lundi 28 mai 2018

Grish-Mère de Isabelle Bauthian


Lecture dans le cadre du challenge : 


C'est à Landor qu'on trouve la plus importante école de serviteurs de Civilisation. Ceux qui en sortent, les factotums, savent repasser le linge de leur maître, réciter sa généalogie et éviscérer ceux qui le regardent de travers. Leur fidélité, garantie par des années de lavage de cerveau à la lessive patriotique, n'est plus à démontrer. C'est pourquoi, lorsque Sylve trahit son seigneur et lui dérobe une précieuse relique, c'est l'incompréhension... puis la chasse à l'homme. Sauf que Sylve n'a jamais rien volé. Et peut-on qualifier de traître celui qui a ajusté ses principes par amour ? Le guerrier naïf qui n' jamais quitté Landor est en route pour la baronnie de Grish-Mère. Il espère y laver sa réputation, mais il se retrouve à la merci de la puissante Guilde des Épiciers. Son érudition et son excellence au combat ne lui sont alors que d'un faible secours...


Sylve, un serviteur de luxe, entraîné dés son plus jeune âge à répondre aux moindres exigences du seigneur qu'il sert va se lancer sur les traces d'un ménestrel avec lequel il avait sympathisé, ce dernier ayant volé un artefact à son seigneur. Mais il va devoir évoluer dans un monde qu'il ne connaît pas et va se retrouver mêlé à un complot politique qui va dépasser ce à quoi il avait été préparé. Il ne lui reste que quelques semaines pour réparer la traîtrise dont il a été victime mais il est traqué par l’École qui l'a formé.


Le postulat de départ est assez classique. En effet le personnage central se lance sur les traces d'une statuette volée à son employeur : le côté enquête aurait pu être intéressant et donner lieu a de multiples actions comme le laisse sous-entendre la quatrième de couverture, mais...

Ici comme dans le premier tome l'intrigue s'avère peu développée, noyée dans le flot des informations sur la nouvelle baronnie que l'on découvre, sur le ressenti du personnage principal, ses autocritiques et sa découverte d'un monde dans lequel il n'était pas au vu de sa formation prêt à appréhender.

L'auteure comme à son habitude alterne le présent et le passé du protagoniste principal. Elle nous fait donc découvrir deux baronnies assez différentes l'une deux l'autre : l'on a d'une part une baronnie îlienne et matriarcale et de l'autre une société médiéviste très à cheval sur les principes.

L'univers et les thématiques abordées sont une fois de plus les points forts du récit. On peut toutefois regretter, au contraire du tome un, qu'il n'y ait pas de développer d'interactions entre les deux pays et qu'on ait peu d'informations concernant les dirigeants.

Les moments d'actions sont certes intéressants à suivre mais ils s’avèrent peu nombreux. Lorsqu'il y a enfin un combat il s’avère malheureusement insuffisamment développé et peu visuel. Il est indéniable qu'à l'instar du tome un on est noyé dans des passages très longs et que l'on s'ennuie très souvent.

Les personnages dans leur ensemble sont bien dépeints mais l'on a du mal à s'attacher à eux. Sylve le personnage central, du fait de sa confrontation de ses acquis avec la société dans laquelle il se retrouve projeté malgré lui, apporte des réflexions intéressantes et d'actualités. En effet certains points abordés peuvent être amenés à nous interroger sur notre monde.

La plume de l'auteure se révèle très visuelle. Le récit fourmille de détails, mais cette qualité est aussi le principal défaut de l'histoire car elle se fait au détriment de l'action. L'auteure n'a malheureusement, une fois de plus, su doser les deux parties.

Au final une fantasy intéressante mais des intrigues trop simples, un gros déséquilibre entre les passages descriptifs et les phases d'action ! C'est dommage car l'univers était intéressant mais dans la découverte de la baronnie présentée dans cet opus l'auteure en fait un peu trop sur le côté matriarcal et l'on sombre par moments dans la caricature.



mardi 22 mai 2018

Whitechapel de Sarah Pinborough


Lecture dans le cadre du challenge :


Londres, 1888. Lorsque des cadavres de femmes atrocement mutilées sont repêchés dans la Tamise, le médecin légiste Thomas Bond comprend qu’un second tueur sévit dans les rues de Whitechapel. Or cet assassin paraît plus inhumain que Jack l’Éventreur lui-même…
Pour lutter contre ses insomnies, le docteur Bond passe ses nuits dans les fumeries d’opium. Chaque soir, un inconnu en noir vient examiner les rêveurs perdus dans les brumes opiacées. Pourrait-il être la clé du chaos qui s’est emparé de la capitale ?


Novembre 1886, les restes d'un corps sont découverts sur les marches d'une église à Paris.

