jeudi 7 avril 2016

Le faux prince, Jennifer A. Nielsen


Lecture dans le cadre du challenge : 



Au royaume de Carthya, le roi Eckbert, son épouse et leur fils aîné Darius, héritier légitime du trône, viennent d’être assassinés, mais la nouvelle est encore tenue secrète. Le fils cadet, le prince Jaron, a été banni du palais quatre ans plus tôt et a disparu en mer. De peur que le royaume ne sombre dans une guerre civile, Conner, un membre de la cour, fomente un plan pour tirer avantage de la situation. Il compte faire croire à la cour que le prince Jaron n’est pas mort, et présenter un faux prince. Il recrute donc quatre garçons orphelins, de quatorze ans, qui présentent tous une certaine ressemblance physique : Roden, Lattamer, Tobias et Sage. Seul Lattamer, fragile, refuse de jouer la comédie et décline l’offre. Conner le fait alors immédiatement tuer par un de ses hommes de main. Les trois autres orphelins comprennent que coopérer est la seule façon de rester en vie. Au bout de quinze jours de "formation" (équitation, lecture, maniement de l’épée, danse, connaissance de l’étiquette, etc.), l’un d’entre eux deviendra le faux prince. Bientôt, dans la luxueuse propriété de Conner, s’engage une lutte sans merci. Roden le plus fort, ne brille pas par son intelligence ; Tobias est intelligent et cultivé, mais gringalet. Quant à Sage, de nature rebelle, il écope de cruelles punitions, et conçoit une haine farouche à l’égard de Conner...


Saige, un jeune orphelin, ainsi que trois autres orphelins, sont recueillis chez Conner, un membre du conseil royal pour remplacer, suite à l'assassinat de la famille royale, le Prince Jarod qui aurait disparu quatre ans plus tôt victime du naufrage de son navire suite à l'attaque de pirates. Conner informe de son plan, non sans avoir fait tué l'un deux à titre d'exemple, que les trois adolescents ont deux semaines pour tout apprendre ce qu'il y a savoir pour se comporter de la manière que l'aurait fait le jeune prince. Au bout de ce délai, il choisira l'un deux pour le présenter comme l'héritier du trône.

Si l'intrigue s'avère simple avec un complot visant a prendre indirectement le pouvoir par le biais d'un des trois jeunes, le synopsis l'est également puisque la majeure partie se veut initiatique avec la formation des trois jeunes gens.

Bien qu'il y ait en début de livre une carte présentant le royaume de Carthya et ses voisins, le monde dans lequel évoluent les protagonistes est peu développé car hormis le tout début de l'histoire où Conner recrute les jeunes gens, l'on n'a plus d'informations car tout se déroule intra-muros dans le manoir campagnard du conseiller. Malgré la formation des trois jeunes, l'auteur nous en apprend peu sur le royaume, certes si son historique est évoqué le lecteur n'en a pas la moindre bribe et la géopolitique ne fait également pas l'objet d'un développement, l'on n'apprend juste qu'un conflit pourrait voir le jour. Le déroulement de l'intrique ne s'effectue par l'intermédiaire des personnages ce qui a pour effet de produire un récit linéaire.

Les personnages sont dans l'ensemble plutôt bien esquissés, notamment en ce qui concerne les trois orphelins, l'auteur a su donner un chacun une personnalité qui lui est propre. Saige, le narrateur, est un personnage attachant personnage attachant et au sens de l'humour imbattable qui arrive à nous plonger dans son monde avec une étonnante facilité. Il est celui dont l'évolution au fil des jours est la plus appréciable. On a moins de facilité à s'attacher aux deux autres orphelins, Tobias nous apparaît un peu trop sur de lui et Roden un peu trop volontaire, ce qui détonne quelque peu par rapport à leurs âges et leurs vécus. On regrettera que l'auteur sur ce dernier point ne nous en apprenne davantage. Quand au personnage de Conner, le méchant, l'auteur lui a donné des traits parfois un peu caricaturaux. Quand personnages secondaires, ils ne sont malheureusement secondaires... pas assez développés pour s'en faire une véritable opinion.

L’écriture est fluide, le style simple, les chapitres sont courts ce qui favorise la dynamique de lecteurs, ce qui est essentiel lorsque l'on s’adresse à un lectorat jeune. La conduite du scénario est bien menée avec des révélations qui parviennent à nous surprendre. On regrettera toutefois que les dialogues paraissent, pour un adulte, parfois un peu niais, mais on peut s'absoudre de ce petit travers car ils apportent un petit air de fraîcheur.

