mardi 6 juin 2017

Ulan Bator de Richard Tabbi


Lecture dans le cadre des challenges : 

 


Solo Aggrigente est persuadé d’écrire des polars tout ce qu’il y a de classique, alors qu’obsédé par la tétralogie d’Alien il écrit en réalité des romans de SF. Il est marié avec Asako, artiste plasticienne de renommée internationale qui lui annonce qu’elle part en tournée mondiale à l’instar d’une rock star, lui laissant leur fils de 18 mois sur les bras. Ses ennuis commencent le jour où le chanteur des Kyoto Motel se fait décapiter, événement qu’il avait prédit dans l’un de ses romans. Peu après, deux faux flics mongols font irruption chez lui. Commence alors une course folle alcoolisée sur fond de chamanisme, de soviétisme, et d’invasion extraterrestre. La réponse à ses déboires se trouve – peut-être – à Ulan Bator. 

Que dire après la lecture d'un tel ouvrage, surtout quand il ne répond pas du tout à nos attentes. Certes à la lecture de certains blogueurs ou blogueuses on s’attendait à un ton décalé . Mais pas poussé à ce point. On s'attendait plus à un humour à la Audiard ou à la Frédéric Dard, mais là on est plus proche de la loufoquerie que du décalé, même si certaines phrases parviennent tout de même à nous faire esquisser un petit sourire. Mais ces phrases sont malheureusement trop nombreuses, noyées dans la masse d'un galimatias indéchiffrable.

En début de roman l'on s’attend, comme l'indique le titre, a être rapidement projeté en Mongolie, mais pas de chance l'auteur nous entraîne pendant les deux tiers du roman de la Normandie à la Provence dans les pas d'un auteur de Thriller/SF poursuivi par des tueurs Mongols d'un genre quelque peu particulier.

Solo un auteur de polars selon lui et au succès passé, n'arrive plus à terminer ses romans de SF et vit au crocher de son épouse, une artiste mondialement connue, se voit confier, lors du départ de cette dernière pour une tournée promotionnelle, la garde de leurs fils de dix-huit mois. Jusqu'à là rien de bien exceptionnel si ce n'est que dés le début le papa est dépassé par cette tâche.

Mais lorsque débarquent deux flics, en réalité des Mongols d'un type un peu particulier pour sa vision à lui, tout dérape. Son fils sous le bras, et sans oublier son quota d'alcool, il s'embarque dans une fuite en avant, se fourvoyant dans des situations des plus abracadabrantes les unes que les autres sur un rythme effréné. S'occuper de son fils sont les seuls moments de répit et de quiétude pour cet homme en totale déperdition. Et seul l'alcool sous toutes ses formes semble raccrocher son esprit dérangé à la réalité. Le journalier pour lui semble être le reflet de son livre qu'il peine à écrire, et pour le lecteur les similitudes sont frappantes.

Le récit est émaillé de nombreuses métaphores qui en majorité font appel à la SF, notamment au films Aliens, mais l'auteur émaille sont récit d'autres références musicales ou culturelles. Des références qui ne sont pas du tout dans notre zone de confort, puisque à presque chaque référence il nous faut nous renseigner sur le net pour y comprendre un tant soit peu de choses. L'on peut ainsi constater que la plupart de ces références sont adaptées ou déformées à la convenance de l'auteur. Certes l'écriture de cet ouvrage a demandé de nombreuses connaissances et de recherches à l'auteur, mais malheureusement elles révèlent pour le lecteur totalement inintéressantes.

Même si cette lecture ne nous a pas du tout intéressé, il faut reconnaître que la stylistique de l'écrivain peut séduire nombre des lecteurs aimant ce type de roman. Pour nous seule la présence du bébé dans cet univers plus que délirant permet de nous raccrocher au monde réel à l'instar du personnage lui-même.

Le dénouement, bien que peut-être pour certains brutal, est tout à fait conforme à ce que l'on pressentait au bout de quelques chapitres.

Même si le fond ne nous intéressait pas du tout, il faut que reconnaître que la fluidité du texte nous a permis d'aller jusqu'au bout, tout comme la curiosité de découvrir jusqu'au l'auteur pouvait pousser l'ineptie.


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