De mai à juillet 1887 les journaux relatent les découvertes de différentes parties de corps humain dans les comtés environnants Londres.

Octobre 1888, le tronc d'une femme est découvert dans les caves du nouvel immeuble en cours de construction de la police de Londres. Les inspecteurs chargés de l'enquête font de suite le rapprochement avec les crimes de Jack l’éventreur mais pour le Docteur Bond, le médecin légiste chargé de l'autopsie, les méthodes employées pour tuer sont différentes.

L'auteure alterne le récit présent avec des sauts dans le passé pour faire comprendre au lecteur comment on se trouve dans une telle situation. Cette manière de procéder permet certes au lecteur d'avoir une vision globale de la situation mais fait perdre également une partie du suspense et ralentit le rythme déjà lent de l'histoire.

Si l'ambiance Victorienne dans laquelle se déroule l'histoire est très bien rendue, les changements de narrateurs n'apporte pas grand chose à l'avancée du récit. Il eut été préférable de ne prendre pour nous conter l'histoire que la narration du personnage central, à savoir le Docteur Bond.

L'intrigues est plutôt bien maîtrisée mais les retournements de situations s'avèrent malheureusement quelque peu prévisibles ce qui rend la lecture assez linéaire.

Le côté fantastique, avec une créature qui prend possession de l'homme et l'incite malgré lui à tuer est une excellente idée, mais le lecteur aurait aimé que cette partie soit plus développée en nous décrivant les interactions de l'Upir avec le cerveau de l'hôte.

L'auteure a un réel talent d'écriture que l'on ressent par le biais des descriptions des quartiers glauques de Londres, de ce fait l'ambiance qui s'en dégage est à la fois angoissante et pesante à souhait. Elle fait bien ressortit la détresse des gens qui habitent ces quartiers pauvres et des dépravations auxquelles peuvent se conduire la gent plus aisée.

Les personnages de premier plan, à savoir le Dr Bond, un prêtre très bizarre et un polonais qui à le don de voir des scènes de l'avenir sont très intéressants à suivre. On peut toutefois reprocher qu'il ny ait pas plus d'interactions avec les policiers chargés de l'enquête qui sont eux relégués à un rôle très secondaire.

Au final un récit très prenant mais avec des passages redondants d'informations. Une évocation de Jack l’Éventreur mais pas du tout présent dans le récit : on à la nette impression que le célèbre assassin se révèle juste énoncé que pour faire succomber le lecteur à une alléchante quatrième de couverture. On ne peut s’empêcher de penser que cette manière de procéder est employée pour attirer plus de lecteurs.




samedi 12 mai 2018

Anasterry de Isabelle Bauthian


Lecture dans le cadre du challenge :



Rien ne saurait ébranler Anasterry, la plus riche, intellectuelle et libertaire baronnie de Civilisation, qui place la maîtrise de soi au rang de vertu suprême. Rien… sauf peut-être un défi de gamins.
Quand Renaldo, fils du baron de Montès, et son meilleur ami Thélban Acremont, entreprennent, pour séduire une jeune fille, de trouver la faille de cette utopie, ils ignorent qu’ils vont déterrer de sombres secrets. Et les secrets des puissants ne leur appartiennent pas.
Quels sont ces monstres découverts dans les marais ? En quoi sont-ils liés à la tolérance d’Anasterry pour ces mi-hommes que, partout ailleurs, on opprime jusqu’à les réduire en esclavage ? Après trente ans de paix, Civilisation risque-t-elle d’être si facilement bouleversée ? Pour réparer ses erreurs, Renaldo va devoir choisir entre son patriotisme, sa fidélité amicale, ses idéaux héroïques et ses simples responsabilités d’homme libre.
Une aventure de dark fantasy politique et sensible, portée par des personnages d’une grande humanité.


Pour avoir commis une faute de bienséance, Renaldo, fils cadet du baron de Montés, est envoyé en mission d'espionnage dans la très tolérante baronnie d'Anasterry. C'est accompagné de son ami Thélban, un riche marchand, qu'il se présente à la cour du baron Cal d'Anasterry sous le prétexte de renégocier un contrat entre les deux baronnies. Le baron Cal qui n'est pas dupe de la vraie raison de leur venue les autorise à fouiller là où ils le désirent mais leur interdit formellement de pénétrer dans les dangereux marais. Mais cette interdiction ne fait qu'attiser la curiosité des deux jeunes gens.

Dans ce premier opus des Rétheurs où la politique est omniprésente, il faut attendre presque la moitié du roman pour que l'intrigue se dévoile et qu'elle démarre timidement. En effet, l'auteure choisi de développer un univers très riche, très fouillé où les convenances occupent un place de premier plan.