Un début de cycle plutôt bien réussi, si l'on tient compte que l'auteur s'adresse à un lectorat à partie de dix ans.





mardi 5 avril 2016

Le Chevalier Rouge, Miles Cameron


Lecture dans le cadre des challenges :




Pour diriger une bande de mercenaires sans foi ni loi, mieux vaut réunir les atouts de la naissance, d’une adresse certaine à l’épée et d’une chance diabolique.
Le Chevalier rouge a les trois, la jeunesse en plus, et il sait déjà en tirer profit. De retour en Alba après une campagne militaire lointaine, ses mercenaires sont recrutés pour défendre un couvent fortifié ayant fait l’objet de raids sanguinaires. Mais comme le Chevalier et ses hommes vont le découvrir sans tarder, ce contrat implique des pièges insoupçonnés, les entraînant de batailles en traquenards à l’orée d’une véritable guerre... dans laquelle le Chevalier lui-même a bien plus à perdre que prévu. Car celui qui envoie les créatures du Monde Sauvage décimer les humains pourrait bien connaître son secret le plus sombre...



A la demande de l’Abbesse de Lissen-Carak une troupe de quarante lances se dirige vers le couvent fortifié. A la tête de cette troupe de mercenaires un jeune capitaine qui se fait appeler le Chevalier Rouge. Sur leur chemin l'on assiste à la découverte d'un massacre commis dans une ferme appartenant à l'Abbaye. Si à première vue la scène laisse à penser que cette atrocité a été commise par une bête venue du Monde Sauvage, certains indices permettent au Capitaine de penser que ce massacre a été commandité et qu'un traître figurait parmi les résidents de la ferme.
L'intrigue met du temps à prendre de l'ampleur, l'auteur prenant le temps de faire monter la crainte voir la peur au fil des rencontres avec les créatures sauvages. En effet, dans la première partie du roman le lecteur a un peu de mal à faire le lien entre la compagnie de mercenaires, ce qui se déroule au palais royal, la venue d'un groupe armé venu de l'est et les Jacks des hommes alliés aux créatures du Monde Sauvage.

On a l'impression qu'il ne se passe pas grand chose, l'histoire est très longue et l'auteur s'attache à nous décrire de manière très technique le siège mit en place ainsi que l'organisation du groupe de mercenaires, les événements importants qui se déroule en marge de l'abbaye, le quotidien à l'intérieur et les rapports entre les mercenaires et les abbesses, ainsi que les réfugiés. A l'instar de la guerre, la magie est omniprésente, elle se présente sous deux formes : la première, l'Hermétisme, une doctrine ésotérique proche de l'alchimie qui nous vient de l'époque gréco-romaine, la seconde plus proche de la nature, la Magie Verte plus tellurique à l'instar des Druides Celtes. Des magies qui ne présentent pas d'innovation en la matière, mais qui sont exploitées de fort belle manière. Les grandes batailles et les combats moins importants en nombre d'antagonistes sont très visuels, le lecteur n' a aucun mal à s'y trouver partie prenante.
L'atmosphère de peur, d'insécurité qui plane sur l'abbaye et ses habitants est très bien rendue donnant au récit une touche Dark-Fantasy voire parfois de Sword and Sorcery .
Après nous avoir placé de manière soignée le conteste de l'intrigue et présentait succinctement une partie de la troupe, l'auteur commence à nous fait découvrir le monde dans lequel vont évoluer le Capitaine et sa troupe. L'on a une première vision des monstres qui vivent au-du Mur qui sépare le pays du Monde Sauvage. Un mur certes en partie endommagé, mais qui ne peut pas nous empêcher de relever une certaine similitude avec le Trône de Fer et quelques autres ouvrages de Fantasy. Le royaume d'Albe avec son mur et les guerriers venus de l'Est à une connotation qui rappelle l'Albion et le Mur d'Hadrien, protégeant les romains des tribus sauvages telles que les Pictes. On notera une fois de plus la concordance du mode de vie entre les Pictes et celui des Outremurains. L'univers, malgré un bestiaire très développé mais en grande partie déjà rencontré au préalable, s'avère plutôt classique. La vie des gens au Moyen-âge nous est rapportée de manière très précise, avec des références très crédibles avec l'Histoire on sent le côté historien de l'auteur.
Les personnages sont très nombreux et l'auteur multiplie les points de vue, et si l'intérêt du lecteur s'avère bien réel pour les protagonistes principaux, il a plus de mal à suivre des protagonistes de second plan. E t de ce fait celui-ci a tendance de survoler les passages qui leur sont attribués. Dans l'ensemble la psychologie des personnages principaux est bien travaillée. Mais malgré le mystère qui les entoure, ils s'avèrent parfois un peu trop caractéristiques dans leurs rôles. On aurait aimé que certains personnages de second plan soient plus mis en valeur.


