant simplement le séisme, le lecteur n'est pas projeté dans le décor. Le scénario aurait pu être placé n'importe où dans le monde.

L'enquête est prenante avec de nombreux rebondissements, même si elle reste sur la forme tout ce qu'il y a de plus classique avec plusieurs fausses pistes.

Les personnages sont bien travaillés et chaque personnage mis en scène, avec ses qualités et défauts est utile au scénario.

Le style de l'auteur est direct, avec des chapitres courts qui toutefois s'enchaînent un peu trop vite. Il est aussi à noter l'emploi de termes anglo-saxons qui reviennent trop souvent ce qui à la lecture est un peu pénible.

Une atmosphère assez prenante malgré que le décor ne soit pas exploité, une bonne dynamique de lecture et un final inattendu, ce polar est d'assez bonne qualité. 



mardi 7 avril 2020

Xtrème préjudice de Mark Zellweger



On retrouve la BMW du président du CIO toutes portes ouvertes au bord du lac à Lausanne. Où est passé le président ?

Pendant ce temps le professeur Ayer grand ponte de virologie et d’épidémiologie à l’OMS n’a plus donné de signes de vie alors qu’il était en Afrique de l’Ouest afin de comprendre l’épidémie d’Ebola qui l’intriguait au plus près.

La situation internationale se tend considérablement avec des tentatives de lancement de missiles de moyenne portée et des essais nucléaires par la Corée du nord.

Mark Walpen est alerté par son père : lui et les enfants de Mark, Zoé et Elliott, ont été victimes d’un acte terroriste barbare et innommable. Mark vit un nouveau drame dans sa vie !

Un rapport confidentiel américain dénonce l’Arabie Saoudite comme commanditaire des attentats du 11 septembre. Quel rapport avec nos protagonistes ?

Une fois de plus les stratèges du Sword vont devoir dénouer les intrigues et trier le vrai du faux. Les Faucons partiront en quête des différents responsables. La sanction risque d’être terrible.



Une épidémie d'Ebola en Afrique et la disparition d'un chercheur qui enquêtait sur ce déclenchement suspect, des agents Nord Coréens dormants qui passent à l'action en Corée du Sud, l’enlèvement des enfants du dirigeant du Sword par une organisation terroriste,...

Dans ce roman l'auteur nous offre plusieurs intrigues, peut être un peu trop car les intrigues auraient gagnées à être plus creusées. Une centaine de pages supplémentaires voire un peu plus auraient rendue la lecture plus intéressante. Ici l'auteur a trop privilégier le côté action par rapport à l'ambiance générale. En effet les actions s'enchaînent sur un rythme trop rapide et ne laisse pas assez monter la tension.

Le côté géopolitique est quand à lui bien maîtrisé, le rendant accessible à des lecteurs non initiés à ce genre de thriller. Bien que l'on pourrait plus qualifier ce roman d'aventure/action s'il n'y avait eu l’enlèvement des enfants et une amorce d'enquête avec des recherches pas assez explicitées.

Les personnages ont un certain vécu ce que l'auteur nous précise à plusieurs reprises et le lecteur qui n'a pas lu les tomes précédents aura un peu de mal à se les approprier.

La plume de l'auteur est vive ce qui donne beaucoup de rythme à la lecture.

Au final trop d'intrigues, trop d'action, une psychologie de certains personnages pas assez développée, des personnages qui jouent un rôle dans le scénario mais qui passent trop rapidement : ce roman ne donne pas envie d'aborder plus profondément les livres de ce sous-genre de thriller.




samedi 4 avril 2020

BILAN LECTURE 1er TRIMESTRE 2020


Livres lus

&

Chroniques effectuées au Quatrième trimestre 2018.