Ici pas de rebondissements en chaîne, pas d’intrigues secondaires, l'auteure a choisi de faire ressortir les différences entre l'utopique Anasterry par rapport aux autres baronnies beaucoup plus strictes et plus rigoristes. L'histoire aborde des thématiques pertinentes qui avec l'immigration forcée des demi-hommes est très d’actualité avec ce qui se passe actuellement dans notre monde. Certes les thèmes abordés sont très pertinents mais c'est au détriment de l'action que ce fait leur traitement.

L'auteur alterne le récit présent avec la première rencontre entre les deux jeunes gens, le passé de Renaldo. Certes cette manière de procéder permet de découvrir pleinement les deux protagonistes principaux, mais ces flash-backs ont malheureusement l’inconvénient de rajouter de nombreuses longueurs à un récit déjà très lent.

Les personnages sont certes intéressants à suivre car leurs interactions verbales sont émaillées de piques, de bons mots. Cet humour apporte un peu de légèreté à un récit quelque peu ennuyant. Le personnage de Constance est le plus intéressant à suivre car elle occupe une place qui détonne dans cet société féodale très rigide. Là encore la thématique abordée peut être comparée à l'aspiration des femmes dans des nombreuses des sociétés actuelles à avoir plus de droits et de libertés.

La plume de l'auteure, malgré les nombreuses longueurs dues à un univers très élaboré, s'avère directe, bien travaillée sur le fond et pas du tout pompeuse, ce qui aurait pu être le cas avec ce type d'univers.


Au final Anesterry nous offre une fantasy intéressante mais, il faut bien le reconnaître, qui manque cruellement d'actions. Les rares rencontres avec la créature ne sont malheureusement pas assez approfondies. On aurait aimé plus de combats. Le personnage principal trop formaté par son éducation, se montre trop psycho-rigide et apparaît de ce fait à certains moments presque caricatural. Ce premier tome ouvre de nombreuse pistes pour les tomes ultérieurs. On ne peut qu'espérer une intrigue plus solide, des dénouements plus travaillée et des fins moins convenues. Quand au côté dark-fantasy annoncé dans la quatrième de couverture on le cherche encore : il ne suffit pas de mettre une créature mutante pour être dans un registre quand l'univers ne suit pas !

 

vendredi 4 mai 2018

Zone de contagion de Rick Mofina



Reporter à la World Press Alliance, Jack Gannon se rend à Rio pour couvrir l’attentat dans lequel deux journalistes brésiliens ont trouvé la mort. Mais alors qu’il progresse dans son enquête, il voit surgir, à la fois fasciné et incrédule, des liens entre cet attentat et des affaires qui n’ont a priori aucun rapport avec celui-ci. Et il comprend bientôt que ce qui s’est passé à Rio n’est que la partie visible d’une menace infiniment plus vaste, effrayante, et que des millions de vies sont en jeu. Pour faire éclater la vérité, Jack va devoir pénétrer dans les zones les plus sombres de Rio, côtoyer l’horreur et la violence jusqu’à risquer sa vie. Jusqu’à l’hallucinante vérité.



Au début de l'histoire l'on suit un couple et ,leur bébé dans une voiture. En route pour un pique-nique, ils sont victimes d'un accident de la route. La femme semi-consciente voit que son fils est retiré de la voiture par quelqu'un.Un peu plus tard quand on lui annonce qu'il est mort brûlé elle a beau nié le contraire personne ne la croit.


Puis l'on du Wyoming, l'on suit une journaliste qui suite à l'appel anonyme d'une femme se rend dans un bar de Rio de Janeiro pour la rencontrer. Mais la journaliste n'a pas le temps d'apprendre quoique ce soit su' l'affaire importante que la femme avait à lui confier, qu'elles meurent dans un attentat.


Quel est le rapport entre ces deux affaires, c'est ce que va devoir découvrir Jack Gannon, un journaliste de la World Press Alliance de New-York envoyé en renfort à Rio. Malgré que ses collègues et la police brésilienne penchent pour un attentat des narcotrafiquants, le reporter va suivre d'autres pistes.


Au début du roman on a un peu de difficulté à entrer dans le récit car l'auteur nous laisse voir des bribes d'histoires sans que l'on puisse entrevoir la moindre connexion entre elles. L'enquête au fur et à mesure qu'elle se développe nous conduit un peu partout dans le monde de l'Amérique à l'Afrique en passant par l’Angleterre. Les changements de décors sont nombreux. Et bientôt les services secrets américains entrent en scène compliquant quelque peu les investigations du journaliste mais donnant plus d'épaisseur à l'affaire.
L'idée principale du récit bien qu'elle n'apparaisse assez loin dans le récit. Le côté scientifique est parfaitement maîtrisé et s'avère très crédible dans sa formulation.
Le rythme du récit est haletant, avec des chapitres courts et des scènes qui s'enchaînent au fur et à mesure que l'enquête nous dévoile de nouveaux indices et que s'introduisent de nouveaux personnages. C'est donc sur un rythme très soutenu que l'auteur nous transporte jusqu'à un dénouement qui n'apparaît que dans les toutes dernières lignes du roman.