L'écriture est simple, directe et si on a parfois l'impression avec les passages descriptifs. Cette impression vient à l'origine des chapitres relativement très longs, alternant dans le même chapitre plusieurs points de vue et des situations également très différentes. Certes les passages épiques et les dialogues percutants non dénués d'humour... noir atténue en partie cette impression, mais la dynamique de lecture n'est pas aussi bonne que l'on pouvait s'y attendre d'une telle fantasy.
Le dénouement nous est livré quarante pages environ avant la fin, et si la dernière partie qui en résulte nous propose une ouverture intéressante sur le deuxième opus force est tout de même de constater que celle-ci paraît trop longue et sans trop de relations avec la mission qui se prépare pour la troupe de mercenaires.

En conclusion, le lecteur est plongé dans une fantasy épique sombre, violente mais très réaliste de ce qui se passait à l'époque médiéviste, nous décrivant un univers de guerre très proche de la réalité dans le déplacement et la vie d'une troupe se rendant à la guerre ou confronté au quotidien des bivouacs. Toutefois l'histoire aurait peut être gagnée en intérêt si le récit avait été moins long, certains passages notamment introspectifs auraient pu être condensés.












Revanche de sang, Michel Robert


Lecture dans le cadre des challenges :





La guerre se poursuit entre les Clans sauvages et l'Empire, plus meurtrière que jamais. Balafrée est partagée entre son devoir envers les Prêtresses de l'Ombre et son rôle au sein de l'escouade des Bannis. Sans compter que la Nashaï se sent de plus en plus troublée par Aidhan Flynn, l'archer elfe-soleil, qui ne cesse de croiser son chemin. Devra-t-elle mettre un terme à cette relation avec celui qui représente l'Ennemi ? Des choix que fera Malken dépendra son destin... et peut-être également celui du Monde Connu.


Dans ce deuxième tome La Fille des Clans, l'on suit Malken dans une mission confiée par les Prêtresses de l'Ombre, puis l'auteur alterne entre les missions confiées aux Bannis mais également celles confiées à l'Elfe de Soleil.

A travers ces missions, l'auteur continue à développer son univers en nous présentant de nouvelles ethnies, mais également plusieurs nouveaux endroits du Troisième Continent. Des lieux diversifiés mais que l'on ne peut malheureusement pas situer géographiquement par rapport a ceux déjà connus les déplacements s'effectuant par la voie des airs. Il est vraiment dommage que l'auteur ne nous permette pas, du fait de l'absence de carte de s'imprégner de son monde.

Il est également regrettable qu'avec le tournant qu'a pris la romance engagée au premier tome entre l'héroïne et l'Elfe de Soleil que l'auteur se sente obligé de devoir infliger à ses lecteurs des scènes de sexe détaillées. D'une part cela n'a pas grand intérêt pour l'histoire principale en elle même et d'autre part cela gâche le roman. Le lecteur a fait le choix de lire une fantasy non un roman X.

Hormis ce gros point noir, l'histoire alterne de manière dynamique entre rebondissements en cascade, combats visuels de groupes ou individuels. Si le rythme de lecture s'avère un peu plus posé qu'au tome précédent, l'on n'échappe pas à la trop grande facilité pour le groupe à se sortir des situations fâcheuses.

Les personnages, notamment les grands méchants ne parviennent toujours pas à se sortir du manichéisme trop marqué du premier opus. Leurs apparitions ne sont pas assez régulières pour que l'on puisse les intégrer au récit, ils existent, on les sait à l’affût... mais l'on ne connaît en fait que très peu de chose la Cabale. Les personnages principaux continuent d'évoluer, mais si les inter-actions et les dialogues sont de qualité, l'auteur à plus de mal en ce qui concerne leurs psychologies. L'héroïne présente un aspect moins puéril qu'au premier tome mais ce n'est malheureusement que sa seule progression.

Au final, l'on se trouve dans un récit plutôt décevant, l'auteur ne parvenant pas a concrétiser la bonne impression laissé par le premier tome introductif. Le fond du récit principal est certes intéressant mais n'occupe pas une place assez importante pas rapport au style de l'auteur qui s'attache plus aux détails annexes. Le seul point positif de ce roman restent les scènes d'actions mais la romance prend malheureusement le dessus ce qui ne nous permet pas de poursuivre une série qui se présentait de prime abord épique.






lundi 4 avril 2016

Balafrée, Michel Robert


Lecture dans le cadre des challenges :