Coups de Cœur :



J'ai aimé :
L'évangile selon Satan – Patrick Graham
L'aiguille dans la botte de foin – Ernesto Mallo
Les rues de Santiago – Boris Quercia
Le diable de Glasgow – Gilles Bornais
Le guérisseur – Inger Ash Wolfe
Le dragon du Muveran – Marc Voltenauer
Vendredi saint – Boris Starling


J'ai moyennement aimé :
Vaste comme la nuit – Elena Piacentini
Morte la bête – Lotte & Soren Hammer
Les disparues du marais – Elly Griffiths
Bondrée – Andrée A. Michaud

Je n'ai pas aimé :
La dame de Reykjavik – Ragnar Jonasson

vendredi 3 avril 2020

Vendredi saint de Boris Starling




Des petites cuillères en argent... Au rythme où vont les choses, le commissaire Red Metcalfe, de Scotland Yard, en aura bientôt un service complet. Mais pas question de les sortir pour le thé : ce sont des pièces à conviction. Détail étrange, chacune a été trouvée... dans une bouche. Plus précisément : dans la bouche sans langue d'une victime.De découvertes macabres en fausses pistes, la psychose gagne Londres, amplifiée par les médias. Depuis, Jack l'éventreur, la capitale anglaise n'avait pas connu de meurtrier aussi déterminé, aussi insaisissable. D'autant que " Langue d'Argent " semble agir au hasard, garnissant son tableau de chasse d'un traiteur, d'un évêque, d'un militaire... Où un poignard pourrait suffire, le psychopathe varie en outre les plaisirs : corde, massue, épée...A quel mobile obéit ce virtuose, dont la folie n'a d'égale que l'habileté ? En l'absence totale d'indices, quel détail le trahira ? Telles sont les questions posées au commissaire Metcalfe, auquel il faudra, pour pénétrer dans le cerveau dément du tueur, user de toutes ses ressources.


Deux meurtres ont été commis la même nuit a à peine quelques heures d'intervalle. Si les victimes n'ont pas été tués de la même manière, il s'agit d'un seul tueur, il a signé ses crimes : les victimes ont eu la langue coupée et le légiste a retrouvé dans leurs bouches une petite cuillère en argent. L'enquête échoit au commissaire Metcalf qui compose sa propre équipe. Pour les policiers la tâche ne va pas être facile car le tueur n'a laissé aucun autre indice et il n'y a pas de témoins. Très vite d'autres victimes sont retrouvées dans les même conditions à des intervalles irréguliers.


L'intrigue maîtrisée de main de maître par l'auteur est très originale et sort des sentiers battus des habituels romans mettant en scène des sérial-killer.

L'enquête, qui va s'étaler sur de nombreux mois, va consister pour les policiers à découvrir les motivations du tueur et comprendre la manière dont il choisi ses victimes qui n'ont aucun lien entre elles.

Avec de nombreux meurtres les rebondissements sont nombreux et la dynamique de lecture s'avère excellente.

Les personnages sont intéressants à suivre, avec chacun ses propres secrets et si le personnage principal a un certain passif l'auteur ne s'attarde pas trop sur celui-ci.

Le style de l'auteur est extrêmement fluide, les chapitres sont assez courts, la lecture s'effectue sans temps mort jusqu'au dénouement.

Toutefois les derniers chapitres ne sont pas aussi percutants que le reste du livre et le final bien que réussi s'avère moins prenant car le lecteur parvient à découvrir le coupable une bonne dizaine de chapitres avant la fin.

Une intrigue palpitante et très travaillée, des chapitres qui se terminent le plus souvent sur des interrogations, des personnages qui collent bien au scénario, bref un très bon thriller malgré un dénouement qui manque un peu d'explications.






mardi 31 mars 2020

Bondrée de Andrée A. Michaud



À l'été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L'enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsqu'une deuxième adolescente disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur ressurgissent de la terre et qu'un tueur court à travers les bois de Bondrée.



Dans une clairière près d'un lac frontière entre le Canada et les USA, le corps d'Elizabeth Mulligan est retrouvé une jambe coincé dans un vieux piège à ours. Le policier chargé de l'enquête, après avoir interrogé tous les habitants, conclut à un accident. Mais quelques jours plus tard, la meilleure amie de Zaza va être retrouvée dans mes mêmes circonstances à la différence qu'elle a eu les cheveux tailladés à coups de couteau, la police est mise devant l'évidence : il s'agit bien de meurtres.