Les deux personnages principaux sont attachants, avec d'un côté une mère de familles très tenace qui veut à tout prix retrouver son enfant, et d'un autre côté un journaliste d'investigation qui ne ménage pas ses efforts malgré que son intégrité physique puisse être menacée.


Un thriller bien mené, même si à certains moments du récit on n'échappe pas à certaines longueurs mais nécessaires à l'épaisseur du roman. L'écriture de l'auteur s'avère tout de même fluide et si l'on a droit à quelques scènes de violences elles permettent de donner plus d'intensité au suspense.




jeudi 26 avril 2018

Mars & Avril 2018



ACHATS MENSUELS MARS & Avril 2018


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mardi 24 avril 2018

L'élu de la dame noire de Gail Z Martin


Lecture dans le cadre du challenge :




Après un an d’exil, Martris Drayke regagne enfin le trône de Margolan. Le roi Invocateur espère rétablir la paix dans le royaume. Mais la couronne est menacée par les sbires de son défunt frère. Loin de son pays natal, Kiara, l’épouse de Martris, lutte contre de mystérieux traîtres qui en veulent à sa vie et à celle de l’héritier qu’elle porte. Pendant ce temps à Havre Sombre, Jonmarc Vahanian est bien décidé à éviter une guerre entre humains et non-morts, et à venger celle qu’il aime d’un sort tragique. Isolés les uns des autres, les héros des Royaumes de l’Hiver n’ont que quelques jours pour remporter leurs combats.




Dans ce quatrième opus des Chroniques du Nécromancien on retrouve les personnages dans les situations dans lesquelles on les avait quittés au tome précédent.

Martris Draike continue le siège de la forteresse du seigneur Curane où il a fort à faire avec les mages de sang et le Courant de magie qui continue de se dégrader. Vahanian doit faire face à la révolte des vayash-moru de Malesh et tenter de trouver une solution pour soigner son épouse entre deux états. Les tentatives d'assassinat contre la reine Kiara se multiplie et ses alliés sont de moins en moins nombreux. Cam qui avait découvert l'espion de Curane est toujours prisonnier de celui qui mène la révolte en Isencroft.

Si dans le troisième tome l'auteure plaçait ses nouvelles intrigues sur un rythme plutôt lent, ici elle les développe sur un rythme plus rapide avec de nombreux rebondissements et retournements de situation qui s'enchaînent.

Coté siège les choses s’accélèrent, les combats sont nombreux, tant sur le plan magiques mais aussi sur un plan plus conventionnel et s'avèrent dans l'ensemble mieux construits et plus visuels.

On peut malheureusement noter que certaines situations, notamment les tentatives d'assassinats conte la reine, se révèlent quelque peu répétitives dans leurs formulations. Mais le rythme donné à l'histoire gomme en partie ces petites lacunes.

L'écriture de l'auteure assez simple et toujours aussi fluide permet de passer un bon moment de détente.

On est certes dans une fantasy tout ce qu'il y a de plus classiques dans l'affrontement entre le bien et le mal qui manque à certains moments d'un peu d'épaisseur mais dans l'ensemble l'auteure suit bien le schéma qu'elle s'est fixé.

On notera que si les personnages de premier plan sont souvent blessés et dans des situations difficiles ils s'en sortent un peu trop facilement grâce à la magie qui est surdimensionnée et manque de réalisme.

Le dénouement comme on s'y attendait n'apporte aucune surprise. Il reste quelques petites zones d'ombres mais comme le final reste ouvert on peut présumer que l'auteure nous prépare une suite.