Un monde en guerre perpétuelle, à travers trois continents. L'Empire étend peu à peu sa domination sur les Clans, des peuples non humains. Malken, surnommée Balafrée, est orpheline et vit dans un camps d'internement réservé aux femmes. Recueillie par les Clans, avide de se venger de l'Empire qui a assassiné sa mère, elle intègre l'armée. Sauvage et rebelle, elle peine à supporter l'autorité militaire. Toutefois, au cours d'une embuscade perpétrée par l'Empire, la jeune femme sauve un éminent personnage, la quaestrice Valéna d'Aubépine. En récompense, elle reçoit une formation d'élite et devient une redoutable guerrière. Mais gouvernée par ses instincts violents, Malken est condamnée à servir dans les rangs des Bannis, une escouade des Clans chargée des pires missions. Malken saura-t-elle survivre aux nombreux dangers qui la menacent ? Saura-elle se faire accepter par des compagnons rétifs à sa présence ? Et surtout, pourra-t-elle assouvir la vengeance qui la guide depuis son enfance ?


Alors qu'elle est rattrapée et que ses poursuivants s’apprêtent à la violer, Malken une jeune fille des Clans qui s'était enfuie d'un camp d’internement de l'Empire de Lumière, est sauvée par un guerrier d'élite des clans. Ayant sauvée une Elfe de Lune agressée par des assassins de l'Empire, elle est envoyée dans une congrégation secrète qui forme des guerrières d'élite. Mais d'un caractère trop rebelle elle se voit envoyer sur un continent pour intégrer une formation de Bannis.

Avec pour postulat de départ la vengeance et comme toile de fond une guerre une guerre entre un Empire qui veut conquérir ou soumettre les peuples à son autorité, cette fantasy s'avère somme toute assez classique. Une thématique qui n'est pas sans rappeler l'extension de l'Empire Romain sur la Gaule et sur la Bretagne, avec pour opposants des tribus Celtes... et autres indépendantes les unes des autres. Quand a la Cabale, qui veut imposer sa vision des choses, elle n'est pas sans rappeler l’Inquisition, les pouvoirs magiques en plus.

Dans le synopsis de l'auteur on retrouve des analogies avec un certain MMORPG, tant dans la forme du récit que dans le nombre important d'ethnies proposées, de personnages quelque peu manichéens. Mais l'influence ne se fait tout de même pas trop ressentir. Certes les combats sont très visuels et le lecteur se croirait presque faire partie intégrante des mêlées tant la tension et la violence crue sont poussées presque à leur paroxysme comme dans les jeux vidéos. Même si l'intrigue au départ peut paraître des plus basiques, l'auteur lui apporte des voies subsidiaires qui lui donne un aspect plus complet. L' histoire s'avère certes simple mais très divertissante car les nombreux combats, les retournements de situation multiple entraînent le lecteur dans un récit à la dynamique excellente et l'histoire avec ce côté épique n'en est que plus attractive.

L'univers de l'auteur avec ses nombreuses ethnies, avec parfois des alliances peu vraisemblables entre-elles, se veut riche et très coloré. Si le monde géographique et géopolitique n'est pas assez approfondi, les descriptions très détaillées de la faune et de la flore permettent de bien s'immerger dans cet univers très coloré, ainsi que dans les scènes plus actives. La magie occupe tout de même une place intéressante dans l'histoire même si l'on peut regretter dans ce premier opus les Arts Étranges ne nous soient pas encore explicités. Mais l'on suppose qu'avec le développement initiatique de la jeune héroïne que ceux-ci nous seront plus explicités dans les tomes suivants.

Le passé difficile de l'héroïne, de dilemmes, de rencontres déstabilisantes aurait pu faire que l'on s'y attache mais sa manière d'être qui colle trop à la mentalité de cour de lycée ne permet pas, au moins dans ce présent tome, de ressentir une empathie profonde avec ce personnage. Les personnages des Bannis dans son ensemble s'avère très intéressants dans leurs inter-actions, et sont assez bien campés malgré une approche parfois trop manichéenne. Certains des membres du groupe se révèlent soit par un côté un peu trop mystérieux ou pour l'un d'entre eux un peu inconséquent par rapport au reste du groupe.Il est également dommage que leurs antagonistes ne sont pas eux-mêmes plus nuancés, mais on a tout de même hâte de découvrir le côté machiavélique des membres de la Cabale plus en profondeur.Le personnage le plus prometteur s'avère être l'Elfe du Soleil tiraillé entre sa fascination pour Malken et son devoir envers l'Empire que lui impose sa hiérarchie. On aimerait malgré le mystère qu'elles doivent préserver voit les Prêtresses de l'Ombre plus présentes.

Le style direct, incisif de l'auteur colle de de très belles manières avec ce type de récit qui se veut à la fois épique et entraînant, même si certaines scènes peuvent rebuter certains lecteurs un peu délicats.