Faute de preuves et de témoins l'enquête tourne en rond même si les lecteurs connaissent l'assassin par son surnom.

Plus que l'enquête c'est l'atmosphère que l'auteure à mise en avant, de lourde au départ au fil des chapitres celle-ci devient oppressante, la tension monte crescendo au fil des interrogatoires des policiers.

Le récit nous parvient d'une manière indirecte, narré plus tard par une jeune fille qui avait douze ans au moment des meurtres. C'est par ses yeux que le récit nous est conté et de ce fait nous n'avons pas tous les éléments de l'enquête même si le deuxième narrateur est le policier.

Le rythme du récit est assez lent avec de nombreuses longueurs. On a droit à des flash-backs qui nous montre le tueur mais aussi de vieilles histoires locales, notamment celle d'un ancien trappeur qui s'est pendu et qui depuis longtemps hanterait les bois. Ces nombreuses longueurs ne permettent pas au lecteur de s'attacher aux personnages.

Le style de l'auteure est assez déroutant : une absence totale de dialogue qui crée une barrière entre le récit et le lecteur, un récit émaillé de courtes phrases en anglais non compréhensibles par un lecteur non anglophone, mais également des expressions canadiennes sans qu'il y ait de lexique ce qui a pour conséquence au départ de hacher la lecture pour trouver ces éléments su le net, puis de survoler ensuite les paragraphes par manque d'intérêt.

Un sentiment très mitigé qui ne donne pas envie de lire les autres romans de l'auteure.



lundi 23 mars 2020

Le dragon du Muveran de Marc Voltenauer



Le village de Gryon, dans les Alpes vaudoises, est en émoi : dans le temple gît un cadavre, nu, allongé sur la table sainte à l'image du Christ crucifié. À l'extrémité du couteau qui lui a transpercé le cœur, un message : " Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres ! " L'inspecteur Andreas Auer est convaincu que ce meurtre est le premier acte d'une mise en scène macabre et symbolique. Peu à peu, les secrets que certains villageois auraient préféré garder enfouis refont surface et viennent semer le trouble dans ce lieu d'habitude si paisible..



lors qu'elle se rend au temple pour préparer l'office du matin, la pasteure Erica Ferraud découvre sur l'autel le corps entièrement nu et énucléé, un couteau planté dans le cœur du copropriétaire de l'agence immobilière. L'enquête est confiée à l'inspecteur Auer de la criminelle de Lausanne qui habite le village. Pour seul indice l'inspecteur découvre sur le corps un verset biblique. Pour l'inspecteur qui craint d'autres victimes, l'affaire va s'avérer difficile car il n'y a aucun autre indice et pas de témoins.

L'enquête est bien maîtrisée par l'auteur, la narration plutôt lente permet de bien s'imprégner du travail des policiers.

L'intrigue se révèle plutôt simples avec des meurtres somme toute assez classiques du genre.

L'auteur s'attarde assez longuement sur les particularités de la région, ses décors, ses spécialités, les descriptions sont fréquentes mais bien dosées pour ne pas créer des longueurs. Il fait également bien ressortir l'ambiance particulière du village où tout le monde croit se connaître mais qui cache ses secrets.

Le rythme lent du récit permet de présenter en profondeur les personnages qui sont très travaillés, on peut toutefois reprocher que leur quotidien soit parfois un peu trop présent.

L'écriture est fluide, simple, assez directe dans les passages importants, et les phrases sont courtes ce qui permet une lecture facile malgré les passages descriptifs assez nombreux.

Un policier certes classique mais très bien mené où le suspense reste entier jusqu'au dénouement.



mardi 17 mars 2020

Les disparues du marais de Elly Griffiths



Angleterre, comté du Norfolk. Ruth Galloway, professeur d'archéologie, vit à la lisière d'une zone marécageuse proche de la mer, dans un coin isolé et battu par les vents. Le jour où l'inspecteur Harry Nelson découvre un squelette dans les marais, il requiert son expertise. Alors qu'il espère avoir enfin retrouvé le corps de Lucy, une fillette disparue dix ans plus tôt, la chercheuse est catégorique : les ossements datent de l'âge du fer et sont très certainement ceux d'une jeune fille victime d'un sacrifice. Mais bientôt une autre enfant disparaît. Et pour Ruth le cauchemar ne fait que commencer...