Pour des chroniques de Nécromancien on regrettera que le côté dark-fantasy ne soit pas présent.



jeudi 19 avril 2018

Le noyé dans la glace de Kjell Ola Dahl


Lecture dans le cadre du challenge :




Un matin de décembre, le corps d'un homme est repêché dans le bassin portuaire qui jouxte l'Hôtel de Ville d'Oslo. De prime abord, cela ressemble à un simple accident, suite à une fête trop arrosée. Mais l'inspecteur de police Lena Stigersand, chargée d'effectuer les premières constatations, a tôt fait d'avoir des doutes. Le noyé, Sveinung Adeler, devait rendre un rapport extrêmement sensible au fonds pétrolier norvégien (le plus riche de la planète), concernant ses investissements dans une compagnie exploitant des phosphates au cœur du Sahara occidental. Et, d'après les sources de Lena, Adeler aurait eu, la veille de sa "chute", un entretien avec une députée très en vue, chargée du contrôle de la commission des finances du Parlement. Mais quels étaient leurs liens exacts ? Et pourquoi les services secrets semblent-ils s'y intéresser ? Manipulation, corruption, trafic d'influence... Les criminels en col blanc ont parfois du sang sur les mains. Étroitement surveillée par sa hiérarchie, Stigersand devra mener une enquête aussi complexe que périlleuse dans les plus hautes sphères du pouvoir, jusqu'à risquer sa propre vie. S'il y a quelque chose de pourri au royaume de Norvège, elle-même pourrait bien se noyer sous une épaisse chape de glace.


Une SDF poursuivie par un homme se rue dans un tunnel du métro. Elle finira sa course sous les roues du métro. Pour les policiers qui se rendent sur place, il y a tout lieu de croire à un suicide, ce que démentira rapidement le visionnages de l'enregistrement des caméras.

Le corps d'un homme est découvert dans le bassin portuaire. Si les premières constations font pencher à une chute accidentelle suite à une soirée trop arrosée, l'inspectrice n’adhère pas à cette possibilité. L'autopsie confirmera ses doutes : l'homme n'avait pas d'alcool dans le sang et des traces dans le cou permettent d'affirmer qu'il a été maintenue de force sous l'eau.

Les deux enquêtes vont rapidement laisser apparaître des suspects hauts placés dans la hiérarchie politique. L'homme travaillait pour le gouvernement et devait rendre un dossier sensible pour le fonds d'investissement de pension.

Au début on a un peu de mal à appréhender les noms, tant ceux des personnages que des différents lieux de la ville. On a aussi a se faire au tutoiement qui est de rigueur en Norvège mais au fur et à mesure de la lecture on finit par s'y faire et l'on parvient à suivre les personnages même si leurs apparitions sont quelque peu aléatoire. En effet ils n’apparaissent pas toujours au moment où on s'y attend.

L'enquête s'avère tout ce qu'il y a de plus classique dans son déroulement, et du fait que la construction laisse un peu à désirer on a un peu de mal a s'y faire. Le point intéressant du roman réside dans la découverte des us et coutumes des Norvégiens à l'approche de Noël. On découvre également le fonctionnement du fonds de pension Norvégien et sa gestion particulière.

Si le déroulement de l'enquête n'a pas su retenir une pleine adhésion de la part du lecteur, il en est de même pour les enquêteurs car une fois de plus on n'échappe pas aux sempiternels clichés sur la police.

Si la plume de l'auteur avait été à l'unisson avec les nombreux rebondissements et les phases d'action, l'on aurait peut être pu apprécier cette lecture car la dynamique s'avère plutôt bonne.

Au final un policier classique, mal écrit, qui ne laissera pas un souvenir impérissable dans nos mémoires. Pour découvrir la Norvège ce n'est pas un bon choix.



jeudi 12 avril 2018

Le diable de la Tamise de Annelie Wendeberg


Lecture dans le cadre du challenge :



Londres, 1889. Quand une victime du choléra est retrouvée dans la Tamise, le Dr Anton Kronberg, bactériologiste de son état, est appelé pour confirmer les causes du décès. Toutes les précautions sont prises pour éviter une épidémie. Les choses auraient pu en rester là si les résultats intrigants de l'autopsie n'avaient poussé Kronberg à s'intéresser de plus près à cette affaire. Alors que Scotland Yard souhaite classer ce cas, Kronberg se rapproche de Sherlock Holmes. Et il ne faut que peu de temps au célèbre détective pour percer le secret du médecin qui, en réalité, est... une femme. Un secret qui pourrait la mener droit en prison s'il venait à être révélé. Mais tous deux vont unir leurs forces pour débusquer un criminel aussi redoutable que Jack l'Éventreur...


Le Docteur Kronberg, épidémiologiste à Londres, reçoit un télégramme de l'inspecteur Gibson de Scotland Yard lui demandant de se rendre à l'usine de traitement des eaux de Hampton où un corps a été découvert car il y a suspicion de Choléra.


Arrivé sur place, il découvre en plus de la police un homme qui se présente sous le nom de Holmes. Très rapidement le célèbre détective découvre le secret du docteur. Anna Kronberg est une femme qui déguise sa véritable identité car en cette fin du XIXème siècle les femmes ne peuvent exercer le métier de médecin n'ayant pas accès aux hautes études.