Un premier tome introductif au récit simple qui ne pousse pas le lecteur à réfléchir, mais qui lui laissera une impression d'agréable divertissement. Une lecture qui aurait pu convenir à un lectorat plus jeune si certaines scènes n'étaient pas trop crues ou osées. Ce qui est dommage car pour les lecteurs aguerris du genre elle manque toutefois de profondeur, en espérant que cette attente soit comblée par la suite.






jeudi 31 mars 2016

Le sang de la pierre philosophale, Romain Godest


Lecture dans le cadre des challenges : 






Kaelig Morvan croyait pouvoir vivre en paix avec Aela dans leur manoir, mais la jeune fille grandit et le pouvoir de la fée Viviane s'éveille peu à peu. Rattrapé par son héritage templier et son lien avec le fondateur de l'alchimie, le seigneur de Kerandraou va devoir rejoindre les adeptes de la clé d'émeraude pour se lancer dans la quête ancestrale de la pierre philosophale.

Cependant une ombre plane sur la famille de Kaelig, une menace qui prend sa source dans les profondeurs de la sombre forêt Huelgoat. Les pouvoirs d'Aela attisent les convoitises des plus puissants êtres du Didh et la descendante de Viviane comprend qu'elle devra bientôt faire ses propres choix.

Sur les traces des aventuriers alchimistes, père et fille découvriront la véritable nature de leur descendance et le pouvoir de leur sang. 


Dans ce deuxième tome de la Légende de Kaelig Morvan, nous retrouvons Aela et son père un peu plus d'un an après l'aventure de l'opus un. Le père, descendant d'Hermès Trimégiste, le fondateur de l'Alchimie, entraîne sa fille dans une quête qui doit les mener à la Pierre Philosophale.

Avec pour fil conducteur une quête ce deuxième tome, à l'instar du précédent tome, nous plonge dans une fantasy des plus classiques.

Avec encore une société secrète et une intrigue qui se déroule étape par étape, le synopsis est la copié conforme de celui du précédent opus. On dénote chez l'auteur un sérieux manque d'imaginations puisqu'il nous livre encore une fois un scénario des plus linéaires.


L'autre-monde, le Sidh, déjà trop peu développé dans le premier tome est quasiment relégué aux oubliettes et comme la magie, bien que présente, n'est pas visuelle car peu développé : l'on se trouve plus dans un roman d'aventures que dans une fantasy . Les combats qui auraient pu apporter plus de mouvement au récit ne sont pas travaillés en profondeur, à peine commencés déjà terminés, le lecteur n'est même pas spectateur puisqu'on ne lui en laisse pas le temps.

Le monde qui se réduit à sa plus simple expression puisque l'on fait des sauts de puces d'une ville de Bretagne à une autre ne donne guère le loisir de s'y immerger même si certaines descriptions sont assez bien réalisées, mais très focalisées sur l'endroit où les protagonistes doivent trouver le renseignement qu'il leur faut.

Le personnage d'Aela commence à prendre un peu d'ampleur mais le côté découverte de ses pouvoirs n'est pas assez exploité. Le personnage de Kaelig prend de l'ampleur au fil des chapitres et l'on découvre un personnage torturé à souhait. Les autres personnages sont vraiment secondaires et même si l'auteur lâche de temps en temps une petite information les concernant leur psychologie n'est pas assez développée.

Tout n'est que survolé dans ce roman, avec comme toile de fond l'alchimie l'histoire aurait pu être intéressante si l'auteur en avait voulu se donner la peine. Une impression de bâclé se fait ressentir du début à la fin. Aucune recherche n'a été effectuée sur le fond.





Bilan des lectures du premier trimestre 2016

Livres lus

&

Chroniques effectuées au premier trimestre 2016.


Coups de Cœur :



J'ai aimé :

Les compagnons du chaos – Luke Scull – Tome 2 L'épée du nord

Chroniques d'un preux – Chris Randoux – Tome 1 La confrérie des corbeaux

L'ordre terne – Isabelle M. Nancy – Tome 1 La prophétie des sables Livre 1

Voyageurs – Emilie Zanola – Tome 2 L'Imortis

La geste du chevalier Rom – Alain Bérard

Le sacrifice du guerrier – Jacque Martel – Tome 1

Le sacrifice du guerrier – Jacques Martel – Tome 2

Les roses de Karakorum – Meddy Ligner

Les amants de la lumière – Bertrand Borie – Tome 1 Le bûcher des maudits

Les amants de la lumière – Bertrand Borie – Tome 2 Le temps des prodiges

Les amants de la lumière – Bertrand Borie – Tome 3 Le soleil des preux

La saga du chevalier Kinshield – K. C. May – Tome 1 L'héritage du chevalier Kinshield