Le squelette d'un enfant a été découvert dans le Henge. L'inspecteur Nelson pense qu'il pourrait s'agir des restes de Lucy Downey, une fillette de cinq ans disparue il y a dix ans. Pour identifier les ossements il fait appel à Ruth Galloway une archéologue qui a déjà mené des fouilles sur le site néolithique. Elle identifie le squelette comme celui d'une jeune fille morte à l'âge du fer, une victime sacrifiée à une divinité. Sa participation aurait du prendre fin après l'identification mais survient alors l’enlèvement d'une fillette de quatre ans et l'archéologue reçoit une lettre d'avertissement.

L'enquête du côté policier n'est pas du tout développée, l'on ne suit pas le travail des policiers puisque le récit est essentiellement centré sur le personnage de l'archéologue. Mal gré de nombreux rebondissements, le récit manque de suspense, l'identité du coupable étant évidente pour le lecteur dés sa première apparition, ce n'est que l'atmosphère brumeuse du marais qui contribue à faire monter l'angoisse.
Le récit mêle références bibliques, mythologiques, archéologiques, allusions à la littérature et aux légendes nordiques. Si ce mélange fonctionne plutôt bien l'intrigue est tout ce qu'il y a de plus classique.
La vie personnelle du personnage central prend également beaucoup de place et l'enquête s'avère presque secondaire.
Le dénouement est quant à lui plutôt décevant, ce n'est que par une déduction simpliste et un pur hasard que l'enquête est solutionnée par l'archéologue.
Les personnages restent toutefois intéressants à suivre, l'auteur nous propose des personnages plutôt normaux avec leurs failles et leurs qualités.
Malgré de nombreux passages non liés directement à l'enquête la plume de l'auteure reste directe et le rythme de lecture soutenu.
Une intrigue très classique, une lecture qui manque d'action ne permettent pas de classer ce roman en tant que thriller comme annoncé.



samedi 7 mars 2020

Le guérisseur de Inger Ash Wolfe



A Port Dundas, petite commune somnolente du Canada, Hazel Micallef, chef de police (par intérim) depuis plusieurs années déjà, 61 ans, divorcée, tourmentée par des maux de dos épouvantables, essaie vainement de noyer sa douleur dans les anti-inflammatoires et le whisky. Un jour semblable à tous les autres, un drame effroyable vient ébranler la quiétude de cette ville endormie. Une de ses habitantes est retrouvée sauvagement assassinée. La victime est une femme de 81 ans, atteinte d'un cancer en phase terminale. Son corps est découvert à son domicile, la gorge tranchée, exsangue et la bouche tordue en un affreux rictus. Jamais on n'a vu telle abomination dans la région. Mais deux jours plus tard, une affaire étrangement similaire est recensée à quelques centaines de kilomètres de là. Peu à peu, les cas se multiplient et Hazel se retrouve lancée à la poursuite d'un tueur en série bien particulier qui sillonne le pays d'ouest en est, mû par une macabre mission...



La petite ville de Port-Dundas en Ontario est sous le choc : de manière générale la police n'a qu'à traiter des délits mineurs, mais cette fois-ci un meurtre a eu lieu. Délia Chandler, une femme de 81 ans atteinte d'un cancer en phase terminale, a été retrouvée égorgée à son domicile. L'autopsie va révéler qu'elle avait ingéré, avant sa mort, des substances toxique à base de plantes, pour la police se met à jour une évidence, la vieille dame a volontairement laissé entrer son meurtrier avait qui elle avait rendez-vous. Quelques jours plus tard un homme est également assassiné dans les mêmes circonstances, les services de police de Port-Dundas font le lien, ils ont affaire à un tueur en série.