L'autopsie effectuée par le Dr Kronberg fait plus penser à un meurtre qu'à une banale mort due à la maladie.

Dans ce roman policier l'enquête est assez bien réalisée mais ce n'est pas le point crucial du roman . En effet, c'est les relations entre les deux personnages qui sont mis en exergue. Si les échanges verbaux sont savoureux l'on peut toutefois regretter que la solution de l'enquête apparaisse un peu prématurément dans le récit. Les policiers quand à eux ne jouent aucun rôle dans cette histoire, ils ne servent qu'à mettre en avant les deux protagonistes principaux. Et une fois de plus dans leurs présentations on n'échappe malheureusement à l'habituel cliché.

La situation de l'époque est rendue de main de main maître. L'auteure, elle même médecin, nous retranscrit à merveille le milieu médical de l'époque et ses avancées.

L'atmosphère et la vie des populations pauvres de Londres collent bien à la thématique principale et permet de bien s'immiscer dans l'univers qui nous est proposé. De plus la situation d'Anna Kronberg, obligée de se cacher pour exercer son métier appris à l'étranger démontre bien la place de la femme dans une société très conservatrice de l'époque.

Le point fort de ce roman réside dans les personnages. Si l'auteure a su se ré-approprier de fort belle manière le personnage d'Holmes qui vit seul après le mariage de son complice de toujours le Docteur Watson,il n'en est pas tout a fait de même avec le personnage d'Anna. Holmes est toujours aussi froid, distant, supérieur voire à certains moments quelque peu agaçant. Le personnage du Docteur Kronberg est lui aussi intéressant mais pas assez constant. On regrette qu’elle évolue dans son comportement au fil des chapitres perdant de son assurance et de densité plus la lecture avance. Elle n'est plus aussi crédible dans le rôle qu'elle joue.


L'écriture de l'auteure est fluide, la lecture est aisée, et même si la médecine joue un rôle primordial dans l'histoire, il n'y a pas de termes complexes dans l'exercice du sujet.

Au final, un bon roman policier, classique de l'époque dans laquelle il se déroule, bien loin des méthodes d'investigations actuelles, une ambiance victorienne bien rendue, des personnages psychologiquement plutôt bien fouillés malgré quelques petites réserves sur le personnage principal mais qui donne toutefois l'envie de suivre la suite des aventures d'Anna Kronberg.



lundi 9 avril 2018

Havre sombre de Gail Z Martin


Lecture dans le cadre du challenge :




Le royaume de Margolan est en ruines. Martris Drayke, le nouveau roi, doit reconstruire son pays après la bataille, alors qu'une nouvelle guerre s'annonce. De son côté, Jonmarc Vahanian, à présent seigneur du Havre Sombre, est aux prises avec les vayash moru qui remettent en cause son autorité: il n'est qu'un mortel. Comment gagner leur confiance, et à quel prix ?


Dans ce troisième opus le récit reprend environ un mois après la fin du tome précédent. Hormis Vahanian parti prendre possession de sa seigneurie d'Havre Sombre, presque tous les compagnons sont réunis en Margolan. Depuis la défaite de Jared et du mage de sang Arontala, le roi Martris a eu fort à faire pour envoyer les âmes de tous les défunts trouver le repos. Mais la reconquête de Margolan n'est pas tout à fait terminée, un seigneur dont la petite fille a eu un enfant de Jared, revendique le trône. Pour Vahanian tout non plus ne se passe pas pour le mieux car une fraction de vayash moru n'admet pas d'être gouvernée par un mortel.

Si l'on a deux intrigues en parallèles elles se révèlent, avec deux personnages qui veulent prendre le pouvoir, à la fois identiques, très classiques et trop simples.

Dans la première partie, hormis des tentatives d'assassinats contre le roi Martris et la future reine Kiara, il ne se passe pas grand chose. L'auteure a beau tenter avec ses tentatives d'assassinats à mettre un peu de rythme à son récit l’histoire s'avère malheureusement pour le lecteur linéaire et répétitive.

La mise en contexte est longue, et il faut attendre plus de la moité du livre pour que l'histoire s'accélère et prenne du volume. Les actions de Malesh contre Carina et Vahanian et la mise du siège devant le château du seigneur Curane donne un peu plus de mordant au récit.

Les actions de guerre contre le seigneur Curane sont mieux décrites que les combats de deux premiers tomes et plus réalistes. Il y a plus de travail de la part de l'auteure ce qui permet au lecteur de mieux visualiser les scènes.

Pas de dénouements en apothéose car les deux récits sont brutalement coupés au moment le plus intéressant de l'histoire. On a la très nette impression que le récit a été volontairement interrompu pour des raisons bassement financières et l'on peut craindre pour l'opus suivant des longueurs ou des parties très lentes à l'image de l’amorce du présent tome. On est clairement dans un tome intermédiaire qui prépare le final. On espère qu’il y aura plus d'actions pour terminer cette saga.