L'ordre des moines-guerriers Ahkena – Christian Boivin – Tome 1 Sokar

L'ordre des moines-guerriers Ahkena – Christian Boivin – Tome 2 La guilde des voleurs

L'ordre des moines-guerriers Ahkena – Christian Boivin – Tome 3 L'épée sinistre

La croisée des chemins – Chris Wooding – Tome 1 Le royaume de Saramyr

Magarcane – Matthieu Bobin – Tome 1 Fils d'armes
Magarcane – Matthieu Bobin – Tome 2 Bénédiction



J'ai moyennement aimé :

Les cinq objets divins – Lucie Goudin – Tome 2 L'écho des profondeurs

Cristar, l'épée de légende – William Thoral – Tome 2 La menace elfe

Voyageurs – Emilie Zanola – Tome 1 La cité des rêves

Livre du savoir – Vincent Carrue – Tome 1 Les premiers livres

Les chroniques de l'empire – Georges Foveau – Tome 1 La Marche du Nord

Les chroniques de l'empire – Georges Foveau – Tome 2 Un port au Sud

Magarcane – Matthieu Bobin – Tome 3 L'Arklan

La légende de Kaelig Morvan – Romain Godest – Tome 1 La prophétie de Viviane

Je n'ai pas aimé :

Blanc Marjorie – L'ombre de la lumière

Anaen, la légende des sept épées – Gary Laski

Livre du savoir – Vincent Carrue – Tome 1 La dernière plume



LIVRES LUS : 29




mercredi 30 mars 2016

La prophétie de Viviane, Romain Godest


Lecture dans le cadre des challenges : 



Lorsque le druide Delian vient interrompre le deuil du seigneur Kaelig Morvan, ce dernier est loin d'imaginer que sa fille est condamnée à un sort funeste par une mystérieuse secte religieuse. En effet, une prophétie désigne Aela Morvan comme la descendante de la fée Viviane. Dans une Bretagne du XVIIe siècle, Kaelig va devoir laisser resurgir les démons enfouis au plus profond de son être pour tenter de déjouer les plans du baron Claude de Lessac.

Aidé par trois amis déterminés à offrir leurs vies pour sauver Aela, il va découvrir les mondes imaginaires du Sidh et tenter de dérober la flèche de Steor, seule arme capable de terrasser le baron.

Mais une question demeure : Kaelig Morvan parviendra-t-il à ne pas sombrer dans cette violence sanguinaire que sa défunte épouse était parvenue à contrôler ?


Par une froide nuit de printemps, le Druide Delienn s'en vient trouver le chevalier Kaelig Morvan pour l'informer que sa fille court un grave danger. En effet, sur la foi d'une prophétie annonçant que les druides retrouveraient leurs pouvoirs d'antan, une secte religieuse fanatique « Deus Mirus », déjà à l'origine de la mort de la femme et du fils du chevalier, a reçu l'ordre de supprimer sa fille, Aela, âgée de onze ans. Pour préserver leurs vies, le père et la fille n'ont de solution que la fuite.

Sur fond de légendes anciennes, l'auteur nous entraîne dans une histoire au postulat de départ somme tout assez basique, puisque nous avons une prophétie désignant la jeune Aela comme descendante de la fée Viviane et également une secte aux pouvoirs ésotériques.

Précédemment à la révélation de la prophétie présente brièvement certains des protagonistes principaux et les environs du manoir du seigneur Morvan, le lecteur est alors projeté au cœur de la Bretagne du dix septième siècle. Un univers à la fois connu, mais aussi dépaysant qui se complète avec la fuite en avant d'Aela, de son père et de leurs compagnons. Si l'auteur nous fait découvrir la Bretagne, il nous fait également découvrir le Sidh, ce monde à la fois merveilleux, mystérieux, mais aussi dangereux parfois, dans lequel le groupe se glisse pour y trouver soit de l'aide, soit des alliés. Un univers qui nous projette au cœur des contes et légendes bretonnes, mais aussi celles des Celtes que l'on ne découvre avec le Sidh, bien que l'on n'y découvre principalement que leurs habitants non-humains dotés d'immenses pouvoirs. Malgré certaines violences l'atmosphère du livre se veut à la fois poétique mais aussi féeriques avec ces êtres de contes pour enfants.

Avec pour postulat de départ la quête d'une arme légendaire, le synopsis du récit ne présente pas de surprises puisque l’auteur nous fait progresser par étapes, l'une après l'autre, si cette manière de faire permet d'asseoir son univers par petites touche et de ne pas percevoir de longueurs dans les descriptions, de l'autre côté l'intrigue se révèle linéaire. Vu le nombre de pages du livre l'auteur aurait gagné à prendre un peu plus son temps en orientant les lecteurs dans des intrigues subsidiaires.