L'enquête démarre rapidement et dans sa forme elle se révèle somme toute classique même si la police n'a pas affaire à un tueur comme les autres. En effet le tueur que l'on suit en parallèle ne se considère pas comme tel mais plutôt comme un délivreur qui permet à ses victimes consentantes de ne plus souffrir ce que les médecins leur refusent.

L'enquête est très bien maîtrisée, le lecteur va de rebondissements en rebondissements, et la dynamique de lecture se révèle excellente. L'horreur des scènes de crimes est bien rendue, et l'auteur ajoute au récit une petite pointe d'ésotérisme.

Quand au dénouement il s’avère un peu trop simple par rapport au reste de l'histoire.

Les personnages sont intéressants à suivre, bien développés, complexes qu'il s'agisse du tueur comme des policiers de premier plan.

Le style de l'auteur est fluide, direct, bien adapté au récit, ce qui permet au lecteur de maintenir une attention constante du début à la fin.

Un polar sombre à l'intrigue originale et bien ficelée où l'auteur n'épargne aucun détail à ses lecteurs.



dimanche 1 mars 2020

La dame de Reykjavik de Ragnar Jonasson



Hulda a tout donné à sa carrière. Mais en faisant toujours cavalier seul. Elle a beau être une des meilleures enquêtrices du poste de police de Reykjavik, à soixante-quatre ans, sa direction la pousse vers la sortie.

La perspective de la retraite l'affole. Tout ce temps et cette solitude qui s'offrent à elle, c'est la porte ouverte aux vieux démons et aux secrets tragiques qu'elle refoule depuis toujours. Et ses échappées dans la magnificence des paysages islandais, pour respirer à plein poumons la sauvagerie de son île, ne suffiront plus, cette fois.
Alors, comme une dernière faveur, elle demande à son patron de rouvrir une affaire non résolue. Elle n'a que quinze jours devant elle. Mais l'enquête sur la mort d'Elena, une jeune russe demandeuse d'asile, bâclée par un de ses collègues, va s'avérer bien plus complexe et risquée que prévu. Hulda a-t-elle vraiment pesé tous les risques ?



L'inspectrice Hulda, 64 ans, est proche de la retraite ce qu'elle redoute mais quand son chef lui annonce qu'elle doit quitter le service plus tôt c'est un véritable coup de massue qui s'abat sur elle. Son chef, tout en pensant qu'elle ne le fera pas, lui propose de rouvrir une vielle enquête. Elle choisit une enquête vieille d'un an, la mort suspecte d'Elena une demandeuse d'asile russe, une enquête bâclée par un de ses collègues.

L'enquête, bien qu'habilement menée, se déroule sur trois jours, mais l'auteur s'attache plus à faire ressortir la vie professionnelle et personnelle de l'enquêtrice. L'enquête passe au second plan et ne consiste qu'en quelques interrogatoires de témoins de l'époque sans qu'il n'en ressort quelque chose de probant.

En parallèle de la vie d'Hulda, on suit par bribes les éléments d'un meurtre assez mystérieux et l'on se doute que cela à un rapport avec l'enquête.

L'enquête en elle-même est assez banale, les révélations se font au compte goutte, ici pas de grands rebondissements ni d’autres meurtres, tout ce passe en douceur.

Le final est un peu abrupt et plutôt inhabituel pour le genre, et il laisse au lecteur une impression d'inachevé.

Le personnage d'Hulda est très bien brossé, très fouillé, on découvre son passé trouble et son quotidien dans le milieu très machiste de la police. Un portrait qui occupe trop de place par rapport à l'essentiel dans un roman policier, à savoir l'enquête. Les personnages secondaires sont troubles à souhait mais restent pas assez exploités.

La plume de l'auteur est paisible, fluide malgré les trop nombreuses descriptions de la psychologie d'Hulda. Et le rythme en dehors des passages consacrés à l'enquête est plutôt lent.

Ce premier tome de la nouvelle série de l'auteur ne parvient pas à nous convaincre en conséquence de quoi nous n'avons pas envie d'aborder le second tome déjà paru.