Si les intrigues on pris plus d’épaisseur, il n'en est pas de même pou les personnages. En effet, ils ne prévoient rien, ne prennent jamais garde et sont régulièrement blessés. Certes cette manière permet de mettre en avant le personnage de Carina mais le résultat manque de crédibilité et force est de constater que malgré les épreuves, les protagonistes n'ont pas gagner en maturité.

Malgré des passages très lents en début de récit, la plume de l'auteure est plutôt fluide.

Après trois volumes le constat est évident : l'on est dans une high-fantasy très classique plutôt orientée pour un lectorat plus jeune ou novice du genre bien loin des promesses de la quatrième de couverture du premier tome qui laisse apparaître un côté très sombre malheureusement pas présent.






jeudi 5 avril 2018

L'appel du coucou de Robert Galbraith


Lecture dans le cadre du challenge :





Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l’affaire est vite classée. Suicide. Jusqu’au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Cet ex-lieutenant de l’armée, revenu d’Afghanistan amputé d’une jambe, est au bout du rouleau : sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage. Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l’Internet, il reprend l’enquête. De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, et de vengeances.




Dans le prologue, l'on assiste à la mise en place rapide du contexte, à savoir la mort de Lula Landry, un célèbre mannequin, défenestrée de son appartement. La police sans éléments probants a rapidement classé cette affaire en suicide.

Le début du roman nous fait découvrir le protagoniste principal de l'histoire. Cormoran Strike, détective privé, est un ancien officier de la police militaire, revenu amputé d'une jambe suite à un séjour en Afghanistan. Séparé très récemment d'une compagne qui lui menait la vie dure, le détective, croulant sous les factures est au bord du gouffre quand arrive une affaire juteuse : le frère adoptif de la jeune mannequin qui ne croit pas au suicide lui demande d'enquêter à son tour sur la mort de sa sœur.

Avec un meurtre sous couvert d'un suicide le roman nous plonge dans un policier tout ce qu'il y a de plus classique.

Le détective procède par de multiples interrogatoires des membres de la famille et de l'entourage proche de la victime, effectue des recoupements après chaque interrogatoire, procédant à l'ancienne notant chaque détail dans un carnet. L'on suit l'intégralité de ces interrogatoires mais aussi les multiples questionnements du détective sur l'enquête en cours.

Les multiples interrogatoires, au fur et à mesure que l'histoire avance, s'avèrent redondants mais avec cette manière de procéder chaque fait est minutieusement décortiqué et l'on suit les moindres détails de l'entourage de la victime dans les dernières heures mais aussi dans les derniers mois qui ont précédés sa mort.

L'auteure maîtrise bien son cheminement, oriente quelque peu le lecteur vers un coupable mais bien trop évident pour que l'on puisse y croire mais c'est dans le but de mettre de l'intensité dans le récit et de manière un peu mécanique de faire augmenter le suspense. Le dénouement s'avère sur prenant, bien amené mais pas tout à fait inédit dans le genre.

L'atmosphère de l'histoire malgré certaines longueurs est bien rendue et les descriptions permettent de découvrir plusieurs quartiers de Londres avec leurs différentes catégories sociales qui les peuples ce qui est également appréciable malgré le rythme plutôt lent de l'enquête.

Si l'on excepte l’inspecteur de police qui fait grossièrement cliché, les personnages sont bien dépeints. Chaque personnage à une identité véritable mais hormis les protagonistes de premier plan, les personnages secondaires apparaissent peu et il n'est pas possible pour le lecteur de s'attacher à eux ni même les détester. Mais grâce à quelques rappels bien placés dans le récit il est tout de même possible de se faire une petite idée de leurs personnalités. Le duo de premier plan fonctionne bien, la secrétaire intérimaire complète très vite les lacunes du détective bourru, meurtri et fâché avec la technologie. Elle apporte un gros plus au récit en opposition au caractère du détective même si l'on n’évite pas les quelques scènes avec son compagnon.

Une enquête classique mais passionnante à suivre où chaque élément compte et est bien à sa place, des personnages pour la plupart bien approfondie, une plume de qualité... Certes quelques petits détails nous ont quelque peu chagriné mais cette première incursion dans le genre est bien réussie et donne envie de suivre les pérégrinations du duo.





mardi 3 avril 2018

BILAN LECTURE 1° TRIMESTRE 2018


Livres lus

&

Chroniques effectuées au premier trimestre 2018.