Les combats entre les membres de la secte et le groupe qui entoure la jeune fille sont décrits de manière trop brève pour que le lecteur puisse s'y immerger. Les chevaliers et le barde se ne rencontrent que peu de difficulté à se rendre maître de leurs adversaires, un note donc là un certain manque de crédibilité. Les personnages, bien qu'attachants, manque d'approfondissement notamment en ce qui concerne leurs passés, ce qui aurait permis d'encore mieux les cerner. Les dialogues sont très présents mais les tentatives pour y mettre un peu d'humour ne sont pas une réussite. La magie est souvent évoquée mais hormis les passages dans l'autre-monde, elle n'est que peu présente.

Le point fort du roman est le style très poétique d l'auteur et les descriptions suffisamment dosées pour que l'on puisse s'immerger dans les deux univers et dans l'intrigue. Pour certains termes notamment spécifiques à la navigation un lexique en fin de volume n'aurait pas été superflu.

Au final, le lecteur se retrouve plongé dans une fantasy classique mais très agréable à lire malgré les quelques errements. Toutefois le récit aurait gagné en profondeur si l'auteur y avait ajouté quelques dizaines de pages.








lundi 28 mars 2016

Bérakhels, Matthieu Bobin



Lecture dans le cadre des challenges :




La mise à l'épreuve est terminée, la véritable mission commence. Farëanor est devenu alsarath. Il doit seconder le commandement du seigneur Sabraël pour une mission d'une extrême importance. Comble d'étonnement pour le chevalier de bronze, Méléanna est aussi membre de cet arklan, elle qu'il avait quittée abruptement. Et, parmi les arkels, on compte sur Tunk, Mécifal et même Fravalgar. Ils sont venus avec armes et bagages pour traverser Guéden G'Bar la sauvage. Mais tandis que le groupe de Farëanor monte vers le Nord, le roi Féasîn et l'Armée de l'Agneau d'Or descendent au sud. Une guerre frontale est sur le point de s'ouvrir avec les royaumes sudarions. Les généraux s'inquiètent du peu d'hommes qui descendent au front. On aurait bien besoin du retour d'Andugal. Mais le chevalier à la Volonté de Mithril tarde à revenir...



Ayant accepté l'offre de Maërwan, l'apothicaire, Farënor, Tunk, Fravalgar forme un nouvel Arklan sous les ordres du Chevalier d'Or Sabraël. Aux hommes sélectionnés par Ebanestal , le roi de Gandogast leur a adjoint, à la grande surprise de Farëanor, Méléanna, Mécifal et une elfe dénommée Azure. Sous les ordres de leur Bérakhel Sabraël, le nouvel Arklan a pris la route du Nord, tandis que les troupes du roi d'Ebanestal celle du Sud pour affronter la coalition formée par les troupes de Bragast et de Debguil.

Avec la guerre déclarée ce quatrième tome présente un côté plus épique que ses prédécesseurs. L'histoire qui alterne entre les deux Arklan d 'Andugal et de Sabraël, ainsi que sur les batailles s'avère moins linéaire. Mais l'auteur malgré l'action omniprésente ne peut s'empêcher de couper les moments cruciaux pour nous véhiculer ses valeurs : le Bien qu'il nous assène à coups de masse depuis le début du cycle, et plus particulièrement ici l'acceptation de la différence avec les différentes races composant l'Arklan de Sabraël, mais aussi l'humilité avec le roi d'Ebanestal lavant les pieds de son général ou encore habillant le dernier de ses soldats. Des scènes clichés qui font très Église Catholique Romaine et en complète contradiction avec les valeurs qu'il nous prône. En effet il suffit de se référer à la Croisade des Albigeois et de la célèbre phrase «  Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens » ou encore de nos jours la pédophilie des prêtres pour se rendre que l’Église Catholique Romaine n'est surtout pas l'exemple à prendre pour inculquer des valeurs d'humanité.

Si l'on fait abstraction de ce passage et du lavage de cerveau, le récit se veut dynamique avec plus d'action, de retournements de situations. Le récit qui alterne entre la guerre et les Arklans se veut moins linéaire, mais il permet aussi d'approfondir l'univers créé par l'auteur, géographiquement la Chaîne Protectrice bien qu'au niveau des paysages cela soit plutôt réduit. Mais avec la mission de l'Arklan de Farëanor l'on découvre sur un nouveau jour la culture Orkéliate. Comme certains des personnages on a un peu de mal à se faire à l'idée d'une vie paisible.

Les personnages introduits au tome précédent se développe, on commence à découvrir leurs psychologies. Quelques personnages secondaires font également leur apparition, et l'on retrouve également des personnages que l'on avait rencontré à l'Académie.