Coups de Cœur :



J'ai aimé :

Le tueur de l'ombre – Claire Favan
Onze jours – Donald Harstad
L'enfant perdu – John Hart
Le sang d'Aldésie – Aurélie Genêt
Chroniques du Nécromancien – Gail Z Martin Tome 1 L'invocateur
La racine du mal – Raoul Coudène
Tombent les anges – Marlène Charine
Saga Valta Tome 1 – Dufaux & Aoumri (BD)
Les blessures du silence – Natacha Calestrémé

J'ai moyennement aimé :
Rois et sorciers – Morgan Rice Tome 1 Le réveil des dragons
Le royaume perdu – Jean Aimé Bonzami – Tome 1 Prophétie et trahison
Les révélations de Riyria – Michael J Sullivan Tome 1 La conspiration de la couronne
Du bois pour les cercueils – Claude Ragon
Les portes noires – Sébastien Degorce
La compassion du diable – Fabio M Mitchelli
7 jours à River Falls – Alexis Aubenque
Kane intégrale 1 – Karl Edward Wagner
Chroniques du Nécromancien – Gail Z Martin Tome 2 Le roi de sang
Les enfants du cap – Michèle Rowe
Le silence des aveux – Amélie de Lima
Les ombres qui attendent – Carlene Thompson


Je n'ai pas aimé :

Le mage de la montagne d'or – Alexandre Lévine
Mon premier meurtre – Leena Lehtolainen
Les vampires d'Airain – Andy Remic Tome 3 Les seigneurs vampires
Les bruines de Lanester – Jean Failler
Lumikko – Pasi Ilmari Jääskeläinen
La prophétie des âmes intégrale – Sacha Isaïn


lundi 26 mars 2018

Les ombres qui attendent de Carlene Thompson


Lecture dans le cadre du challenge :


"La vie de Marissa Gray a basculé quand sa meilleure amie Gretchen a fait une chute mortelle sous ses yeux au cours d’une escapade entre amis. Envers et contre tous, Marissa a toujours affirmé que Dillon Archer, le petit ami de Gretchen, l’avait bel et bien poussée dans le vide. Mais personne, pas même son fiancé, n’a voulu la croire. Lorsqu’elle revient quelques années plus tard à d’Aurora Falls comme journaliste du quotidien local, elle est sûre que les blessures du passé sont cicatrisées. Pourtant, très vite, le sang se remet à couler. Un inconnu s’attaque aux anciens amis de Gretchen et tue des innocents de sang-froid. Et les messages étranges qu’il laisse derrière lui mènent toujours à Marissa ! Elle n’a donc plus le choix : si elle veut échapper à la mort, elle va devoir découvrir les mystères du passé… ".



Après un prologue où l'on assiste au meurtre de Gretchen, le récit fait un bond dans le temps et l'on se retrouve quatre et demi plus tard à assister à une tentative de meurtre sur la personne de Marissa Gray une journaliste revenue au pays et meilleure amie de la précédente victime.

Lors de sa déposition, la police, dirigée par son ex-fiancé, ne croit pas à ses déclarations, mais peu après plusieurs meurtres et incidents étranges se succèdent, reliant ces affaires au meurtre survenu dans le passé.

La mise en place de l'intrigue tarde car l'auteure revient sur le passé des protagonistes, leurs amours de jeunesse, leurs relations passées, leurs amours de l'époque réduits pour certains à néant suite au crime. L'enquête est quasiment reléguée au second plan noyée dans la masse d'informations, souvent répétitives du passé, et le quotidien des faits et gestes des protagonistes, des amours naissants ou renaissants. Les nombreux échanges entre les différents protagonistes, pour la majorité de retour sur les lieux de leur jeunesse, sont, comme certaines de leurs réactions, très prévisibles. Des échanges qui souvent présentent peu d’intérêts pour l'enquête. Certes les rebondissements sont nombreux et permettent de retenir l'attention du lecteur mais le côté très féminin du récit et quelque peu guimauve ne satisfera certainement pas le lectorat féminin plus friand de policiers et thrillers plus sombres.

Les personnages sont très bien développés, mais parfois un peu trop car à certains moments de la lecture ils se présentent stéréotypés.

Le point fort de l'histoire réside dans le fait que dès les premières lignes l'auteure nous livre un coupable idéal, qu'elle continue d’orienter à chaque nouveau fait le lecteur vers ce coupable, pour enfin nous amener vers un dénouement inattendu.

Le fait de revenir sans cesse sur des faits déjà évoqués précédemment rend le style de l'auteure souvent pesant et même à plusieurs reprises finissent par agacer le lecteur


Les nombreux rebondissements, la conduite du récit réussie, le dénouement intéressant ne parviennent malheureusement pas à gommer tous les défauts précédemment relevés tout au long de la lecture.