Le style de l'auteur n'a pas vraiment changé, mais le rythme de lecture se veut plus rapide avec des combats plutôt bien orchestrés, qu'ils soient de masse ou individuels. Les erreurs d'impressions se veulent moins nombreuses, ce qui également permet aussi une meilleure dynamique.

L' amorce de géopolitique entreprise dans les ultimes chapitres n'est malheureusement pas assez développée, on espère due dans les tomes à paraître ce côté de l'histoire occupe une place plus prépondérante dans le récit.

Un quatrième tome plus rythmé, où les parties lentes d'introspections se font moins présentes à la grande satisfaction du lectorat. Le final nous laisse entendre que la quête de Farënor et de son Arklan n'est pas terminée ce qui devrait nous donner une suite encore plus épique.






L'Arklan, Matthieu Bobin


Lecture dans le cadre des challenges :





Farëanor, chevalier du royaume d'Ebanestal, poursuit sa quête du Bien. Avec Méléanna, jeune femme au caractère bien trempé, il anéantit une horde malfaisante et parvient à la cité des rois-bûcherons où il retrouve Fravalgar, son frère tant aimé qu'il croyait perdu. S'il a surmonté le mal qui rongeait son âme, peut-il accepter sa destinée et poursuivre sa mission avec Maerwan l'apothicaire et Tunk le compagnon d'armes... sans abandonner Méléanna ? Le chemin est long, difficile, les horizons souvent trompeurs... Farëanor tiendra-t-il ses promesses... sur tous les fronts ?


Nous avions, à la fin du tome précédent, quitté Farëanor après qu'un Archéliate lui ait révélé comment étaient morts ses parents biologiques et qui l'avait d'une certaine manière un peu rassuré sur la malédiction que pesait depuis des siècles sur sa famille. A son arrivée à Gandagost alors qu'il se rendait chez l'apothicaire, comme le lui avait suggéré le roi d'Ebanestal, il découvrait que son frère qu'il croyait mort était bien vivant.

Dans ce troisième tome l'auteur alterne en début de livre, l'histoire entre la quête d'Andugal et les débuts de l'insertion de Farëanor dans le milieu social nobiliaire de Gandagost. Mais le récit ne se porte plus que sur le personnage central, ses sentiments et ressentiments, ainsi que ceux de personnages qui l'entourent. Un tome qui se veut plus intimiste centré sur ce que le jeune protagoniste a vécu depuis le départ de son frère, mais également l'aventure de Fravalgar. Un récit qui occupe une bonne partie du livre, avec bien entendu encore les introspections des personnages sur eux-mêmes, mais aussi pour l'auteur une occasion encore de nous marteler la nécessité du Bien.

Un récit qui n'est pas sans comporter de nombreuses longueurs, mais certes intéressant puisqu'il nous permet de mieux appréhender le personnage de Méléanna, de son idylle qui prend plus d'ampleur avec le héros principal, mais également ceux des protagonistes secondaires.

La rencontre avec l'apothicaire vient donner un peu de piment à ce récit qui faut bien l'avouer est en grande partie linéaire. Cette rencontre tiraille une fois de plus Farëanor qui ne veut pas s'engager dans une voie que le priverait de sa liberté naissante et donc il quitte la cité-royaume en ayant accepté la mission qui lui confiait Maërwan l'apothicaire.

Une deuxième partie de roman un peu plus animée que la première avec la mission du protagoniste principal et de nouveaux personnages hauts en couleurs, notamment Tunk, le nain, nouveau compagnon de route de Farëanor, l'archétype même du guerrier nain, bourru mais au grand cœur. Si la description qu'en fait l'auteur se veut quelque peut caricaturale, on s'attache très vite à ce personnage au franc parler. On apprécie également le personnage de Maërwan, l'apothicaire qui se veut plus complexe, mystérieux que l'on peut le voir dans ce tome.

Dans la dernière partie, et alors que la guerre est imminente, l’auteur sur l'Arklan d'Andugal que l'on trouve abattu ce qui n'est pas son habitude, c'est surtout l'occasion pour l'auteur d'ajouter une nouvelle introspection. Une de plus....

Même si les combats sont décrits de manière un peu brève, ils s’avèrent tout de même assez visuels pour que l'on puisse s'y immerger.

Au final un tome qui laisse une impression plutôt mitigée avec un début trop long, comportant de nombreuses longueurs pour la plupart inutiles et qui n'apportent rien au récit principal en lui même. La deuxième partie nettement plus intéressante arrive en partie à gommer cette impression avec une dynamique de lecture excellente. Tout comme avec l'opus deux l'on se retrouve dans un tome transitoire.